René Capitant, né le à La Tronche (Isère) et mort le à Suresnes (Hauts-de-Seine), est un juriste et homme politique français.
Membre de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance de 1945 à 1951 puis de l'Union pour la nouvelle République de 1962 à 1968, il est député du Bas-Rhin de 1945 à 1946, de la Seine de 1946 à 1951 puis de la 3e circonscription de Paris de 1962 à 1968.
Il a par ailleurs été ministre de l'Éducation nationale de 1944 à 1945 au sein du premier gouvernement Charles de Gaulle et garde des Sceaux, ministre de la Justice de 1968 à 1969 dans les gouvernements de Georges Pompidou et de Maurice Couve de Murville.
Biographie Jeunesse et études René Capitant naît à La Tronche le dans une famille de notables. Son père, Henri Capitant, est juriste, spécialiste du droit privé et professeur d'université. René Capitant suit ses études secondaires au lycée Montaigne, puis au lycée Henri-IV. Une fois le baccalauréat obtenu, il s'inscrit à la faculté de droit de l'université de Paris. Il obtient des diplômes d'études supérieures de droit privé, de droit public et d'économie.
Il choisit de se consacrer au droit public et défend en sa thèse de doctorat, intitulée . Il s'agit d'une thèse de théorie du droit. Il est reçu à l'agrégation de droit public en 1930.
Il est nommé en 1930 à l'université de Strasbourg. Dans les années 1930, il milite au sein du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.
Seconde Guerre mondiale À la suite de l'appel du 18 Juin, René Capitant contribue à la création du mouvement de résistance Combat à Clermont-Ferrand. Il devient professeur de droit à l'université d'Alger en 1941, où il remplace le professeur Robert-Édouard Charlier, « relevé de ses fonctions » par le gouvernement de Vichy en raison de son engagement à gauche. Par ailleurs membre du réseau de résistance Alliance, il incarne à Alger le soutien à de Gaulle face à Giraud.
Il est nommé commissaire à l'Instruction publique du Comité français de libération nationale, puis ministre de l'Éducation nationale du Gouvernement provisoire.
De la Libération au départ du Général de Gaulle À la Libération, il est élu député de 1945 à 1951. Gaulliste de gauche, il fonde le avec Louis Vallon et Pierre Clostermann « l’Union gaulliste - Rassemblement des gauches démocratiques », puis devient l'un des principaux animateurs du Rassemblement du peuple français (le RPF).
Il est professeur à la faculté de droit de Paris en 1951. En 1957, pendant la guerre d'Algérie, il apprend la mort, au cours d'un interrogatoire par l'armée, de son ancien élève Ali Boumendjel.. Cliquer sur Biographies... Il écrit au ministre de l'Éducation nationale :
Il est nommé directeur de la Maison franco-japonaise à Tokyo entre 1957 et 1960.
Il est élu député de Paris de 1962 à 1968, battant Jean-Marie Le Pen, est élu conseiller municipal de Paris en 1965 et occupe pendant ces deux législatures la présidence de la commission des Lois constitutionnelles, de la Législation et de l'Administration générale de la République.
Il manifeste au cours des années 1960 une opposition croissante à Georges Pompidou, auquel il reproche sa progressive récupération du mouvement gaulliste à des fins conservatrices, attribuant les événements de Mai 68 à l'immobilisme social du Premier ministre. Lui reprochant de droitiser le mouvement, il affirme dans les instances de l'Union démocratique du travail : « Le vrai gaullisme est à gauche ! »Eric Brunet, L'Obsession gaulliste : Alain, François, Nicolas, Marine et les autres, Albin Michel, 2016 .
À partir du , il est garde des Sceaux dans les gouvernements Pompidou IV et Couve de Murville, ce dernier mettant en avant la participation au sein de son action politique, marquée par l'ascendant pris par les gaullistes de gauche durant la dernière année de la présidence du général de Gaulle. De santé fragile, il est victime d'un infarctus du myocarde à l'automne 1968, propose sa démission au chef de l'État qui la refuse et lui demande de reprendre son ministère à son retour de convalescence.
Cet élan est néanmoins brisé par l'échec du référendum du 27 avril 1969 dont il est l'un des promoteurs.
thumb|La tombe de René Capitant au cimetière du Montparnasse (division 12).
Refusant de soutenir Georges Pompidou à l'élection présidentielle suivante, il envisage un temps de se présenter avant d'y renoncer pour raisons de santé, et se retire de la vie politique. Il succombe moins d'un an plus tard à un second malaise cardiaque. Son épouse, née Marie Thérèse Colas, meurt le à https://fr.findagrave.com/memorial/294999554/marie-therese-capitanthttps://fr.findagrave.com/memorial/294999554/marie-therese-capitant#view-photo=337842427.
Décorations
au titre d' « ancien ministre de l'Éducation nationale à Paris » (1961)
Fonctions politiques Fonctions gouvernementales - : commissaire à l’Éducation nationale du CFLN - : ministre de l’Éducation du Gouvernement provisoire mai- : conseiller juridique et technique auprès de l'exécutif provisoire algérien - : garde des Sceaux
Mandats électifs Conseiller municipal / conseiller général (Paris) 1965-1970 : conseiller de Paris Député - : député du Bas-Rhin, de la Résistance démocratique et socialiste - : député de la Seine, de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) - : député de Paris, de l’Union démocratique pour la République (UDR) - : député de Paris, de l’Union des démocrates pour la République (UDR)
Œuvres
Papiers personnels Les papiers personnels de René Capitant sont conservés aux Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, sous la cote 645AP..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Rémi Decourt-Paoline, René Capitant, homme de gauche et gaulliste. Un juriste engagé sous la République (1958-1970), mémoire de maîtrise, Paris-I, 1994, 252 p. Gwénaël Le Brazidec, René Capitant, Carl Schmitt : crise et réforme du parlementarisme. De Weimar à la Cinquième République Paris, L'Harmattan, coll. « Logiques juridiques », 1998, 310 p. Valérie Bugault, La Nouvelle entreprise. Géopolitique de l'entreprise, Paris, Sigest, 2018, 152 p. (un chapitre sur la réforme Capitant Wallon de l'entreprise et la participation). Olivier Beaud, "René Capitant et sa critique de l'idéologie nazie (1933-1939)", Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, 2001/2 (N° 14), p. 351-378. Marcel Thomann, « René Marie Alphonse Charles Capitant », in Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 6, .
René Capitant (1901-1970) : à l'occasion du 50ème anniversaire de sa mort, Jus politicum n°26 .
Articles connexes Comité français de libération nationale - Composition du Comité français de libération nationale Gouvernement provisoire de la République française - Gouvernement de Gaulle I Plan Langevin-Wallon Promenade René-Capitant Antoinette Feuerwerker
Liens externes
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