Les Jeux olympiques d'hiver de 1994, officiellement connus comme les olympiques d'hiver, ont lieu à Lillehammer en Norvège du 12 au . Ce sont les premiers Jeux d'hiver qui ne se déroulent pas la même année que les Jeux d'été. La ville était déjà candidate pour accueillir les Jeux olympiques d'hiver de 1992, finalement attribués à Albertville. Pour l'organisation de ces Jeux, quatre villes sont en compétition et Lillehammer remporte les suffrages du Comité international olympique (CIO) lors du face à la ville suédoise d'Östersund. C'est la deuxième fois qu'une ville norvégienne accueille les Jeux d'hiver après Oslo en 1952. La moitié des sites de compétition est située à Lillehammer, l'autre à proximité immédiate de la ville, suivant l'idée de « Jeux compacts » voulus par le comité d'organisation.
Ces Jeux d'hiver réunissent issus de , qui participent à six sports et , soit quatre de plus qu'en 1992. Quatre pays font leur entrée aux Jeux d'hiver, Israël, la Bosnie-Herzégovine, les Samoa américaines et Trinité-et-Tobago, tandis qu'une partie des anciennes républiques de l'URSS participent pour la première fois sous leurs propres couleurs, de même que la Slovaquie et la République tchèque.
À l'issue de ces Jeux, la Russie arrive en tête du tableau des médailles avec onze titres olympiques, mais ce sont les athlètes norvégiens qui comptent le plus grand nombre de médailles avec , dont dix en or. La fondeuse italienne Manuela Di Centa est l'athlète la plus médaillée de ces Jeux ; elle réalise par ailleurs une performance exceptionnelle en montant sur le podium lors de chacune des cinq courses qu'elle a disputées, en remportant notamment deux fois la médaille d'or. La Russe Lioubov Iegorova et le Norvégien Bjørn Dæhlie, tous les deux spécialistes du ski de fond, comptent chacun quatre médailles. Avec ses trois titres olympiques, Egorova est d'ailleurs l'athlète ayant remporté le plus de médailles d'or lors de ces Jeux, en compagnie du patineur de vitesse norvégien Johann Olav Koss.
Contexte Alternance des Jeux d'été et des Jeux d'hiver Élu président du Comité international olympique en 1980, Juan Antonio Samaranch souhaite rénover le mouvement olympique. Il propose notamment de mettre fin au rythme quadriennal des Jeux, en séparant les Jeux d'été et d'hiver pour les disputer en alternance durant les années paires. Ceci permettrait d'offrir une plus grande visibilité aux Jeux d'hiver et d'en augmenter substantiellement les revenus. L'idée est débattue lors de la du CIO à Lausanne, du 12 au , au cours de laquelle doivent être désignées les villes d'accueil des Jeux d'été et d'hiver de 1992. La proposition de Samaranch est adoptée par le comité exécutif puis par le plenum (78 votes pour, 2 oppositions et 5 abstentions) : les Jeux olympiques d'hiver se dérouleront donc en 1994, deux ans seulement après ceux d'Albertville..
Sélection de la ville hôte
La ville de Lillehammer se porte une première fois candidate pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 1992, finalement attribués à Albertville.. La possibilité d'une telle candidature est envisagée dès 1981 par le président du Comité olympique norvégien, Arne B. Mollén, dans une déclaration à la presse. Parallèlement, un comité devant étudier les mesures à prendre pour favoriser le développement économique et assurer l’emploi dans les régions intérieures de la Norvège estime que l'organisation des Jeux olympiques apparaît comme une mesure susceptible d’encourager la vie économique.. Le conseil municipal de Lillehammer décide de déclarer son intérêt pour les Jeux le , ce qui aboutit à la création, au mois d'octobre suivant, de la société « Lillehammer-OL 1992 A/S » dirigée par Arild Sletten et Ole Sjetne et chargée d'organiser la campagne pour les Jeux de 1992. La présentation de la candidature a lieu lors d'une réception pendant les Jeux d'hiver 1984 à Sarajevo, en présence du roi Olav V.. Lors de la du CIO à Lausanne, l'organisation des Jeux de 1992 est attribuée à Albertville alors que Lillehammer est éliminée lors du cinquième tour.
Le , la municipalité décide de présenter une nouvelle candidature pour l'accueil des Jeux de 1994. La garantie de l’État pour cette nouvelle candidature s’élève à de couronnes norvégiennes (NOK), et reçoit le soutien du roi Olav V de Norvège, du premier ministre Gro Harlem Brundtland et du nouveau président du comité olympique norvégien, Jan Gulbrandsen.. L'élection de la ville hôte se déroule à Séoul, en Corée du Sud, à l'occasion de la du CIO. Après le désistement de Lausanne (Suisse) et Leningrad (URSS), quatre villes sont en lice : Lillehammer, Östersund (Suède), Anchorage (États-Unis) et Sofia (Bulgarie). Lillehammer est choisie au pour quarante-cinq voix contre trente-neuf allant à la ville suédoise.. Elle devient la deuxième ville norvégienne à accueillir les Jeux olympiques d'hiver après Oslo en 1952..
+ Résultats des votes du CIO.. Ville Pays Lillehammer Norvège 25 30 45 Östersund Suède 19 33 39 Anchorage États-Unis 23 22 — Sofia Bulgarie 17 — —
Organisation Le comité d'organisation des Jeux voit le jour le , peu après l'élection de la ville hôte, sous l'appellation « » (LOOC, Comité d’organisation des Jeux olympiques de Lillehammer). Ole Sjetne le préside jusqu'à sa démission en . Il est alors remplacé par Gerhard Heiberg. Petter Rønningen assure les fonctions de directeur général du LOOC à partir du .. Le comité d'organisation est détenu à 51 % par l'État, 24,5 % par la municipalité de Lillehammer et 24,5 % par le Comité olympique norvégien.. Au total, participent à l'organisation des Jeux : du LOOC, et ..
Aspects économiques Le montant des dépenses liées à l'organisation des Jeux s'élève à de couronnes norvégiennes (soit de dollars américains). Ce budget se répartit entre un crédit de l'état pour le comité d'organisation qui représente finalement plus de de couronnes, et près d'un milliard de couronnes pour les différents ministères.. Le coût de construction des différents sites sportifs s'élève à près de de couronnes, dont plus de pour la Håkons Hall, pour le Vikingskipet et pour la piste d'Hunderfossen..
Les recettes enregistrées s'élèvent quant à elles à de couronnes.. La couverture médiatique des Jeux de Lillehammer bat des records : les épreuves sont diffusées dans , contre seulement 86 pour ceux d'Albertville en 1992. Les droits de retransmission télévisée rapportent de dollars, la chaîne américaine CBS déboursant à elle seule de dollars pour diffuser les Jeux en exclusivité aux États-Unis.. La vente des billets rapporte de couronnes, soit de dollars.. Au total, sont vendus, ce qui représente une vente de 87,2 % des billets émis, et la deuxième meilleure affluence dans l'histoire des Jeux jusqu'alors, après ceux de Calgary en 1988..
Marketing
L'emblème des Jeux est choisi par le comité d'organisation. Il représente une aurore boréale stylisée et des cristaux de neige blancs sur un fond bleu cobalt surmontant les cinq anneaux du drapeau olympique et la marque dénominative « Lillehammer'94 ». Cet emblème symbolise le contact des Norvégiens avec la neige, le ciel et la nature.. Les différents pictogrammes sportifs ou informatifs s'inspirent des gravures rupestres norvégiennes, dont celle de Rødøy, vieille de et considérée comme la plus ancienne représentation d’un skieur connue dans le monde. Ces différents pictogrammes sont constitués d'une figure blanche sur un fond carré de couleur magenta..
Le choix des mascottes pour ces Jeux se distingue par son originalité : Håkon et Kristin sont les premières mascottes olympiques incarnant des êtres humains. Sous les traits de jeunes enfants portant des habits médiévaux, en référence à leurs racines historiques, ils sont néanmoins des enfants modernes qui expriment les intérêts et visions de la jeunesse comme la conscience environnementale.. Håkon et Kristin ont hérité leurs noms de personnages historiques du liés à la Norvège et à la région de Lillehammer. Håkon Håkonsson était le petit-fils du roi Sverre et qui devient lui-même roi en 1217. Kristin était la fille de Sverre et donc la tante de Håkon Håkonsson... Kari et Werner Grossman sont les créateurs de ces mascottes, d'après une idée de l'architecte designer mexicain Javier Ramirez Campuzano.. Le comité d'organisation met en place un projet « Mascottes vivantes » : huit couples d'enfants norvégiens représentant chacun une des régions du pays sont sélectionnés parmi âgés de 10 à pour jouer le rôle des deux mascottes pendant les Jeux ainsi qu'au cours des différentes manifestations qui les précèdent..
Un programme numismatique est conçu à l’occasion des Jeux par le comité d’organisation, en collaboration avec la Banque de Norvège et la Monnaie Royale, couvrant l’émission de douze pièces d’argent et de quatre pièces d’or. Dix mille collections complètes sont ainsi constituées et rapidement vendues. Les pièces d’argent sont également vendues par paires d’une pièce d’une valeur de et une de , tandis que les pièces d'or sont vendues individuellement. Le programme numismatique rapporte de couronnes au comité d'organisation..
D'autres projets de marketing sont mis en place par le LOOC, comme la vente aux enchères quotidienne à Lillehammer d’un T-shirt unique fabriqué pour chacun des précédant les Jeux, l'émission de timbres-poste et d'articles philatéliques ou la création d'une série de vingt affiches officielles représentant le sport ou la culture..
Les Jeux sont sponsorisés par mondiaux, nationaux et officiels qui apportent un soutien financier ainsi que des biens et des services aux organisateurs des Jeux. Le programme (le club Birkebeiner), qui rassemble les neuf partenaires nationaux, rapporte un soutien financier au comité d'organisation estimé à un total de de couronnes..
Nations participantes vignette|upright=1.3|alt=Carte du monde des nations participant aux Jeux indiquées en vert.|Pays participants aux Jeux d'hiver 1994 (en vert foncé). Soixante-sept nations envoient une délégation à Lillehammer, pour un total de dont et .. Les femmes représentent 30,05 % des athlètes participants, ce qui représente alors la plus grande part depuis la création des Jeux d'hiver en 1924.. Avec trois pays de plus que lors des Jeux de 1992, cela constitue un record de nations participantes pour les Jeux d'hiver à l'époque, alors que le nombre d'athlètes est en baisse par rapport à Albertville deux années plus tôt. Quatre nations font leur entrée aux Jeux d'hiver : Israël, la Bosnie-Herzégovine, les Samoa américaines et Trinité-et-Tobago..... Une partie des anciennes républiques de l'URSS participent pour la première fois sous leur propre couleur. : l'Arménie, la Biélorussie, la Géorgie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Moldavie, l'Ouzbékistan et l'Ukraine......... De même, la Slovaquie, après la dissolution de la Tchécoslovaquie, dispute ses premiers Jeux..
Le nombre indiqué entre parenthèses correspond au nombre d'athlètes engagés dans les épreuves officielles pour chaque pays.
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Îles Vierges des États-Unis (8)
Sites vignette|alt=Carte des sites de compétitions indiqués par des pictogrammes sportifs.|Carte des sites retenus pour les Jeux.