La médaille militaire est une décoration militaire française, instituée le par Louis-Napoléon BonaparteLe duc de Morny lui avait alors rappelé l’insigne du mérite militaire institué par Louis XV. destinée aux militaires du rang, aux sous-officiers, et à titre exceptionnel, aux officiers généraux et maréchaux de France.
Elle est parfois appelée Légion d’honneur du sous-officier et du militaire du rang, Médaille des braves ou bijou de la nation. vignette|redresse|Modèle dit de la en vigueur de 1870 à 1951. Elle est décernée par le président de la République sur proposition du ministre des Armées, dans les conditions prévues par le Code de la Légion d'honneur, de la médaille militaire et de l'ordre national du Mérite.
Il s'agit de la troisième décoration dans l'ordre de préséance après la Légion d'honneur et l'ordre de la LibérationPrésentation des différentes catégories de décorations, site legiondhonneur.fr..
De toutes les décorations militaires françaises, celle-ci représente la plus haute distinction, récompensant en temps de guerre les maréchaux de France et les généraux, déjà grands-croix de la Légion d'honneur. Dans ce cas, la médaille militaire se porte en avant de la grand-croix de la Légion d'honneur. Cependant, selon la grande chancellerie, aucun texte n'officialise cette disposition.
Présentation Elle récompense à la fois les hommes du rang, sous-officiers, officiers mariniers et aspirantsLe grade d'aspirant est particulier : par simplification, il est souvent considéré comme le premier grade d'officier, mais au sens strict l'aspirant est un militaire non officier, aspirant à le devenir. et, à titre exceptionnel, les officiers généraux, amiraux et maréchaux de France, grand-croix de la Légion d'honneur, ayant commandé en chef devant l'ennemi ou qui ont rendu des services exceptionnels à la défense nationale..
La médaille militaire est, depuis sa création, la récompense des campagnes du Second Empire à nos jours. Elle réunit sous sa devise « Valeur et Discipline » les soldats les plus anonymes et les héros les plus populaires tels Georges Guynemer ou Jean Moulin. Elle compte parmi ses récipiendaires les plus grands chefs militaires contemporains tels que les maréchaux Joffre, Foch, Gallieni, Lyautey, Leclerc, de Lattre, Juin et alliés tels que les généraux Pershing et Montgomery ; à titre exceptionnel quelques civils comme le président américain Roosevelt (à titre posthume), Sir Winston Churchill, Joseph Kessel, Jean Gabin et Léon Zitrone. Le maréchal Philippe Pétain en a également été récipiendaire.
Historique Par un coup d'État, dans la nuit du au , Louis-Napoléon, président de la Deuxième République, ouvre la voie à une restauration de l'Empire : l'Assemblée nationale et le Conseil d'État sont dissous, le suffrage universel est rétabli et un plébiscite est annoncé. Les 21 et , le pays apporte son soutien au prince-président.
Le , il promulgue une nouvelle constitution lui donnant l'ensemble des pouvoirs pour une durée de dix ans. Huit jours après, par décret daté du , il institue la médaille militaire : elle est destinée aux soldats qui ne sont pas officiers et qui désormais ne recevront plus la Légion d'honneur, sauf cas exceptionnels. Par cette mesure, Louis-Napoléon veut satisfaire les officiers, dont nombre n'acceptent pas de devoir partager cette distinction avec la troupe, et obtenir leur soutien à son coup d'État. C'est sa propre effigie avec son prénom « LOUIS-NAPOLEON » (sans accent) qu'il utilise sur l'avers de la médaille qu'il crée et qui est décrite dans un décret du Le texte intégral du décret paraît dans le du Moniteur officiel du 3 mars 1852., lequel en fixe également les attributions. Elle est de plus surmontée de l'aigle impériale, tenant deux éclairs de foudre dans ses serres.
Cette décoration est inspirée de l'ordre de la Couronne de fer d'Italie, instituée par son oncle Napoléon , en reprenant le ruban ainsi que la dominante argent de la décoration proprement dite. À noter d'ailleurs que le ruban originel de la médaille militaire était à dominante jaune-orangé avec des liserés vert foncé. Il a ensuite évolué à partir de 1870 en devenant jaune avec des liserés vert clair. En créant la médaille militaire, le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte entend récompenser les mérites des meilleurs soldats et sous-officiers.
Le , face au carrousel du Louvre, il s'adresse ainsi aux 48 premiers récipiendaires qui se sont distingués au cours des campagnes d'Algérie :
Tout change lors de la deuxième cérémonie de remise de décoration, le . Ce jour-là, Louis Napoléon décore et sous-officiers devant et une foule immense de Parisiens massés sur le Champ de Mars.
Mais surtout, il fait avec habileté, le même jour, le choix d’épingler la décoration sur l’uniforme de deux nouveaux maréchaux de France (Honoré Charles Reille et Jean-Baptiste Vaillant.), en « récompense suprême ». Cette initiative, étendue le aux généraux et aux amiraux ayant rendu des services exceptionnels (comme la fonction de ministre ou le commandement en chef), assure pour toujours le prestige de la médaille militaire. Une décision présidentielle du , reprise, lors de la réforme de 1962 par l'article R.140 du code de la légion d'honneur et de la médaille militaire stipule :
Modèle du Second Empireen vigueur de 1852 à 1870 Modèle dit de la en vigueur de 1870 à 1951 Modèles dits des et en vigueur de 1951 à nos jours (le nombre de fleurons à cinq pétales à la place de la date 1870 ne reflétant que des variantes de fabricants, la Monnaie de Paris ayant toujours conservé un seul fleuron) Revers communà tous les modèles 150px 145px 150px 142px 149px 130px
Comme le montre le tableau ci-dessus, la médaille militaire n'a été modifiée officiellement que deux fois : le par le gouvernement provisoire de la Troisième République : l'effigie de l'empereur déchu est remplacée par celle d'un profil féminin couronné de lauriers représentant la République, et l'inscription « LOUIS-NAPOLEON » par « REPUBLIQUE FRANÇAISE 1870 » entourée de lauriers. L'aigle servant de support est remplacé par un trophée de guerre qui est d'abord biface, composé d'une ancre (Marine), de deux canons croisés (Artillerie) et d'une cuirasse (génie), ainsi que d'un sabre, d'une hache et de fusils. Cette composition interarmes sera reprise à l'identique pour l'insigne du brevet de préparation militaire élémentaire (BPME) délivré jusqu'en 1920. le , par décret pris durant la Quatrième République, il est stipulé que « les Médailles militaires mises en fabrication après la publication du présent décret (soit le ) ne comporteront plus l'inscription « 1870 » ». En conséquence, la date de 1870 est supprimée et remplacée, selon les fabricants, par un à trois fleurons à cinq pétales (la Monnaie de Paris a produit jusqu'à nos jours un modèle avec un seul fleuron).
Le gouvernement de Vichy n'a pas modifié la médaille militaire, comme d'ailleurs la plupart des autres médailles officielles françaises, qui a donc continué à être décernée avec la légende « République Française » et la date 1870 de à 1944.
Toutefois, des modifications plus légères au cours du temps, essentiellement sur initiatives de fabricants privés, ont conduit à recenser au moins sept types différents de la médaille..
Caractéristiques et administration vignette|redresse|Attestation de la médaille militaire reçue de la grande chancellerie.
La médaille actuelle est une couronne de laurier d'argent qui entoure un médaillon d'or où figure l'effigie de la République, entourée d'un cercle d'émail bleu où sont inscrits les mots « REPUBLIQUE FRANÇAISE », le tout surmonté d'un trophée interarmes comportant deux canons croisés en croix de saint André, une ancre et une cuirasse posée sur le tout, sous lesquels dépasse à dextre une hache et un pistolet, et à senestre un sabre, une épée et une daguehttps://www.medmil1797.fr/infos_diverses/Medaille%20militaire.pdf. Au revers, la médaille porte au centre du médaillon d'or, entouré d'un cercle bleu, la devise « VALEUR ET DISCIPLINE ». Les feuilles et boutons de laurier sont liés de deux rubans entrecroisés en haut et en bas.
Son port et sa disposition réglementaire la placent immédiatement après la croix de la Libération (en troisième position par rapport à la Légion d'honneur) et avant l'ordre national du Mérite. L'insigne est suspendu à un ruban jaune bordé de vert des deux côtés.
Elle est administrée par la chancellerie de l'ordre national de la Légion d'honneur. Elle ne peut être concédée que pour des services militaires exceptionnels et un minimum de huit ans de campagne. L'attribution de la médaille militaire comportait à sa création une rente annuelle insaisissable de cent francs-or, qui assurait au récipiendaire le pain et le tabac à vie. Cette rente est en 2006 d'un montant annuel de .
Son attribution doit préalablement faire l'objet d'un mémoire de proposition qui retrace la carrière ou les faits exceptionnels justifiant l'obtention de cette décoration. Deuxième décoration dans l'ordre de préséance après la Légion d'honneur (l'ordre de la Libération étant forclos) et, à la différence des deux ordres nationaux (Légion d'honneur et ordre national du Mérite), la médaille militaire ne fait pas l'objet d'un paiement de droits de chancellerie préalable à la remise officielle de la décoration (la médaille étant « concédée »). Elle peut donc être portée immédiatement après la parution du décret au Journal officiel. Le récipiendaire (ou l'organisme à l'origine de la demande d'attribution) a le loisir d'organiser ou non une cérémonie officielle de remise de l'insigne, il peut même solliciter l'autorité militaire de son choix pour lui remettre la décoration.
En tenue militaire, la médaille militaire peut être portée soit pendante, soit sous forme d'une barrette. En tenue civile, elle est portée sous forme d'un ruban.
Une médaille dépourvue de grades
Le maréchal Canrobert décorant un caporal-chef l'illustre sobrement, quand il lui dit : « Et maintenant tu es autant que moi, nous sommes égaux ». Dépourvue de grades, elle est la seule manifestation honorifique, avec l'ordre de la Libération, qui mette sur un pied d'égalité ceux auxquels elle est attribuée, du plus humble au plus prestigieux.
Palais de Salm L'hôtel de Salm à Paris abrite la grande chancellerie de la Légion d’honneur, qui administre depuis 1852 la médaille militaire. Le Palais ayant été incendié sous la Commune en 1871, beaucoup d'archives ont été détruites. Il fut reconstruit grâce à une souscription lancée parmi les légionnaires et les médaillés militaires.
Maisons d'éducation de la Légion d'honneur Depuis 2005 (Décret du , Journal officiel du ), les maisons d'éducation de la Légion d'honneur peuvent également accueillir en leur sein les filles, petites-filles et arrière-petites-filles de médaillés militaires.
La fourragère aux couleurs du ruban de la médaille militaire