Un jeu de hasard est un jeu dont le déroulement est partiellement ou totalement soumis à la chance. Celle-ci peut provenir d'un tirage ou d'une distribution de cartes, d'un jet de dé, etc. Lorsque le jeu est totalement soumis au hasard, on parle de jeu de hasard pur. Lorsque le joueur doit déterminer son action en fonction d'événements aléatoires passés ou futurs et de probabilités, on parle plus volontiers de jeu de hasard raisonné.
Le terme « jeu de hasard » désigne également les jeux d'argent, les jeux de grattage comme les machines à sous. La plupart de ces derniers sont des jeux de hasard pur ou raisonné.
L'étude des problèmes de stratégie dans les jeux a donné naissance à une théorie mathématique : la théorie des jeux.
upright=1.5|vignette|Joueurs de cartes de Theodore Rombouts.
Historique vignette|redresse|Jeu de senet, redresse|vignette|Machine à sous fabriquée en 1928.
Aujourd'hui, le même terme « jeu de hasard » désigne à la fois des jeux impliquant un processus aléatoire et des jeux d'argent pratiqués par les adultes, soit dans des établissements spécialisés, soit en achetant des billets auprès des buralistes, comme en France.
Objets et machines pour jeux de hasard Les premiers jeux de hasard sont impossibles à dater. Des traces d'objets utilisés pour simuler l'aléatoire ont été retrouvés notamment dans des tombes des civilisations anciennes (grecques, égyptiennes, etc).
Notons un jeu d'enfant, l'ostrakinda, utilisant le jeté d'une coquille blanche noircie d'un côté et en criant « nuit ou jour » autour du C'est l'ancêtre du jeu de pile ou face.
Un des premiers jeux de société est le senet. Ce jeu était très populaire en Égypte, il y a plus de 2 000 ans. Le but du jeu était de placer l’un de ses pions dans la dernière case qui représentait les cieux. La plupart des jeux qui se sont inspirés du senet ont également utilisé cette symbolique. C’est le cas de la marelle par exemple. Chaque joueur avait plusieurs pions à sa disposition, lançait des petits bâtons (les dés n’étaient pas encore inventés) et déplaçait ses pions le long de la table de jeu.
Le jeu de pile ou face s'est développé avec l'arrivée de monnaie métallique (voir cette sous-section). Les dés, d'origine asiatique, ont été très utilisés durant l'Empire romain (voir cette sous-section). Les cartes à jouer, également d'origine asiatique, apparaissent en Europe au (voir la sous-section ci-dessous).
Dès leur arrivée en Occident, les jeux de hasard ont été décriés par l'Eglise catholique comme étant des jeux du diable. Saint Louis les interdira même en France.
En 1894, Charles August Fey construit la première machine à rouleaux appelée la « Liberty Bell » ; il dépose le brevet en 1905. Des machines améliorées furent ensuite construites en 1910 en rajoutant un distributeur de bonbons pour contrer sa qualification de machine démoniaque, en 1948 avec la « Melon Bell ».
Les générateurs de nombres aléatoires, utilisés notamment pour les machines à sous, sont liés à la cryptographie. En 1883, Auguste Kerckhoffs exposera une règle fondamentale de la cryptographie moderne. C'est en 1963 qu’apparaîtra la première machine à sous électromécanique de Bally (Money Honey — version 742 puis 742A).
Jeux de cartes
gauche|upright=.5|vignette|Carte à jouer de la dynastie Ming. redresse|vignette|Cartes à jouer espagnoles du . redresse|vignette|Cartes à jouer courantes. Il est aujourd'hui communément reconnu que les plus anciennes cartes à jouer connues sont d'origine chinoise et qu'elles apparurent durant la dynastie Tang (618 – 907). Elles semblent avoir été développées à partir des anciens dés en provenance d'Inde [https://books.google.com/books?id=CjRAiqGSJ50C&pg=PA55#v=onepage&q=&f=false in The shorter Science and Civilisation in China], an abridgement of Joseph Needham's: original text - Volume 3, Colin A. Ronan, Cambridge University Press, 1986Turfan Studies sur le site de la "Berlin - Brandenburgische Akademie der Wissenschaften". Joseph Needham estime au vu de différentes sources que les cartes à jouer (en papier) remontent au moins au [https://books.google.com/books?id=Lx-9mS6Aa4wC&pg=PA131#v=onepage&q=&f=false in Science and civilisation in China], pages 131-132 - Volume V : Chemistry and chemical technology - Part 1 : Paper and Printing, Joseph Needham & Tsuen-hsuin Tsien, Cambridge University Press, 1985 (edition de 2001) : Playing made of paper, written or printed with design, probably existed no later than the +9th century, when the relatives of a princess are said to have played the "leaf-game".. Au début de la période Song, soit au , une évolution donna naissance aux dominos[https://books.google.com/books?id=CjRAiqGSJ50C&pg=PA55&as_brr=3&cd=6#v=onepage&q=&f=false in The shorter Science and civilisation in China: page 55] an abridgement by Colin A. Ronan of Joseph Needham's original text : 3, Cambridge University Press 1986. Les cartes chinoises correspondent à trois types de jeux : les cartes domino, les cartes monétaires, et les cartes d'échecs, qui reproduisent les pièces du xiangqi (échecs chinois). Les cartes monétaires comprenaient un nombre variable de séries numériques, et étaient utilisées par différents jeux chinois : yeh-tzâ« jeu de feuille » le yeh-tzâ sur le site unicorne.com. pendant la dynastie Tang ( – ) ; ya-pai (32 cartes), populaire pendant la dynastie Song ( – ) ; ma-diao (40 cartes), populaire pendant la dynastie Qing ( – ).
Il est probable que les précurseurs directs des cartes européennes aient atteint l'Europe par l'intermédiaire des Mamelouks d'Égypte à la fin du , sous une forme très proche de celle connue aujourd'hui. Ces jeux contenaient 52 cartes divisées en quatre séries : les bâtons de polo, les pièces, les épées et les coupes ; chaque série contenait dix cartes de points et trois honneursLeo Mayer, Le Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale, 1939, volume 38, pages 113–118 sur le siteifao.egnet.netInternational Playing Cards Society Journal, 30-3, page 139. Les cartes à jouer sont apparues en Europe au J. Brunet i Bellet, Lo joch de naibs, naips o cartas, Barcelona, 1886, cite dans le "Diccionari de rims de 1371 : darrerament/per ensajar/de bandejar/los seus guarips/joch de nayps/de nit jugàvem, voir aussi Playing Cards - Documents and Articles, sur le site trionfi.com]Thierry Depaulis Brève histoire des cartes à jouer, dans Cartes à jouer et tarots de Marseille, éditions Alors Hors du Temps, 2004, page 33 :« …le nouveau jeu se répand comme une trainée de poudre. Déjà fixé dans sa forme à quatre couleurs, doté de trois figures (sans dame), et de cartes numérales dans chaque série, il est connu dès 1377 à Florence et dans la vallée du Rhin » ; elles y sont peut-être arrivées par l'intermédiaire des Arabes ou par les échanges marchands avec les Mongols le long de la Route de la soie, deux hypothèses retenues par Joseph Needham ou par Thomas T. Allsen Voir page 329 in Science and civilisation in China - Volume IV, Part 1, Joseph Needham & Ling Wang, Cambridge University Press, 1962 (ed 2004) Voir milieu de page 181 in Culture and Conquest in Mongol Eurasia, Thomas T. Allsen, Cambridge University Press, 2001Voir milieu de page 55 in The shorter Science and civilisation in China, Colin A. Ronan, Cambridge University Press, 1986. Le jeu de naibbe (ou naib-be) est présent en Égypte au jeux de naibbe en Égypte sur le site unicorne.com., en Italie au arrivée des jeux en Europe sur le site unicorne.com. et arrive en France à la fin du arrivée des jeux de cartes en France sur le site histoire-genealogie.com.. Le jeu de tarot ou tarots apparaît dans les années 1440 en Italie du NordThierry Depaulis, Tarot, jeu et magie, Bibliothèque nationale, 1984, p. 35 : "C'est en 1442, à Ferrare, qu'est mentionné pour la première fois le jeu de carte da trionfi.", ancien nom du tarot..
Les jeux de cartes apparaissent dans les cours royales avec des jeux comme l'aluette, le Trente et un, la brisque, le glic, la prime. À l'époque de la Révolution française, on joue au whist, au pharaon, à la bouillotte, au trente et quarante ou au brelan dans les milieux éduqués, alors que les milieux moins savants jouent plutôt au piquet, à l’écarté ou au quadrille. Les noms et règles de ces jeux ont depuis évolué.
Les premières cartes du jeu Magic : l'assemblée furent éditées en 1993, de nouvelles cartes sont encore éditées aujourd'hui.
Loterie et paris La création des loteries est souvent attribuée aux Romains parce que Pétrone (66 ), dans son Satyricon, les évoque en parlant des repas et parce que Suétone, dans La Vie des douze Césars, évoque la remise de prix par Auguste lui-même à l'occasion des Saturnales. En revanche, le monde arabe préislamique () eut recours à d'authentiques loteries, puisque les sourates 2 et 5 du Coran les condamnaient sévèrement Les jeux de hasard et d'argent en France, Trucy François, Rapport d'information 223 (2001-2002) - Commission des finances .
À Bruges, en 1441, les loteries apparaissent : les Hollandais fournissent le mot « loterij » avec sa racine francique « lot » qui donne aux Allemands « Los » (le sort) et le « lotto » aux Italiens. Suivent alors les loteries des Pays-Bas bourguignons, les « lotissements » de Saint-Omer en 1476, les loteries de la France du pourvues du « numéro » emprunté aux loteries italiennes, la « lottery » anglaise, les « lotteries » allemandes, les « loterias » espagnoles, et bien sûr le « lotto » italien. D'ailleurs, l'Italie affirme alors une nette prédominance : dès le , tourniquets, dés spéciaux et billets numérotés préfigurent la roulette.
En France, la loi du a prohibé les loteries de toutes espèces. Un article de loi du a dérogé à cette règle en autorisant le gouvernement français à créer la Loterie nationale.
En 1987, l'âge minimum pour les paris est descendu de 21 ans à 18 ans. En 2010, la France légalise les paris en ligneNew York Times: Europe Unleashes Online Gambling to Fill CofferseGaming Review: France votes in online gambling laws.
Probabilités dans les jeux
L'étude de l'aléatoire dans les jeux de hasard a donné naissance à une théorie des mathématiques : la théorie des jeux. Les premières idées viennent d'une correspondance voir Les lettres de Blaise Pascal éditeur G. Crès (Paris) 1922 page 220 entre Pascal et Fermat au à propos du problème des partis. La théorie des jeux devient une vraie théorie mathématique à partir de 1940 avec les travaux de John von Neumann. Cette théorie est alors également utilisée pour des problèmes de stratégie tels qu’on en trouve en recherche opérationnelle et en économie.
Prohibition
Les pouvoirs ont à de nombreuses reprises alterné entre l'organisation des jeux de hasard et leur prohibition. Alors que les ordonnances médiévales prohibent les jeux d'exercice et d'adresse qui ont principalement lieu dans les tavernes, l'ordonnance royale d'Henri III de France en 1586 s'en tient aux jeux de hasard et d'argent.
Réglementation des jeux de hasard en France