En grammaire française, et plus précisément, d'un point de vue syntaxique, l'adverbe peut remplir un certain nombre de fonctions (pour ce qui concerne sa morphologie, consulter Morphologie de l'adverbe).
Fonction de l'adverbe
La fonction habituelle de l'adverbe est de compléter (ou modifier, ou préciser) le sens d'un mot ou d'un syntagme (le plus souvent, un verbe, un adjectif ou un autre adverbe).
Cas général
Comme son nom l'indique, l'adverbe a tout d'abord pour fonction de compléter un verbe :
Tu parles . L'adverbe « trop » complète le verbe « parles » (ou encore : complément circonstanciel de quantité du verbe « parles »)
Il peut également compléter un adjectif, ou encore, un autre adverbe :Je suis fatigué pour sortir. L'adverbe « trop » complète l'adjectif qualificatif « fatigué ».
Je marche lentement. L'adverbe « trop » complète l'adverbe « lentement ».
Dans certains cas, on pourrait presque dire que l'adverbe modifie un groupe nominal complément circonstanciel :Il travaille . / Il travaille . L'adverbe « sérieusement » est CC de manière du verbe « travaille ». L'adverbe de quantité « tout à fait » (locution adverbiale) modifie l'adverbe « sérieusement ».
Il travaille . Il travaille .
Le groupe prépositionnel « avec sérieux » est CC de manière du verbe « travaille », tout comme l'adverbe « sérieusement » dans l'exemple précédent. L'adverbe de quantité « tout à fait » (locution adverbiale) modifie le groupe nominal « avec sérieux ». Une autre analyse consiste à dire que l'adverbe « tout à fait » et la préposition « avec » forment une combinaison (cf. ci-après).
Adverbe et mot de liaison
Il arrive que l'adverbe complète un mot-outil (une préposition, une conjonction, etc.) : avant la nuit. Aujourd'hui, ou demain. sur la place.
L'adverbe « bien » renforce la préposition « avant ». L'adverbe « même » renforce la conjonction de coordination « ou ». L'adverbe « presque » renforce la préposition « sur ».
Il faudra soigneusement éviter dans ce cas, de parler de « syntagme prépositionnel » (Voir à ce propos).
Souvent, l'adverbe se combine avec la conjonction de subordination « que », pour former une locution conjonctive de subordination discontinue (on parle dans ce cas de corrélation) :
Il a travaillé il est épuisé.
Adverbe explétif
Certains adverbes sont dits explétifs, c'est-à-dire qu'ils ne modifient pas le contenu du message, et qu'ils ne servent qu'à atténuer ou renforcer l'expression :
Voulez-vous vous taire ! Prenez une chaise. Qu'est-ce que tu me dis ? Je crains qu'il pleuve demain. Regarde ce que j'ai fait !
Place de l'adverbe
La place de l'adverbe peut varier en fonction du type d'adverbe, du noyau dont il dépend, de sa longueur (les adverbes longs sont plus mobiles que les adverbes courts).
Place de l'adverbe complétant un verbe
Lorsqu'il est le satellite d'un verbe, l'adverbe se place normalement après ce verbe, ou, en cas de temps composé, après l'auxiliaire et avant le participe passé : Je mange . J'ai mangé.
Cependant, si l'adverbe est long, on préfère le placer après le verbe, même s'il s'agit d'un temps composé : Je mange . J'ai mangé / Je mange . J'ai mangé .
Comme tout complément circonstanciel, l'adverbe modifiant le verbe est déplaçable. Dans l'exemple suivant, si l'on veut attirer l'attention sur la lenteur de la promenade, on placera l'adverbe en tête ou à la fin de la phrase.Il se promène autour du lac. , il se promène autour du lac.Il se promène autour du lac, .
Dans certains cas, le renvoi de l'adverbe en tête de phrase le détache nettement du verbe, surtout si l'adverbe est suivi d'une pause (à l'oral), d'une virgule (à l'écrit). L'adverbe peut alors modifier non seulement le verbe mais l'ensemble de la phrase. La porte grinça . L'adverbe modifie le verbe., la porte grinça. L'adverbe modifie la phrase entière.
Une locution adverbiale discontinue, c'est-à-dire, pouvant être interrompue par un autre mot (« ne pas », par exemple), encadre généralement le verbe, ou, en cas de temps composé, l'auxiliaire : Je mange . Je ai mangé.
Lorsque le verbe est à l'infinitif, la locution redevient continue et se place avant le verbe : manger. avoir mangé.
Dans ce cas, il peut y avoir concurrence de place avec les pronoms personnels compléments conjoints : Pour le passer / Pour le passer. (Pour passer le Rhône - Chanson populaire)
Si le verbe est au participe, présent ou passé, voir ci-après.
Place de l'adverbe complétant un adjectif, un participe ou autre adverbe
Les adverbes qui complètent un adjectif qualificatif sont surtout des adverbes exprimant la quantité ou l'intensité.
Habituellement, l'adverbe satellite d'un adjectif, d'un participe ou d'autre adverbe, se place avant son noyau : Un paysage beau. / Une personne fatiguée. / Il m'a accueilli gentiment.
Mais il existe plusieurs cas particuliers qui dépendent, d'une part de l'adverbe en question, d'autre part du choix du locuteur (il s'agit alors d'un procédé de mise en valeur ou figure de style) : Il m'a répondu agressivement. / Il m'a répondu agressivement. / Il m'a répondu agressivement, . Elle est parfumée. / Elle est parfumée, .
Les adverbes interrogatifs et exclamatifs se placent normalement au début de la phrase (ou de la proposition) qu'ils introduisent : viendras-tu ? tu es belle ! Je me demande ça coûte.
Adverbe ayant valeur de nom ou d'adjectif
Souvent l'adverbe est employé avec une valeur adjectivale. Dans ce cas, il devient satellite d'un nom ou d'un pronom, dont il est épithète ou attribut, tout en restant invariable :
Des gens . Des personnes . La page .
On notera qu'inversement, un adjectif peut être employé comme adverbe. Selon le cas et selon le sens, il peut ou non s'accorder : Cette soupe est servie . Des fleurs qui sentent . Dire sa pensée tout .
De même, l'adverbe peut à l'occasion être nominalisé :
est un autre jour. , c'est trop !
Satellites du groupe adverbial
Habituellement, seul un adverbe peut compléter un autre adverbe. Un adverbe ne peut donc avoir comme satellites, que d'autres adverbes : Il m'a parlé gentiment. Dans le syntagme adverbial « très gentiment », l'adverbe « très » complète l'adverbe noyau « gentiment ».
Parfois cependant, un syntagme nominal peut être le satellite d'un adverbe :
Parallèlement , il a appris le sanscrit.
Dans le syntagme adverbial « parallèlement à cette étude », le syntagme satellite « à cette étude » est complément de l'adverbe noyau « parallèlement ». Contrairement , il n'est pas venu. Conformément …
De même, une proposition subordonnée peut être satellite d'un adverbe :
Il est trop poli .
Dans le syntagme adverbial « trop [...] pour être honnête », le syntagme infinitif « pour être honnête » est complément de l'adverbe noyau « trop ». Il est plus courageux .
Dans le syntagme adverbial « plus [...] que je n'aurais cru », le syntagme verbal « que je n'aurais cru » (proposition subordonnée conjonctive) est complément de l'adverbe noyau « plus ».
Comparatif
Un comparatif est un adverbe (ou plus exactement une locution adverbiale) permettant d'exprimer une comparaison entre deux termes.
Il existe trois types de comparatifs.
- Lorsque le premier terme est supérieur au second, on a affaire à un comparatif de supériorité (généralement « plus… que ») : Pierre est grand Paul.
- Lorsque le premier terme est inférieur au second, on a affaire à un comparatif d'infériorité (généralement « moins… que ») : Pierre est grand Paul.
- Lorsque le premier terme est égal au second, on a affaire à un comparatif d'égalité (généralement « aussi… que ») : Pierre est grand Paul.
Le mot « que », servant à introduire le deuxième terme, est en réalité la conjonction de subordination annonçant une proposition subordonnée (conjonctive circonstancielle corrélative), généralement sous-entendue. Notre premier exemple peut donc être analysé comme une ellipse de : Pierre est grand Paul est grand.
On notera en outre que le deuxième terme de la comparaison (introduit par « que ») peut être totalement sous-entendu. C'est ainsi que notre premier exemple pourra être simplifié en :
Pierre est grand.
L'adverbe comparatif peut se rapporter à un verbe, à un adjectif (le plus souvent, un adjectif qualificatif) ou encore, à un autre adverbe. Lorsqu'il s'agit d'un adjectif ou d'un autre adverbe, la locution comparative encadre cet adjectif ou cet adverbe : Travailler […]. prudent […]. prudemment […].
Comparatif se rapportant à un adjectif
On notera au préalable que certains adjectifs se contractent (on parle de comparatifs synthétiques) avec le comparatif de supériorité « plus ». Il s'agit principalement des adjectifs « bon » (plus + bon = « meilleur »), « mauvais » (plus + mauvais = « pire ») et « petit » (plus + petit = « moindre »).
La comparaison peut porter sur divers éléments.
- Sur l'adjectif encadré par le comparatif :
Ta voiture est aussi que .
- Sur le nom (ou le pronom) auquel se rapporte cet adjectif : est aussi rapide que .
- Sur les deux éléments :
est aussi que est .
- Sur d'autres éléments tels que complément circonstanciel (ou adverbe) de temps, de lieu, etc. Dans ce dernier cas, on remarquera que l'un des éléments peut être sous-entendu : , le ciel est aussi bleu qu'. , le ciel est aussi bleu.Le ciel est aussi bleu qu'.
Comparatif se rapportant à un adverbe
On notera au préalable que certains adverbes se contractent (ici encore, on parle de comparatifs synthétiques) avec le comparatif de supériorité « plus ». Il s'agit principalement des adverbes « bien » (plus + bien = « mieux ») et « mal » (plus + mal = « pis » ; mais on dit plus souvent « plus mal », plutôt que « pis »).
La comparaison peut porter sur divers éléments.
- Sur l'adverbe encadré par le comparatif : Il travaille aussi que .
- Sur le sujet du verbe auquel se rapporte cet adverbe : travaille aussi rapidement que .
- Sur les deux éléments : travaille aussi que travaille .
- Sur d'autres éléments tels que complément circonstanciel (ou adverbe) de temps, de lieu, etc. Dans ce dernier cas, on remarquera que l'un des éléments peut être sous-entendu : , il travaille aussi rapidement qu'. , il travaille aussi rapidement. Il travaille aussi rapidement qu'.
Comparatif se rapportant à un verbe
Il convient au préalable de noter deux particularités. D'abord, la locution comparative n'encadre pas le verbe, mais suit celui-ci. Ensuite, en ce qui concerne le comparatif d'égalité, la locution employée n'est plus « aussi… que » mais « autant… que ».
La comparaison peut porter sur divers éléments.
- Sur le verbe auquel se rapporte le comparatif : Christophe autant que ce qu'il .
- Sur le sujet de ce verbe : dépense autant que .
- Sur les deux éléments : autant que ce que .
- Sur d'autres éléments tels que complément circonstanciel (ou adverbe) de temps, de lieu, etc. Dans ce dernier cas, on remarquera que l'un des éléments peut être sous-entendu : Christophe dépense plus que . Christophe dépense plus .Christophe dépense plus que .
Superlatif
Un superlatif est un adverbe de quantité (« très », « extrêmement », « le plus », « le moins »…) pouvant modifier un adjectif, un verbe ou un autre adverbe, qui souligne l'importance de la qualité exprimée par cet adjectif, ce verbe ou cet adverbe. Il peut être relatif ou absolu.
Superlatif relatif (de supériorité ou d'infériorité)
Le superlatif relatif peut être superlatif de supériorité (« le plus ») ou superlatif d'infériorité (« le moins »). Il s'apparente aux comparatifs de supériorité ou d'infériorité. Cependant, il compare, non pas deux éléments, mais un élément aux autres éléments d'un même ensemble :
C'est le de mes élèves. C'est mon élève. C'est le .
Le deuxième élément de la comparaison (introduit pas la préposition « de ») peut être présent ou sous-entendu : Le guépard est l'animal rapide de la savane. Le guépard est rapide. Il court rapidement.
Superlatif absolu