Carlos Castaneda, né le à Cajamarca, Pérou et mort le à Los Angeles (Californie), est un écrivain américain, docteur en anthropologie. Il est connu pour ses ouvrages relatant l'enseignement chamanique qu'il dit avoir reçu d'un « homme de connaissance » yaqui dénommé don Juan Matus.
Ses ouvrages publiés dans les années 1960, alors que les États-Unis s'enlisaient dans la Guerre du Viêt Nam et dans une période de contre-culture naissante, ont tous été des best-sellers. Ils ont été vendus à 28 millions d'exemplaires et traduits en 17 langues. Ils ont reçu les louanges des critiques avant que certains ne suggèrent qu'ils soient des ouvrages de fiction. Si la controverse est toujours vive, ses défenseurs soutiennent que ses livres traitent de faits réels ou du moins qu'ils ont une valeur philosophique et qu'ils décrivent des pratiques permettant l'accroissement de la conscience.
Carlos Castaneda se retire en 1973, dans une grande maison de Westwood en Californie avec trois de ses collègues : ses « compagnons sur le chemin de la conscience ». Il fonde l'organisation Cleargreen Inc. afin de promouvoir la décrite comme la version modernisée de certains mouvements appelés « passes magiques » développées par des shamans indiens qui vivaient au Mexique avant la conquête espagnole et qui permettaient d'accroître leur pouvoir de perception.
Biographie Origines La vie de Castaneda est mal connue, car celui-ci, disant obéir à la pensée de don Juan, l'a entourée d'une aura de mystère. Il dit parfois être né à São Paulo ou Mairiporã, au Brésil en 1931 et d'autres fois en 1935. Un enregistrement brésilien montre qu'il maîtrise parfaitement la langue portugaise. Castaneda s'installe aux États-Unis au début des années 1950 et en devient citoyen en 1957, il orthographie désormais son nom sans tilde et Castañeda devient Castaneda ; les documents enregistrés au bureau de l'immigration indiquent qu'il est né à Cajamarca, au Pérou.. Castaneda a affirmé que son père, César Arana Burungaray, était professeur de littérature alors qu'il était joaillier., Castaneda explique qu'il a été adopté par ce dernier.
Études et publications vignette|gauche|Façade de la bibliothèque Powell, de style hispanique, sur le campus d'UCLA. où Castaneda rencontre les premiers éditeurs. Carlos Castaneda aurait d'abord suivi des cours à l'Académie des beaux-arts de Lima avant de se tourner vers les arts plastiques. Il dit avoir passé la plus grande partie de sa jeunesse en Argentine avant de se rendre aux États-Unis pour y suivre des études d'anthropologie. Il indique également avoir été membre des Special Forces américaines, ce qu'aucun document n'a jamais corroboré.
D'après le Time, Castaneda aurait eu une fille naturelle avant son départ du Pérou.
Selon l'étude de Claudie Voisenat et Pierre Lagrange sur l'ésotérisme contemporainClaudie Voisenat, Pierre Lagrange, L'ésotérisme contemporain et ses lecteurs. Entre savoirs, croyances et fictions Préf. de Daniel Fabre. Paris, BPI/Centre Pompidou, coll. « Études et recherche », 2005, 412 p., Carlos Castaneda arrive aux États-Unis en 1951, étudie la psychologie jusqu'en 1959 au Los Angeles City College et s'intéresse à l'ethnobotanique et aux effets du peyotl. C'est en 1959 qu'il devient étudiant en anthropologie à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Son premier ouvrage, The Teachings of Don Juan. A Yaqui Way of Knowledge est d’abord accepté et publié par les presses de l’université, et rencontre un succès inattendu pour une publication académique à tel point que Michael Korda des éditions Simon & Schuster, publie en 1968 son mémoire dans une édition moins confidentielle. , raconte à la première personne la rencontre avec don Juan Matus en 1960, un sorcier yaqui dont il reçoit les apprentissages The Teachings of Don Juan: A Yaqui Way of Knowledge, University of California Press, 1 janv. 1972 - 196 pages, .. L'ouvrage dans sa traduction en français est publié en 1972 sous le titre L'Herbe du diable et la petite fumée.
vignette|Doña Ramona, une chamane dans le désert mexicain de Sonora, lieu présenté comme celui de multiples rencontres de Castaneda et de son mentor don Juan Matus. La chamane tient à la main des herbes rituelles (plantes de pouvoir ou plantes psychoactives, que Castaneda désigne par l'expression « herbe du diable », dans un de ses ouvrages. Ses ouvrages suivants - Voir et Voyage à Ixtlan - (publiés en français chez Gallimard dans la collection Témoins) sont écrits alors qu'il est encore étudiant en anthropologie. Ils sont présentés comme des carnets de recherches décrivant un apprentissage traditionnel avec un « homme de connaissance ». Il obtient son doctorat (Ph. D.) en anthropologie en 1973 sur la base de ces ouvrages qui seront plus tard controversés...
En 1974, il publie son quatrième livre, Histoires de pouvoir, qui décrit la fin de son apprentissage sous la tutelle de don Juan Matus. Castaneda continue d'être un auteur à succès avec les publications suivantes qui développent d'autres aspects de l'enseignement de don Juan.
Il écrit que don Juan l'aurait reconnu comme étant le nouveau nagual, meneur ou leader du groupe des voyants de sa lignée. Don Juan utilise aussi le terme de nagual pour nommer la part de la perception humaine appartenant au domaine de l'inconnu, qui reste cependant accessible aux êtres humains. Pour les voyants de ce groupe, don Juan aurait joué le rôle de lien avec cet inconnu. Castaneda fait souvent référence au domaine de l'inconnu sous le terme de « réalité non-ordinaire ».
Le terme nagual est utilisé en anthropologie pour désigner un chaman ou sorcier qui prétend être capable de se métamorphoser en animal ou prendre métaphoriquement une autre apparence grâce à des rituels magiques ou à la prise de plantes psychotropes.
Durant sa période de célébrité, Castaneda fait de rares apparitions publiques. Il fait la couverture du Time le : « Carlos Castaneda: Magic and Reality ». Une controverse est déclenchée lorsqu'il est révélé que la photo qu'il a donnée pour le magazine est celle de quelqu'un d'autre. Lorsque la journaliste Sandra Burton le confronte aux incohérences de son autobiographie, il répond : « Me demander mes données autobiographiques pour que vous vérifiiez ma vie... est comme si vous utilisiez la science pour valider la sorcellerie. Cela prive le monde de sa magie et nous rend semblables à des bornes kilométriques. » Comme beaucoup d’Indiens, Castaneda s’opposait à la photographie ou à l’enregistrement parce que, disait-il,
La journaliste écrit : À la suite de cette interview, Castaneda se retire complètement de la scène publique.
Parmi ses admirateurs : John Lennon, William S. Burroughs, Jim Morrison, George Lucas ou Federico Fellini qui en 1984 souhaite adapter L’Herbe du diable et la petite fumée au cinéma. Le film ne se fera pas et sera évoqué en 2011 dans l'hommage cinématographique Suenando con Tulum, omaggio a Federico Fellini Federico Fellini e il suo viaggio in Messico in un doc.
Castaneda réapparaît publiquement dans les pour promouvoir des formations à la Castaneda.com., la forme moderne de séries de mouvements. D'après lui, ces mouvements proviendraient d'une lignée de chamans toltèques longue de . Le , l’organisation est créée. La déclaration d'intention annonce :
Lorsque Castaneda était encore en vie, a publié trois vidéos sur la . Castaneda n’apparaît pas dans les vidéos. continue à vendre des ateliers en ligne, dans le monde. Elle forme et certifie aussi des enseignants.
Incertitude sur la date de sa mort alt=cerficat de décès|vignette|certificat de décès de Castaneda
Castaneda est mort le des suites d'un cancer du foie. L'annonce est faite, pour des raisons inconnues, seulement deux mois plus tard, le .. Ce retard serait dû à l'existence d'un fils qui aurait exigé le silence pour des raisons testamentaires New York Time, Mystery Man's Death Can't End the Mystery; Fighting Over Carlos Castaneda's Legacy article de Peter Applebomme, 19 août 1998..
Le corps a finalement été incinéré et les cendres dispersées au-dessus du haut désert mexicain, dans la plus grande discrétion..
Après sa mort : les disparitions Après la mort de Castaneda, plusieurs de ses disciples disparaissent : Florinda Donner-Grau, Taisha Abelar, Amalia Marquez et Kylie Lundahl, ainsi que, quelques semaines plus tard, Patricia Partin, sa fille adoptive, supposée être également sa maîtresse.
En , des ossements trouvés dans le désert se sont révélés être ceux de Partin. Bien que non élucidées, ces disparitions pourraient être expliquées par le suicide, selon certains.. Amy Wallace (fille d'Irving Wallace), proche du groupe de Castaneda rapporte une conversation qu'elle aurait entendue entre Partin et son père adoptif :
Travaux Témoignages anthropologiques d'un Sud-américain en Amérique du Nord vignette|gauche|Des Yaqui, au début du .
Carlos Castaneda a écrit douze livres « autobiographiques » décrivant son expérience du chamanisme sud-amérindien sous la conduite d'un sorcier Yaqui du nord du Mexique qu'il appelle don Juan Matus (« don Juan » est décrit, dans un ouvrage tardif, comme rattaché à une tradition toltèque), l'imprécision à ce sujet viendrait de la volonté de Don Juan de masquer ses origines.
Ses ouvrages rapportent non seulement des éléments autobiographiques d'enquête, mais ont été longtemps considérés, et le sont encore par certains, comme de réelles études ethnologiques de l'enseignement chamanique de la tradition toltèque, telle qu'elle a été redéfinie par les naguals don Sebastian, don Santisteban, don Rosendo, don Lujan, don Elias Ulloa, don Julian Osorio et don Juan Matus.
À l'écoute de son maître, Carlos Castaneda prend note de la leçon initiatique d'une culture qu'il suppose être celle partagée par l'ensemble yaqui (il pondérera son propos dans la préface du Voyage à Ixtlan).
Ses ouvrages, qui ont connu un grand succès« Castaneda caracole en tête des best-sellers, aussi bien aux États-Unis qu'en Amérique latine ou en Europe (Russie comprise) », Paris Match, numéros 2441 à 2444, 1996., apparurent comme une vulgarisation d'une certaine forme de la pensée chamanique.
L'anthropologue mexicain Guillermo Marín, distingue une progression en trois étapes ; les quatre premiers livres ou enseignements de don Juan constituent la première étape, ils ont un ordre chronologique précis, à la manière d'un reportage anthropologique. La plupart des événements sont datés et l'heure précisée. La deuxième étape à partir du Second anneau de pouvoir est plutôt constituée de dialogues d'approfondissement à propos des enseignements de don Juan, et enfin la troisième étape, à partir de La Force du silence affiche un changement important en ce qu'il proposerait un accès simple à la connaissance par la pratique de mouvements ou « passes magiques »..
Les initiations vignette|Un chaman mexicain de l'ethnie Seri. Dans ses ouvrages, Carlos Castaneda fait le récit de son initiation, par don Juan Matus, au savoir des chamans du Mexique ancien. Pendant plus de dix ans, il aurait rendu de nombreuses visites au sorcier et à son clan, constitué de membres entièrement dédiés à la quête de la liberté absolue et de la possibilité de conserver intacte leur conscience dans l'au-delà. Carlos Castaneda décrit son immersion dans le monde de don Juan sur une longue période jusqu'à ce que don Juan et son clan décident de quitter ce monde, laissant derrière eux une nouvelle génération d'apprentis, à leur tour entièrement dédiés à la même quête. À la fin de son apprentissage, et conformément à une très antique tradition de consécration qui confirme la réussite des adeptes, Casteneda doit sauter dans un ravin, selon la trame de l'enseignement du « nagual » :