Jules Adolphe Aimé Louis Breton, né à Courrières (Pas-de-Calais) le et mort à Paris le , est un peintre et poète français.

Biographie vignette|redresse|Plantation d'un calvaire (1858), Lille, palais des beaux-arts. vignette|redresse|Le Rappel des glaneuses (1859), Paris, musée d'Orsay. vignette|redresse|La Fête de Saint-Jean (1875), Philadelphia Museum of Art. vignette|redresse|À travers champs (1887), New York, Brooklyn Museum.

Son père, Marie-Louis Breton, est maire de Courrières. Sa mère meurt en 1831. Jules Breton étudie d'abord au collège Saint-Bertin à Saint-Omer où il est pensionnaire, puis au lycée impérial de DouaiAnnuaire 1933-1934 de l'Association des Anciens Élèves du Lycée de Douai, Imprimerie Lefebvre-Lévêque et Cie.. Il fait son apprentissage auprès de Félix De Vigne à Gand et de Gustave Wappers à Anvers en Belgique, puis poursuit sa formation à Paris en suivant les cours d’Ingres et d’Horace Vernet.

Son frère cadet Émile Breton (1831-1902) est un peintre paysagiste d'inspiration onirique.

Jules Breton se marie en 1858 avec Élodie De Vigne, la fille de Félix De Vigne. Le couple a un enfant unique, Virginie Demont-Breton (1859-1935), qui suivra les traces de son père en devenant elle-même artiste peintre (École de Wissant). Elle épousera le peintre Adrien Demont. Jules Breton est l'oncle de Jules-Louis Breton (1872-1940), député et sénateur du Cher, socialiste puis républicain-socialiste, ministre en 1916-1917 et 1920-1921, fondateur du Salon des arts ménagers en 1923.

Il découvre Douarnenez en Bretagne en 1865. Il y revient chaque été jusqu'en 1870, puis épisodiquement. Il y puise l'inspiration de grands tableaux exposés au Salon de Paris, comme un Pardon de Kerlaz (1869) ou celui de Kergoat (1890)..

En 1896, il est nommé Rosati d'honneur..

Il meurt au 136, rue de Longchamp à Paris le . Il est inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse.

Son œuvre De formation académique, peintre réaliste puis naturaliste, Jules Breton fut l’un des premiers artistes du monde paysan.

Loin des audaces sociales d’un Gustave Courbet ou du réalisme poétique teinté de pessimisme de Jean-François Millet, son art prend naissance vers 1848, période de forts bouleversements sociaux et politiques. La montée de l'industrialisation provoque un exode des campagnes vers les villes et suscite chez les intellectuels, les artistes, une prise de conscience du peuple dans sa vie ordinaire.

Il appartient à une époque de recherches artistiques qui cherchent à se distinguer de l’idée de beauté venue de l’art classique. Dans son art, il cherche à peindre les hommes et les femmes de son pays natal dans leurs travaux journaliers et leur vie quotidienne. Sa conception de la peinture associe le « laid » au « vrai » quitte à parfois réduire ou idéaliser le monde paysan.

Ses premiers tableaux datent de 1849 Misère et désespoir et 1850 La faim, œuvre majeure de ses débuts, offert à la ville d'Arras et détruit en 1915, pendant la Première Guerre mondiale«Jules Breton », dans 100 figures du Pas-de-Calais 1790-2000, cité dans la bibliographie..

Inspiré par les lieux, les gens et l'activité de son Artois natal, il revient régulièrement à Courrières où son oncle lui a aménagé un atelier. Son art répond aux goûts du public et des milieux académiques, ce qui lui vaut le succès, ainsi que l'intérêt de nombreux peintres qui viennent le rencontrer à Courrières, commune surnommée . Il fait également de nombreux séjours à Cucq, sur la côte d'Opale, où il loge près de l'église dans une auberge, rendez-vous des voyageurs et des peintres.

Élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1886, il fut très populaire de son temps, consacré officiellement, obtint médailles, décorations et achats de l'État pour le musée du Luxembourg. Il est fait commandeur de la Légion d'honneur le Dossier LH/360/55, sur le site Léonore du Ministère de la culture .. Il est aujourd'hui très présent aux États-Unis où ses peintures de glaneuses sur fond de crépuscule doré sont très recherchées.

Poète et écrivain Il est aussi un écrivain connu en son temps. Il publie plusieurs recueils de poèmes et des ouvrages sur la vie de peintres qu'il connaît (La vie d'un artiste - Art et nature, Alphonse Lemerre, 1890). Il est encouragé par Théophile Gautier, son ami José-Maria de Heredia et par Victor Hugo, Eugène Fromentin et Anatole France. Il est la cible de critiques acerbes de la part de Charles Baudelaire et d'Émile ZolaExtraits de critiques par Émile Zola, sur cahiers-naturalistes.com.. Vincent van Gogh l’évoque élogieusement dans ses lettres à son frère ThéoLettres de Vincent Van Gogh.. Le peintre Paul Chabas (1869-1937) l'immortalise aux côtés des poètes du Parnasse (Leconte de Lisle, José-Maria de Heredia, Paul Bourget, ou Sully-Prudhomme, entre autres) dans une vaste composition peinte en 1895 et commandée par l'éditeur parisien.

L'admiration de Vincent van Gogh pour Jules Breton Jules Breton était admiré par Vincent van Gogh, qui le cite à plusieurs reprises dans sa correspondance. Dans une lettre du à son frère Théo, il décrit le long et pénible voyage à Courrières entrepris dans l’espoir de rencontrer le maître de Courrières : .. Cette virée à Courrières marque le début de la carrière artistique de van Gogh.

Œuvres Un Catalogue des tableaux, pastels et dessins composant son atelier, établi par Jules Breton lui-même, a été publié en 1911 par Georges PetitEn ligne sur Gallica..

Œuvres dans les collections publiques

L'Arc-en-ciel à Courrières, 1855, huile sur toile, , Petit Palais, ParisL'arc en ciel à Courrières La Bénédiction des blés en Artois, 1857, huile sur toile, musée des Beaux-Arts d'Arras. Plantation d'un calvaire, 1858, huile sur toile, , Palais des Beaux-Arts de LillePlantation d'un calvaire Le Rappel des glaneuses, 1859, huile sur toile, , Paris, musée d'OrsayLe Rappel des glaneuses Le Soir, huile sur toile, 1860, Paris, musée d'Orsay. Les Sarcleuses, 1860, New York, Metropolitan Museum of Art. Le Repos, 1864, musée des Beaux-Arts d' Arras. Le Bedeau de Kerlaz, 1868, huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Quimper. Le Retour des champs, 1871, Baltimore, Walters Art Museum. La Fête de Saint Jean, 1875, Philadelphia Museum of Art. Une fille de pêcheur ou Raccommodeuse de filet, 1876, huile sur toile. Volée en 1918 au musée de la Chartreuse de Douai et rendue en 2011Musenor, site de l'Association des Conservateurs des musées du Nord-Pas de Calais.. La Glaneuse, 1877, huile sur toile, musée des Beaux-Arts d'Arras. La Glaneuse lasse, 1880, Cleveland Museum of Art. Le Chant de l'alouette, 1884, Art Institute of Chicago. Jeunes filles se rendant a la procession, 1890, Utica, Munson-Williams-Proctor Arts Institute. Le Pardon de Kergoat, 1891, huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Quimper. À la Fontaine, 1892, huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Quimpermbaq.fr.. Madame Dorchain, 1897, huile sur toile, musée de Cambraivilledecambrai.com.. Femme assise dans un pré, huile sur bois, , musée d'Évreux. Paysage maritime, huile sur toile, esquisse, , musée d'Évreux.

Œuvres dans les collections particulières La Falaise, 1874, huile sur toile, Collection Eric Weider.

Galerie

Publications Les Champs et la mer, poèmes, 1875. Jeanne, poème, 1880. Œuvres poétiques de Jules Breton (1867-1886), 1887 ( ). La Vie d'un artiste. Art et nature, 1890. Un peintre paysan. Souvenirs et impressions : Aube et crépuscule. Paysages et campagnards. Art et artistes. De la suprématie de l'école française, 1895. Savarette, 1898. L'Art et les artistes. Nos peintres du siècle, 1899. Delphine Bernard, la femme et l'artiste, 1902. La Peinture : les lois essentielles, les moyens et le but, le beau et la divine comédie des arts entre eux. L'Odyssée de la muse, conte historique, 1904.

Élèves

Pierre Billet Émile Breton Adrien Demont Virginie Demont-Breton Pharaon de Winter César Pattein

Hommages Depuis 1912, une voie du de Paris porte son nom, la rue Jules-Breton.

Plusieurs villes de Bretagne ont donné son nom à une rue, notamment Douarnenez, Quéménéven et Quimper.

Distinctions 50x50px|BAV Order of Saint Michael ribbon Commandeur de l'ordre de Saint Michel (Bavière) en 1892 en 1889 50x50px Commandeur de l'ordre de Saint Stanislas (Russie) (Belgique) en 1888, Chevalier depuis 1863.

Voir aussi

Bibliographie Annette Bourrut Lacouture, Jules Breton : La chanson des blés, Somogy Éditions, 2002. . « Jules Breton », dans 100 figures du Pas-de-Calais 1790-2000, Les Échos du Pas-de-Calais, Lillers, .

Articles connexes École de Berck

Liens externes

« Jules Breton » sur Artcyclopédia. Poèmes de Jules Breton, sur poesie.webnet.fr. « Jules Breton », sur le site du musée des Beaux-Arts de Quimper.

Notes et références

Catégorie:Peintre français du XIXe siècle Catégorie:Peintre français du XXe siècle Catégorie:Peintre du Nord-Pas-de-Calais Catégorie:Peintre naturaliste français Catégorie:Peintre réaliste français Catégorie:Peintre de l'école de Barbizon Catégorie:École de Berck Catégorie:Peintre de la Bretagne Catégorie:Poète français du XIXe siècle Catégorie:Poète français du XXe siècle Catégorie:Peintre paysan Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1889 Catégorie:Chevalier de l'ordre de Léopold Catégorie:Officier de l'ordre de Léopold Catégorie:Naissance en mai 1827 Catégorie:Naissance à Courrières Catégorie:Décès en juillet 1906 Catégorie:Décès dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 79 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Montparnasse