Le dollar américain ou dollar des États-Unis ou dollar US (symbole monétaire : $ ; code ISO : USD pour United States dollar) est la monnaie nationale des États-Unis et de ses territoires d'outre-mer ou Commonwealth (comme Porto Rico) ; c'est aussi celle de l'Équateur, du Zimbabwe, des États fédérés de Micronésie, des Îles Marshall, des Palaos, du Panama, du Salvador, du Timor oriental, des Îles Turques-et-Caïques, des Îles Vierges britanniques et des Îles BES. Il est divisé en 100 cents.

Son code ISO 4217 est « USD », avec le nom « dollar des États-Unis ». Son symbole est « US$ » ou simplement « $ » (caractère Unicode U+0024). Cependant ce dernier symbole est utilisé localement pour désigner d'autres monnaies nationales (par exemple le dollar au Canada ou le peso au Mexique).

Le dollar des États-Unis est la monnaie la plus utilisée au monde pour les transactions The Implementation of Monetary Policy - The Federal Reserve in the International Sphere et la première en quantité de monnaie en circulation Here's how much US currency there is in circulation..

Rôle économique En monnaie scripturale, le dollar est : la principale monnaie de réserve utilisée dans le monde, représentant 57 % des réserves des banques centrales à travers le monde en 2025 selon le FMI World Currency Composition of Official Foreign Exchange Reserves ; la devise la plus utilisée dans le commerce international ; la principale devise traitée sur le marché des changes, présente en 2025 dans 89 % des transactions (un chiffre inchangé par rapport à 2016, 2019 et 2022), contre 29 % pour l'euro (source : BRI) Triennial Central Bank Survey - Foreign exchange turnover in April 2025 Triennial Central Bank Survey - Foreign exchange turnover in April 2022 Triennial Central Bank Survey - Foreign exchange turnover in April 2019 ; la devise possédant les marchés financiers les plus importants, même si cette prépondérance est en train d'être remise en cause par l'euro dans plusieurs domaines. la monnaie de référence pour les matières premières, notamment le pétrole via le système du pétrodollar.

Enfin, certes pour des montants beaucoup moins importants, c'est une monnaie fiduciaire d'un usage très répandu dans le monde, et plus de la moitié de son encours en billets est en fait détenu hors de son pays d'origine.

Responsabilité La valeur externe du dollar est du ressort exclusif du gouvernement fédéral américain, et c'est le secrétaire au Trésor qui en a la responsabilité. La banque centrale américaine, la Réserve fédérale des États-Unis, en particulier, ne jouit d'aucun mandat pour communiquer sur la valeur de la devise.

Histoire Étymologie et colloquialismes L'appellation « dollar » est une déformation du nom d'une monnaie d'argent européenne, le thaler. Cette pièce connait plusieurs variations à partir du Joachimsthaler créé en Bohême au . Le thaler est utilisé aux dans divers états allemandsJ. M. Albertini, V. Lecomte-Collin et B. Collin, Histoire de la monnaie. Du troc à l'euro, Sélection du Reader's Digest, 12 octobre 2000 ., jusqu'au thaler de Marie-Thérèse frappé du Colette Dubois, « Espaces monétaires dans la Corne de l’Afrique (circa 1800-1950) », in Colette Dubois, Marc Michel, Pierre Soumille, éd., Frontières plurielles, frontières conflictuelles en Afrique subsaharienne, Paris, L'Harmattan, 2000, .. C'est finalement la pièce de huit réaux de l'empire espagnol, inspirée du Joachimsthaler et appelée par les Anglais spanish dollar, qui sert d'étalon pour établir le dollar américain.

Les Français appellent ces pièces en argent, sensiblement de même titrage et poids, « piastre », terme qui est resté chez les francophones d'Amérique du Nord pour désigner le dollar.

Enfin, aux États-Unis comme dans d'autres pays ayant une monnaie de même nom, l'usage familier préfère souvent au terme « dollar » celui de buck, qui désigne un cervidé mâle (colloquialisme). Cet emploi, attesté dès 1856, vient peut-être d'une abréviation de buckskin, « balle de peaux de cerf », dont l'usage en tant qu'unité de valeur remonte au moins à 1748. : en un temps où le numéraire est rare, une balle de peaux peut faire office de monnaie dans le commerce colonial entre Amérindiens et Européens ; si cette pratique s'est progressivement éteinte à partir de l'introduction du dollar en 1792, le nom serait resté, passant au nouveau moyen d'échange « Why a Dollar is Called a “Buck” » sur le site todayifoundout.com.. Une autre origine possible du terme buck est un terme de poker.

Le premier billet imprimé sur le sol américain date de 1690, par la colonie britannique du Massachusetts. Il est alors exprimé en livre sterling. De 1709 à 1755, les treize colonies impriment différents types de billets, toujours en livres. Après le début de la guerre d'indépendance des États-Unis, à partir de 1776, sont fabriqués sous l'égide du Congrès continental des billets exprimés en dollars continentaux, le Continental dollar (Continental ou Continental currency dollar), imprimés de façon excessive jusqu'en 1782, et engendrent une quasi banqueroute puis la création de la Banque de l'Amérique du Nord.

Le dollar est finalement adopté par le Congrès de la Confédération le Journals of the Continental Congress, Wednesday, JULY 6, 1785. et devient la monnaie officielle des États-Unis en vertu du Mint Act en 1792. Le système décimal est alors choisi : = 10 dimes = 100 cents = 1000 mills.

La valeur faciale des premières pièces d'un dollar frappés en 1794 est indexée sur l'argent : équivaut à d'argent au titre de 892/1000. Ce poids est calqué sur la pièce espagnole de 8 realesLa pièce de 8 réaux portait ce chiffre inhabituel parce qu'elle valait elle-même 1 thaler. Cette équivalence est établie sous les premiers Habsbourg-Lorraine pour simplifier les échanges à l'intérieur du grand empire de Charles Quint., appelée aussi pièce de huit (peso de ocho) pesant d'argent au titre de 896/1000 qui est couramment utilisée dans les échanges internationaux au et qui circulait sur le sol américain sous le nom de dollar espagnol (Spanish dollar).

En 1800, par comparaison, la pièce de français pesait au titre de 900/1000, la pièce de 1 couronne britannique (5 shillings soit 1/4 de £) pesait au titre de 925/1000.

En 1861, les premiers billets verts apparaissent. La maxime « In God We Trust » (« Nous croyons en Dieu »Devise: In God We Trust - Traduction officielle sur le site de l'Ambassade des États-Unis à Paris ou « Nous avons confiance en Dieu ») apparaît pour la première fois en 1864 sur la pièce de . Approuvée en 1955 par un acte du Congrès, elle est depuis 1957 systématiquement imprimée sur tous les billets américains.

En 1866-1877, un dollar or vaut 5 francs 17, alors que 100 cents argent valent 5 francs 31..

Début du Les dernières pièces de en argent, dits peace dollar ayant véritablement circulé sont frappés en 1935 et pèsent au titre de 900/1000. Les sous-multiples de 1/2 (half dollar) 25 cents (quarter) et 10 cents (dime) furent frappés jusqu'en 1964 au titre de 900/1000.

1944-1971 : le Gold Exchange Standard Le système monétaire mondial dit du Gold Exchange Standard (étalon de change or) est mis en place par les accords de Gênes en 1922 jusqu'en 1933 (Roosevelt décide de suspendre la convertibilité du dollar en or pour le dévaluer) puis par les accords de Bretton Woods en 1944 et donne une place prépondérante au dollar. Il repose sur deux piliers principaux : un système de changes fixes entre monnaies (avec de très faibles marges de fluctuations) ; la reconnaissance du dollar comme monnaie de réserve internationale (as good as gold), qui reste convertible en or, mais seulement dans le cadre des échanges entre banques centrales.

Si le système fonctionne correctement dans les années 1950, l’accumulation dans les années 1960 des déficits américains encore accrus par les dépenses afférentes à la guerre du Viêt Nam entraînait tout au début de la décennie 1970 de très fortes pressions sur la monnaie américaine. Or sa fonction de monnaie de réserve mondiale gênait fort peu les États-Unis et ne les incitait pas à mieux contrôler leurs déficits.

1971-1973 : période de transition C’est le que le président Richard Nixon décide l’inconvertibilité du dollar par rapport à l’or, à la suite des tensions permanentes sur cette monnaie. Cette décision est prise sans consulter les partenaires (autres pays occidentaux et Japon). Elle s'explique par le danger sérieux et croissant que les autres pays exigent la conversion en or de leurs excédents de dollars, puisque le dollar est convertible en or, tout au moins dans les échanges entre banques centrales.

Avec ce « diktat » américain, le système de Bretton Woods est en difficulté, puisque la valeur de chacune des monnaies y est déterminée par référence à un poids d'or. Les pressions sur le dollar sont plus fortes. Malgré la dégradation de sa balance commerciale, le pays ne connaît aucune crise de sa balance des paiements du fait du statut du dollar comme monnaie de réserve internationale. En , Valéry Giscard d'Estaing qualifie cela de privilège exorbitant (du dollars).

Plusieurs réunions eurent lieu pour s’accorder sur une dévaluation de la devise américaine et tenter un replâtrage du système. Elles débouchèrent sur l'Accord du Smithsonian Institute (ou Accord de Washingthon), conclus le par les ministres des finances et banquiers centraux du « Groupe des Dix » qui établirent des parités centrales et des marges de fluctuation de Communiqué du "Groupe des Dix" (Washington, 18 décembre 1971) sur www.cvce.eu.

C'est de cette époque que date la formule attribuée au secrétaire américain au Trésor, John Connally : (« Le dollar est notre monnaie et votre problème »).

Le , la faiblesse de la monnaie américaine conduit à un réajustement des parités, le dollar étant dévalué de 10 %, mais cela se révéle immédiatement insuffisant.

Depuis 1973 : le régime des changes flottants thumb|upright|Évolution historique du taux au jour-le-jour (Fed Funds) du marché monétaire aux États-Unis. left|thumb|upright|Reconstitution du taux de change euro-dollar de janvier 1972 à janvier 1999 à partir des taux de change du franc français et du Deutsche mark . Le , le « Groupe des Dix » décide l’abandon de la fixité des taux de change des diverses monnaies par rapport à l’étalon dollar, ce qui permet aux banques centrales des autres pays de cesser d’acheter du dollar pour maintenir sa parité, selon les règles du jeu du système en vigueur. Un nouveau système monétaire international dit de « changes flottants » voit donc le jour. Il est toujours en vigueur.

Les accords de la Jamaïque entérinent formellement cette situation le .

De 1973 à 1979, le dollar continue sur sa lancée et se déprécie régulièrement et considérablement par rapport au Deutsche Mark, perdant près de 50 % de sa valeur (cf graphique ci-contre à gauche).

La violente remontée des taux d'intérêt décidée à la fin de 1979 par le nouveau gouverneur de la banque centrale américaine, Paul Volcker, pour combattre — avec succès — l'inflation, inverse la tendance. Le remède est sévère : pour une inflation de l'ordre de 9 % en taux annuel en 1980, les taux d'intérêt à court terme montent jusqu'à 19 %. Les taux d'intérêt réels atteignent des sommets sans précédent et, au prix d'une sévère récession, l'inflation disparaît : en 1983, elle n'est plus qu'à (Cf. graphique ci-contre à droite).

Ces taux d'intérêt réels provoquent un afflux de capitaux aux États-Unis, et le dollar s'apprécie pendant cinq ans, jusqu'à revenir, en , à son niveau d'avant 1973, ce qui est manifestement exagéré.

Septembre 1985 : les accords du Plaza