Wrocław ( ), parfois francisé Vratislavie (en silésien allemand : Prassel ou Brassel, , Prononciation en allemand standard retranscrite selon la norme API. ), est la troisième plus grande ville de Pologne après Varsovie et Cracovie par sa population (), la cinquième par sa superficie (), et l'une des plus anciennement fondées (vers le ). Aujourd’hui chef-lieu de la voïvodie de Basse-Silésie, elle est desservie par l’aéroport de Wrocław-Nicolas-Copernic, le cinquième du pays en nombre de passagers.
Située au sud-ouest de la Pologne, au sud des « monts des Chats » (en et Wzgórza Trzebnickie) et au nord des Sudètes, la ville est traversée par le fleuve Oder (en ), qui se divise ici en plusieurs bras, et quatre de ses affluents : la Bystrzyca, l’Oława, la Ślęza et la . Elle se situe à 140 km de l'Allemagne et à 70 km de la Tchéquie.
Au cours de son histoire millénaire, Wrocław, après avoir appartenu au royaume médiéval polonais des Piast, a fait partie du royaume de Bohême au sein du Saint-Empire romain germanique. Plus tard, la ville appartient successivement à la monarchie de Habsbourg puis, après les guerres de Silésie entre 1740 et 1763, à la Prusse des Hohenzollern qui intègre en 1871 l'Empire allemand. Au , la ville devient un des centres industriels les plus importants de la Prusse et connaît une forte croissance démographique.
En 1945, après la Seconde Guerre mondiale, Wrocław est placée sous administration polonaise conformément aux accords de Potsdam. La population de la ville, auparavant germanophone, est expulsée en 1948 et la ville, désormais polonaise, est repeuplée par des Polonais venus du centre ou de l'est de la Pologne dont les régions orientales ont été annexées à l'URSS. Le panorama de Racławice, notamment, auparavant exposé à Lwów, a été transféré dans la ville en 1947.
Wrocław, capitale européenne de la culture en 2016., après avoir été hôte de l'Euro 2012 de football, et intégré le réseau des Villes créatives de l'Unesco en 2016, accueille aussi les Prix du cinéma européen 2016 et les Jeux mondiaux en 2017.
Histoire
Appartenances historiques 1241-1335 1335-1742 (principauté de Breslau) 1742-1815 (province de Silésie) 1815–1918 1871-1918 1918–1933 1933–1945 1945–présent
Antiquité La région de Silésie, dans laquelle se trouve Breslau, a été mentionnée pour la première fois par Tacite vers l'an 98 et par Ptolémée vers 150 dans son ouvrage sur Germania magna.
Au et au début du siècle, la tribu germanique Silinger s'est installée à proximité de ce qui est devenu plus tard Breslau.
Moyen Âge Le nom Wortizlawa ou Wratislawa, noté en latin Vratislavia, a été mentionné pour la première fois vers l'an 900 et désignait un bourg slave. Il était situé sur une île à proximité de trois affluents de l'Oder.
En 990, le duc polonais Piast Mieszko I a conquis Wrocław et toute la Silésie. En l'an 1000, son fils Bolesław le Brave établit l'évêché de Breslau (Acte de Gniezno). Breslau a été détruit lors des attaques mongoles en 1241, mais a été reconstruit au cours des 20 années suivantes par les colons allemands. En 1261, Breslau a reçu les droits de la ville de Magdebourg. Breslau suivit le sort de la région qui passa de la Pologne à la couronne de Bohême (dans le Saint-Empire romain germanique) en 1335, puis avec elle en 1526 à l'Autriche.
Temps Modernes Conquise par la Prusse par le traité de Teschen, confirmé par ceux de Breslau (1742) et d'Aix-la-Chapelle (1748) pendant la guerre de Succession d'Autriche, la Silésie fut le théâtre de la guerre de Sept Ans et resta au traité d'Hubertsbourg (1763) à la Prusse qui la re-colonisa en approfondissant la germanisation, déjà avancée, des campagnes alors que les villes l'avaient été depuis le Moyen Âge.
Époque Contemporaine Comme le reste du royaume de Prusse, Breslau fit partie de l'Empire allemand formé en 1871.
La ville vécut un grand essor économique dû à sa situation dans une plaine fertile, et au développement du bassin industriel de la Silésie. Entre 1870 et 1914, elle possédait des scieries et des huileries, devint un centre important de la fabrication de machines, matériel de chemins de fer, pianos, tabac, orfèvrerie, rubans et chapeaux, et du commerce de métaux bruts et ouvrés, charbon, bois, tissus (foire aux laines), lin, céréales, bestiaux. Après la Première Guerre mondiale, Breslau subit les conséquences économiques importantes de la perte par l'Allemagne de la Posnanie et de la majeure partie de la Haute-Silésie, débouchés et sources d'approvisionnement naturels pour ses activités de transformation. Les annexions des villages limitrophes lui permirent d'augmenter sa superficie qui passa de . Les autorités, par une audacieuse politique d'urbanisme, réussirent le rattrapage du retard pris par rapport aux autres villes allemandes de cette taille. On construisit des nouveaux quartiers périphériques où le standing des logements répondait aux exigences modernes, on créa des parcs et jardins afin d'aérer la ville et d'améliorer les conditions de vie et l'équipement d'une population en croissance. À la fin des années 1920, Breslau dépassait pour atteindre en 1939. En 1933, l'un des premiers camps nazis est implanté à proximité : le camp de concentration de Breslau-Dürrgoy.
L'Armée rouge met le siège devant la ville à partir du , jusqu'à la reddition de la garnison allemande le .
En 1945, par les accords de Potsdam (signés par les États-Unis, l'URSS et le Royaume-Uni), la région fut rattachée à la Pologne, et presque la totalité des habitants allemands furent expulsés, remplacés par les Polonais dont une partie venait des territoires perdus par la Pologne à l'est de la ligne Curzon, au profit de l'URSS.
Du 25 au se tint à Wrocław un congrès mondial des intellectuels pour la paix. Il constituait dans cette ville, symbole de la victoire sur l'Allemagne nazie, l'acte fondateur du Conseil mondial de la paix.
Démographie La démographie de Wrocław est la suivante : Évolution démographique 1800 1831 1850 1880 1900 1925 1939 1946 1956 1970 1999 2005 20092019
Édifices et lieux remarquables Halle du Centenaire
Place du Marché (Rynek) Marché couvert de Wrocław L'ancien Hôtel de ville et le nouvel hôtel de ville. Ostrów Tumski (de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste) Église Sainte-Élisabeth de Wrocław Église Saint-Adalbert de Wrocław Église de la Madeleine (Wrocław) Église Sainte-Marie-sur-le-Sable, gothique Église du Saint-Nom-de-Jésus, baroque Église Saint-Vincent, gothique () Aula Leopoldina à l'université de Wrocław Ossolineum (ancien collège Saint-Matthias) Panorama Racławicka Jardin zoologique
Le Train vers le paradis (The Train to Heaven) Pont Tiergarten Maison Oppenheim
Personnages célèbres de la ville Piotr Włostowic (1080-1153) - voïévode polonais. (1477-1520) Laurent Corvin (1470-1527) - humaniste, poète latiniste, pédagogue, géographe Angelus Silesius (Johannes Scheffler) (1624-1677) - poète religieux allemand Daniel Speer (1636-1707) Christian Wolff (1679-1754) - philosophe Sylvius Leopold Weiss (1687-1750) - compositeur, luthiste et théorbiste Ernst Gottlieb Baron (1696-1760) compositeur et luthiste Johann Friedrich Ferdinand Fleck (1757-1801) - tragédien Friedrich Schleiermacher (1768-1834) - théologien et philosophe (1780-1842), juriste et homme politique, maire de la ville de Breslau Henri-Auguste Birnbach (1782-1840) - musicien, et compositeur ayant composé un concerto pour arpeggione et orchestre Carl Ferdinand Langhans (1782-1869) - architecte Auguste de Hohenlohe-Öhringen (1784-1853) - prince de la maison de Hohenlohe Melchior Ferdinand Joseph von Diepenbrock (1798-1853), cardinal, prince-évêque de Breslau Johann Anton Theiner (1799-1860), théologien catholique allemand August Borsig (1804-1854) - entrepreneur (matériel ferroviaire) Carl Friedrich Lessing (1808-1880) - artiste Heinrich Neumann (1814-1884) - psychiatre légal Adolph von Menzel (1815-1915) - artiste Adolf Anderssen (1818-1879) - joueur d'échecs Gustav Kirchhoff (1824-1887) - physicien, il enseigne à l'université de 1850 à 1854 Louis Prang (1824-1909), lithographe et éditeur Ferdinand Lassalle (1825-1864) - homme politique allemand, théoricien du socialisme Ferdinand Julius Cohn (1828-1898) - bactériologiste allemand, fondateur de cette discipline Robert Eitner (1832-1905) - musicologue et bibliographe Julius von Sachs (1832-1897) - botaniste Jacob Caro (1835-1904) - historien, auteur de l'Histoire de la Pologne Richard Foerster (1843-1922), philologue, archéologue, historien de l'art, professeur d'université Max Salzmann (1850-1897) – architecte, concepteur de la rénovation de la cathédrale de Brême (1851-1925) - géographe, auteur de Central Europe paru en 1903 à Londres Moritz Moszkowski (1854-1925) - pianiste compositeur Cuno von Uechtritz-Steinkirch (1856-1908), sculpteur Ruth Bré (1862-1911), écrivaine et féministe Siegbert Tarrasch (1862-1934) - champion d'échecs Hermann Gröhler (1862-1958), philologue et spécialiste de l'onomastique Aloïs Alzheimer (1864-1915) - découvreur de la maladie d'Alzheimer Charles Proteus Steinmetz - mathématicien et ingénieur en électricité Alfred Kerr (1867-1948) - critique de théâtre et essayiste Felix Hausdorff (1868-1942) - mathématicien Max Berg (1870-1947) - architecte, concepteur du Hall du centenaire August Weberbauer (1871-1948) - botaniste Friedrich Fedde (1873-1942) - botaniste (1873-1941) - neurochirurgien Anna von Gierke (1874-1943), femme politique et réformatrice sociale Ernst Cassirer (1874-1945) - philosophe Wolfgang Jaenicke (1881-1968) - homme politique et ambassadeur Otto Toeplitz (1881-1940) - mathématicien Ludwik Hirszfeld (1884-1954) - microbiologiste, co-découvreur de l'hérédité du groupe sanguin de type ABO Otto Klemperer (1885-1973) - chef d'orchestre Hugo Steinhaus (1887-1972) - mathématicien Josef Lenzel, (1890-1942) mort au camp de concentration de Dachau, prêtre catholique allemand. Edith Stein (1891-1942) - Carmélite et philosophe catholique allemande d'origine juive, déportée à Auschwitz et canonisée par Jean-Paul II Manfred von Richthofen (1892-1918) - as du pilotage lors de la Première Guerre mondiale : le « Baron rouge » Lothar von Richthofen, né le et mort le , frère du précédent, aviateur allemand et pilote de chasse de la Grande Guerre. Norbert Elias (1897-1990) - sociologue Anna Caspari (1900-1941) - marchande d'art juive allemande Günther Anders (1902-1992) - philosophe, essayiste, militant anti-nucléaire Herta Gotthelf (1902-1963), femme politique du Parti social-démocrate Katharina Staritz (1903-1953), théologienne, résistante au nazisme Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) - pasteur protestant, résistant contre le nazisme Karl Schiller (1911-1994) - homme politique, ministre fédéral Günter Holzmann (1912-2001) - résistant allemand au nazisme, et bienfaiteur du journal Le Monde diplomatique Werner Mölders (1913-1941) - aviateur allemand et pilote de chasse de la Seconde Guerre mondiale. Walther von Lüttwitz (1859-1942), général allemand de la Première Guerre mondiale Rudolf Meidner (1914-2005) - économiste suédois et théoricien socialiste Tadeusz Różewicz (1921-2014) - poète et dramaturge Walter Laqueur (1921-2018) - historien et éditorialiste politique israélien-américain Zbigniew Cybulski (1927-1967) - acteur Jerzy Grotowski (1933-1999) - directeur de théâtre et figure de proue du mouvement Avant-garde Joachim Meisner (1933-2017) - cardinal et archevêque de Cologne Marek Hłasko (1934-1969) - écrivain Hans-Ulrich Klose (1937-2023) - personnalité politique Helga Abret (1939-2013) - chercheuse, traductrice Christoph Eschenbach (1940- ) - pianiste et chef d'orchestre Sepp Piontek (1940- ) - joueur de football Mirosław Hermaszewski (1941- ) - spationaute polonais Wanda Rutkiewicz (1943-1992) - l'une des plus célèbres femmes alpinistes Lech Janerka (1953- ) - chanteur, musicien Teresa Orlowski (1953- ) - actrice pornographique