L’Île Rouge est un ferry appartenant à la compagnie suédoise Stena Line et affrété par la compagnie canadienne Marine Atlantique. Construit de 1999 à 2002 par les chantiers Howaldtswerke-Deutsche Werft (HDW) de Kiel sous le nom de Superfast X, il était à l'origine affecté aux lignes de la compagnie grecque Superfast Ferries en Europe du Nord. Vendu en 2007 à la SNCM, il était initialement prévu pour naviguer sur les lignes entre Marseille et la Corse sous le nom de Jean Nicoli mais ne sera jamais exploité par la compagnie française. Revendu en 2008 à la compagnie SeaFrance, il est rebaptisé SeaFrance Molière et navigue jusqu'en 2011 sur les lignes entre la France et le Royaume-Uni. Racheté l'année suivante par l'armateur LD Lines, il est affrété par la compagnie danoise DFDS Seaways qui l'emploie sur les mêmes lignes sous le nom de Dieppe Seaways. Vendu à la compagnie suédoise Stena Line en 2014, il intègre la flotte de l'armateur l'année suivante et prend le nom de Stena Superfast X pour assurer les lignes entre le Royaume-Uni et l'Irlande. Affrété à partir de par la compagnie Corsica Linea, il est aligné comme cargo mixte au mois de juin sur les lignes entre Marseille et la Corse sous le nom de A Nepita. Restitué à Stena Line en janvier 2026 au terme de son affrètement, il est affrété par Marine Atlantique et rebaptisé Île Rouge et rejoindra prochainement la flotte de l'armateur canadien.
Histoire Origines et construction Depuis la fin des années 1990, la compagnie grecque Superfast Ferries révolutionne la desserte maritime entre la Grèce et l'Italie à l'aide de sa flotte de navires rapides de dernière génération. Leur succès incite alors la maison mère, le groupe Attica, à implanter les activités de sa marque sur de nouveaux marchés. Dans l'optique d'ouvrir des lignes en mer du Nord entre l'Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni et la Finlande, Superfast lance alors la construction de quatre navires jumeaux aux chantiers allemands Howaldtswerke-Deutsche Werft..
La conception des futures unités est directement basée sur celle de deux autres navires de Superfast prévus pour les lignes de la Méditerranée. Ils ont en effet les mêmes dimensions de 203 mètres de long pour 25 mètres de large ainsi que le même appareil propulsif leur permettant d'atteindre des vitesses de 28 nœuds. Leur apparence, bien que similaire, diffère cependant des autres navires de la flotte, de même que la capacité passagère qui est drastiquement réduite par rapport à la flotte méditerranéenne, ils sont également équipés d'une coque brise-glace. La disposition des aménagements intérieurs est pour sa part identique et de qualité semblable, à l'exception de la piscine extérieure, absente.
Le quatrième navire de la série, baptisé Superfast X, est mis sur cale à Kiel le et lancé le . Après finitions, il est livré à Superfast le et baptisé ce même jour en présence de sa marraine, Patricia Lederer, épouse du directeur de projet des navires..
Service Superfast (2002-2007) Le Superfast X commence son exploitation commerciale le entre l'Allemagne et la Finlande. Après un bref retour aux chantiers qui l'ont vu naître durant le mois d'avril, il est affecté entre la Belgique et le Royaume-Uni.
En , au cours d'un arrêt technique effectué aux chantiers norvégiens Fosen Mekaniske Verkstederdes, le navire se voit ajouter quelques cabines supplémentaires.
En , Superfast Ferries décide d'interrompre ses activités en Europe du Nord. Tandis que ses trois sister-ships ainsi que le fonds de commerce sont cédés au groupe estonien Tallink pour 310 millions d'euros, le Superfast X est conservé dans un premier temps par Superfast avant d'être vendu à son tour le à la société Véolia Transport pour la somme de 112 millions d'euros afin d'intégrer la flotte de la SNCM.
SNCM (2007-2008) Le , l’acte officiel de vente entre le président du groupe Attica et les dirigeants de Veolia Transports est signé. Le Superfast X est rebaptisé Jean Nicoli, du nom d'un résistant corse assassiné le 30 août 1943 par l'OVRA. Dans une volonté de renouer avec l'ancienne tradition au sein de la SNCM de baptiser les cargos d'après des montagnes corses, il a un temps été envisagé de nommer le navire Monte San Petrone, nom d'une montagne située en Haute-Corse, mais l'idée ne sera finalement pas retenue. Enregistré sous pavillon français et immatriculé à Ajaccio, le Jean Nicoli est affrété par la SNCMSNCM, De la Corse au Maghreb, A. Lepigeon (2016).
Après un arrêt technique à Anvers le nouveau cargo de la SNCM quitte la Belgique le 1 mars à 10h00 à destination du Havre. Il quitte ensuite ce port le à 12h00 pour Santander en Espagne avec un chargement de véhicules Renault neufs. Après son déchargement, il fait route vers Vigo où il mouille en rade du au avant de faire route vers Southampton. Le Jean Nicoli effectuera un dernier convoyage de véhicules neufs entre Le Havre et Santander, entre le 26 et le .
Malgré l'acquisition du navire, celui-ci se retrouve cependant sans affectation au sein de la compagnie. Son entrée dans la flotte est en effet due à un contexte particulier, en , La Méridionale avait décidé de rompre le partenariat effectif sur les lignes de la délégation de service public avec la SNCM, forçant de ce fait la direction de cette dernière à trouver une solution pour pouvoir pallier le manque des trois cargos mixtes de son partenaire et ainsi proposer une réponse globale à l'appel d'offres pour le renouvellement de cette DSP pour la période 2007-2013. La situation semblant bloquée à ce moment-là, la SNCM s'était alors mise en quête d'un cargo mixte supplémentaire sur le marché de l'occasion, mais dans les temps ayant suivi l'achat de celui-ci, les relations avec La Méridionale ont finalement évolué positivement et les deux sociétés ont décidé de poursuivre leur partenariat et de proposer une réponse commune au prochain appel d'offres. En raison de ce revirement de situation, le Jean Nicoli apparaît donc en surnombre.
Ainsi, durant l'année 2007, la SNCM s'emploie à trouver une autre utilité à ce navire. Du 5 au , il est affrété par la Compagnie tunisienne de navigation et navigue entre Gênes et Tunis. À la fin de cet affrètement, le Jean Nicoli se rend à La Seyne-sur-Mer où il reste jusqu’au , avec un passage dans le port de commerce de Toulon les 4 et . Durant cette période, des travaux sont effectués au niveau de la porte rampe avant, dans la salle des machines, et des retouches de peinture sont réalisées.
Le en fin d'après-midi, le navire quitte Toulon pour Marseille, où il accoste au poste 115. Il est alors employé du 6 au en remplacement du ferry Île de Beauté victime d'une avarie et effectue dans ce cadre six rotations sur l'Algérie depuis Marseille.
Le , il est affrété par la compagnie grecque ANEK Lines pour une durée de trois mois. le navire quitte Marseille à 11h30 à destination de Patras. Il arrive en Grèce le . Le Jean Nicoli est alors affecté entre la Grèce et l'Italie en remplacement du ferry Lefka Ori. Le , le navire, en provenance de Patras et repeint aux couleurs SNCM, accoste à 13h50 au poste 7 du port de Marseille.
Le , le Jean Nicoli est vendu à un consortium financier, dénommé Poquelin, mené par une filiale du Crédit agricole pour la compagnie SeaFrance.
SeaFrance (2008-2012)
Le , le navire devient officiellement le SeaFrance Molière. Le 1 avril, un équipage SeaFrance prend possession du navire. Il appareille le en début d’après-midi à destination de Dunkerque et les chantiers navals ARNO afin d’y subir des transformations en vue de sa mise en service sur le trafic transmanche, notamment l'adaptation de ses rampes aux infrastructures portuaires. Le nombre des cabines sur le pont 8 est également réduit en raison de la brièveté de la ligne exploitée, l'espace libéré est comblé par de nouvelles installations.
Le navire entre pour la première fois dans le port de Calais le et est mis en service entre la France et le Royaume-Uni dans la foulée, dans un premier temps en transportant uniquement du fret, puis des passagers à partir du 1 octobre.
Le , le SeaFrance Molière heurte violemment le quai à Calais, occasionnant des dégâts mineurs conduisant à son immobilisation durant quelques jours aux chantiers ARNO pour réparations.
Le , l'exploitation du navire est interrompue en raison des difficultés financières de SeaFrance. Désarmé dans un premier temps à Calais, il sera déplacé à Dunkerque le .
En juillet, il est racheté par la société Scapino Shipping et prend le nom de Molière sous pavillon maltais.
DFDS Seaways (2012-2014)
À partir du , le Molière est affrété par la compagnie danoise DFDS Seaways. Renommé Dieppe Seaways, il retourne desservir les lignes entre la France et le Royaume-Uni sous pavillon français, exploité conjointement par DFDS et l'armateur français LD Lines.
Le , le navire est victime d'un incendie dû à la surchauffe d'une chaudière dans la salle des machines alors qu'il se trouve au large de Douvres. Les 316 passagers sont alors débarqués en toute sécurité à l'arrivée du navire. Sept membres d'équipage et trois pompiers seront cependant blessés en combattant l'incendie qui sera éteint quelques instants plus tard..
Le navire est vendu ce même mois à la compagnie suédoise Stena Line, mais reste exploité par DFDS jusqu’au .
Stena Line (2014-2020)
Transformé à Gdynia en Pologne entre et , le navire est rebaptisé Stena Superfast X. Au cours des travaux, sa capacité passagère est augmentée et ses rampes d'accès modifiées. Le navire entre en service entre le Royaume-Uni et l'Irlande le .
En , un contrat est signé entre Stena Line et la compagnie corse Corsica Linea pour l'affrètement du Stena Superfast X pour une durée de cinq ans en raison de l'arrivée imminente du nouveau Stena Edda prévu pour le remplacer..
Le navire réalise sa dernière rotation entre Dublin et Holyhead le . Il navigue ensuite quelques jours entre Cairnyan et Belfast puis quitte l'Irlande du Nord le vers 18h pour rejoindre la Grèce afin d'être mis aux standards de Corsica Linea.
Corsica Linea (2020-2026) Arrivé à Perama le , le navire subit quelques transformations afin d'être adapté à sa future affectation. Il est notamment reconverti en ferry de nuit avec le réaménagement d'une centaine de nouvelles cabines sur le pont 8 et se voit aussi équipé de dispositifs d'épuration des fumées, communément appelés scrubbers, au niveau de sa cheminée.. Le navire est également repeint avec la livrée rouge de Corsica Linea lors d'un passage en cale sèche du au .
Les travaux achevés, le Stena Superfast X quitte la Grèce le pour rejoindre Marseille. Arrivé à destination le dans la matinée, il effectue ses essais en mer au large de la cité phocéenne avant de s'amarrer au Cap Janet dans l'après-midi. Le lendemain, il est francisé et rebaptisé A Nepita, en référence à une plante endémique corse similaire à la marjolaine et couramment utilisée dans la cuisine locale.
Affrété à l'origine pour renforcer les liaisons avec l'Algérie, A Nepita devait se substituer au Vizzavona, transféré en sur les lignes de la délégation de service public entre Marseille et la Corse. Il était ainsi prévu que le navire assure deux traversées par semaine vers Alger et une vers Béjaïa dès le mois de juillet. Toutefois, au cours de l'année 2020, l'Europe est durement touchée par la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, entraînant la mise en place de restrictions concernant le transport des passagers, plus particulièrement hors de l'espace Schengen. Devant l'incertitude quant à la réouverture des lignes régulières avec l'Afrique du Nord et les possibles restrictions encadrant le trafic, Corsica Linea décide finalement d'affecter A Nepita sur des traversées supplémentaires à destination de la Corse..