Les , souvent abrégé en Sentai, sont un ensemble de séries télévisées japonaises. Avec les séries Kamen Rider, Metal Hero et Ultraman, elles forment la base des séries japonaises de super-héros.
Leurs codes stricts, particulièrement reconnaissables, en font un genre à part entière.
Le , l’Institut des Records Japonais a délivré à la franchise Super Sentai le record du plus grand nombre de héros à se transformer tout au long de ses 50 ans de diffusion, c’est-à-dire plus de 300. Super Sentai a atteint ce chiffre de 300 grâce à son approche unique de faire fonctionner ses séries autour d'équipes de héros au lieu de miser sur des héros solitaires qui étaient autrefois la norme dans les séries tokusatsu.
Origines Le mot sentai est formé des kanjis et ; il signifie donc littéralement « escadron de combat » nom donné pendant la seconde guerre mondiale aux escadrons de combat de l'aviation japonaise.
La première série, Goranger, est créée en 1975 par Shotaro Ishinomori (1938-1998), auteur de nombreux mangas et tokusatsus (Kamen Rider, Cyborg 009). Ishinomori développe la série dans son intégralité, scénario et design, mais paradoxalement n’en écrit aucun script. Goranger connaîtra un très grand succès. Mais en 1977, après le lancement de la deuxième série, JAKQ, qui sera elle un échec, Ishinomori abandonne le genre.
Bien qu'elles posent les bases du genre, ces deux séries ne sont pas à l'époque des Super Sentai, la franchise en question n'existant pas encore.
En 1979, Battle Fever J naît d'une collaboration entre la Toei et Marvel, qui souhaitent réitérer le succès de leur précédente collaboration, une adaptation japonaise de Spider-Man. La franchise Super Sentai Series, dont Battle Fever J est la première série, est créée pour l'occasion. À partir de ce moment-là, une nouvelle série sera créée chaque année pour succéder à la précédente, et ce bien que Marvel ait depuis longtemps quitté le navire.
En 1995, soit vingt ans après la création de Goranger, la Toei annonce que Goranger et JAKQ font désormais officiellement partie des Super Sentai Series.
Caractéristiques Aspects scénaristiques Chaque série met en scène un groupe de héros en costumes colorés qui luttent contre les forces du mal pour sauver la Terre. Chaque costume, ou combat suit, diffère de par sa couleur (rouge, bleu, jaune, noir, rose, vert, blanc, etc.), et présente quelques légères variations, présentant sous forme stylisée sur le casque ou le costume l’emblème de l'entité protégeant le héros. Dans la plupart des séries, trois couleurs reviennent en permanence : le rouge, le bleu et le jaune. Si les couleurs des différents guerriers peuvent varier d'une série à l'autre, la couleur du leader de l'équipe est très souvent le rouge, ou le blanc bien plus rarement. Néanmoins, le jaune était absent dans certaines séries comme Battle Fever J et Changeman ; on considère alors que le rouge et le bleu sont les seules couleurs présentes dans toutes les séries. Un nouveau héros peut venir rejoindre les premiers en cours de série. Les héros sont généralement soutenus par un mentor, qui sera selon les cas un maître d'arts martiaux, un professeur, ou un scientifique qui leur fournit des conseils, de nouvelles armes ou de nouveaux véhicules.
Les membres du groupe sont généralement cinq : le choix de ce nombre est dû au fait que la civilisation asiatique reconnaît cinq éléments (dans certaines parties d'Asie : métal, bois, eau, feu, terre), et non quatre (terre, eau, air, feu) comme la civilisation occidentale.
Ils sont dotés de pouvoir surhumains qu'ils ont en commun ou individuellement. La source de leurs pouvoirs (surnaturelle ou technologique) et l'origine de leurs ennemis changent avec chaque série, et on remarque une certaine alternance entre les séries à thème surnaturel et les séries à thème technologique. Certaines séries présentent des héros pratiquant un art martial différent l'un de l'autre et utilisant souvent différentes armes.
Depuis Battle Fever J, chaque série comporte environ une cinquantaine d'épisodes. Un épisode classique se déroule ainsi : un des héros se retrouve confronté à un problème (généralement personnifié par le monstre de l'épisode, et ses caractéristiques propres), mais grâce à ses qualités (ou parfois malgré ses défauts), il vient à bout de ce défi ce qui lui permet de battre le monstre. Une fois détruit, le monstre renaît sous la forme d'un avatar gigantesque que les héros affrontent à bord de leur robot géant. L'épisode se termine en montrant que le héros en question a tiré une leçon de son aventure.
Cette structure de base permet de s'intéresser à tous les personnages (chacun des héros ayant plusieurs épisodes qui lui sont consacrés), et également de montrer l'évolution de ceux-ci. Par ailleurs, tous les épisodes ne sont pas centrés sur un seul des héros, et chaque série a son lot d'« épisodes en équipe ».
Outre ces épisodes indépendants, une série sentai possède son lot d'épisodes servant à faire évoluer l'histoire générale. On peut ainsi distinguer : Le début : Le premier épisode montre généralement comment les personnages deviennent des guerriers, alors que le deuxième traite de la difficulté à travailler en équipe. Parfois, le début s'étend en longueur, les héros n'obtenant certaines armes ou leur robot géant qu'au bout d'un certain nombre d'épisodes (par exemple Dairanger et Ohranger). Les épisodes qui suivent servent en général à introduire les personnalités des héros. Le premier évènement : Généralement autour de l'épisode 19. La situation change quelque peu ; un nouvel ennemi arrive (Salomé dans Battle Fever J), ou un nouveau héros (Dragon Ranger dans Zyuranger), ou on en apprend plus sur les méchants (Docteur Mad dans Bioman). Les épisodes qui suivent vont en général tirer parti de cette nouvelle situation. Le tournant de la série : Autour de l'épisode 31. C'est là que sont faites les plus importantes révélations de l'histoire (Jetman, Magiranger), que les premiers généraux ennemis sont vaincus (Turboranger), ou qu'un nouveau robot arrive (Liveman, Bôkenger). En général, toutes les questions trouvent à ce moment-là leurs réponses, mais la situation n'en est pas dénouée pour autant. Pour apaiser les tensions, l'épisode qui suit immédiatement le tournant ne fait en général pas mention des évènements de celui-ci. La fin : Les trois à cinq derniers épisodes. Après un épisode éventuellement humoristique, les généraux ennemis restants sont détruits un par un et les dernières intrigues se dénouent. Le dernier épisode est consacré à la destruction du chef des méchants, suivie d'un court épilogue.
Codes et conventions Des effets spéciaux bon marché mais efficaces, des épisodes « tournés-montés », contribuent à un rendement record pour une série de science-fiction, avec une moyenne de 50 épisodes par an pour un coût minimum, amorti entre autres par les ventes de jouets, invariablement fabriqués par l'entreprise Bandai. Certaines séquences sont en outre rentabilisées au maximum, puisque rediffusées dans chaque épisode : il s'agit de la transformation des héros qui revêtent leur combat suit, ou l'assemblage du robot géant avant d'affronter le monstre de l'épisode du jour, par exemple. Le sentaï étant un genre particulièrement codifié, ces séquences, passages obligés, sont attendues par les téléspectateurs qui ont intégré ces codes et connaissent par expérience le schéma traditionnel d'un épisode.
L'attrait pour le sentaï est généralement dû aux combats d'arts martiaux et aux armes sophistiquées, sans oublier le traditionnel robot géant. Au cours de la série, les héros acquièrent de nouvelles armes, de nouvelles techniques, de nouveaux robots, et sont parfois rejoints par un (voire plusieurs) nouveau(x) héros. Au fil des années, on remarque une nette surenchère dans le nombre de héros, de robots et autres gadgets dans une même série.
Si certains éléments sont ajoutés série après série (le robot qui s'assemble, le sixième héros, etc), certains sont parfois oubliés quelque temps avant d'être repris, permettant ainsi une grande diversité malgré une idée de fond restant toujours la même : la lutte du bien contre le mal. Le super sentai est toutefois loin d'être manichéen, en général au moins un méchant se révèle moins méchant que prévu, certains personnages peuvent après une prise de conscience, changer de camp, et certaines intrigues sont parfois prétextes à un développement scénaristique complexe. En outre, un autre élément commun à toutes les séries sentaï est la mise en avant de valeurs positives : l'altruisme, l'amitié, l'amour, la solidarité, l'entraide, le courage, la vaillance, le dépassement de soi...
Mais les séries sentaï se prennent rarement au sérieux pour autant. Conscient de sa nature très codifiée destinée à plaire au jeune public japonais ainsi qu'à certains adultes amateurs du genre, il n'hésite pas à inclure de nombreux éléments volontairement comiques (certains personnages, situations ou monstres), voire carrément ridicules.
Le ranger rouge Hormis dans Zenkaiger, le ranger rouge est le protagoniste de chacune des séries Sentai et le membre central de son équipe. Les raisons invoquées sont notamment : « sa grande visibilité qui permet de l’identifier même de loin », « une impression plus marquante que les autres couleurs », et « une popularité écrasante auprès du public, quel que soit le genre ». Au départ, il était souvent présenté comme le « chef » de l'équipe Sentai et un membre expérimenté et fiable. Certaines séries ont cela en cause le fait que le ranger rouge doive être le chef de l'équipe : dans Kakuranger, le chef de l'équipe est la ranger blanche (Ninja White), dans Megaranger, le chef de l'équipe est le ranger noir (Mega Black) et dans Gekiranger, le chef de l'équipe est la ranger jaune (Geki Yellow). Ainsi, le ranger rouge est plutôt présenté comme un personnage central de l'intrigue pour renforcer son impact au lieu d'être cantonné au fait d'être toujours le chef de l'équipe.
Zenkaiger est la première série (et la seule pour l'instant) à présenter un membre central de l'équipe et un protagoniste qui n'est pas le ranger rouge, avec le personnage de Zenkaizer, un ranger blanc. L'équipe compte un ranger rouge (Zenkai Juran) mais il tient un rôle secondaire.
Le passage de flambeau Depuis Dekaranger, une tradition annuelle appelée « passage de flambeau » (hand-off en anglais, Yuzuri en japonais) a été instaurée. À la fin du dernier épisode de la saison, le ranger rouge de l'équipe actuelle apparaît brièvement aux côtés du ranger rouge de l'équipe suivante, le saluant de manière muette et faisant simultanément ses adieux au public. Cette tradition a perduré jusqu'au dernier épisode de Gozyuger et a servi d'élément fédérateur et assure une certaine continuité entre les saisons. Dans le dernier épisode de Gozyuger, le flambeau n'est pas transmis à un ranger rouge mais est transmis à Gavan Infinity, le héros rouge de la première série de Project R.E.D., la nouvelle franchise de la Toei.
Exportation Tel quel, sans modifications En France Le sentaï apparaît pour la première fois en France en 1985 avec Bioman, sur la chaîne Canal+. Cette chaîne diffusera cette série le samedi à 12 h 30, dans l'une de ses cases-horaires « en clair », ne nécessitant pas d'abonnement. C'est alors le succèsBioman est l’une des trois productions avec Goldorak et Toy Story à connaître une rupture de stock de jouets à l’échelle internationale..