Henri-René Lenormand est un dramaturge et critique dramatique français né à Paris le et mort dans la même ville le .

Biographie

Fils du musicien René Lenormand, Henri-René Lenormand a épousé l'actrice Marie Kalff qui a créé la plupart de ses pièces à Paris.

Lenormand et la psychanalyse Il a été fortement influencé par la psychanalyse, l'ayant découverte en Suisse, entre 1916 et 1917, lors d'un séjour à Davos. Il avait été réformé pour tuberculose et c'est là qu'il a lu deux auteurs qui marqueront son œuvre : August Strindberg et Sigmund Freud. C’est particulièrement dans Le Mangeur de rêves (1919), représenté à Genève puis à Paris en 1922, qu’il se forge la réputation d’un freudien convaincu et qu’il assure la publicité de la psychanalyse, même au-delà de la francophonie. Dans un entretien accordé au journaliste A. Lang en 1921, il s’exprime ainsi :

Sous le régime de Vichy Dans la notice que le site Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie dans les communes de France (AJPN) consacre à Moriz Scheyer, une citation de ce dernier mentionne Henri-René Lenormand que Scheyer connaissait de son activité de correspondant à Paris du Neues Wiener Tagblatt. Scheyer, journaliste juif roumain installé à Vienne, s'est réfugié à Paris en 1938 pour fuir les persécutions nazies contre les juifs. Voici ce que dit la notice : À Paris, ville qu’il connaît bien pour y avoir été correspondant de son journal au début des années vingt, Moriz Scheyer rencontre Henri-René Lenormand au lendemain de la publication du statut des Juifs (3 octobre 1940) : « Pour tout vous dire, je trouve qu’il [le statut juif] est assez doux », déclare Lenormand à Moriz Scheyer, et celui-ci continue : « Il le trouva tellement doux, ce “statut juif” qu’en signe de reconnaissance, sans doute, pour cette clémence des Allemands envers ses amis juifs, il se mit à écrire article après article dans les pires journaux nazis français. »

Postérité Aujourd'hui presque oublié, Lenormand fut un des auteurs les plus célèbres de l'entre-deux-guerres. Ses pièces furent montées par les plus grands metteurs en scène. Depuis sa mort, la plupart d'entre elles n'ont jamais été rééditées. Le journal d'Arthur Schnitzler permet de penser qu'il a influencé ce dernier pour écrire sa Nouvelle rêvée, dont Stanley Kubrick a fait une célèbre adaptation cinématographie, Eyes Wide Shut. Des metteurs en scène tels que Pierre Pradinas en 1998 et Jean-Louis Benoît en 1995 et 2008 ont revisité quelques oeuvres de son répertoire.

Œuvres Théâtre 1905 : La folie blanche. 1909 : Les Possédés, théâtre des Arts 1909 : La Grande mort, avec Jean d'Aguzan 1911 : Au désert 1912 : L'Esprit souterrain, pièce en 3 actes, d'après Dostoievsky 1913 : Terres chaudes, mise en scène Charles Dullin, Grand-Guignol 1914 : Poussière, mise en scène Firmin Gémier, théâtre Antoine 1919 : Les Ratés, mise en scène Georges Pitoëff, Salle communale de Plainpalais 1919 : Le temps est un songe, mise en scène Georges Pitoëff, Salle communale de Plainpalais 1920 : Les Ratés, mise en scène Georges Pitoëff, théâtre des Arts 1920 : Le temps est un songe, mise en scène Georges Pitoëff, théâtre des Arts 1920 : Le Simoun, mise en scène Gaston Baty, Comédie Montaigne 1922 : Le Mangeur de rêves, mise en scène Georges Pitoëff 1924 : L'Homme et ses fantômes, mise en scène Firmin Gémier, théâtre de l'Odéon 1924 : À l'ombre du mal, mise en scène Gaston Baty, Studio des Champs-Elysées 1925 : Le Lâche, mise en scène Georges Pitoëff, théâtre des Arts 1926 : L'Amour magicien, mise en scène Gaston Baty, Studio des Champs-Elysées 1927 : Mixture, mise en scène Georges Pitoëff, théâtre des Mathurins 1928 : L'Innocente, mise en scène Camille Corney, théâtre Antoine 1929 : Une vie secrète, mise en scène Camille Corney, Studio des Champs-Elysées 1930 : Le Simoun, mise en scène Camille Corney, théâtre Pigalle 1931 : Les Trois Chambres, théâtre Édouard VII 1932 : Sortilèges, mise en scène Camille Corney, Studio des Champs-Elysées 1936 : La Folle du ciel, mise en scène Georges Pitoëff, Théâtre des Mathurins 1937 : Le Simoun, mise en scène Camille Corney, théâtre des Célestins 1937 : Pacifique, scènes de la vie polynésienne, théâtre des Ambassadeurs, 1938 : Arden de Feversham au Théâtre Montparnasse. 1952 : Arden de Feversham, mise en scène Gaston Baty, Comédie de Provence Casino municipal d'Aix-en-Provence 1988: Le Simoun avec des extraits de Les nègres de Jean Genet, mise en scène Gilles Gleizes à l'Espace Pierre Cardin dans le cadre des journées de présentation de l'Ecole Florent 1995 : Les ratés, mise en scène Jean-Louis Benoît, Comédie de Reims, Théâtre de l'Aquarium 2008 : Le temps est un songe, mise en scène Jean-Louis Benoît, Théâtre de la Criée , Les gémeaux (Sceaux) La Dent rouge L'Homme et ses fantômes Crépuscule du théâtre Asie La Maison des remparts Terre de Satan

Œuvres non théâtrales L'Armée secrète, suivi de Fidélité, et de Juge intérieur, récits (Gallimard, 1925) À l'écart, suivi de Printemps marocain, Le Penseur et la crétine, La Plus malheureuse, et de quelques autres récits (Flammarion, 1926) Ciels de Holland, récit de voyage (Flammarion, 1934) Les Diables du Brabant, suivi de Les Poissons d'or, et de Les Fugitifs, récits (Nouvelle revue Belgique, 1942) Les Pitoëff, souvenirs (Odette Lieutier, 1943) Une fille est une fille, roman (Flammarion, 1949) Les Confessions d'un auteur dramatique I, souvenirs (Albin Michel, 1949) Marguerite Jamois, souvenirs (Calmann-Lévy, 1950) Troubles, roman (Flammarion, 1951) Les Confessions d'un auteur dramatique II, souvenirs (Albin Michel, 1953)

Adaptation 1936 : Le Merveilleux Alliage de Vladimir Kirchon, mise en scène Georges Pitoëff, théâtre des Mathurins

Dialogues de film 1934 : Amok, film de Fedor Ozep, d'après la nouvelle de Stefan Zweig Amok ou le Fou de Malaisie (1922).

Notes et références

Bibliographie Daniel-Rops, Sur le théâtre de H. R. Lenormand, Avec un avant-propos de H.-R. Lenormand et un bois gravé de A.-P. Gallien, Paris, Éditions des Cahiers libres, Collection « Tendances » ( 3), 1926. Robert Emmet Jones, H. R. Lenormand, Boston, Twayne edition, 1984 . Tomasz Kaczmarek, Henri-René Lenormand et l'expressionnisme dramatique, Łódź, Acta Universitatis Lodziensis. Folia Litteraria Romanica, 2008. Tomasz Kaczmarek, Le personnage dans le drame français du face à la tradition de l'expressionnisme européen, Łódź, Wydawnictwo Uniwersytetu Łódzkiego, 2010 . . Serge Radine, Anouilh, Lenormand, Salacrou : 3 dramaturges à la recherche de leur vérité, Genève, Édition des Trois Collines, 1951 .

Liens externes

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