L'archipel des Comores est un ensemble d'îles de l'océan Indien, situées dans le nord du canal du Mozambique, au sud-est de l'Afrique, entre le littoral nord mozambicain et la pointe nord de Madagascar.

Il est constitué principalement de quatre îles : Grande Comore ; Anjouan ; Mohéli ; Mayotte (région administrative et département français)

Les trois premières forment l'union des Comores, pays indépendant, tandis que l’île de Mayotte (composé des îles Grande-Terre et Petite-Terre), île la plus au sud-est et les quelques îles environnantes sont un département français.

Selon les sources, l'îlot du banc du Geyser et les îles Glorieuses peuvent ou non être rattachées à l'archipel.

Cette présence de la France aux Comores, ancienne colonie française, est l'objet d'un contentieux entre la France et l'union des Comores depuis l'indépendance de cette dernière en 1975, la population de Mayotte ayant lors du référendum d'autodétermination décidé de rester française.

Toutefois les deux pays restent très liés diplomatiquement et entretiennent des liens étroits. La diaspora comorienne en France est de très loin la première communauté comorienne à l'étranger.

Étymologie L'archipel des Comores est appelé en arabe Juzur al Qamar (), c'est-à-dire les . Cette étymologie populaire est cependant apocryphe, le nom venant plutôt de l'ancien nom de Madagascar, : il s'agirait donc plutôt étymologiquement des .. Ce terme de serait apparenté à l'idée de et pourrait avoir désigné, à la base, les nuages de Magellan qui servait aux marins à s'orienter pour descendre dans l'hémisphère sud où l'étoile polaire n'est plus visible ; ainsi l'expression Juzur al Qamar aurait pu désigner toutes les îles situées au-delà de l'équateur..

En 1154, le géographe arabe Al Idrissi appelait ces îles (gazâ'ir al-Zâbag), cité par ..

Géographie

Les Comores se trouvent dans la partie septentrionale du canal du Mozambique, à l'ouest du tanjona Bobaomby (nord de Madagascar), et à l'est du Mozambique septentrional. Ces quatre îles volcaniques, qui couvrent une superficie de , sont, du nord au sud : Grande Comore (ou N'gazidja en shikomori), Anjouan (ou Ndzouani) et Mohéli (ou Mwali), formant l'union des Comores ; Mayotte, département d’outre-mer de la France. Mayotte est elle-même constituée de deux îles principales, Grande-Terre (ou Mahoré) et Petite-Terre (ou Pamanzi), et de petites îles inhabitées, îlot Mtsamboro, îlot Mbouzy, îlot Bandrélé et Îlot de Sable Blanc.

Deux atolls coralliens formant des îlots sont, selon les sources et les époques, rattachés à l'archipel : le banc du Geyser, un récif de 8 sur de large, immergé à marée haute, situé à au Nord-Nord est de Mayotte. Il est revendiqué par Madagascar et la France ; les îles Glorieuses étaient rattachées administrativement à l'archipel avant 1975 et, géologiquement parlant, font partie de l'archipel.

En outre, entre Madagascar et Mayotte, il existe le banc du Leven, une ancienne île aujourd'hui submergée.

Géologie L'archipel des Comores est constitué d'îles volcaniques. Ces îles volcaniques, ainsi que certains massifs du nord de Madagascar se sont formés au tertiaire et au quaternaire. L'île de Mayotte est la plus ancienne actuellement émergée et aurait subi trois phases de volcanisme entre 15 et 0,5 Ma. Les âges sont progressivement décroissants vers l'ouest. L'île la plus récente est l'île de la Grande Comore, et son volcan, le Karthala, y est toujours actif. Ce volcan possède l'un des plus grands cratères du monde.

En , la campagne géologique révèle l'existence d'un volcan de d'altitude situé à à l'est de Mayotte, à de profondeur, formé en moins d'un an à partir d'une base de 4 à de diamètre., baptisé depuis . Cependant, le fond de la mer étant déjà parsemé de cônes volcaniques récents (moins d'un million d'années), les chances de voir émerger une nouvelle île demeurent sans doute faibles..

Types de volcanisme Chacune des îles témoigne d'un phénomène d'activité volcanique différent qui sont une activité de type hawaïen à longues coulées basaltiques fluides, puis une autre de type strombolien à cônes et projections de lapilli comme dans le massif de la Grille en Grande Comore et enfin, une activité explosive avec lacs de cratères, dite ultra vulcanienne ou phréato-magmatique.

Origine du volcanisme Bien que contestée, l'hypothèse d'un point chaud au-dessus duquel aurait « défilé » selon une trajectoire sud-est, nord-ouest puis nord-est, sud-ouest, la plaque somalienneEmerick & Duncan, 1992. pourrait rendre compte des âges progressivement décroissants vers l'ouest de ces massifs volcaniquesYoussouf, 1991..

En 2023, une étude des xénolithes ultramafiques collectés sur le volcan La Grille (Grande Comore), combinant la pétrographie, la minéralogie, les analyses de gaz rares (He, Ne, Ar) et de dans les inclusions fluides (de l'olivine, de l'orthopyroxène et du clinopyroxène) et la mesure des rapports isotopiques de Sr, Nd et Pb, conclut cependant que ces xénolithes ont enregistré des degrés variables (5 à 35 %) de fusion partielle et des processus métasomatiques d'un manteau supérieur de type MORB, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer l'implication d'un panache profond..

Érosion Plus les îles sont anciennes, plus elles ont subi une érosion intense. L’agressivité du climat, la faible perméabilité des sols, l’aptitude des matériaux à être mobilisés par des ruissellements amplifiés par la déforestation, favorisent l'érosion. Elle se manifeste notamment par le décapage de l’horizon superficiel du sol, par des ravinements, des éboulis, des glissements de terrain et la formation de padzas (mauvaises terres).

Histoire

Avant l'arrivée des Européens thumb|Carte de Jacques-Nicolas Bellin, (1747) Les premières traces de peuplement datent du , ce sont probablement d'abord les Indonésiens et Malgaches, surtout à Mayotte, puis des Africains appelé Antalotes (abusivement dénommés bushmen par les Européens).. Depuis lors, de très nombreuses ethnies se sont croisées et mélangées.

Au , l'arrivée d'une population persane de Chiraz , apporte l'islam dans l'archipel.

Ces derniers ont lentement transité le long des côtes de l'Afrique orientale, établissant des comptoirs marchands sur des îles situées sur les routes commerciales comme Unguja (archipel de Zanzibar), Pemba, l'archipel de Lamu et les villes de la côte kényane et tanzanienne.

Ils y répandent une culture prospère et de renommée, de langue swahilie (dont les dialectes comoriens constituent des variantes locales), vivant du commerce d'esclaves, de l'ivoire et d'autres marchandises africaines destinées aux marchés orientaux.

Durant cette époque, le pouvoir est aux mains des nombreux sultans et de grandes familles de l'aristocratie locale, les Qabilas : ces sultanats sont souvent en rivalité, et donc régulièrement en guerre. Ces dernières s'établissent dans les villes côtières fortifiées (Mutsamudu et Domoni à Anjouan, Fomboni à Mohéli, Moroni, Itsandra et Iconi à la Grande Comore).

Ces puissantes familles accaparent les terres des cultivateurs autochtones, les Walatsa, les obligeant à travailler pour eux ou les refoulant à l'intérieur des terres.

Ces nouveaux arrivants introduisent des esclaves africains, les Makoas dont descendent les Wadzakiya.

En explorant toute cette région sur la route de Zanzibar et des Indes, les Portugais trouvent et abordent les îles de l'archipel en 1505.

Époque contemporaine L'époque coloniale Alors que Portugais et Britanniques établissent un important réseau de comptoirs puis de colonies le long de l'Afrique pour s'assurer la route des Indes et établissent les premiers contacts européens avec l'archipel des Comores, la France apparaît à son tour dans la région à la fin du (si l'on excepte l'éphémère Colonie de Fort-Dauphin au ), s'établissant à l'île Maurice puis à la Réunion et aux Seychelles, ainsi qu'en quelques ports de Madagascar.

En 1841, le sultan de Mayotte, sachant sa position menacée par ses rivaux des Comores soutenus par les Anglais, vend son île à la France en échange de sa sécurité et part finir ses jours à la Réunion. Mayotte intègre donc officiellement le royaume de France cette année-là. Quelques aventuriers français s'établissent, en dehors de tout contrôle légal, à Madagascar et aux Comores, où ils fondent parfois de prospères dictatures esclavagistes (comme Léon Humblot en Grande-Comore) : la conférence de Berlin (1884-1885) met fin à ces pratiques en encadrant légalement la colonisation, et Madagascar comme les Comores deviennent alors protectorats puis colonies françaises à partir de 1885 (acté en 1904), l'esclavage étant définitivement interdit.

Alors que la main-d'œuvre devient de plus en plus chère à La Réunion, les Comores, oubliées par l'administration centrale, offrent aux colons et aux sociétés coloniales (comme la Bambao) des perspectives et une main-d'œuvre peu chère dans les plantations de plantes à parfums et de vanille, notamment d'anciens esclaves de traites récentes, les Mruma.

En 1946, les îles des Comores ne sont plus rattachées administrativement à Madagascar et forment pour la première fois de leur histoire une entité administrative unie et reconnue (TOM).

À partir des années 1960, les pays de la région sont progressivement décolonisés et accèdent à l'autonomie politique (Madagascar 1960, Tanzanie 1961, Kenya 1962, Maurice 1968, Mozambique 1975) et la question de l'autonomie est posée aux Comoriens en 1974.

La question de Mayotte

En 1974, la France organise un référendum d'autodétermination dans l'archipel : trois des quatre îles optent pour l'indépendance (Grande Comore, Anjouan et Mohéli) et forment en 1975 un État souverain appelé initialement État comorien. Mayotte, s'étant largement prononcée contre l'indépendance, devient une collectivité territoriale., en dépit de la revendication des Comores, appuyée par plusieurs résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies qui se sont prononcées en faveur de l'unité et de l'intégrité du territoire des Comores... Ces résolutions ne sont pas contraignantes, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes primant toute revendication aux Nations unies.

Le , le nouveau maître des Comores Ali Soihili tente un coup d’État et atterrit clandestinement avec sa garde rapprochée à Pamandzi pour essayer de s'emparer de Mayotte : la réaction rapide de la population mahoraise aboutit à un simple renvoi des intrus, sans violence..

La France organisant un nouveau référendum sur la seule île de Mayotte le , la Tanzanie dépose un projet de résolution auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, appelant la France à ne pas organiser ce référendum et à respecter l'intégrité du territoire comorien tel que revendiqué par l'Union des Comores. Le , la France use alors de son droit du veto dont elle dispose en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations unies., et le referendum confirme par un taux de 99,4 % (82,8 % des inscrits, pour et 104 contre) le choix de la population de Mayotte de rester au sein de la République française. D'autres instances comme le ou l'Union africaine, jugent illégale la présence française à Mayotte. En 1994, l'assemblée générale a réitéré en demandant au gouvernement français de se plier à sa résolution, mais la question de Mayotte n'est plus jamais apparue à l'ordre du jour des Nations unies depuis cette date. En 2011, la départementalisation de l'île mettra fin à toute ambiguïté quant à son statut, l'île devenant alors un département d'outre-mer français au même titre que La Réunion.

De son côté, l'île d'Anjouan a plusieurs fois tenté de proclamer son indépendance des Comores et même demandé son rattachement à la France (notamment en 1997), mais sans succès., et ses tentatives ont souvent été réprimées dans le sang, notamment lors de l'Invasion d'Anjouan de 2008.

Troubles politiques en Union des Comores