Jean-Marie Gleize, né le à Paris et mort le à Volx (Alpes-de-Haute-Provence).., est un écrivain et poète français.

Biographie Parcours universitaire Ancien élève de École normale supérieure de Saint-Cloud (promotion 1967 voie lettres)., docteur en littérature (1981)., Jean-Marie Gleize est professeur de lettres à l'université d'Aix-en-Provence, puis à la section littéraire de l'École normale supérieure de Lyon, où il a dirigé le Centre d'études poétiques (1999-2009)Voir sur le site de l'ENS de Lyon.Voir sur seuil.com.. Il y est par la suite professeur émérite de littérature moderne et contemporaine.

Poésie et littérature Depuis Poésie et figuration (1983), il

Proposant le concept de simplification lyrique en 1987, son travail de critique l'amène à penser, dans les années 1990, la nudité et la littéralité comme des concepts d'analyse poétique et artistique. Il les met en pratique dans son écriture littéraire à partir de Léman, en 1990, premier ouvrage d'un cycle « littéraliste » encore en cours. Cherchant à faire une poésie réaliste tout en reconnaissant l'impossibilité d'un résultat purement objectif, son écriture, fragmentaire, s'attache à divers dispositifs incluant les notes, l'inclusion de textes hétérogènes, la citation intertextuelle allant jusqu'à l'appropriation, les références cinématographiques et la photographie.

Auteur de plusieurs ouvrages consacrés à Francis Ponge, il a publié l’essentiel de son travail critique et d’écrivain aux éditions du Seuil, dans la collection « Fiction & Cie ».

Outre ses différentes publications, il assure la direction de la revue NioquesVoir sur ledauphine.com. qu'il a créée en 1990 et dans laquelle sont tentées diverses expériences d'écriture réaliste, dans la continuité des avant-gardes historiques des années 1960-70.

Certains de ses textes ont été illustrésSélection de notices bibliographiques dans le catalogue général de la BnF., voire publiés en éditions de bibliophilie.

Mort Jean-Marie Gleize meurt le âgé de 79 ans, à Volx (Alpes-de-Haute-Provence) où il résidait..

Projet poétique : la littéralité La question de la littéralité dans l'écriture de Jean-Marie Gleize est une question poïétique avant tout. Si de prime abord la littéralité désigne l'absence de métaphore, dénotation pure dans son écriture poétique, elle pose avant tout la question de la chose poésie, c'est-à-dire de la poésie comme genre et comme identité. L'écriture littérale consiste en un exercice de défection des images, de la métaphore et du signe figural (la connotation) : La poésie n’adhère plus au lyrisme ni à la représentation. Elle devient le lieu d'une lutte interne et d'une résistance par l'écriture poétique de la figurabilité du langage. Gleize reprend cette définition de la littéralité pour en faire le principe moteur de sa théorie poétique. À cette signification, il y ajoutera la modernité critique d'Arthur Rimbaud pour qui la poésie ne s’explique que « littéralement et dans tous les sens » ; une approche qui dévie de l’univocité sémantique apparente à la littéralité qui exige « l’immédiateté du sens propre ».. Il écrit dans Littéralité :

« Littéralement » signifie en ce sens : « insignifiance », « métissage critique » et « libération » des images qui désigne chez Jean-Marie Gleize le dérèglement des sens (Rimbaud) et la polyvalence sémantique maintenue dans son indécidabilité interprétative. On comprend alors que l'iconoclastie gleizienne ne s'articule qu'en faveur d'une révolution immanente par les voies poétiques.

Il s'agit donc de lutter contre l’univocité référentielle qu'implique le « poids des images ». Dans la mesure où la poésie est toujours-déjà figurée, transitive, c'est-à-dire motivée par un référent, une représentation, elle renvoie toujours à quelque chose. Le paradoxe de la poésie littérale consiste à dépasser cette transitivité et cultiver l'aporie poétique. Autrement dit, c'est depuis les figures que la littéralité s'exerce. De fait, la question littérale envisage un devenir-autre de l'écriture poétique. Une écriture de la moisson du lyrisme (« les lauriers sont coupés ») qui est aussi une moisson de la métaphore. C'est par cet assèchement des images et des figures que la poésie peut se dissoudre, se soulever contre elle-même et finalement « sortir » de son concept :

Œuvres

Ouvrages collectifs ou en collaboration La Poésie : textes critiques, , réunis par J.-M. Gleize, Larousse, , Paris, 1995 D'où vient la lumière ?, avec Bernard Plossu et Patrick Sainton, Images en manœuvre, 2004 « Opacité critique », dans Toi aussi tu as des armes - Poésie et politique (collectif), Paris, La Fabrique, 2012, 202 p. La Sainte-Victoire de loin en proche, avec Olivier Domerg (écrivain poète, éditeur), Sarah Kéryna (poète), Eric Bourret (photographe), Brigitte Palaggi (photographe), Patrick Sainton (plasticien) et Véronique Vassiliou, Éditions contre-Pied / Autres & Pareils, T. 35-36, 2012 Writing the Real: A Bilingual Anthology of Contemporary French Poetry, Enitharmon Press, 2016 Avec Linda Lê, Arno Bertina, Muriel Pic, Jean-Christophe Bailly, Des écrivains à la bibliothèque de la Sorbonne - 4, Éditions de la Sorbonne, 2022 Gérard Titus-Carmel, Forestières & autres arpents : peintures, dessins et livres illustrés, textes de James Sacré, Jean-Marie Gleize ; sous la direction de Stéphane Tarroux ; Sète, musée Paul-Valéry / Villemur-sur-Tarn, éditions Loubatières, 2022Catalogue de l'exposition au musée Paul-Valéry (Sète) décembre 2022-12 février 2023.

Textes illustrés Instances, avec Jean-Claude Le Gouic, Collodion, 1985 Couleur bord de fleuve, 9 collages de Patrick Sainton, Crest, La Sétérée, 1988 Film à venir, 7 sérigraphies de Jean-Louis Vila, Crest, La Sétérée, 1993 Tout doit disparaître, avec 4 gravures d'Agathe Larpent, Collodion, 1993 Nu dénudé, gravures et photographie d'Henri Maccheroni, Paris, Manière noire, 2000 Ces Demeures, avec 5 dessins d'Agathe Larpent, ARTGO & Cie , 2015 Huit mots de lisière, sur des œuvres de Gérard Titus-Carmel, Saint-Benoît-du-Sault, Tarabuste, , 2024

Articles (sélection)

Expositions

« D'où vient la lumière », Jean-Marie Gleize, Bernard Plossu, Patrick Sainton ; Arles, musée Réattu, -

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Christophe Wall-Romana, « Is 'Postpoetry' Still Poetry? Jean-Marie Gleize's Dispositif-Writing », Forum for Modern Language Studies, 47,4 (2011), 442-453. Jean-Marie Gleize, littéralement, actes du colloque international « Jean-Marie Gleize » (Sorbonne, 2021), Laure Michel et Romain Benini (dir.), Paris, Questions théoriques, 2024. Laure Michel, À la lettre. Représentation et littéralité chez Emmanuel Hocquard et Jean-Marie Gleize, Paris, Sorbonne Université Presses, 2024

Article connexe Gilles Tautin

Liens externes

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