vignette|Blason d'Orléans.Les armes d'Orléans se blasonnent ainsi : De gueules à trois cœurs de lis [tierce-feuilles versées] d'argent ; au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. Devise : « hoc vernant lilia corde » (C'est par ce cœur que fleurissent les lis). Ornement extérieur : Croix de guerre 1939-1945. Ces armoiries datent du ..

Histoire d'Orléans présente l'histoire de la ville française d'Orléans.

Le riche passé historique de la ville tient notamment du fait qu'elle constitue un point de passage stratégique sur la Loire car située sur son point le plus septentrional, donc au plus près de Paris.

Des fouilles archéologiques semblent accréditer les premières présences humaines sédentaires au paléolithique inférieur.

Durant l'Antiquité, le lieu correspondant à l'actuelle ville d'Orléans est appelé Cenabum, Genabum ou Aurelianum. D'environ -50 à 500, elle est intégrée à la Gaule romaine dans la province de la Gaule lyonnaise.

À la chute de l'Empire romain, la ville subit les invasions barbares, puis, à la mort de Clovis, est constitué autour d'elle le royaume d'Orléans.

Sous l'Ancien Régime, elle devient la capitale de l'ancienne province de l'Orléanais et de la généralité d'Orléans jusqu'à la création des départements.

La ville est depuis la Révolution française le chef-lieu du département du Loiret ; elle est la capitale de la région Centre-Val de Loire, depuis 1964D'abord dénommée « Centre », la région prit le nom « Centre-Val de Loire », en 2015..

vignette|600px|La ville d'Orléans vers 1428, illustration de La Vie de Jeanne d'Arc d'Anatole France, 1908. vignette|300px|Jeanne d'Arc en armure devant Orléans de Jules-Eugène Lenepveu, 1886-1890, Paris, Panthéon.

Préhistoire alt=Biface trouvé à Orléans|vignette|upright=.5|Biface, manufacture des tabacs, Orléans.

Au Paléolithique, l’homme nomade vit de chasse, de pêche et de cueillette. Il réalise les premiers outils en silex il y a un million d’années et domestique le feu vers avant notre ère. L’outillage en silex et en os évolue avec les cultures et les changements climatiques. Les premières traces d'occupation humaine de l'actuelle Orléans remontent au Paléolithique inférieur (environ avant notre ère). Cette période est caractérisée par l'établissement progressif des hominidés vers le nord à partir du bassin méditerranéen. Les successions de périodes glaciaires et tempérées modifient alors profondément les paysages et rendent cette implantation de l'homme plus ou moins définitive suivant les régions.. Dans le val de Loire, des bifaces de type acheuléen ont été trouvés en abondance sur les plateaux de Briare et Gien. Plus sporadiquement, d'autres spécimens ont été trouvés dans les communes à l'Ouest de Gien. Ainsi à Orléans un très beau bifaceLes bifaces sont de grands outils en pierre façonnés sur les deux faces pour rendre aigus les bords proches de leur pointe. acheuléen a été découvert en 1948 à l'occasion de travaux d'aménagement de la manufacture des tabacs et décrit par l'abbé André Niel. D'une longueur de pour une largeur de , une épaisseur maximale de et un poids de , il est comparable au spécimen géant trouvé à Châteauneuf-sur-Loire signalé et reproduit dans une étude de Bourlon en 1913, . Un autre biface a été trouvé à La Source et est conservé au Muséum d'Histoire naturelle d'Orléans.

alt=Hache polie, trouvée à Orléans, quartier de l'Argonne|vignette|gauche|upright=0.5| Hache polie, trouvée à Orléans, quartier de l'Argonne. Les fouilles d'archéologie préventive associées aux travaux de construction de la deuxième ligne de tramway ont permis de mettre au jour d'autres traces attestant d'une présence humaine au Paléolithique inférieur, il y a environ . Dans un paysage de taïga froide, la Loire coule alors une centaine de mètres plus au nord que le lit actuel et est bordée par différents affluents qui se colmatent plus au moins au gré de la succession des épisodes froids ou chauds. L’emplacement de l’actuelle rue du Faubourg-Madeleine, enserré entre la vallée de la Loire et l’un de ses affluents, est alors protégé et au sec, et sert tout naturellement de lieu de circulation aux populations de chasseurs-cueilleurs nomades qui parcourent la région. Deux lames en silex, longues de 10 et , attestent de la présence de chasseurs-cueilleurs à cet endroit. Bruts, ces outils servaient à couper ou percer, retaillés, ils étaient utilisés comme burins ou grattoirs, .

Après les derniers chasseurs-cueilleurs du Mésolithique de la station des Hauts-de-Lutz de Beaugency, les hommes se sédentarisent vers -5500, au Néolithique. Les haches en pierre polie sont utilisées au défrichage des champs et des aires domestiques. Un tel outil a été trouvé à Orléans dans le quartier de La Source. Mais les découvertes de ce type sur le territoire strict de l'actuelle commune d'Orléans sont rares. De même les pratiques et rites funéraires évoluent tout au long du Néolithique. La sépulture trouvée à La Chapelle-Saint-Mesmin, en limite du territoire de la commune d'Orléans, dite « la dame de Monteloup », est une sépulture individuelle double regroupant une femme (20 ans) et son enfant.. La jeune femme est richement parée de plusieurs colliers comportant plus de deux cents dentales et une centaine de perles en lignite..

La découverte de trous de poteaux datés de -800 à -700 dans le centre historique d'Orléans permet de supposer la présence d'un habitat sur le site actuel dès le premier âge du fer.

Protohistoire

Cenabum, emporium des Carnutes

Si le site d’Orléans a livré les traces d’une fréquentation régulière depuis la Préhistoire, ce n'est que dans le courant du second âge du Fer ou période de la Tène (-500 à -52), qu'une agglomération pérenne apparaît et se structure, avec l'épanouissement de la civilisation gauloise.. Deux tombes hallstattiennes ont par ailleurs été découvertes à proximité d'Orléans : à Saint-Cyr-en-Val au Sud et à Mardié à l'Est.

Avant son entrée dans l'Histoire, Le nom de Cenabum, d'origine celtique, est employé dans les manuscrits du livre VII des Commentaires de Jules César. La graphie avec un C est utilisée par les auteurs postérieurs à César et gravée sur les deux inscriptions parvenues jusqu'à nous. À Orléans, la tradition avait retenu la forme en G (Genabum). Actuellement on revient au C initial qui apparaît plus conforme à l'usage des Romains (Jacques Debal - 1998). (actuelle Orléans) apparaît déjà comme un port fluvial cosmopolite et actif, débouché sur la Loire de la grande nation des Carnutes, un peuple peu connu avant la Guerre des Gaules. L'historien de la Rome antique, Tite-Live, les présente parmi les peuples gaulois qui ont émigré vers l'Italie au Ils occupent un vaste rectangle beaucoup plus étendu que le département du Loiret, mais plus petit que la région Centre-Val de Loire, et orienté selon l'axe SSE-NNO, de la Seine au nord, jusqu'au Cher au sud. Au nord-est, ils ont pour voisins les Sénons dont le territoire correspond au Gâtinais, tandis qu'à l'Est, les Éduens sont maîtres du Giennois.. L'oppidum central des Carnutes est (Chartres), situé sur l’ (l'Eure) utilisée pour transporter l'étain venant de Grande-Bretagne. De là, il traversait la Beauce sur des chariots pour gagner , le grand centre d'échanges sur la Loire. Dans sa Géographie, le grec Strabon écrit : .

Jusque dans les années 1990, les recherches ne révèlent que des sites ou des trouvailles isolés tels que les vestiges d'habitat dans l'îlot Saint-Germain, entre la préfecture et la rue de la Poterne, ou un fond de cabane sur la place du Martroi. La campagne de fouilles engagée en 1997 et 1998 sur le « carreau de la Charpenterie » a permis de reconstituer un quartier habité à la fin de l' (env. 60 av. J.-C.). Le long de la rue de la Charpenterie, des foyers ont été localisés, indiquant une structure plus étendue que l'habitat gaulois habituel. Il s'agirait d'un bâtiment à usage artisanal ou commercial témoignant déjà d'une intense activité économique. La première occupation de ce site remonte peu avant le milieu du Le terrain a alors une vocation agro-pastorale. Le site change ensuite d'affectation avec l'installation d'ateliers de métallurgistes. À partir du début du , le bâti se densifie, tout en restant destiné à l'artisanat du métal. Un atelier de production de monnaies est même attesté..

Le noyau urbain est situé sur un bombement limité par les rues du Bourdon-Blanc et de la Tour-Neuve à l'Est, de la rue Notre-Dame-de-Recouvrance à l'Ouest et la place du Martroi au Nord. À l’Ouest, une zone cultuelle est attestée (rue de la Grille). Entre le et le , la cité s’entoure d’une fortification de terre et de bois, , dont le tracé n'est formellement pas connu et constitue un oppidum. Les fonctions portuaires et commerçantes se développent. Désormais, un pont assure une traversée sécurisé du fleuve (de la rue du Petit-Puits au Nord à la place de la Bascule au Sud), .

César fait brûler Cenabum

Les Carnutes et la cité de Cenabum ont joué un rôle déterminant dans les événements qui aboutissent à l'annexion de la Gaule par Rome. Au début de l'hiver 57-56 av. J.-C., Jules César amène ses légions prendre leurs quartiers d'hiver chez les Carnutes et leur impose comme roi un certain ou , Jules César, La guerre des gaules, livre V, 25.Jacques Debal précise dans son ouvrage que les seuls documents concrets sur Tasgetius, en dehors de la mention par Jules César dans le , sont des monnaies frappées de son nom. La traduction de la citation de est de J. Nivet, professeur agrégé au lycée Benjamin-Franklin d'Orléans., un geste particulièrement impopulaire car si la royauté est répandue chez les Gaulois, elle est alors honnie dans presque toutes les cités. est assassiné en 54 av. J.-C.. César, craignant que la cité entière de ne fasse défection, donne l'ordre à la légion de Lucius Munatius Plancus, cantonnée en Belgique, de se rendre à Cenabum. Les coupables sont dénoncés et arrêtés. Les Carnutes décident alors de s'en prendre aux citoyens romains installés à Cenabum pour faire du commerce. Ils sont tous assassinés le et, parmi eux, , un chevalier romain que César avait chargé de superviser l'intendance des vivres.. La nouvelle se répand ainsi dans toute la Gaule, et notamment chez les Arvernes, où un jeune noble puissant, Vercingétorix, soulève son peuple contre Rome. Très rapidement, les Sénons, Parisii, Pictons, Cadurques, Turones, Aulerques, Lémovices, Andes et Bituriges se joignent à la révolte sous le commandement suprême de VercingétorixCarcopino, Jérôme, Jules César, éd, 1990, PUF, .. Mais César prend . Les soldats incendient et pillent la ville et les habitants sont réduits en esclavage.. Peu de temps après, les Bituriges et les Arvernes sont battus à Alésia en septembre 52 av. J.-C.. En 50 av. J.-C., Jules César laisse une Gaule exsangue, emmenant avec lui l'élite des guerriers gaulois. Dès lors, soumis, les Carnutes connaissent pendant presque trois siècles les bienfaits de la paix romaine..

Antiquité Cenabum, ville romaine vignette|gauche|250px|Plaque de marbre portant entre autres l'inscription « Cenab », découverte en 1846 lors de la construction d'une ligne de chemin de fer dans le faubourg Saint-Vincent à Orléans. Le lieu correspondait à une ancienne voie romaine reliant la ville à Lutèce.

Après sa destruction, est reconstruite au cours de la première moitié du et s'étend à l’est et à l’ouest, sur des espaces autrefois ruraux. À l'occasion de cette reconstruction, les Romains ne romanisent pas son nom comme à Tours appelée , à Autun Augustodunum ou à Troyes .