La balle pelote également appelée jeu de balle est un sport collectif d’extérieur, de la famille des jeux de paume, opposant deux équipes de cinq joueurs qui se renvoient une petite balle, appelée pelote, en la frappant à la main munie d’un gant en cuir.
C’est un jeu de gagne-terrain qui se pratique en extérieur, sur un sol dur. Le terrain est appelé ballodrome.
Ce sport se pratique dans la partie ouest de la Belgique – dans les provinces de Namur, du Hainaut, du Brabant wallon, du Brabant flamand et de Flandre orientale – ainsi qu’en France, dans la vallée de la Sambre et le Valenciennois..
Depuis 2023, ce sport est repris parmi les chefs-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Histoire Origines médiévales Les origines de la balle pelote remontent au Moyen Âge. Elle dérive du jeu de longue paume, pratiqué en plein air à main nue, plus populaire que la courte paume (pratiquée en salle avec ustensile de frappe).
Les premières traces connues dans l’actuelle Belgique remontent au . À la fin du , les seigneurs jouent à la raquette tandis que les ouvriers et paysans jouent au gant. On joue alors dans des villes comme Gand, Ath ou Alost, et dans les campagnes avoisinantes.
Institutionnalisation (1902) C’est en 1902 que la balle pelote se dote d’une fédération. Le premier championnat de Belgique débute en 1920. Les différents clubs se rassemblent d’abord en ententes régionales, puis en ligues provinciales, avant d’aboutir au système actuel des entités depuis 1999.
Situation actuelle
En 2023, la discipline réunit 132 sociétés pour 3 128 pratiquants. Le , la balle pelote est reconnue chef-d’œuvre du patrimoine culturel immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Depuis 2024, un dossier est en cours d’instruction pour une inscription au patrimoine immatériel de l’UNESCO, prévu pour aboutir en 2026.
Infrastructure et matériel Terrain (ballodrome) alt=Le terrain est composé de deux parties inégales, délimitées par des lignes blanches et normalement bornées de quatre perches. Le « grand jeu » est un trapèze dont la grande base est large de (le fond) et la petite de (la corde), pour une longueur de . Le « petit jeu », qui prolonge ce trapèze, est à peu près rectangulaire, d’une longueur de sur sept ou de large. Lors de la mise en jeu, chaque équipe occupe une moitié du terrain.|300px|right|thumb|Dimensions du ballodrome et position ordinaire des joueurs lors de la mise en jeu.
La balle pelote se pratique en extérieur, sur un sol dur. Le terrain, appelé ballodrome ou plus communément jeu de balle par métonymie, est traditionnellement la grand-place de la localité.
Une des caractéristiques du jeu de balle est que le terrain, très allongé, est composé de deux parties inégales, délimitées par des lignes blanches et normalement bornées de quatre perches. Le « grand jeu » est un trapèze dont la grande base est large de (le fond) et la petite de (la corde), pour une longueur de . Le « petit jeu », qui prolonge ce trapèze, est à peu près rectangulaire, d’une longueur de .
La « corde » (ou ligne des courtes) qui sépare les deux terrains n’est pas une limite infranchissable, et ne joue d’ailleurs plus aucun rôle dès lors que la balle a été livrée.
Le terrain est délimité par deux lignes de fond (ou lignes des outre) – que les joueurs ne peuvent franchir, sauf pour la livrée – et quatre lignes latérales (lignes des mauvaises). Au milieu de la ligne de fond du trapèze, un rectangle de sur (le « tamis ») délimite l’espace dévolu au joueur qui va mettre la balle en jeu (voir plus bas Livrée).
Joueurs Les joueurs, que l’on appelle pelotaris ou simplement joueurs de balle, sont au nombre de cinq par équipe (+ un ou deux remplaçants). Ils doivent pouvoir être distingués par un maillot propre à leur équipe. Sauf par temps de canicule, les adultes jouent normalement en pantalons longs.
Positions En début d’échange – précisément tant que le livreur n’a pas pénétré dans le « tamis » (la zone de service) –, les deux équipes se placent normalement de part et d’autre de la corde. Proches de celle-ci se tiennent les deux cordiers, aussi appelés passes ou passîs (litt. passiers) ; derrière eux viennent les trois « frappeurs » : le petit mitan (petit milieu), puis quelques mètres derrière, le grand mitan (grand milieu) et tout au fond, le foncier, aussi appelé mouche ou mouchî ; notice reprise dans . .
Rôles Les cordiers tentent d’empêcher la balle de passer, et autrement filent de l’avant pour essayer de gagner du terrain et marquer ou remporter des chasses (cf. plus bas). Quant aux frappeurs, ils essayent généralement de renvoyer la balle le plus loin possible dans le terrain (le « rechas » ou le « contre-rechas »), et si faire se peut, outre la ligne de fond. Dans certains cas, ils préféreront toutefois – pour assurer une chasse – envoyer la balle rouler à terre et empêcher ainsi l’autre équipe de la rechasser. Le foncier a en plus comme mission spécifique d’empêcher la balle de franchir la ligne de fond.
Matériel alt=Un gant rigide de cuir épais, courbé en coupelle. Sur le dos de la main, une lanière et des œillets avec un lacet permettent de bien assujettir le gant au poignet. Les couleurs du gant sont au choix du joueur ; ici, brun et orange. On voit l’estampille du fabricant et un numéro d’identification.|vignette|Gant de balle pelote
La balle La balle a longtemps été une pelote de sable et matière végétale, cousus dans une peau de cuir ; ses dimensions et son poids ont varié.. En 1973, la balle en peau est abandonnée au profit d’une balle synthétique, changement motivé principalement par le coût de fabrication élevé. La balle en matière plastique pèse environ pour un diamètre d’environ . Depuis 2018, elle est fabriquée par la société Serviplast, à Rochefort.
Le gant Hormis pour la livrée qui se fait à main nue, on frappe la balle avec un gant rigide en cuir renforcé d’une plaque intérieure (« talon » et « paumette ») afin de protéger la main et donner plus d’élan à la balle. La taille et le poids de ces renforts ont engendré beaucoup de polémiques dans les années 1970 et 1980. Depuis lors, le poids du gant, ses dimensions et sa fabrication font l’objet de spécifications détaillées par la fédération.. Une lanière et un lacet permettent de mieux l’assujettir au poignet.
Accessoires
Une craie, pour marquer les chasses Deux rappels de chasse bien visibles, numérotés 1 et 2. Il peut aussi bien s’agir d’un panneau sur un socle, éventuellement muni d’une poignée, que d’une paire de bidons avec le chiffre peint dessus. Une longue ficelle, pour mesurer les chasses en cas de doute ou contestation
En compétition :
Un marquoir qui comptabilise les jeux pris et les quinze Une balance, pour contrôler le poids des gants
Le jeu Principe alt=Vidéo présentant les Jeux internationaux de balle pelote en 1949 (nl)|vignette|Jeux internationaux de balle pelote en 1949 (nl) Le principe de la balle pelote. est d’accumuler des points – ou de préparer au gain de points (« marquer une chasse ») – en relançant une balle en la frappant de la main, souvent le plus loin possible vers le camp adverse, jusqu’à ce que l’adversaire ne puisse plus valablement la renvoyer.
La balle peut être renvoyée de volée ou après un seul bond à l’intérieur du terrain.
La balle doit rester dans les limites latérales du terrain ; une balle qui franchit la ligne de fond du terrain permet de gagner un point (un « quinze »).
À côté de ce gain d’un point direct, l’objectif des deux équipes est de gagner du terrain en envoyant la balle le plus loin possible devant soi jusqu’à ce que l’adversaire ne puisse plus la renvoyer valablement (soit elle est arrêtée après le deuxième rebond soit elle franchit la limite latérale du terrain). L’arbitre indique alors cet endroit appelé « chasse » qu’un jeune assistant signale par un objet aussi nommé « chasse » qui marque la limite du terrain à défendre, selon le principe du gagne terrain. Lorsque deux chasses ont été marquées, les équipes changent de côté pour jouer les chasses et compter les points laissés en suspens, en défendant la partie de terrain marquée par celles-ci – voir plus bas Points indirects (les « chasses »).
Décompte des points La balle pelote partage avec le tennis la manière de compter les points (qu’on appelle ici des « quinze ») : 15, 30, 40 et jeu.Voir aussi l'article Tennis : Origine historique de la marque des points.. La notion d’avantage ou d’égalité n’y existe cependant pas : à « 40 à 2 » (40-40), l’équipe qui remporte le point suivant gagne le jeu. Autre différence avec le tennis, un rebond qui touche une ligne latérale est considéré comme mauvais.
Les rencontres (luttes) de championnat se déroulent en 13 jeux gagnants pour les adultes et 10 pour les jeunes, les tournois en 5 ou 7 jeux. En tournoi, une équipe de division inférieure à une autre dispose d’un avantage de 15 points à chaque jeu.
La livrée alt=Un homme en plein élan, plié en deux, le bras droit tendu en arrière, s’apprête à frapper par en dessous une petite balle blanche qu’il ne quitte pas des yeux.|vignette|Le livreur s’apprête à frapper la balle Après détermination des terrains par tirage au sort, l’équipe qui occupe le grand terrain va livrer, jusqu’à ce que deux chasses soient posées . D’un jeu à l’autre, il n’y a pas de changement de terrain mais le livreur est remplacé à chaque jeu ; après cinq jeux, chaque joueur aura livré et on recommence dans le même ordre.
La mise en jeu de la balle, appelée livrée, se fait à main nue et à basse main, soit le bras tendu soit (à hauteur de poche). Le livreur prend son élan et pénètre balle en main dans le « tamis » depuis l’extérieur du terrain, il lâche la balle devant lui et la frappe aussitôt de la même main, d’un grand balancement du bras accompagné de tout le corps pour la propulser aussi loin que possible dans le terrain.
Pour être « bonne », la balle livrée doit faire son premier bond dans le « petit jeu », donc au-delà de la ligne de corde et entre les lignes latérales. — Au cas, peu ordinaire, où la balle franchit la ligne de fond délimitée par deux perches (on dit que la balle est « outre »), l’équipe à la livrée remporte directement le « quinze ».
Autrement, si le livreur n’a pu livrer une balle « bonne », l’équipe à la livrée concède un quinze : — si la balle touche le terrain avant la ligne de corde, on dira que la livrée est « courte » ; — si la balle tombe sur une des lignes latérales ou à l’extérieur, tout comme dans la suite du jeu on dira que la balle est « mauvaise ».
Points directs Une équipe gagne directement le 15 si elle parvient à envoyer la balle entre les perches, au-delà de la ligne de fond qui lui est opposée (ligne des « outre »). Une équipe concède un 15 si, à la livrée, le premier bond ne se fait pas au-delà de la corde (ligne des « courtes »). Une équipe concède un 15 si elle envoie la balle en dehors des lignes latérales (ou sur la ligne) sans rebond préalable dans le terrain. La balle est alors déclarée « mauvaise ». Un 15 punitif (crié « Quinze ! » par les joueurs ou les partisans de l’autre équipe) est concédé si une équipe touche la balle deux fois d’affilée avant son deuxième rebond. Il en va de même si un de ses joueurs est touché par la balle, de volée ou après un seul rebond, sur une autre partie du corps que la main ou l’avant-bras nu.
Étant donné la possibilité des points directs, une équipe peut gagner un jeu sans qu’une seule chasse ne soit posée.
Tant que la balle est bonne, elle peut être renvoyée de volée ou après un seul bond à l’intérieur du terrain. On parle de « rechas » pour l’équipe à la réception et de « contre-rechas » pour celle à la livrée. Au cours de ces échanges, chaque équipe essaie d’avancer sur le terrain.