Chez les animaux domestiques, la race est un rang taxinomique informel, inférieur à l'espèce. Les races et les sous-races sont distinguées à des fins d'élevage et de sélection.
vignette| Deux chiens de races différentes : un chihuahua et un dogue allemand.|alt=Deux chiens portant des laisses sur une pelouse ensoleillée devant des arbres : à gauche un petit chien noir assis gueule fermée, au centre un grand chien beige au museau sombre debout langue pendante, 3 à 4 fois plus haut au garrot que le petit chien. On parle ainsi de races bovines, canines, félines, chevalines ou encore caprines.
Les taxons au rang de race n'ont pas de noms scientifiques internationauxArticle 15.2 du code de nomenclature zoologique : il n'existe pas de nom scientifique en dessous de la sous-espèce, leur circonscription taxinomique repose généralement sur des critères subjectifs et pratiques (notamment utilisés pour la désignation commerciale)Liste de races bovines par exemple, normalisée par des organismes d'état non liés au code international de nomenclature zoologique. Ces variations sont généralement très faibles pour les races sélectionnées afin de veiller à un certain standard, dont on exige par exemple des prestations particulières pour satisfaire de façon optimale à un but d'utilisation. Par contre, la variabilité peut être très importante entre races géographiques. Il s'agit d'un concept lié à l'aspect commercial davantage que scientifique.
Cet article concerne plus particulièrement l'acception du mot « race » pour désigner des groupes d'une même espèce animale. En nomenclature botanique et mycologique où le terme de « race » n'est pas un rang taxinomique codifié, on parle de variété ou de sous-espèceArticle 4 du code international de nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes : liste des rangs reconnus.
Il reste cependant possible d'utiliser le mot de « variété animale » domestique pour désigner une population animale sélectionnée constituée d'une fraction des animaux d'une espèce que des traitements particuliers de sélection ont eu pour effet de distinguer des autres animaux de l'espèce par un petit nombre de caractères dont l'énumération définit le modèle.
En microbiologie et en virologie, on parle plutôt de souche afin de désigner au sein d'une même espèce microbienne, une population divergeant du reste de l'espèce sur un ou quelques traits différentiels (ex. : une souche de Escherichia coli pathogène pour l'homme, alors que la majorité des populations de cette espèce ne le sont pas).
Pour les espèces naturelles, les termes sous-espèce ou population (selon la divergence et le groupe considéré) sont utilisés.
L'utilisation de critères biologiques prétendant définir différentes « races » humaines au sein de l'espèce humaine soulève des questions éthiques et même logique (on ne vend pas aujourd'hui les hommes dans les pays développés et une désignation commerciale y est donc sans objet). Les controverses sur ce sujet ne sont pas développées ici mais dans l'article Race humaine.
Les races d’élevage Le mot « race » désigne principalement des espèces domestiquées (voir section Race et biologie plus bas). Il se rapporte à des populations individualisées d'une même espèce ayant des caractères morphologiques et physiologiques héréditaires distincts des autres populations, c'est-à-dire ayant un génotype moyen individualisé que l'homme a cherché à maintenir parfois depuis longtemps, mais qu'il peut faire évoluer pour des motifs économiques ou de mode.
Les termes « race pure » ou « race fixée » ne correspondent souvent pas à une réalité objective étant donné l'histoire des races, et la sélection dont elles font l'objet. Le cheval dit pur-sang anglais par exemple est issu du croisement de juments britanniques et d'étalons barbes, originaire du Maghreb, ainsi probablement que de pur-sang arabes. Ces termes peuvent être cependant pris avec une acception relative, et il existe des races homogènes et anciennes.
Une race d'élevage est déterminée de plusieurs façons : elle peut décrire la population d'une espèce domestique d'une région, qui présente une certaine homogénéité ; elle peut être définie essentiellement par un standard, c'est-à-dire un ensemble de critères qui définissent l'individu idéal. Ces critères se limitent souvent à la morphologie, la taille et la couleur pour les animaux de compagnie et d'ornement. On y ajoute dans certains cas des aptitudes particulières, comme le comportement face à un troupeau pour certaines races de chien de berger ; il y a généralement la condition d'origine, les géniteurs d'un animal devant être de cette race. Cette condition n'est pas exigée en élevage pour les poules d'ornement. Quand cette condition est appliquée, la race est isolée génétiquement, quoique cet isolement puisse être récent et qu'on prévoit parfois la possibilité de dérogations exceptionnelles ou régulières ; lorsqu'il s'agit d'une race de production, ces critères se conjuguent en général avec celui des performances, qui est en général primordial.
Dans les cas précédents, la race est un ensemble d'animaux objectivement homogènes d'apparence et d'origine, quoiqu'il s'y soit ajouté des objectifs de perfectionnement de cette homogénéité dans un cas, et d'amélioration des performances ou de divers caractères dans l'autre.
L'on définit aussi certaines races presque en dehors de critères d'homogénéité et d'origine commune, en fonction d'une volonté d'organisation de l'élevage d'une espèce. C'est le cas de certaines races de vaches qui ont été « créées » par fusion de plusieurs races locales, ou bien du cheval dit selle français et du poney français de selle, pour lesquels on autorise des origines et croisements limités mais hétérogènes. Ces races sont donc formées avec des objectifs d'utilisation, de production, et pour réunir et identifier un type d'animal. Elles peuvent être appelées à être par la suite « fermées » aux nouveaux apports ou au contraire être en permanence alimentées par des produits de première génération de croisements d'autres races, comme c'est le cas des poneys de selle issus de races de poneys et de pur-sang arabe.
Exemples de races : de chats : bleu russe, européen, persan ; de chiens : labrador, berger allemand, terrier écossais ; de chevaux : percheron, pur-sang arabe, Pur-sang ; de bovins : charolaise, normande, montbéliarde ; d'ovins : mérinos, lacaune, texel ; de porcins : piétrain, large white, cochon vietnamien ; de poules : crèvecœur, houdan, faverolles ; de lapin : lapin chèvre, gris de Vienne, hollandais.
Définition juridique française (2006) Un décret de 2006 sur l'identification et à l'amélioration génétique des animauxDécret du 21 décembre 2006 « relatif à l'identification et à l'amélioration génétique des animaux »., dans sa section consacrée à la , définit la race comme un entre éleveurs ().
Race et génétique La rédaction des lois de l'hérédité basées sur les travaux de Gregor Mendel permet de relier une race donnée à un génotype particulier.
Pour bien comprendre ce lien, il convient de bien distinguer deux notions : les caractères observables (le phénotype de l'individu) ; l'information portée par le génome (le génotype de l'individu).
C'est l'interaction du génotype et de l'environnement qui détermine le phénotype.
Dans certains cas simples, les gènes s'expriment de manière visible, comme les pois étudiés par Mendel, qui peuvent être lisses ou ridés, ou les drosophiles (mouches étudiées par Morgan, prix Nobel en 1933), dont les yeux peuvent être rouges ou blancs, selon un gène spécifique. Dans ces deux cas, on peut donc clairement définir des races (le terme de variété est d'utilisation plus fréquente dans le cas des végétaux) : variétés de pois lisses et variétés de pois ridés ; variétés de pois verts et variétés de pois jaunes ; race de drosophiles à yeux rouges et race de drosophiles à yeux blancs.
Un individu peut porter plusieurs caractères. Ainsi, un pois jaune ridé n'appartient pas à plusieurs races mais définit une nouvelle variété: celle des pois jaunes et ridés qui peut être fixée sous forme homozygote.
D'autre part, tous les caractères ne sont pas visibles, certains sont d'ordre biochimique (comme la capacité à sentir une molécule donnée, le groupe sanguin, etc.), et d'autre part un individu d'une espèce (végétale ou animale) présente un nombre important de gènes, donc autant de possibilités de définir des races.
Pour les espèces animales utilisées en élevage, ou les espèces végétales cultivées à des fins alimentaires, industrielles ou ornementales, la pression de sélection exercée par l'homme conduit à une homogénéité plus forte (par rapport aux gènes gouvernant les phénotypes recherchés) de la population, et corrélativement à un appauvrissement de la diversité génétique, ce qui fragilise cette population vis-à-vis des agressions de toute nature, comme les maladies. Des exigences commerciales conduisent à définir de nombreux standards de races ou de variétés correspondant à des besoins variés ; ainsi, les animaux ou végétaux qui ne correspondent pas au standard d'une race (ou variété) ne participent pas à la reproduction.
Les microorganismes utilisés dans l'industrie ont également été l'objet, depuis longtemps, de semblables sélections (par exemple, la levure de bière).
Depuis peu, le génie génétique permet de modifier les gènes d'une espèce afin de créer des espèces génétiquement modifiées ou transgéniques, dont les propriétés nouvelles répondent aux besoins de ceux qui les exploitent.
Race et biologie Dans la classification des êtres vivants, l'espèce (c'est-à-dire un ensemble d'individus généralement interféconds) est la dernière subdivision (ou taxon) unanimement admise. Au-delà, on parle de sous-espèce ou de population pour les animaux sauvages, de variété ou de population pour les végétaux sauvages, de race pour les animaux domestiques et de cultivar pour les végétaux domestiqués. Ces termes se fondent sur des critères de répartition géographique (sous-espèces du loup, races locales d'animaux domestiques), de ressemblance morphologique, de spécialisation écologique (animaux sauvages), ou d'utilisations pour les animaux domestiques (races à viande ou races laitières). Hors espèces domestiques, les biologistes actuels utilisent donc très peu le terme de race pour les subdivisions de niveau inférieur à l'espèce.
La notion de race est donc (en français) principalement utilisée dans le cadre de la sélection humaine des animaux domestiques. Chez les espèces existant à l'état sauvage et domestique (loup/chien, sanglier/porc, coq doré/poule domestique), l'animal domestique est parfois considéré comme une espèce distincte, la tendance étant cependant de le classer comme une sous-espèce de l'espèce sauvage : le chien passant de canis familiaris à canis lupus familiaris. Selon cette classification, l'ensemble des races de chiens de toutes tailles et du monde entier est mis au même niveau qu'une sous-espèce géographique comme le loup arctique : Canis lupus arctos.
À l'inverse, certaines races d'animaux domestiques peuvent être issues de plusieurs sous-espèces, comme le zébu africain issu du zébu d'Inde et du bœuf, voire de plusieurs espèces comme certaines races de porc issues de Sus scrofa et de Sus celebensis.
Chez les végétaux on emploie les termes de variétés cultivées ou cultivars.