Epsilon Sagittarii (ε Sgr / ε Sagittarii), également nommée Kaus Australis, est une étoile binaire qui est également l'étoile la plus brillante de la constellation du Sagittaire.
Nomenclature
Kaus Australis est le nom propre de Epsilon Sagittarii / ε Sgr aujourd’hui approuvé par l’Union astronomique internationale (UAI), tandis que δ Sgr est Kaus Media et λ Sgr Kaus Borealis. Ce nom vient de l’arabe القوس al-Qaws, qui est, à côté du calque sémantique du grec Τοξότης, soit الرامي al-Rāmī, « le Tireur à l’arc », un nom de la constellation venu du ciel arabe traditionnel, où il était affecté au signe du zodiaque, attesté dans l’horoscope de fondation de la ville de Baghdad en 762, ainsi que nous rapporte l’érudit persan al-Bīrūnī Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, p. 46.. À partir de la transcription Kaus donnée pour le nom de la constellation dans sa traduction du یجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437), donné par Thomas Hyde (1665) , Giuseppe Piazzi appelle cette étoile Kaus Australis (la) Giuseppe Piazzi, Præcipuarum stellarum inerrantium positiones mediæ ineunte sæculo XIX : ex observationibus habitis in specola Panormitana ab anno 1792 ad annum 1813, éd. Panermi : ex regia typ. militari, 1814, p. 125., nom rapidement repris dans les catalogues du XIX siècle avant d’être relevé par Richard Allen (1899) (en) Richard Hinkley Allen, Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, réed. st. Star Names, Their Lore an Meaning, New-York: Dover Publications, 1963, p. 358..
Alwarida Tertia est une second pour Epsilon Sagittarii / ε Sgr, qui est l’arabe الواردة al-Wārida. Pour le comprendre, il faut voir que l’espace gréco-arabe de Sagittarius est occupé, dans le ciel arabe traditionnel, par une grande scène animalière nommée النعايم al-Naᶜā’im, « les Autruches », qui correspond à la XX des manāzil al-qamar ou « stations lunaires » Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, pp. 198-203., appellation qui concerne deux groupes. L'un est الواردة النعايم al-Naᶜā’im al-Wārida, « les Autruches qui descendent [boire] » au Fleuve, en arabe النهر al-Nahar, qui est un des noms de la Voie lactée, tandis que l'autre est النعايم الصادرة al-Naᶜā’im al-Ṣādira, « les Autruches qui reviennent [de boire] ». Ces deux groupes sont articulés de part et d’autre de راحي النعايم Rāᶜī al-Naᶜā’im, « le Berger des Autruches ». Voir l’image intitulée « النعايم al-Naᶜā’im, la figure arabe des Autruches près de la voie lactée » dans la page consacrée à la constellation du Sagittaire.
On a donc الواردة النعايم al-Naᶜā’im al-Wārida, « les Autruches qui descendent [boire] » pour le groupe γηδε Sgr, en classant les étoiles dans l’ordre normal des ascensions droites. Elles étoiles sont en tout ou en partie individualisées dans des catalogues tardifs, ainsi dans le traité de al-Tīzīnī (1533) (fr) Muḥamγηδε Sgr dans l’ordre normal des ascensions droites mad al-Tīzīnī l-Muwaqqit, « Ğadwal al-kawākib al-ṯābita ou Table des étoiles fixes », traduction dans Roland Laffitte, Des noms arabes pour les étoiles. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p. 179.. Le nom Alwarida Tertia se rencontre chez Ahmed Benhamouda (1950) (fr) Ahmed Benhamouda, « Les noms arabes d’étoiles », in Annales de L’institut d’études orientales, Alger, t. IX (1951), repr. sous le titre Étoiles et constellations, Alger : S.N.E.D. (Société nationale d’édition et de diffusion), 1972, p. 160., qui donne le nom Alwarida tertia en reprenant l'ordre donné par dans le « Ğāmiᶜ al-Mabādī wa-l-Ġāyāt fī ᶜilm al-mīqāt ou Collection des principes et des objectifs dans la science de la mesure du temps » d’Abū ᶜAlī al-Ḥasan al-Marrākušī (1282) (fr) Abū ᶜAlī al-Ḥasan al-Marrākušī, « Catalogue 2: Abū ᶜAlī al-Ḥasan a-Marrākušī », traduction française, dans Roland Laffitte, Des noms arabes pour les étoiles…, op. cit, pp. 170-171., édité par Jean Jacques Emmanuel Sédillot (fr) Jean-Jacques Emmanuel Sédillot, Traité des instruments astronomiques des Arabes, composé au XIIIe siècle par Aboul Hhassan Ali de Maroc, traduction et commentaire de J.-J. Sédillot, éditée par les soins de Louis Amélie Sédillot, Paris : Impr. Royale, 1834, p. 147., et repris par Louis Amélie Sédillot. Mais le nom est diffusé dans les catalogues modernes à partir de la transcription Thalath al Waridah |i.e.] Tertia τῶν al Warida donnée par la présentation du traité de l’Égyptien Muḥammad al-Aḫsāsī al-Muwaqqit, Durrāt al-muḍiyya fī ’l-ᶜamal al-šamsiyya ou « Perles de brillance de l’activité solaire (1282) par Edward Ball Knobel.
Compagnon L'étoile primaire, Epsilon Sagittarii A, est une géante bleue de type spectral B9,5 . Son compagnon, Epsilon Sagittarii B, se situe à 2,4 secondes d'arc d'elle.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Liste d'étoiles du Sagittaire
Liens externes
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