Les Chevau-légers de la Garde du Roi formaient une compagnie de cavalerie de la maison militaire du roi de France pendant l'Ancien Régime et la Première Restauration. Elle fut créée par le futur Henri IV, puis intégrée à sa garde, et dissoute à la fin du règne de Louis XVI, avant d'être recréée de manière éphémère à l'avènement de Louis XVIII.
Avec un effectif maximal d'environ 250 membres, la compagnie des Chevau-légers de la Garde avait pour double fonction, au même titre que d'autres unités de cavalerie de la Maison militaire, de servir de cavalerie d'élite lors des guerres, et de garde effective du souverain, principalement lors de ses déplacements.
Histoire Sous le règne d'Henri IV La compagnie des chevau-légers — terme désignant la cavalerie légère par opposition aux gendarmes de la cavalerie lourde — a été créée par le roi Henri III de Navarre, le futur Henri IV, au cours des dernières années des guerres de religion. En 1593, la compagnie fut intégrée à la maison militaire du roi et se substitua aux deux compagnies des gentilshommes à bec de corbin, . La compagnie fut conservée par ses successeurs. Elle atteint son effectif maximal sous le roi Louis XIV qui le porta à 200 hommes.
Sous le règne de Louis XIII
Sous le règne de Louis XIV
Sous le règne de Louis XV
La compagnie des chevau-légers de la Garde fut anéantie lors de la bataille de Dettingen en 1743.
Sous le règne de Louis XVI Dès le début de son règne, Louis XVI fut contraint, dans un souci d'économie, de réduire le nombre de troupes de sa Maison militaire. Ainsi, à partir du , le nombre de Chevau-légers fut réduit à une soixantaine, comprenant les officiers et les trois musiciens, et seuls douze surnuméraires pouvaient être admisOrdonnance du roi, pour réduire les deux compagnies des gendarmes & chevaux-légers de la garde. Du 15 décembre 1775, Paris, Imprimerie Royale, disponible sur le Site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9689787m/f1. La composition de la compagnie est alors identique à celle des Gendarmes de la Garde.
Contrairement à leur rôle officiel, les Chevau-légers de la Garde ne firent pas partie de l'escorte très réduite de Louis XVI, lors de son voyage à Cherbourg, en 1786, seul voyage du roi en province, en dehors de son sacre.
La compagnie des Chevau-légers fut supprimée le octobre 1787Ordonnance du Roi pour réformer la compagnie des chevaux-légers de sa Garde, Paris, 1787, disponible sur le site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5404929s/f1.item.r=chevau-l%C3%A9ger%201787.
Sous le règne de Louis XVIII Au début de son règne, Louis XVIII reforme la maison militaire du roi, et à ce titre, rétablit la compagnie des Chevau-légers de la Garde par ordonnance, le 15 juin 1814Ordonnance du roi pour le rétablissement de sa compagnie des chevau-légers de la garde, le 15 juin 1814, in Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglemens, et avis du Conseil-d'État, etc, tome 19, pages 102 et suivantes, disponible sur le site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5492357w/f113.
Après son retour de Gand, le roi réduit fortement la taille de sa maison militaire dans son ordonnance du , et crée en parallèle une Garde royale. La compagnie des Chevau-légers de la Garde est ainsi supprimée, et est supposée cesser son service le Ordonnance du roi concernant la formation d'une garde royale, le , in Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglemens, et avis du Conseil-d'État, etc, tome 20, p. 59 et suivantes, disponible sur le site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5492339z/f70. Néanmoins, en raison des délais de mise en place de la Garde royale, le service des Chevau-légers est prolongé jusqu'au Ordonnance relative à la maison militaire du roi, le 17 octobre 1815, in Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglemens, et avis du Conseil-d'État, etc, tome 20, p. 126, disponible sur le site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5492339z/f134.
Une unité de la Maison militaire du Roi Rang Malgré leur plus grande ancienneté, les Chevau-légers, considérés comme des cavaliers légers de par leur appellation, ont un rang inférieur à celui des Gendarmes de la Garde. Ils tiennent donc le troisième rang au sein de la Maison militaire du roi, derrière les Gardes du corps et les Gendarmes, mais devant les deux compagnies de MousquetairesPère Daniel, Histoire de la milice française, tome 2, Paris, 1721, p. 199..
Service auprès du roi Chaque jour, un membre des Chevau-légers vient recevoir les éventuels commandements du roi concernant la compagnie. Le Capitaine-Lieutenant sert toute l'année auprès du roi (sauf en temps de guerre, lorsqu'il est à la tête de sa compagnie), mais les autres officiers et Chevau-légers servent par quartiers, de sorte que sans compter les officiers, cinquante Chevau-légers restent en fonction à la CourPère Daniel, Histoire de la milice française, tome 2, Paris, 1721, p. 200..
Ils ont pour rôle principal d'escorter le roi dans ses voyages, ou lors des cérémonies officielles. Suivant l'ordre de marche institué, les Chevau-légers en quartier suivent les Mousquetaires et précèdent immédiatement le carrosse du roi. L'officier à leur tête chevauche, quant-à-lui, au niveau des roues avant du carrosseL'État de la France, Paris, 1749, volume 2, p. 49 et suivantes, disponible sur le site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9765609h/f57.
Lorsque la compagnie part en campagne ou est passée en revue, un détachement de Gendarmes va chercher les étendards dans la chambre du roi (le capitaine de la compagnie). De même, lorsque les Gendarmes rentrent de campagne, les étendards sont accompagnés dans la chambre du roiPère Daniel, Histoire de la milice française, tome 2, Paris, 1721, p. 194 et 199..
Composition Encadrement Le roi étant capitaine de la compagnie, son commandant effectif a pour titre Capitaine-Lieutenant, quelquefois simplement désigné comme lieutenant.
La compagnie des Gendarmes était encadrée par les officiers suivants sous l'Ancien régimeOrdonnance du Roi, concernant les compagnies des gendarmes & chevaux-légers de sa garde. Du 4 juillet 1777, disponible sur le site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9633057t/f1État militaire de France, pour l'année 1758, par Montandre-Lonchamps, et jusqu'à l'année 1787, disponibles au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32769818j/date&rk=21459;2Rôles et états (gages et pensions) des Compagnies des gendarmes et chevau-légers, p. 1-123 du pdf, disponible sur le site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9000931z/f123.item : Capitaine-lieutenant : 1. Sous-lieutenants : 1 créé vers 1670, puis 2 vers 1680. Enseignes : 2 créés en 1752Ordonnance du Roi pour l'augmentation de 2 officiers supérieurs dans la compagnie des chevauxlégers de sa garde. Du 4 juillet 1752., Imprimerie royale, Versailles, 1753, disponible sur le site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97439279/f1, puis 3 entre 1777 et 1787. Cornettes : 1, puis 2 vers 1680, puis 4 en 1684, portés à 5 puis 6 dans les années 1760, supprimés en 1776, remplacés par 3 Guidons à partir de juillet 1777. Aides-major : 2 créés vers 1690 parmi les maréchaux des logis, avant de s'en distinguer vers 1760, 2 de 1776 à 1787. Maréchaux des logis : 1 puis 2 à partir de 1677, porté à 10 vers 1690, puis 8 lorsque ceux qui faisaient office d'Aides-major sont désignés par ce grade, puis 2 de 1776 à 1787. Brigadiers : 8 créés vers 1680, 4 de 1776 à 1787. Sous-brigadiers : 4 créés vers 1680, 8 à partir de 1683, monte à une dizaine durant la seconde moitié du siècle, supprimés en 1776.
À partir de la fin du siècle, certains sous-brigadiers de la compagnie servaient de plus de sous-aides-major, et quatre chevau-légers de sous-aides-majors de brigade.
Quatre charges de Porte-étendards furent créées autour de 1680 ; il n'y en eut plus qu'une entre 1776 et 1787.
À partir de 1776, la compagnie comprenait un Fourier-major, commandant les deux fourriers.
Un commissaire à la conduite était chargé des revues et de la police au sein de la compagnie.
Quelques musiciens accompagnaient la compagnie : trois trompettes dès le règne de Louis XIII, puis un timbalier et quatre trompettes à partir des années 1680 et sous le règne de Louis XV, et un timbalier et deux trompettes sous Louis XVI. Les musiciens sont composés de huit trompettes sous Louis XVIII.
La compagnie disposait également de deux fourriers, de deux chirurgiens et d'un aumônier, d'un maréchal-ferrant et d'un sellier.
Lorsque Louis XVIII reforma la compagnie, l'encadrement, légèrement différent, fut décrit dans l'ordonnance de reformation.
Effectifs Tout à la fin du , la compagnie comprenait une centaine de Chevau-légers. Leur nombre est porté à 120 au début du siècle, puis évolue entre 180 et 200 au cours du règne de Louis XIIIPère Daniel, Histoire de la milice française, tome 2, Paris, 1721, p. 202-201.. La compagnie comprenait entre 200 et 240 membres sous les règnes de Louis XIV et Louis XV.
Louis XVI réduisit la compagnie à 63Ordonnance du Roi concernant les compagnies des gendarmes et chevaux-légers de sa garde. Du 19 janvier 1776, disponible sur le site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9758801j/f1 puis 67 membres en 1776, avant de la supprimer en 1787.
Lorsque Louis XVIII rétablit brièvement la compagnie en 1814, il lui donna un effectif total de 256 membres.
En plus des effectifs décrits ci-dessus, la compagnie accueillait des surnuméraires, notamment en temps de guerre.
Recrutement L'entrée dans la compagnie était réservée à des nobles, qui par la suite pouvaient occuper des grades d'officiers dans les régiments ordinaires de l'armée.
"Les chevau-légers sont le seul corps de la maison du roi où, pendant presque tout le , les hommes du rang doivent impérativement être nobles."Benoit Defauconpret, Les preuves de noblesse au , ICC, 1999, p. 120. rapporte Benoit Defauconpret.
Lors de la reformation de la compagnie en 1814, Louis XVIII laisse au Capitaine-lieutenant le soin de lui présenter, pour reformer la compagnie, d'anciens Chevau-légers de la Garde, ou des officiers ou soldats de l'armée. Une taille minimale de 5 pieds 4 pouces est exigée (environ 1m78).
Insignes et équipements Armement Les Chevau-légers de la Garde sont équipés d'un sabre et de pistolets (chaque membre de la compagnie fournissant ses pistolets, jusqu'à ce qu'une paire réglementaire à trois fleurs-de-lis soit distribuée gratuitement à chacun d'eux à partir de 1714). Certaines unités de la compagnie sont équipées de carabinesAbrégé chronologique et historique, Simon Lamoral le Pippre de Nœuville, Liège, 1734, volume 2, p. 12-13..
Uniformes Dans la première moitié du , l'uniforme des Chevau-légers de la Garde se compose d'un habit rougeCe qui vaut l'appartenance des Chevau-légers au groupe informel surnommé la maison rouge au sein de la maison militaire du roi., aux parements de velours noir, porté sur un habit couleur chamois, le tout brodé d'or mêlé d'argent, et aux boutons d'argent. Le chapeau porte une cocarde blanche et un plumet blanc. L'équipage du cheval est rouge brodé d'or mêlé d'argentCet uniforme est très proche de celui des Gendarmes de la garde, qui s'en distingue par des broderies d'or non mêlées d'argent, et une cocarde noire sur le chapeau.<ref name="Abrégé de la carte">Pierre Lemau de la Jaisse, Second Abregé de la Carte générale du militaire de France, Paris, 1735, p. 138-140, disponible sur le site Gallica de la BnF au lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k176366s/f160</ref>.