Les Jeux olympiques d'hiver de 1952, officiellement connus comme les VI Jeux olympiques d'hiver, ont lieu à Oslo en Norvège, du 14 au . Les discussions sur l'organisation des Jeux olympiques d'hiver par Oslo commencent dès 1935 puisque la ville veut accueillir les Jeux de 1948 mais la Seconde Guerre mondiale entraîne le report de ce projet. Après la guerre, pour l'accueil des Jeux de 1952, une compétition oppose Oslo aux villes de en Italie et de aux États-Unis, ce sont les Norvégiens qui s'imposent. Tous les sites sont dans la zone métropolitaine d'Oslo à part les épreuves de ski alpin qui ont lieu à , à de la capitale. Un nouvel hôtel est construit pour héberger la presse et les délégations avec trois dortoirs pour accueillir les athlètes et les cela devient le premier village olympique moderne. La ville d'Oslo assume la charge financière de l'accueil des Jeux en échange des revenus générés.
Les Jeux rassemblent 694 athlètes de 30 pays qui participent dans six sports et 22 épreuves.. Le Japon et l'Allemagne font leur retour dans la compétition olympique, après avoir été écartés du à la suite de leur rôle durant la Seconde Guerre mondiale. L'Allemagne est uniquement représentée par des athlètes de l'Allemagne de l'Ouest car l'Allemagne de l'Est refuse de participer en tant qu'équipe unifiée. Le Portugal et la Nouvelle-Zélande font leurs débuts aux Jeux d'hiver et, pour la première fois, les femmes sont autorisées à participer au ski de fond à travers une nouvelle épreuve, le 10 km.
Le camionneur norvégien Hjalmar Andersen gagne trois des quatre épreuves de patinage de vitesse pour devenir l'athlète le plus médaillé de ces Jeux. L'Allemagne retrouve son hégémonie passée au en remportant les épreuves du bob à deux et du bob à quatre. L'Américain Dick Button exécute le premier saut à triple rotation dans une compétition internationale pour obtenir son second titre olympique consécutif chez les hommes en patinage artistique. Les Jeux de 1952 comportent un sport de démonstration, le , mais uniquement trois pays, tous nordiques, participent au tournoi. La Norvège domine le tableau général des médailles avec seize récompenses dont sept en or. Les Jeux se terminent avec la présentation d'un drapeau qui est transmis d'une ville hôte des Jeux olympiques d'hiver à la suivante. La bannière, connue plus tard sous le nom du , est déployée depuis dans la ville hôte lors de chaque édition des Jeux olympiques d'hiver.
Sélection de la ville hôte
Oslo soumet en vain sa candidature pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 1936 mais perd contre l'Allemagne qui accueille les Jeux olympiques d'été de 1936. À cette époque, la nation qui organise les Jeux d'été accueille également les Jeux d'hiver.. Après les Jeux de 1936, le Comité international olympique décide de dissocier l'organisation des Jeux d'hiver et d'été, mais les Jeux sont suspendus durant la Seconde Guerre mondiale. Londres accueille les premiers Jeux de l'après-guerre, les Jeux olympiques d'été de 1948 et recommande Oslo pour les Jeux d'hiver de 1948. Cependant le conseil municipal refuse. À la place, les Jeux olympiques d'hiver de 1948 ont lieu à Saint-Moritz en Suisse..
Les Norvégiens sont indécis quant à l'accueil de Jeux olympiques d'hiver.. Culturellement, ils refusent d'associer les sports d'hiver avec l'esprit de compétition, plus particulièrement en ce qui concerne les épreuves de ski, malgré le succès des athlètes norvégiens aux précédents Jeux d'hiver.. Les organisateurs croient néanmoins que les Jeux de 1952 peuvent être une opportunité pour promouvoir l'unité nationale et montrer au monde que la Norvège s'est remise de la guerre.. Les concurrents d'Oslo pour l'organisation de ces Jeux sont en Italie et aux États-Unis. Le Comité international olympique (CIO) vote l'attribution des Jeux d'hiver de 1952 à Oslo le lors de la quarantième session du CIO à Stockholm en Suède.. Ce n'est que partie remise pour les villes écartées : Cortina d'Ampezzo obtient l'organisation des Jeux de 1956 et Lake Placid, qui a déjà accueilli les Jeux olympiques d'hiver de 1932, est choisie pour organiser les Jeux de 1980. La Norvège devient le premier pays scandinave à se voir attribuer des Jeux d'hiver et les Jeux d'hiver de 1952 sont les premiers qui ont lieu dans la capitale d'une nation.
Organisation Un comité spécial est assigné à l'organisation des Jeux de 1952. Il comprend quatre dirigeants sportifs norvégiens et quatre représentants de la municipalité d'Oslo, dont le maire . Le comité est mis en place en .. Pour organiser les Jeux, ce comité s'est réuni à 28 reprises pour traiter 335 dossiers, en plus du comité exécutif composé du président et du vice-président du comité d'organisation qui lui s'est réuni 33 fois pour régler 273 questions.. Pour aider à organiser les Jeux, 107 employés (en ) ont travaillé au secrétariat du comité d'organisation.. Aussi, des attachés sont désignés pour chaque pays pour établir le contact entre le comité d'organisation et les comités nationaux..
Aspects économiques La ville d'Oslo finance entièrement les Jeux, mais en contrepartie elle conserve l'intégralité des revenus générés.. Pour construire ou améliorer les sites des Jeux olympiques, la municipalité d'Oslo a dû dépenser , dont pour la construction du et pour la rénovation du .. Les dépenses ne concernant pas les sites s'élèvent à couronnes. Elles concernent les travaux préparatoires, l'administration ainsi que l'hébergement et le transport des athlètes, ces derniers frais représentant la majeure partie de la somme.. Les recettes des Jeux sont, elles, de couronnes. Elles se partagent entre les produits dérivés commercialisés lors des Jeux pour couronnes et par la vente de billets d'entrée pour couronnes. Les billets d'entrée, vendus entre 2 et 25 couronnes selon l'évènement, se sont écoulés à unités.. Le surplus entre les dépenses et les recettes s'élèvent à couronnes norvégiennes. Il est reversé en majeure partie à la ville d'Oslo, ainsi qu'au comité national olympique norvégien.
Transports et tourisme Pour faciliter l'acheminement des visiteurs étrangers vers les sites olympiques, plusieurs mesures sont prises comme l'extension des heures d'ouverture des stations de service la nuit ou encore l'ajout de trains des compagnies ferroviaires norvégiennes et suédoises pour les spectateurs, les athlètes et les entraîneurs durant la période des Jeux.. Pour aider les automobilistes, une carte de la ville d'Oslo avec les sites olympiques est distribuée dans le journal et, pour réguler le trafic, des militaires sont appelés en renfort, les policiers étant en nombre insuffisant.. Enfin, pour le public, le nombre de bus, de taxis (qui passent de 655 à 785) et de passages du est augmenté, tandis que les athlètes et leurs entraîneurs sont transportés de leur côté en bus, en tram ou en train pour aller à ..
Le mois de voit un accroissement du nombre de visiteurs étrangers venant en Norvège, puisqu'ils sont alors à s'y rendre alors qu'ils n’étaient que en et en .. Le nombre de touristes lors du mois de sera également supérieur à ceux de 1950 et 1951 avec visiteurs. La majorité de ces touristes viennent de la Suède voisine ainsi que du Danemark. Les moyens de transport utilisés pour arriver en Norvège sont en grande partie la voiture ou le bus avec personnes ainsi véhiculées, et le train avec voyageurs étrangers.
Marketing L'emblème des Jeux olympiques est choisi parmi 335 dessins envoyés à un comité chargé de le choisir.. C'est celui de Gunnar Furuholmen qui est sélectionné. Il est composé d'une simple forme circulaire circonscrivant la silhouette du nouvel hôtel de ville d'Oslo sur un fond bleu pâle. Les cinq anneaux olympiques viennent s'y superposer, et la désignation des Jeux se trouve sur l'extérieur du cercle. En outre, des affiches de grande et de petite taille, dessinées par Knut Yran, sont produites en plusieurs langues dont le norvégien, le français et l'anglais.. Plus de de ces affiches sont imprimées dans les deux tailles et distribuées dans les instances sportives mondiales et dans les représentations diplomatiques norvégiennes comme les ambassades.. Enfin, un autre poster dessiné par Helge Kittelsen est utilisé pour les décorations de la ville d'Oslo avec un message en norvégien, anglais et français : .
De nombreux produits dérivés en rapport avec ces Jeux olympiques ont été créés puisque 135 licences ont été accordées.. Tout d'abord, écharpes olympiques composées de cinq couleurs ont été fabriquées et vendues pour 12 couronnes norvégiennes.. Par ailleurs, deux sortes de différents (un de 17 millimètres et un autre de 18 millimètres) ont été mis en vente par les clubs et fédérations sportives norvégiennes. pins ont ainsi été vendus. Pour garder la coutume des précédents Jeux d'hiver, la Norvège imprime des timbres spéciaux de différentes tailles et de couleurs rouge, vert ou bleu.. Ces timbres mis en circulation du au et coûtant 15, 30 ou 55 , ont été vendus à plus d'1,8 million d'exemplaires.. Des publications spéciales sont aussi éditées : le dépliant du programme olympique, en norvégien, en anglais et en français, de 64 pages, vendu à 4,25 couronnes ; les programmes quotidiens, imprimés pour exemplaires et vendus à unités pour le prix d'une couronne ; ou encore le , un magazine de 32 pages composé des images des Jeux et vendu à copies lors de la cérémonie de clôture et les jours suivants.. Enfin, une médaille commémorative est tirée à exemplaires. Composée d'un alliage de bronze, elle reprend le motif des médailles olympiques avec l'hôtel de ville d’Oslo et les anneaux olympiques, tandis que le revers de cette médaille montre la devise olympique entre les branches d'un cristal de neige.
Politique À la suite de l'occupation allemande de la Norvège durant la Seconde Guerre mondiale, un sentiment anti-allemand commence à affecter la préparation des Jeux olympiques de 1952 .. Des discussions ont lieu pour savoir si l'Allemagne doit y participer. Lorsqu'en 1950 le comité national olympique de l'Allemagne de l'Ouest demande la reconnaissance du Comité international olympique, il s'inquiète d'éventuels boycotts politiques lors des Jeux suivants.. Le comité national olympique ouest-allemand ayant été reconnu par le , la RFA est officiellement invitée à participer aux Jeux d'hiver de 1952.. L'Allemagne de l'Est est invitée à participer avec l'Allemagne de l'Ouest au sein d'une équipe unifiée, mais elle refuse..
Au départ, la Norvège ne voit pas d'un bon œil la venue d'athlètes allemands ou ayant affiché une proximité avec le nazisme par le passé. Par exemple, le Norvégien Finn Hodt n'est pas autorisé à intégrer l'équipe de patinage de vitesse car il a collaboré avec les nazis durant la guerre. Finalement, malgré ces réticences, la Norvège accepte que les athlètes allemands et japonais participent aux Jeux. L'Union soviétique n'envoie pas d'athlètes à Oslo bien qu'elle soit reconnue par le Comité international olympique. Ayant l'intention d'inscrire une équipe au tournoi de hockey sur glace, elle prend contact trop tardivement avec la fédération internationale de hockey sur glace pour le faire..
Nations participantes thumb|alt=Carte du monde des nations participants aux Jeux indiqués en vert et en bleu.|30 nations participent aux Jeux. |upright=1.3 Trente nations envoient une délégation à Oslo, ce qui constitue un record à l'époque pour des Jeux d'hiver. Au , 32 pays sont inscrits aux Jeux mais deux d'entre eux se retirent avant qu'ils ne débutent.. La Nouvelle-Zélande et le Portugal prennent part aux Jeux olympiques d'hiver pour la première fois. L'Australie, l'Allemagne et le Japon reviennent aux Jeux après 16 ans d'absence. Trois nations présentes en 1948 sont absentes en 1952 : la Turquie, le Liechtenstein et la Corée du Sud. Cette dernière ne participe pas aux Jeux en raison de la guerre de Corée qui est en cours à ce moment-là.
Le nombre indiqué entre parenthèses est le nombre d'athlètes engagés par pays.