Chaillevois est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.
Géographie Le village de Chaillevois s'intègre dans le Laonnois à une distance de au sud-ouest de Laon et de à l'est d'Anizy-le-Château.
Bâti dans un cirque de collines boisées, le choix de son emplacement et les archives attestent que, depuis au moins le , la culture de la vigne était pratiquée de façon intensive sur les coteaux fort bien ensoleillés qui entourent le villageMaxime de Sars - Le Laonnois Féodal - 1924-1934.
Les vendangeoirs et les maisons vigneronnes, qui composent en partie le village d'aujourd'hui, restent les témoins vivants de cette activité viticole qui a perduré jusqu'au milieu du Maxime de Sars - Les vendangeoirs du Laonnois - 1934-1935.
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le canal de l'Oise à l'Aisne, l'Ailette, la rigole d'alimentation de l'Ailette et le cours d'eau 02 de la commune de Chavignon.
Le canal de l'Oise à l'Aisne est un canal à bief de partage au gabarit Freycinet reliant les vallées de l'Oise et de l'Aisne. Il relie les communes d'Abbécourt et de Bourg-et-Comin en passant sous le tristement célèbre « Chemin des Dames ».
L'Ailette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Sainte-Croix et se jette dans l'Oise (rive gauche) à Quierzy, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Ailette sont données par la station hydrologique située sur la commune d'Urcel. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:06 TU à partir des 604 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/03/1974 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de ChaillevoisLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Martigny-Courpierre à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Chaillevois est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Laon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (69,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (69,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (69,9 %), zones urbanisées (13,1 %), prairies (12,1 %), terres arables (4,9 %)..
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Challevoy (1174) ; Caillovoi (1183) ; Chevoie (1214) ; Challevois (1216) ; Chalavoie (1241) ; Chalevoit (1243) ; Chaillevoi (1249) ; Challevoi (1253) ; Chaillivoi (1258) ; Chaillevoy (1274) ; Chaillevoys (1400) ; Challevoys (1588)..
L'étymologie de Chaillevois est composée du même radical, très ancien *kal-, que caillou, voir Chaille, chail en ancien français, qui signifie « pierre », « rocher ». Toponyme apparenté à Chail, Chaillevette, avec le sens de « lieu caillouteux, pierreux ».
Histoire vignette|Charte latine recto. vignette|Charte latine verso.
L'origine du village remonte aux temps les plus reculésHistoire de Laon et du Laonnois sous la direction de Michel Bur 1987.
La colline située au nord-ouest du village et qui porte le nom de Château-Monceau, des creuttes ou anciennes habitations souterraines existent sous la roche calcaire qui contourne le plateau (propriété privée). Ce refuge fut probablement remanié dans les temps celtiques. À l'endroit le plus étroit du plateau, côté nord, était creusé un fossé dont les terres rejetées vers l'intérieur formaient un rempart couronné d'une butte élevée d'une dizaine de mètres. Cette butte, que l'on retrouve encore aujourd'hui, mais très amoindrie, est appelée aussi tombelle de ChaillevoisAntiquités et monuments du département de l'Aisne par Edouard Fleury 1877-1882.
C'est probablement à l'époque romaine que remonte la fondation du village tel qu'on le voit actuellement, au pied des collines. Le village est traversé par deux chaussées romaines. Tout d'abord, le chemin de Laon vers Senlis suivait le tracé de la route actuelle Laon – Anizy-le-Château. Le nom du village pourrait venir de cette ancienne voie qui passait en ce lieu : callis via, chemin royalMaximilien Melleville – Dictionnaire historique du département de l'Aisne - 1865. Ensuite, la route de Soissons à Ribemont entrait sur le territoire de Chaillevois par le parc du château, suivait la Grande Rue du village, passait près de l'église et de là se portait sur RoyaucourtItinéraires gallo-romains dans le département de l'Aisne par Amédée Piette 1856-1862.
Dès le et jusqu'à la Révolution, le Haut-Chaillevois appartenait au chapitre de la cathédrale de Laon. Le Bas-Chaillevois formait avec Chailvet et Royaucourt un fief du comté de Roucy.
L'ordre du Temple a réellement possédé des biens à Chaillevois entre les années 1149 et 1163.
Un acte en latin, daté de 1149, de l'évêque de Laon, Barthélemy de Jur, notifie à l'ordre du Temple la donation faite par Nicolas d'Espagne de tout ce qu'il possédait à Chaillevois (Calleviacum) et aussi la donation faite par Burdin de Valavergny d'une vigne sise au même endroitAnnie Dufour-Malbezin Actes des évêques de Laon des origines à 1151 - 2001. En 1163, une charte latine de Gautier de Mortagne, évêque de Laon, relate la vente faite à son neveu par les Templiers de leur domaine de Chaillevois consistant en terres, maison, prés, vignes et boisArchives départementales de l'Aisne - G 171.
C'est en 1224 que fut établie la commune de Chaillevois, par une charte d'Anselme de Mauny, évêque-duc de Laon, avec le consentement du chapitre de sa cathédraleLe canton d'Anizy-le-Château par Eugène Cuvillier de Wissignicourt 1846.
La culture de la vigne, vraisemblablement introduite en Gaule par les Romains, était autrefois très répandue dans le Laonnois. Au sud de Laon, une cinquantaine de villages, dont Chaillevois faisait partie, attiraient particulièrement les bourgeois et les chanoines de Laon. Ces propriétaires possédaient, outre les vignes, les bois et les prés, de belles demeures appelées vendangeoirs, type de construction tout à fait spécial au Laonnois. Le vignoble s'étendait en 1780 sur à Chaillevois. En conséquence, le nom du village pourrait aussi tirer son origine de chais sur la voieSuzanne Martinet – Montloon - 1972.
Mais les paysans employés par cette bourgeoisie aisée avaient, à cette époque, pour les travaux dans les vignes et les champs la vie rude et difficile. Le cahier de doléances de la paroisse de Chaillevois, pour les états généraux de 1789, nous en brosse un tableau très émouvant. "La communauté de Chaillevois est composée d'environ deux cents personnes. La plupart des habitants n'ont aucyune propriété ;ceux qui en ont, c'est si peu de chose qu'il n'en faut point parler. La nourriture ordinaire est du pain trempé dans de l'eau salée. Pour ce qui est de la viande, on en mange le jour de Mardi Gras, le jour des Pâques et le jour de la fête du saint patron. On peut aussi manger quelquefois des fèves et des haricots lorsque le maître n'empêche pas d'en mettre dans ses vignes. Voilà comment le petit peuple est heureux sous le meilleur des rois."Ce document, qui jouit d'une notoriété importante, est cité et étudié dans de nombreuses publicationsLa Révolution Vue de l'Aisne en 200 documents - archives départementales de l'Aisne 1990.
À travers les siècles, le village a connu les guerres et les invasions.
La guerre de Cent Ans provoqua l'assaut du village par les Anglais en 1350.
En 1590, les guerres de Religion ensanglantent le Laonnois.
La campagne de France, en 1814, amène à nouveau les armées étrangères à Laon et aux alentours. À ce propos, durant la bataille de Laon ( et ), l'Empereur Napoléon avait établi son quartier général à Chavignon où il coucha pendant trois nuits. Il se trouva alors dans l'embarras pour atteindre, sans danger, le village de Chivy et déloger l'ennemi par surprise en l'attaquant sur son flanc. Mais le général Charpentier, qui avait fait ses études au collège de Laon, connaissait parfaitement la contrée. Il indiqua donc à l'Empereur un chemin détourné qui part de Chavignon, traverse les prairies de la vallée de l'Ailette, franchit le pont d'Ailes et conduit à Chaillevois. De là, en passant par les bois, il débouche directement sur le village de Chivy. L'Empereur répondit favorablement à cette proposition et c'est ainsi que le village de Chaillevois a vu passer Napoléon et ses troupes à plusieurs reprisesEdouard Fleury Le département de l'Aisne en 1814 - 1858.
En 1870, les Prussiens occupent la région.