est une chanson devenue un standard de rock 'n' roll-rockabilly américain, écrite par Sheriff Tex Davis, et composée par Gene Vincent, qui l'enregistre pour la première fois en 1956 chez Capitol Records(un de ses plus célèbres succès mondial). Reprise depuis par de nombreux interprètes, elle est intronisée au Rock and Roll Hall of Fame (Temple de la Renommée du Rock n Roll) parmi les « 500 chansons qui ont façonné le rock 'n' roll », Grammy Hall of Fame Award, et 500 plus grandes chansons de tous les temps selon Rolling Stone.

Genèse Sur les disques, Sheriff « Tex » DavisWilliam Douchette, dit Bill Davis, dit Sheriff « Tex » Davis, est animateur de la station de radio WCMS, de Norfolk, lorsqu'il rencontre Gene Vincent. « "Sheriff Tex" Davis died », sur gene-vincent-forum.niceboard.com. et Gene Vincent sont crédités de la chanson. Mais la genèse est obscure. Plusieurs versions sont proposées : Davis aurait écrit les paroles, et Gene la musique, après l'écoute de Don't Bring Lulu sur un « Gene Vincent & The Blue Caps: Be bop a lula », sur rockabillyhall.com. La chanson est de Lew Brown, Billy Rose et Ray Henderson. Elle est enregistrée en 1925 par Ernie (Ernest) Hare et Billy Jones, par Billy Murray et par Van et Schenck ; puis en 1937 chez Decca, par les New Dixie Demons. En 1961 une nouvelle version apparaît, interprétée par Dorothy Provine. « Don't Bring Lulu », sur lyricsplayground.com. « 5000 - 5500 Numerical Listing », sur settlet.fateback.com.. Don Graves, un camarade d'hôpital de Gene, aurait écrit les paroles, et Gene la musiqueD'après Gene Vincent, interviewé par Mick Farren en 1971. « Gene Vincent », sur funtopia.pwp.blueyonder.co.uk, International Times, mars 1971. Par ailleurs, un compagnon d'hôpital de Gene Vincent et de Donald Graves évoque des souvenirs dans « The True Story on How "Be Bop A Lula" was Written », sur rockabillyhall.com.. Don Graves aurait écrit paroles et musique. Gene Vincent lui aurait acheté les droits de la chanson pour (ou , selon les sources), puis Davis aurait fait ajouter son nom en achetant à son tour des droits, pour « "Sheriff Tex" Davis died », sur gene-vincent-forum.niceboard.com.. L'achat de droits d'auteur est une pratique courante, à l'époque. Gene dit souvent qu'il est le seul auteur, et qu'il a été inspiré non par un disque, mais par Little Lulu, une héroïne de bande dessinée « Gene Vincent & The Blue Caps: Be bop a lula », sur rockabillyhall.com.. Gene Vincent a aussi raconté avoir acheté les droits de la chanson à un musicien des rues, très heureux de gagner avec une simple signature l'équivalent de plusieurs semaines de mendicitéDaniel Lesueur L'Argus Eddy Mitchell, Éditions Alternatives, 2004, p. 20 :

Le titre est du scat, un jeu sur les sonorités rappelant le titre du jump blues Be-Baba-Leba, chanté par Helen Humes en 1945 et devenu Hey! Ba-Ba-Re-Bop l'année suivante avec Lionel Hampton.

Première interprétation

À partir de , le chanteur débutant Gene Vincent se produit durant les week-ends dans le Country Showtime de WCMS, une radio de Norfolk (Virginie). C'est là qu'il interprète pour la première fois Be-Bop-A-Lula en public « Be-bop-a-lula, c'est mon bébé d'amour, Eh bien, c'est la fille dans le blue-jeans rouge, C'est la reine de tous les ados, regarde comme elle bouge, C'est la seule que je connaisse vraiment, C'est la seule qui m'aime tellement, Be-bop-a-lula, c'est ma poupée, Be-bop-a-lula, ce n'est pas une lubie, C'est la fille aux pieds volant, Eh bien, elle a le rythme dans la peau... ».

En avril, Gene se trouve un directeur artistique en la personne de Sheriff « Tex » Davis, et forme un groupe avec quatre musiciens habitués de WCMS. Le groupe adresse une démo à Ken Nelson, record producer et A&R man chez Capitol. La démo reçoit un accueil favorable : elle va être réenregistrée à Nashville. Mais Ken Nelson n'est intéressé que par le chanteur. À Nashville, il trouvera « les meilleurs musiciens du monde King Kaufman, « Drummer, Dickie "Be-Bop" Harrell », sur rockabillyhall.com, 2001. ». Sheriff « Tex » Davis insiste néanmoins pour qu'un bout d'essai soit effectué avec les musiciens du groupe.

Le mauvais sort semble vouloir s'en mêler car, au jour dit, Gene et son groupe se trouvent bloqués par le brouillard à l'aéroport de Norfolk. Ils trompent leur anxiété en jouant dans le hall de l'aéroport. Les voyageurs en attente apprécient tellement ce concert improvisé que, lorsque le premier avion peut décoller, certains cèdent leur place aux jeunes gens pour qu'ils puissent arriver à temps.

Enregistrement

L'enregistrement a lieu le , au studio d'Owen Bradley. Campé sur ses convictions, Ken Nelson a fait venir des « requins de studio ». Mais, très vite, ceux-ci jugent eux-mêmes leur intervention inutile Richie Unterberger, « Cliff Gallup », sur hotguitarist.com.. Ce sont donc bien les musiciens du groupe que l'on entend, à savoir Cliff Gallup à la guitare solo, Willie Williams à la guitare rythmique, Jack Neal à la contrebasse et Dickie Harrell, quinze ans, à la batterie. Race With The Devil (qui figurera sur le deuxième simple) est enregistré en premier, puis c'est le tour de Be-Bop-A-Lula. L'effroyable hurlement, en fin de couplet, est poussé par Dickie. Au sortir du studio, il explique qu'il voulait prouver à sa famille qu'il avait bien participé à l'enregistrement.

Le groupe prend alors le nom de Gene Vincent and His Blue CapsBoris The Spider, « Gene Vincent story », sur addictif-zine.com, 2010..

Instruments

Les instruments sont typiques du rockabilly (parfois appelé hillbilly bopPaul Du Noyer (dir.), L'Encyclopédie illustrée de toutes les musiques, Hachette, 2004, 18.) : La guitare solo est semi-acoustique. C'est une Gretsch Duo Jet. La section rythmique est acoustique : la guitare rythmique est acoustique ; la contrebasse occupe la place primordiale qui est la sienne dans le rockabilly ; la batterie est toute simple : caisse claire, grosse caisse, cymbale.

Rythme

On est dans un rock 'n' roll, genre caractérisé par le rythme binaire et des deuxième et quatrième temps fortement appuyés. Le groupe joue en shuffle, figure rythmique sur laquelle repose l'essentiel de la technique rockabilly« Le rockabilly », sur guitarecountry.chez.com. : La caisse claire de Dickie Harrell appuie bien le deuxième et le quatrième tempsPhilippe Ballot, « Le shuffle-rock », sur latoiledesbatteurs.com.. Sur son charleston, Dickie imprime au rythme binaire un ressenti ternaireAnthony Boile, « Rodolphe Burger et l’art de la reprise », sur explosant-fixe.com, 2011., qui donne plus de finesse, plus de vie à la rythmique« Le Shuffle ou Swing Feel », sur cameratabs.com..

Sortie

Be-Bop-A-Lula est d’abord placée en face B de Woman Love, le premier simple du groupe (la chanson Woman Love étant une adaptation d'une chanson hillbilly déjà interprétée par Jimmy Johnson). Le disque sort le . Mais les résultats des passages radio de la sont décevants.

Un disque promotionnel où figure uniquement Be-Bop-A-Lula est alors envoyé aux programmateurs. La chanson crée une demande immédiateSelon Gene Vincent, dans son entretien de 1971 avec Mick Farren, c'est un DJ de Baltimore qui aurait ouvert le bal en décidant de matraquer Be-Bop-A-Lula. « Gene Vincent », sur funtopia.pwp.blueyonder.co.uk, International Times, mars 1971.. Elle grimpe jusqu’à la septième placeJean-William Thoury, in Michka Assayas (dir.), Dictionnaire du rock, coll. « Bouquins », Robert Laffont, 2001, II, 2083. du Billboard Hot 100, faisant oublier Woman Love. Le , plus de du simple sont vendues ; et, début , plus de deux millions. Le , Gene Vincent et son groupe reçoivent un disque d'or. En 1999, on estime les ventes du simple à neuf millions de copies.

Au cinéma

Ce tube est repris dans de nombreuses bandes-son de films de cinéma. Le groupe interprète Be-Bop-A-Lula dans le film La Blonde et moi (The Girl Can't Help It). La séquence est filmée le . Les guitaristes que l'on y voit sont le tout jeune Russell Wilaford (guitare solo) et Paul Peek (guitare rythmique) : ils remplacent Cliff Gallup et Willie Williams, qui viennent tout juste de quitter le groupe « Gene Vincent & The Blue Caps: Biography », sur rockabillyhall.com.. L'interprétation est filmée en entier.

1956 : La Blonde et moi (The Girl Can't Help It), de Frank Tashlin (interprétée par Gene Vincent and His Blue Caps) 1982 : L'Année de tous les dangers, de Peter Weir, avec Mel Gibson, Sigourney Weaver 1990 : Sailor et Lula, de David Lynch, avec Nicolas Cage 1998 : Pleasantville, de Gary Ross, avec Tobey Maguire 2009 : Planète 51, de Jorge Blanco 2009 : Nowhere Boy, de Sam Taylor-Wood 2021 : Les Tuche 4, de Olivier Baroux

Reprises et adaptations

Reprises Be-Bop-A-Lula est reprise par de nombreux artistes « Song: Be-Bop-a-Lula », sur secondhandsongs.com., dont : Gene Vincent en sort une version twist en 1962 et une autre en 1969. Buddy Holly The Everly Brothers (1958) Les Cinq Rocks (1960) Dick Rivers et Les Chats sauvages Johnny Hallyday (1962, Sings America's Rockin' Hits) The Beatles (Live! at the Star-Club in Hamburg, Germany; 1962) Jerry Lee Lewis (1971 et 1979) Billy Lee Riley Johnny Carroll Carl Perkins (1978) Elvis Presley Jack Scott Link Wray Chuck Berry Johnny Carroll (1974) John Lennon (1975) Eddy Mitchell (1975, Rocking in Olympia 1975) Cliff Richard (1983) Paul McCartney (1991) Queen The Stray Cats (1993) Demented Are Go Warren Phillips And The Rockets (futurs Foghat) Brian Setzer (2011)

Adaptations Be Bop a Lula (en français, adaptation Eddy Mitchell), Les Chaussettes noires (1961, 100 % rock) « Be bop a Lula, où donc es-tu partie ?, Be bop a Lula, sans toi je m'ennuie, On s'est aimé une nuit, te souviens-tu nos mille folies ?, Mais ce bonheur, c'était trop beau, il a fini dans un sanglot, Be bop a Lula, she's my baby, be bop a Lula, où donc es-tu partie, Reviens-moi, je t'en supplie, car je t'espère le jour et la nuit, Je suis plus tendre qu'un agneau car j'ai compris et je t'aime trop, Be bop a lula, tu me reviens chérie, be bop a lula, et tu me souris... ».

Eddy Mitchell (1963, super 45 tours (Eddy Mitchell, désormais en solo, réenregistre l'adaptation de 1961, sur une nouvelle orchestration et un rythme plus blues ; il faudra attendre 1975 pour qu'il enregistre le titre en V.O. dans une version live)

Souvenirs

Cette chanson est au cœur des souvenirs des Beatles. Le premier disque acheté par Paul McCartney est Be-Bop-A-Lula. De plus, lorsqu'il rencontre pour la première fois John Lennon, celui-ci est en train de chanter Be-Bop-A-Lula avec les Quarrymen. John cite le morceau parmi ses sept rocks préférés.

Les deux premières mesures de Be-Bop-A-Lula sont gravées sur la tombe de Gene Vincent« Gene Vincent », sur findagrave.com, 2001. Le graveur a commis une erreur : il a bien placé le premier bémol sur la ligne de si, mais l'a fait suivre d'un ré (au lieu d'un si)..

Bibliographie Phil Hardy & Dave Laing, The Faber Companion to 20th Century Popular Music, Faber and Faber (), 2001,

Notes et références

Articles connexes Gene Vincent - Cliff Gallup Rock 'n' roll - Rockabilly - Histoire du rock - Chronologie du rock

Liens externes

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