Louis de France, dauphin de France, né le au château de Versailles et mort le au château de Fontainebleau, est un prince français membre de la maison de Bourbon. Fils aîné du roi et de son épouse la reine Marie Leszczynska, il est dauphin de France de sa naissance à sa mort.

Mort avant son père, il ne sera jamais roi mais est le père de trois rois de France : , et . Homme cultivé et pieux, il est perçu comme un modèle à suivre pour beaucoup de ses contemporains.

Biographie Une famille nombreuse vignette|left|Acte de naissance (1729).

, marié en 1725 alors qu'il a à peine quinze ans, mais montrant un enthousiasme certain à remplir ses devoirs conjugaux, est père très tôt. Dès 1726, la reine est enceinte, la déception est grande car elle ne met pas au monde le fils attendu, mais des jumelles, Élisabeth et Henriette. Le jeune roi amoureux et galant fait taire les mauvaises langues en affirmant : .

gauche|vignette|Allégorie de la naissance de Louis, dauphin de France, vers 1730.

Peu de mois après, la reine de nouveau enceinte, donne encore une fois naissance à une fille, Marie-Louise. De nouveau, le roi défend sa femme et affecte de prendre les choses avec bonhomie en demandant à la reine de donner rendez-vous pour l'année prochaine à son médecin-accoucheur, mais cela n'empêche pas les médisances.

La reine se retrouve enceinte une troisième fois au début de l'année suivante et ce quatrième enfant, le premier fils du couple royal, naît le , le roi n'ayant alors que dix-neuf ans. Ondoyé dès sa naissance par le cardinal de Rohan, l'enfant est baptisé à Versailles huit ans plus tard, le avec pour parrain le duc d'Orléans, et pour marraine, la princesse de CondéAD 78, registre des baptêmes de la paroisse Notre-Dame de Versailles, année 1737, vue 26/76..

vignette|gauche|Préparation du feu d'artifice et de la décoration de la fête donnée sur la place Navone à l'occasion de la naissance du dauphin,Giovanni Paolo Pannini,musée du Louvre.

Le cardinal Melchior de Polignac, ambassadeur fastueux, organise à Rome, pour sa naissance une grande fête dont il demande la représentation au peintre Giovanni Paolo Pannini. Ce sera le tableau : Préparation du feu d'artifice et de la décoration de la fête donnée sur la place Navone à l'occasion de la naissance du dauphin. Ce tableau est conservé au Musée du Louvre.

Le dauphin a dès l'année suivante en 1730 un frère, Philippe de France, duc d'Anjou, qui meurt en 1733 à 3 ans, la même année que leur sœur aînée Marie-Louise, à 5 ans.

Le dauphin eut au total huit sœurs : les jumelles Élisabeth et Henriette, nées en 1727, Marie-Louise (née en 1728), Adélaïde (née en 1732), Victoire (née en 1733), Sophie-Philippine (née en 1734), Thérèse-Félicité (née en 1736) et Louise-Marie (née en 1737).

Seule l'aînée de ses sœurs (Louise-Élisabeth dite Élisabeth) se marie, les autres restent à la cour auprès de leurs mère et frère (les quatre plus jeunes ayant été élevées à l'abbaye de Fontevraud de 1738 à 1748/1750).

Quant à la reine Marie Leszczynska, d'aucuns prétendent l'avoir entendu soupirer : . Ayant appris qu'un onzième accouchement pouvait lui être fatal mais n'osant en parler au roi, elle lui condamna sa porte. Le roi afficha alors ouvertement ses maîtresses.

Éducation du dauphin L'éducation du dauphin fut confiée à Jean-François Boyer, évêque de Mirepoix, homme vertueux mais au seuil de la vieillesse et de vues étroites. De fait, il eut pour sous-précepteur l'abbé Joseph de Giry de Saint Cyr, membre de l'Académie française. Il fut un élève très brillant. Ainsi, il avait une excellente connaissance du latin, il parlait couramment l'anglais, chose rare pour un prince de son époque et excellait dans nombre d'autres disciplines. En revanche, il détestait l'activité physique et renonça même à la chasse après avoir tué par mégarde un de ses hommes. Il accorda sa protection à la veuve et aux descendants du malheureux et une pension qui fut versée par les différents gouvernements jusqu'à l'extinction de la lignée de la victime sous la Troisième République. Le prince devint, comme ses sœurs, un excellent musicien.

Il eut également pour menin le comte du Muy.

Seul fils survivant du couple royal, , .

Il a 7 ans quand le roi son père fait paraître ouvertement à la cour sa première favorite, la comtesse de Mailly. Celle-ci est bientôt supplantée dans le cœur du roi par sa sœur, la comtesse de Vintimille, laquelle meurt en couches (1741). La sœur des deux précédentes, la marquise de La Tournelle (bientôt titrée duchesse de Châteauroux) lui succède.

Il a 9 ans quand ses quatre plus jeunes sœurs quittent la cour pour l'abbaye de Fontevraud où elles doivent être éduquées à moindre frais. Ne restent à la cour que ses aînées, les jumelles Mesdames Élisabeth et Henriette et sa cadette Madame Adélaïde.

Très affecté par la séparation officieuse de ses parents, l'adultère du roi et la résignation doloriste de sa mère, il s'escrima à ne pas ressembler à son père, optant dès son enfance pour une dévotion profonde et assumée.

Mariages du dauphin vignette|Marie-Thérèse d'Espagne (Louis-Michel Van Loo). gauche|vignette|Le dauphin à l'âge de 15 ans (Hubert Drouais). vignette|left|Le dauphin à l'âge de 18 ans (Charles Natoire).|326x326px vignette|Marie-Josèphe de Saxe (Jean-Marc Nattier). Désirant laver l'affront que le duc de Bourbon avait commis envers la cour d'Espagne en rompant arbitrairement les fiançailles du roi, s'était engagé à marier sa fille aînée à un infant d'Espagne et son fils à une des infantes. Ainsi Madame « Première » fut-elle mariée dès qu'elle fut nubile (à douze ans) à l'infant Philippe en 1739, mariage peu brillant pour une princesse de France puisque l'infant, étant le troisième des fils survivants du roi, était un cadet sans réel avenir.

En 1744, tombe malade à Metz. Avant de lui donner l'extrême-onction, l'aumônier de la cour, François de Fitz-James, évêque de Soissons, exige le renvoi de la favorite du moment, ainsi qu'une confession publique. Entretemps, mené par son précepteur, le jeune Louis, qui a 14 ans et qui est donc apte à accéder au trône, est venu au chevet de son père, … .

Dans le même temps, on songe à marier le dauphin, alors âgé de quinze ans. Les princesses de Savoie, Éléonore et Marie-Louise, voisines et cousines, semblent toutes désignées, mais la politique de réconciliation entre les deux branches Bourbon française et espagnole qui se boudent depuis la rupture des fiançailles de , père du dauphin, avec l'infante Marie-Anne l'emporte et, l'année suivante, Louis épouse le au château de Versailles, l'infante Marie-Thérèse, deuxième fille de et sœur de l'infant Philippe qui avait épousé en 1739 Louise-Élisabeth, sœur du dauphin. C'est à cette occasion que fut représenté un ballet bouffon de Jean-Philippe Rameau, Platée. C'est aussi à cette occasion que le roi noue une liaison avec une bourgeoise, Jeanne Le Normant d'Étiolles, bientôt anoblie et titrée par le roi marquise de Pompadour, du nom d'une terre limousine en déshérence. Tandis que la reine accepte la situation avec philosophie, les jeunes époux s'opposent à la nouvelle favorite.

Très timide et d'un caractère austère, la dauphine n'est guère appréciée par la cour de France, spirituelle et cynique. Nonobstant le caractère impérieux de son épouse, le dauphin, qui n'a que et trois de moins que son épouse, est très amoureux et se laisse dominer par elle.

Marie-Thérèse meurt l'année suivante en 1746 en donnant le jour à une petite fille qui ne vit que deux ans. Veuf à 17 ans, le dauphin est très affecté par la mort de son épouse (le roi doit littéralement l'arracher du lit mortuaire de la défunte). Cependant, la raison d'État l'oblige à assurer la succession du trône de France.

Sur les conseils du maréchal de Saxe, héros de la guerre de Succession d'Autriche, et de la marquise de Pompadour qui souhaite se rapprocher de la famille royale, le roi choisit comme seconde épouse de son fils Marie-Josèphe de Saxe, fille du roi de Pologne. Le mariage est célébré à Versailles le , le dauphin Louis ayant 18 ans et la dauphine Marie-Josèphe 16 ans.

Relations avec sa famille Le dauphin et son épouse La vie conjugale est une lourde tâche pour l'adolescent car, toujours attaché à Marie-Thérèse, Louis ne montre d'abord à la jeune princesse allemande de 16 ans que froideur, voire mépris. Mais Marie-Josèphe est une femme d'un esprit supérieur : peu à peu, soutenue par ses belles-sœurs, notamment Madame Henriette, et conseillée par son oncle, le maréchal de Saxe, elle apprivoise son mari, modère ses excès de dévotion et de rigueur morale tout en étant elle-même très pieuse. Leur couple se montre finalement très uni.

Après trois années stériles, qui lui valent les critiques et les ragots de la cour, la jeune dauphine est la mère de treize enfants, dont cinq parviennent à l'âge adulte.

Distance et rapprochement avec le roi Son père ne fut jamais proche de lui bien qu'il l'aimât certainement : avait une vie privée immorale qui faisait souffrir la reine et qui ne plaisait pas au Dauphin, ce qui éloigna le père et le fils pendant longtemps. Cependant, c'est à la bataille de Fontenoy, aux côtés de son père et à l'âge de 15 ans, que le Dauphin connut le baptême du feu. Il fit preuve de courage, voire d'enthousiasme, mais recevant cependant de la bouche même du roi une belle leçon d'humanité propre à édifier le futur monarque : . À partir de l'attentat de Damiens contre le roi (1757), au cours duquel Louis et ses compagnons maîtrisèrent le régicide, il fut invité à participer aux séances du Conseil du Roi, où il se fit remarquer par son soutien à la Compagnie de Jésus et sa fermeté face au conservatisme des parlementaires.

Proximité constante avec la reine vignette|La reine Marie lisant. Très proche de sa mère, qui souffrait des adultères du roi avec une dignité ostentatoire, Louis était le centre du parti dévot, qui condamnait autant la politique que la vie privée du roi. Le prince et ses sœurs ne se gênaient pas pour montrer leur mépris à la marquise de Pompadour qui, elle, soutenait le parti des philosophes. Ses sœurs et lui-même avaient surnommé la favorite .. Si la dauphine Marie-Thérèse s'associa avec ardeur à la hargne des enfants royaux, la dauphine Marie-Josèphe, qui devait son mariage à la marquise, mais était aussi une jeune femme intelligente et délicate, sut garder une certaine contenance et éviter des tensions au sein de la famille royale.

Éducation des enfants de France Le rôle historique du dauphin est d'avoir apporté une grande attention à l’éducation de ses fils, notamment celle du duc de Bourgogne, son fils aîné, mort à 9 ans, mais aussi celle du futur et de ses frères.

Il est particulièrement soucieux de leur éducation morale. Ainsi, ses fils, notamment le duc de Bourgogne, se montrant trop imbus de leur naissance, il leur fait montrer le registre de leur baptême. Soulignant que l'acte les mentionnant est le même que ceux des enfants des classes moins favorisées, le dauphin enseigne à ses fils : .

En 1761, le dauphin perdit son fils aîné, le duc de Bourgogne, qui avait 9 ans. Ce décès causa un immense chagrin, non seulement parce que cet enfant était l'héritier du trône en second, mais aussi parce qu'il était intelligent et raisonnable. Le dauphin et la dauphine avaient donné pour compagnie au petit mourant son frère cadet, le duc de Berry, futur .

Malheureusement, le dauphin et la dauphine reportèrent leur affection non sur le timide duc de Berry, mais sur le spirituel comte de Provence, futur . Le futur eut une enfance mélancolique ; admirant son père, il disait : ..

Personnalité du dauphin vignette|Louis de France, par Frédou, v. 1760.