David Douillet, né le à Rouen en Seine-Maritime, est un judoka et homme politique français. Il est élu député dans la des Yvelines de à 2011 puis de 2012 à 2017. Il est également ministre des Sports de à .
Il est l'un des judokas français les plus titrés de l'histoire. Il a évolué dans la catégorie des « poids lourds » et dans celle des « toutes catégories », la plus massive en judoJusqu'en 1998, la catégorie des « poids lourds » est réservée aux plus de . Dès lors, seuls les plus de peuvent y combattre.. Son palmarès compte deux titres olympiques obtenus en 1996 à Atlanta et 2000 à Sydney. Il est aussi quadruple champion du monde et champion d'Europe en 1994.
Ses performances et son association avec l'opération caritative « Les Pièces Jaunes » en font une personnalité populaire pendant et après sa carrière ; il est à deux reprises la personnalité préférée des Français. Reconverti en homme d'affaires, puis en consultant sportif pour le groupe Canal+, il se rapproche progressivement du milieu politique. En 2009, il obtient de premières responsabilités au sein de l'UMP dont il intègre le bureau exécutif. Il affirme quitter la vie politique en . En , il est condamné pour déclaration de patrimoine incomplète, à six mois de prison avec sursis ainsi qu'à un an d’inéligibilité.
Carrière sportive
Débuts David Douillet commence le judo à l'âge de dans la commune de Neufchâtel-en-Bray (76) non loin de sa ville natale de Rouen. Disposant de qualités physiques exceptionnelles pour son âge ( et à ), il suit les cours de Jacques Lemaître qui lui apprend les rudiments du sport.
Grâce à ses performances et ses résultats scolaires, il intègre la section sport-études du lycée Île-de-FranceAujourd'hui Lycée Victor et Hélène Basch. à Rennes. En 1986, il est remarqué à l'occasion d'une démonstration par Jean-Luc Rougé — premier judoka français champion du monde — qui lui fait intégrer l'INSEP à Paris ; il a alors . , relate Rougé. Licencié à Maisons-Alfort et s'entraînant dans le Bois de Vincennes où siège l'INSEP, il côtoie les meilleurs judokas français. Ainsi, il rencontre son idole Fabien Canu, double champion du monde à la fin des années 1980.
Deux ans après, il réalise de premières bonnes performances au niveau national en devenant champion de France juniors. Toujours en 1988, il monte sur la troisième marche du podium des championnats de France seniors, dans la catégorie des poids lourds (plus de ) Profil de David Douillet, sur judoinside.com. Consulté le 14 octobre 2009.. De nouveau médaillé de bronze aux championnats de France en 1989, il obtient la même médaille quelques semaines auparavant lors des Championnats d'Europe juniors organisés à Athènes.
Premiers Jeux olympiques
En 1990, il dispute les Championnats d'Europe par équipes, une compétition que la France termine au second rang du classement général final. À la fin de l'année, il s'illustre lors de la prestigieuse Coupe Jigoro Kano tenue à Tokyo. Il y atteint la finale qu'il perd face au triple champion du monde japonais Naoya Ogawa. L'année suivante, en , il remporte son premier titre de champion de France seniors en s'imposant en finale face à Georges Mathonnet, un autre espoir du judo français de deux ans son aîné. En vertu de cette victoire, il est sélectionné pour les Championnats d'Europe 1991, son premier championnat individuel senior. À Prague, en République tchèque, il obtient la médaille de bronze ne concédant une défaite que face au Polonais Rafał Kubacki. Quelques semaines plus tard, à Nîmes, il enlève deux médailles d'argent aux Championnats du monde militaires en s'alignant à la fois dans les catégories poids lourds et open (toutes catégories).
Conservant son titre national en 1992, il dispute les Championnats d'Europe organisés à Paris. À un peu plus de deux mois des Jeux olympiques, le rendez-vous européen permet de déterminer les qualifications et sélections nationales. Bien qu'éliminé dès le deuxième tour, il valide sa participation en obtenant la médaille de bronze par le biais des repêchages. En juillet, les Jeux se déroulent à Barcelone en Espagne. Il y hérite d'un parcours relevé puisqu'il doit affronter l'Allemand Henry Stöhr (à l'époque vice-champion olympique) et le Japonais Naoya Ogawa (quadruple champion du monde). Ne réussissant pas à porter une attaque franche sur le Français, Stöhr est disqualifié pour non-combativité. Un mouvement de jambes du Japonais Ogawa lors du combat suivant met ippon Douillet qui ne peut plus prétendre à l'or olympique. Repêché, il est opposé au Cubain Franck Moreno Garcia lors du combat pour la médaille de bronze. Réalisant un mouvement de jambes quelques secondes avant la fin du duel, David Douillet termine troisième et remporte sa première récompense olympique à .
Succès internationaux
En 1993, les Championnats du monde se déroulent à Hamilton au Canada. Troisième du Tournoi de Paris en début d'année puis vice-champion d'Europe à Athènes en mai, il aborde ambitieux les mondiaux. Vainqueur de l'Estonien Indrek Pertelson au premier tour, du Polonais Kubacki en demi-finale, il s'impose en finale contre le Géorgien David Khakhaleichvili, champion olympique en titre et favori, grâce à un waza-ari à une minute trente de la fin du combat« L’étonnante ascension de David Douillet », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 2 octobre 1993. Consulté le 14 octobre 2009.Douillet en or massif, L'Équipe, , 30 septembre 2014. Consulté le 30 septembre 2014.. Il prend ainsi sa revanche sur celui qui l'avait battu en finale des précédents Championnats d'Europe. Sacré champion du monde à , il est le premier français lauréat du titre mondial dans la catégorie des poids lourds. Toujours dans cette catégorie, il devient champion d'Europe l'année suivante à Gdansk en Pologne en battant en finale le local Rafał Kubacki. Entretemps, en , il remporte le titre de champion d'Europe par équipes nationales à Francfort.
Dans l'optique des Jeux olympiques de 1996, les Championnats du monde 1995 tenus à Chiba au Japon constituent une étape obligatoire pour espérer participer au rendez-vous américain« Chiba, dernier test avant Atlanta », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 29 septembre 1995. Consulté le 14 octobre 2009.. Pour la première fois à ce niveau, il s'aligne à la fois dans la catégorie des poids lourds et celle des toutes catégories. Terminant chacun de ses combats par ippon, il conserve tout d'abord sa médaille d'or en poids lourds. Après le Nippon Naoya Ogawa, l'Espagnol Ernesto Pérez en demi-finale, il bat l'Allemand Frank Möller en moins de deux minutes lors de la finale. Il est le deuxième français conservant son titre mondial après Fabien Canu à la fin des années 1980. Trois jours après cette première victoire, il se qualifie en finale des toutes catégories et bat le Russe Sergei Kossorotov par une immobilisation au sol« Douillet fait coup double », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 2 octobre 1995. Consulté le 14 octobre 2009.. Il devient le troisième judoka à réaliser ce doublé, les deux premiers étant Yasuhiro Yamashita en 1981 et Naoya Ogawa en 1989.
Consécration olympique puis blessures
Sélectionné pour les Jeux olympiques de 1996 organisés à Atlanta, au Georgia World Congress Center, Douillet passe les premiers tours sans difficultés face au Belge Harry Van Barneveld, au Luxembourgeois Müller et à l'Autrichien Krieger. En demi-finale, il est opposé au Japonais Naoya Ogawa, ce même judoka qui l'avait battu au même stade du tournoi olympique de Barcelone quatre ans plus tôt. À l'issue d'un combat serré qualifié de par le FrançaisFiche d'identité de David Douillet sur le site des Jeux olympiques d'été de 2008. Consulté le 14 octobre 2009., il se qualifie pour la finale lors de laquelle il affronte l'Espagnol Ernesto Perez Lobo qui avait été battu par le Français lors des mondiaux de Chiba. À trois minutes de la fin de cette finale, Douillet réalise un uchi-mata — fauchage intérieur de la cuisse — en bordure de tapis jugé ippon « Un « Uchi-mata » rompe el sueño », sur elmundo.es, site de El Mundo, 21 juillet 1996. Consulté le 14 octobre 2009.. Il devient ainsi le second Français champion olympique des poids lourds, après Angelo Parisi aux Jeux de Moscou en 1980. Le jour-même, il reçoit sa médaille d'or des mains du Néerlandais Anton Geesink, champion olympique en 1964. Mais il a dû attendre 1997 pour se voir décerner la vraie médaille d'or olympique pourtant conquise l'année précédente. En effet, les organisateurs américains des Jeux d'Atlanta avaient interverti les cérémonies de remise des médailles des compétitions masculines et féminines. Ainsi, le Néerlandais Anton Geesink, champion olympique toutes catégories en 1964, remet au judoka français la médaille d'or destinée à la judokate chinoise Fuming Sun, championne olympique des poids lourds chez les femmes. Ce n'est qu'en 1997 à Paris, lors des Mondiaux 1997, que les différents acteurs sont une nouvelle fois réunis pour décerner les bonnes médailles cette fois-ci.
Le , David Douillet est sérieusement blessé au mollet et à l'épaule droite dans un accident de moto. Malgré la convalescence et les huit mois de rééducation, il déclare trouver dans cette péripétie le moyen de se relancer après le contre-coup de sa médaille d'or olympique : Retrouvant son poids de forme estimé à , il renoue avec la compétition des Jeux méditerranéens en à Bari. Il obtient une médaille d'or grâce à sa victoire en finale contre le champion d'Europe en titre, Selim Tataroğlu. Il retrouve ce même judoka en demi-finale des Championnats du monde organisés à Paris quelques mois plus tard. Qualifié pour la finale, il bat le Japonais Shinichi Shinohara par disqualification de ce dernier. Il égale ainsi dans l'histoire des mondiaux Yasuhiro Yamashita en remportant une troisième couronne mondiale chez les poids lourds, la quatrième de sa carrière. Cette victoire clôt une période marquée non seulement par son accident de moto mais aussi par les difficultés financières rencontrées par l'entreprise dont David Douillet est alors actionnaire. Toutefois, une douleur à l'épaule gauche l'écarte une nouvelle fois des tatamis après les mondiaux de Paris. De même, en , il est victime d'une entorse au poignet, une blessure qui l'écarte des compétitions plusieurs mois durant.
Deuxième titre olympique avant la retraite
Après presque deux années marquées par les blessures et de nombreux forfaits, il est sélectionné pour les Championnats d'Europe 1999 se tenant à Bratislava en Slovaquie. Aligné uniquement en toutes catégories, il est battu en quart-de-finale par l'Espagnol Pérez puis en repêchages par le Néerlandais Dennis van der Geest, terminant donc à la septième place. L'année suivante, sont organisés à Birmingham les Championnats du monde 1999, étape essentielle à moins d'un an des Jeux olympiques d'été de 2000. Cependant, il doit déclarer forfait à deux jours de la compétition en raison d'une pubalgie. Malgré cette blessure, il réaffirme son objectif en déclarant à propos des Jeux : « Sydney ? Il faudrait qu’on me coupe une jambe pour que je n’y aille pas!»
Les mois qui suivent, sa préparation est cependant perturbée par de nouveaux problèmes physiques au dos. Il n'effectue ainsi sa rentrée qu'un mois et demi avant l'événement olympique lors d'une compétition à BonnLudovic Mauchien, Dosier consacré au judoka français David Douillet, L'Équipe. Consulté le 15 octobre 2009.. Battu en demi-finale par l'Allemand Frank Möller, il prend la troisième place d'une compétition mineure mais essentielle pour envisager un retour au haut-niveau« David Douillet n'est pas encore Goliath », sur humanite.fr, site de L'Humanité, 14 août 2000. Consulté le 15 octobre 2009.. Ce retour est jugé encourageant par son entraîneur Marc Alexandre mais il ne cache pas les inquiétudes quant aux retards accumulés dans sa préparation.