Le Buddleia de David, aussi appelé Buddleia du père David ou plus communément Arbre aux papillons (Buddleja davidii), est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Scrophulariaceae. C'est un arbuste nectarifère et une espèce pionnière présente dans l'ensemble des régions tempérées du monde.

Originaire de Chine, la variété fertile type a été commercialisée et implantée dans de nombreux jardins jusqu'à la fin du avant d'être supplantée par des variétés hybrides commercialisées comme étant stériles. Elle s'est naturalisée progressivement dans le reste de la zone tempérée à partir du et est devenue une espèce exotique envahissante dans de nombreuses régions du monde. Le buddléia de David, en tant qu'espèce pionnière, colonise en effet les milieux pauvres en matière organique, les friches urbaines et périurbaines, les bords de routes, voies ferrées et plus largement les milieux artificialisés. Héliophile et à courte durée de vie, il ne résiste toutefois pas à la concurrence des plantes plus hautes une fois le processus de succession végétale enclenchéPromesses de fleurs - Invasif, dangereux pour les papillons... Faut-il vraiment avoir peur du Buddleia ? - 8 octobre - Les faits avérés scientifiquement : « Le Buddléia davidii, l’espèce-type, est une plante invasive, une EEE pour Espèce Exogène Envahissante. Elle va l'être préférentiellement sur dans des endroits détruits par l’Homme car c’est un arbuste qui apprécie les sols pauvres, caillouteux et un peu chamboulés (il est originaire des montagnes arides de Chine) : terrils, bord de chemins de fer, friche industrielle, vieux parking abandonné… mais aussi sur des milieux naturels particulièrement vulnérables par exemple les pelouses silicicoles de Normandie. C’est normal car c’est une espèce pionnière qui « prépare le terrain » pour que d’autres plantes puissent s’implanter par la suite. Nous avons dans notre flore indigène d’autres plantes pouvant réaliser ce type de travail mais le Buddléia est d'une redoutable efficacité car il vit très peu de temps : d’où son caractère invasif. Une fois que d’autres plantes vont pousser sur le substrat créé par le Buddléia au fil du temps, ceux-ci lui feront de l’ombre et le Buddléia, essence de lumière avant tout, disparaîtra. La végétation pourra alors se développer jusqu’au climax, l’évolution ultime d’un milieu naturel : une forêt de chênes par exemple. ».

Étymologie et histoire de la nomenclature thumb|upright=0.94|Feuille d'herbier du père David, d'un arbuste récolté en France en août 1869. Holotype. Le nom de genre Buddleja, a été dédié par Linné au révérend Adam Buddle (1662-1715), un médecin, pasteur et botaniste amateur d'origine anglaise. Selon la pratique du latin scientifique, la formation d’un nom générique à partir du nom propre Buddle devrait être buddleia, mais Linné écrivit buddleja avec un long i entre deux voyelles comme c’était d’usage à l’époque. Le code international de nomenclature demande en 2006 que l’orthographe de Linné soit suivie dans ce cas.

L’épithète spécifique davidii a été dédiée par le botaniste Adrien Franchet au père David, un missionnaire botaniste qui collecta pour lui et ses collègues du Muséum en 1869, des milliers de spécimens de plantes et d’animaux dans une région d’ethnie tibéto-birmane à l’ouest de Chengdu (capitale du Sichuan). Il découvrit cette espèce à Moupin(e) (actuellement Baoxing) dans la montagne à l’ouest de Chengdu, en .

Franchet, qui était le correspondant au Muséum national d'histoire naturelle de Paris du père David, en donne la première description botanique en latin publiée en 1887 dans Nouv. Arch. Mus. Hist. Nat., sér. 2.

thumb|left|upright=0.55|Belle-Dame (Vanessa cardui) sur Buddleja davidii.

Le nom commun en français de cette espèce d’« arbre aux papillons » vient du fait que ses fleurs produisent un nectar très parfumé qui attire un grand nombre de papillons, abeilles et autres insectes.

En français, les deux graphies « Buddleia » ou « Buddleya » sont acceptées. mais pas la forme latine Buddleja. C’est un nom féminin., mais l’usage habituel est au masculin.

Il n’y a pas de consensus sur la famille à laquelle doit être rattaché le genre Buddleja. Pour certains, il appartient à la famille des Scrophulariaceae (classification phylogénétique), pour d’autres à l'ancienne famille des Loganiaceae (classification classique) ou bien à la famille des Buddlejaceae.

Aspects historiques Une des premières mentions de zuiyucao 醉鱼草 (le nom normalisé actuel du buddleia) se trouve dans le Grand Traité de Matière Médicale (Bencao gangmu 本草綱目), rédigé par le médecin naturaliste Li Shizhen dans la deuxième moitié du . Il indique (Bencao gangmu, caobu 《本草纲目·草部》). La toxicité du buddleya n’est pas surprenante sachant que des terpénoïdes ont été découverts dans la plante.

En chinois contemporain, pour distinguer sur le plan botanique, le buddleya de David des autres espèces de buddleya, on emploiera le terme de 大叶醉鱼草 da ye zuiyucao, morphologiquement « herbe enivrant les poissons, à grandes feuilles ».

L’usage ornemental semble lui, très récent. D'après Peter Valder, ce buddleia n’aurait commencé à être utilisé comme plante ornementale en Chine que sous l’influence occidentale. Il déclare d’ailleurs ne l’avoir jamais vu dans les jardins traditionnels.

Malgré la première description botanique faite en 1887 par Adrien Franchet, ce buddleia resta inconnu en Europe jusqu’à ce que le docteur Augustine Henry, un botaniste irlandais, ne le redécouvre en 1890 dans le Sichuan et ne l’envoie à Saint-Petersbourg et qu’un autre missionnaire botaniste le père Soulié n’envoie des semences à la pépinière de Vilmorin.

En 1895, les premiers semis français sont faits dans la propriété de la famille Vilmorin à Verrières-le-Buisson. Maurice de Vilmorin avait reçu des graines du père Soulié, missionnaire au Tibet. La plante sera largement cultivée à partir de 1916.

Synonymes Tropicos distingue 20 synonymes parmi lesquels Buddleia variabilis Hemsley Buddleja striata ZY Zhang Buddleja shimidzuana Nakai Syn. nov.

Les six variétés de l’espèce ont été ramenées au statut de synonyme du type par le botaniste hollandais Anthonius Leeuwenberg. La taxonomie de Leeuwenberg a été adoptée dans Flora of China : Buddleja davidii var. alba Rehder & E.H.Wilson Buddleja davidii var. magnifica Rehder & E.H.Wilson Buddleja davidii var. nanhoensis Rehder Buddleja davidii var. superba (de Corte) Rehder & E.H.Wilson Buddleja davidii var. veitchiana Rehder Buddleja davidii var. wilsonii Rehder

Description thumb|upright=0.9|Feuilles opposées et inflorescence terminale.

vignette|upright=0.9 |Fleurs de B. davidii × fallowianaCorolle: tube cylindrique d'env. . L’espèce naturelle est en Chine, un arbuste de 0,5 à de hauteur, aux tiges presque quadrangulaires. Les jeunes rameaux sont blanchâtres à pubescence à poils étoilés.

Les feuilles sont caduques ou semi-caduques (elles persistent longtemps en hiver, et l'arbrisseau peut rester seulement quelques semaines défeuillé), opposées, vertes ou grisâtes, étroitement ovale, étroitement elliptique, de 4 à de long, sur 0,3 à de large (données chinoises pour les espèces sauvages, les variétés peuvent être de tailles plus grandes, avec des formes foliaires différentes), marges dentées, à pétiole court (1–), à apex acuminé et base cunéiforme.

Les inflorescences sont terminales, apparemment racémeuse ou cymes thyrsoïdes, de de long sur de diamètre. La fleur 4-mère est formée d’un calice campanulé de à 4 lobes étroitement triangulaires, d’une corolle formée d’un tube étroitement cylindrique de , évasé à l’extrémité en quatre lobes, de couleur violette lilas à gorge jaune orange, de 4 étamines insérées au milieu à près de la base du tube de la corolle, à anthères oblongues, de et ovaire ovoïde. Les fleurs sont très agréablement parfumées, certaines personnes peuvent cependant trouver l'odeur nauséabonde, notamment en fin de floraison.

La floraison s’étale de mai-juin à début octobre..

Le fruit est une capsule brune de 2 à de long, aux longues ailes aux extrémités.

L’arbuste a une durée de vie assez courte (quelques décennies, l'âge le plus élevé enregistré est de ., ce qui n'exclut pas l'existence d'arbres plus âgés).

Distribution Le Buddleja davidii est une espèce endémique de Chine. Il croît dans les fourrés sur les pentes des montagnes, de 800 à dans une large aire de répartition : le Gansu, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Shaanxi, Sichuan, Tibet, Yunnan et Zhejiang.

Il a probablement été introduit au Japon.

Caractéristiques

Organes reproducteursdonnées d'après: Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004. : Type d'inflorescence : racème simple Répartition des sexes : hermaphrodite Type de pollinisation : entomogame Période de floraison : de juin à septembre. Graines ( de graines par plante et par an) : Type de fruit : capsule Mode de dissémination : barochore Habitat et répartition : Habitat type : fourrés arbustifs médioeuropéens, planitiaires-montagnards, méso à eutrophiles Aire de répartition : introduit (aire d'origine : Chine centrale et méridionale).

Écologie vignette|upright=0.9|Extrémité de rameau Dans son milieu originel, le buddleia de David pousse dans les fourrés arbustifs en milieu montagneux, en Chine.

Il se rencontre sur de nombreux types de sols, mais préfère cependant les sols secs, drainés, pauvres en matière organique et ensoleillés.

Il a été introduit comme plante ornementale dans de nombreuses régions tempérées, hors de Chine. Il a alors une tendance à s’échapper des jardins et à se naturaliser.

Il pousse sur les friches (friches urbaines et friches industrielles éventuellement polluées) et en bordure des routes où il résiste aux taux ambiants d'ozoneDouglas A. Findley, Gary J. Keever, Arthur H. Chappelka, D. Joseph Eakes and Charles H. Gilliam ; Differential response of buddleia (Buddleia davidii Franch.) to ozone Environmental Pollution, Volume 98, Issue 1, 1997, Pages 105-111 (résumé).

Il se développe rapidement grâce à ses facultés d'espèce pionnière (formation de « buddleiaies »).

Les chenilles des papillons du Sphinx tête de mort et de la Cucullie du bouillon blancLa Brèche ou Cucullie du Bouillon blanc sur insectes.net.fr ont été signalées sur le buddleia qui est devenu une plante-hôte de substitution pour ces espèces..

Plante envahissante thumb|Capsule de graines : de graines par plante et par an. Le buddleia s’est naturalisé et est devenu envahissant dans de larges régions d'Europe de l’Ouest jusqu'à Bergen (Norvège). Il pose aussi problème en Nouvelle-Zélande et dans le Sud-Est de l’Australie. En France, il est présent de manière envahissante dans le Sud-Ouest, le Sud-Est, en Bretagne, en Normandie et dans le Bassin ParisienListe des plantes envahissantes, éditée par l'Agence Méditerranéenne de l'Environnement (juillet 2003). Le Centre semble la région la moins touchée.

En France, en Belgique. et en Suisse, le buddleia du père David est considérée comme une espèce envahissante ; elle colonise très facilement les terrains secs, les friches urbaines et périurbaines et le long de certains axes (routes, canaux, voies ferrées, autoroutes), les talus, les bâtiments en ruine, les berges des rivières, les plages de graviers, voire les murs et les trottoirs. En Suisse, dès le cette plante est interdite de vente et d'importation par une ordonnance interdisant les plantes exotiques envahissantes.

Les impacts des buddleias se définissent en trois points :

Colonisation des milieux remaniés avant les espèces pionnières locales Régression des communautés locales par la concurrence et inhibition de la croissance Formation d’encombres provoquant l’érosion des berges