Les seins (du latin , « courbure, sinuosité, pli ») sont les mamelles des humains, plus spécifiquement des femmes. Le terme est rarement utilisé chez les hommes cisgenre, chez qui ils sont atrophiés, sauf dans le cas d'un développement anormal appelé gynécomastie.

Cet organe pair contient une glande mammaire qui sécrète du lait et permet l’allaitement des nouveau-nés et nourrissons.

Étymologie Le substantif masculin [consulté le 2017].Entrée () des Dictionnaires de français [en ligne], sur le site des éditions Larousse [consulté le 2017].Entrée , dans () [consulté le 2017].Entrée , dans [consulté le 2017]. « sein » (prononcé en français standard) est issu du latin , substantif masculin signifiant proprement , d'où , qui désignait notamment le ; ce pli de toge ou de robe étant celui dans lequel les femmes portaient leur enfant, a acquis le sens figuré de . Mais on employait plutôt celui de , « sein », et , « petit sein », d'où le mot en français : « mamelle ». Aussi, désignait une « petite mamelle ». Le mot « mammifère » a la même origine.

Le terme poitrine désigne les deux seins..

Chez la femme vignette|Développement mammaire selon l'échelle de Tanner. Les seins contiennent les glandes lactogènes (ou glandes mammaires) qui deviennent actives en période d'allaitement et produisent le lait maternel dont se nourrit le bébé pendant les premiers mois de sa vie. Durant la période de lactation, le lait est sécrété par ces glandes mammaires et est déversé par des canaux séparés au niveau du mamelon.

L'essentiel du corps du sein est constitué de tissu adipeux. Les seins voient leur volume varier en fonction de différents paramètres tels que le cycle d'ovulation, la température ou l'excitation ainsi que durant la grossesse. La limite de l'aréole, sa pigmentation et son réseau glandulaire varient avec la grossesse et l'allaitement. Le mamelon est érectile.

Outre sa fonction biologique de lactation, le sein féminin est considéré comme un caractère sexuel secondaire, comme le montrent les stades de Tanner. Les seins peuvent jouer, en fonction du contexte culturel, un rôle important dans la séduction, l'érotisme, la sexualité, ainsi que dans la féminité.

Développement Un réseau de canaux galactophores est présent à l'état rudimentaire chez les individus des deux sexes, de l'âge embryonnaire à l'âge adulte, mais seules les femmes, sous l'influence hormonale à partir de la puberté, le long des cycles et pendant la grossesse et l'allaitement, développent la partie glandulaire. Transidentité Les femmes trans peuvent développer des seins après leur première puberté en effectuant une transition de genre hormonale. Les seins commencent à pousser entre trois et six mois après le début de la prise d’œstrogènes, et atteignent leur maximum environ deux à trois ans après. Leur taille dépend de la génétique de la personne.

Anatomie vignette|redresse|Morphologie des seins avec l'aréole et le mamelon thumb|Schéma anatomique du sein :1. Cage thoracique 2.  3. Lobules 4. Mamelon 5. Aréole 6. canaux galactophores 7. Tissu adipeux 8. Peau

Sur le plan superficiel, le sein est recouvert de peau (fascia superficialis) s’étendant sans limite nette jusqu’à la région mamelonnaire, constituée du mamelon lui-même, entouré d'une zone de peau pigmentée, l'aréole. L'extension du tissu du sein qui se prolonge dans la région axillaire est la queue de Spence.

La peau de l'aréole a un aspect grenu car elle est parsemée de glandes cutanées et sébacées (glande de Morgagni) qui s'hypertrophient à la grossesse et prennent alors le nom de tubercule de Montgomery. L'aréole est pourvue de fibres musculaires lisses, muscles sphinctériens périalvéolaires, qui contrôlent la fonction excrétrice du sein au moment de la lactation. Le muscle aréolaire est un muscle lisse permettant l’érection du mamelon.

Le mamelon est la partie centrale et surélevée de l'aréole. Les canaux galactophores qui assurent l'évacuation des sécrétions lactées y débouchent par des pores séparés.

Sur le plan interne, le sein est essentiellement constitué d’un tissu conjonctif adipeux (les graisses) et de ligaments de Cooper. Le tissu glandulaire responsable de la production exocrine de lait ne représente qu'une faible proportion du volume mammaire.

La glande mammaire est constituée de lobes, séparés par des cloisons conjonctives, qui sont des ensembles de bourgeons glandulaires (acini ou ductules), développés en période d’allaitement ; ils débouchent sur un canal terminal, drainé par un canal galactophore pourvu vers son extrémité d’un sinus galactophore ou sinus lactifère. Chaque canal galactophore débouche séparément au niveau du mamelon. L'ensemble canal terminal et lobule définit une unité terminale ductulo-lobulaire de Wellings cours d'anatomo-pathologie de la faculté de médecine de Strasbourg, année 2005-2006 voir page 34 du pdf..

Le sein est richement vascularisé. Au niveau artériel on décrit notamment trois origines à sa vascularisation : l'artère axillaire participe par ses branches thoracique latérale (éventuellement avec en plus une thoracique latérale accessoire) et thoraco-acromiale (qui donnera par la suite une branche thoracique médiale dédiée à la glande mammaire) ; l'artère thoracique interne (cheminant à la face postérieure des cartilages costaux jusqu'au sixième espace intercostal) via certaines de ses collatérales ; les artères intercostales (originaires de l'aorte thoracique), notamment de la sixième à la neuvième.

Au niveau du système lymphatique, le sein est divisé en 4 cadrans, 2 externes, 2 internes. Les cadrans externes sont drainés vers la veine thoracique latérale, le creux axillaire (ganglion de Sorgius) et le ganglion infra-claviculaire. Les cadrans internes sont drainés sous le sternum par le ganglion intra-thoracique puis le relais infra-claviculaire.

Sur le plan profond, on distingue trois muscles : le grand pectoral sur lequel glisse la glande mammaire, le petit pectoral et le subclavier.

Le sein est soutenu par la peau et un ligament suspenseur : la travée fibro-glandulaire. Au niveau inférieur, le sillon sous-mammaire est formé par un épaississement de ces travées qui tire la peau en profondeur.

La limite supérieure d’implantation du sein se situe à la 2 ou , sa limite inférieure entre la ou .

La présence éventuelle de plus de deux seins s'appelle la polymastie. Variations morphologiques Les seins varient à la fois en taille et en forme.. Leur soutien se fait anatomiquement parlant, sur l'ensemble de la cage thoracique.

Taille Les seins varient en taille d'une femme à l'autre, mais aussi chez la même femme au cours du cycle menstruel d'abord, et tout au long de sa vie. La taille de bonnet la plus petite est AA, ce qui correspond à une taille inférieure à un pouce, soit . À l'opposé, il arrive que les seins soient tellement développés qu'ils génèrent des troubles musculosquelettiques, parfois au point de devoir être réduits chirurgicalement.

La Russie et les pays nordiques possèdent les plus grandes poitrines avec des bonnets D ou supérieur et la majorité des pays africains et asiatiques ne possède qu’une moyenne de bonnets A. En Europe centrale (Suisse, Allemagne, République tchèque, Autriche, Hongrie, Croatie, Bosnie et Danemark) ce sont les bonnets D qui dominent..

Contrairement à une croyance répandue, la taille des seins n'a pas d'influence directe sur la capacité d'allaitementJoseph Josy Lévy, Claude Crépault, La Sexualité humaine : Fondements bioculturels, PUQ, 1978, , 128 pages, ..

Forme et soutien thumb|Une asymétrie des seins : le sein droit présentant une légère ptôse. La forme générale du sein féminin est variable, le plus souvent conique arrondi. Ils peuvent être pointus, en forme « de poires » ou arrondis comme des « oranges ». Pourtant, leur aspect extérieur ne prédit pas de leur anatomie interne ou de leur potentiel d'allaitement. La forme des seins d'une femme dépend en grande partie de leur soutien, qui provient principalement des ligaments de Cooper, et la poitrine sous-jacente sur lesquels ils reposent. Le sein est rattaché à la base de la paroi thoracique par une aponévrose épaisse sur les muscles pectoraux. Sur sa face supérieure, un peu de soutien lui est donné par la peau qui continue sur la partie supérieure du thorax. C'est cet appui qui détermine la forme des seins. Chez un petit nombre de femmes, les sinus frontaux lactifères (ou « ampoules ») dans les seins ne sont pas alignés avec le tissu mammaire environnant, ce qui provoque un gonflement visible à l'extérieur de la zone des sinus.

Les seins peuvent être arrondis et hauts, saillant presque horizontalement à partir de la paroi thoracique, et de façon systématique en début de développement pubertaire. Cette forme est ensuite fréquente chez les filles et les jeunes femmes. Les seins « portés hauts » ou proéminents sont ancrés sur la base de la poitrine, et leur poids est uniformément réparti sur la zone se trouvant à la base du dôme mammaire ou de la forme conique des seins. Les seins « portés bas » ont une partie de leur poids soutenue par le thorax contre laquelle la partie inférieure du sein repose sur sa surface, et par un profond ancrage de sa base. Le poids est donc distribué sur une plus grande surface, ce qui a pour effet de réduire la tension. Chez les hommes et les femmes, la cage thoracique descend en pente douce, progressivement vers l'extérieur de l'entrée du thorax (en haut du sternum), jusqu'aux plus basses côtes qui marquent sa limite inférieure, ce qui permet le soutien des seins.

La différence de volume entre les deux seins d'une femme, appelée asymétrie, est courante et ne présente pas de caractère d'inquiétude tant qu'elle n'est pas évolutive visuellement ou à la palpation.

Il peut même se produire que cette asymétrie s'observe chez la jeune fille dès la puberté au moment de la formation et du développement externe des seins.

Physiologie Allaitement

Après la naissance et avec les tétées du bébé, sous l'impulsion de l'hormone de la lactation, la prolactine, le débit sanguin est augmenté en priorité dans la zone du sein. L’augmentation de pression dans ces capillaires permet le passage, de la paroi des capillaires vers les cellules de l’acinus, de tous les éléments nécessaires à la fabrication du lait. Chaque cellule traite cette matière première. Une partie des composants du lait résulte directement de la filtration du sang, l’autre est synthétisée par les cellules de l’acinus. Le lait est ainsi sécrété goutte à goutte dans la lumière de l’acinus. Sous l’effet de la succion du sein par le bébé et sous l'effet de l'ocytocine les cellules myoépithéliales, qui sont des fibres musculaires microscopiques enveloppant l'acinus, sont mises en action et se contractent, pressant l’acinus pour le vider. Les gouttes de lait sécrétées sont maintenant expulsées vers le canal galactophore. L'ocytocine provoque la contraction des fibres musculaires tout au long des canaux galactophores qui pulsent le lait vers la sortie par un mouvement péristaltique. C'est le réflexe d'éjection.

Endocrinologie

Le sein est sensible à de nombreuses hormones : œstrogène, progestérone, androgène, prolactine, hormone de croissance, somatomammotrophine chorionique humaine, cortisolPhysiologie et endocrinologie du sein MC Laurent, CHRU Rennes..

La prolactine, sécrétée par l'hypophyse est négativement régulée par la dopamine.. La succion du sein par un bébé allaité envoie un message au cerveau qui cesse alors de sécréter cette dopamine, permettant la production de prolactine.. Dans l'histoire des mammifères et de l'évolution Les mammifères ont d'une paire (notamment chez les primates) à douze paires de mamelles (chez les mammifères insectivores comme le tenrec de Madagascar)..