Daniel Mayer, né le à Paris ( arrondissement) et mort le à Orsay, est un homme politique socialiste et résistant français.

Dirigeant du Comité d'action socialiste clandestin pendant la Seconde Guerre mondiale, membre du Conseil national de la Résistance, puis secrétaire général de la Section française de l'Internationale ouvrière à la Libération, Daniel Mayer rejoint par la suite le Parti socialiste unifié. Il est président du Conseil constitutionnel entre 1983 et 1986.

Biographie Militant socialiste d'avant-guerre Juifs alsaciens originaires de Ribeauvillé, les grands-parents maternels de Daniel Mayer s'établissent comme maroquiniers à Paris après l'annexion de l'Alsace-Lorraine en 1871.. Née en 1876, leur fille cadette Lucie Weil, très tôt orpheline, est élevée par ses frères et sœurs avant d'être recueillie par l'orphelinat Rothschild, rue Lamblardie dans le . Devenue institutrice, Lucie épouse en 1902, à l'âge de vingt-six ans, Émile Mayer, Parisien de souche et revendeur de bijoux à crédit, âgé de vingt-sept ans..

Enfant unique d'Émile Mayer et de Lucie Weil, Daniel Raphaël Mayer naît le à Paris, au n° 16 de la rue Sidi-Brahim dans le .. Il appartient à la "petite bourgeoisie juive pauvre".

Il perd sa mère dès 1921, à douze ans, ce qui précipite son départ de l'école. Ainsi contraint de travailler dès la sortie de la communale, il entre en politique à l'âge de dix-huit ans, révolté par l'exécution de Sacco et de Vanzetti. « Dynamique autodidacte, il poursuit son apprentissage intellectuel en adhérant à la Ligue des droits de l'homme et aux Jeunesses socialistes », selon l'historien Max LagarrigueMax Lagarrigue, 99 questions… La France durant l'Occupation, CNDP, 2007..

Secrétaire de la des Jeunesses Socialistes, il y rencontre en 1929 Cletta Livian, une Juive roumaine., qu'il épouse le , après avoir accompli son service militaire.. Militant de la SFIO, il rejoint le courant Bataille socialiste en 1932. Il devient journaliste au Populaire (le quotidien socialiste fondé en 1916 par Jean Longuet) de 1933 à 1939 où il se rapproche de Léon Blum.

Résistance Il entre dans la Résistance en . Convaincu par Blum, il reste en France. À Daniel Mayer et à son épouse Cletta qui lui faisait part de leur intention de partir pour Londres, Blum dit :

Il fonde dès mars 1941 le Comité d'action socialiste (CAS) avec Suzanne Buisson et anime les réseaux de résistants socialistes. Il fait reparaître clandestinement Le Populaire en mai 1942 ; il en est rédacteur en chef de 1942 à 1944.

Il rencontre Léon Blum, alors détenu par Vichy, et l'informe d'activités socialistes clandestines, assurant ainsi un lien entre Blum, la SFIO et la Résistance de Londres. C'est lui qui transmet un document de Blum reconnaissant de Gaulle comme chef de la France libre. Mayer s'installe à Marseille où son épouse l'aide dans son activité de Résistance ; elle-même organise des évasions.

Il est également secrétaire général du Parti socialiste SFIO de 1943 à 1946. Il représente la SFIO au Conseil national de la Résistance (CNR). Il participe à la libération de Paris en .

Parlementaire et ministre sous la République Membre de l'Assemblée consultative provisoire (délégué par le Conseil national de la Résistance), puis élu aux deux Assemblées constituantes, il est député socialiste de la Seine de 1946 à avril 1958. Proche de Léon Blum, il est battu en 1946 par Guy Mollet pour la fonction de secrétaire général de la SFIO, lors du congrès national du parti. Il a des relations difficiles avec son successeur.

Il est ministre du Travail et de la Sécurité sociale de 1947 à 1949. Il défend la jeune Sécurité sociale, et provoque une crise politique en demandant une revalorisation des salaires. Le , il dépose une proposition de résolution . Il préside le groupe des députés résistants, fondé en 1950, et le Comité d'action de la Résistance, de 1954 à 1957.

Il est président de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale de 1953 à 1957. Daniel Mayer est très attaché à l'État d'Israël. Opposant à la Communauté européenne de défense, il est exclu du comité directeur de la SFIO en 1954.

Socialiste contre la guerre d'Algérie Il est sanctionné par son parti en 1957 pour son hostilité à la guerre d'Algérie et son refus de voter les pouvoirs spéciaux aux gouvernements Bourgès-Maunoury et Gaillard.

Il appartient à la minorité socialiste qui désapprouve le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958. Il participe à la fondation de l'Union des forces démocratiques puis du Parti socialiste autonome (PSA) devenu le Parti socialiste unifié (PSU) en 1960. Durant l'élection présidentielle de 1965, il plaide pour un représentant unique à gauche, ce qui alimenta des spéculations sur sa candidature. Il quitte le PSU en 1967 et revient au PS en 1970 à la section Jean-Baptiste Clément dans le puis à Orsay.

Ligue des droits de l'Homme Il démissionne de sa fonction de député en 1958 pour présider la Ligue des droits de l'Homme (dont il est membre depuis ses 18 ans) jusqu'en 1975, puis la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme de 1977 à 1983.

Conseil constitutionnel Nommé par François Mitterrand le , il est le président du Conseil constitutionnel français et prend ses fonctions le suivant. Invoquant son âge, il remet sa démission au président de la République le et quitte ses fonctions le de la même année, date à laquelle il est remplacé par Robert Badinter.

Il reste membre de ce conseil jusqu'au . Il écrit que la .

Décédé le , il fait « don de son corps à la science », comme l'avait fait son épouse décédée en 1976. Alors premier secrétaire du Parti socialiste, Lionel Jospin salue Daniel Mayer comme une

Fonctions gouvernementales Ministre du Travail et de la Sécurité sociale gouvernement Blum III (du au ) gouvernement Ramadier I (du au ) gouvernement Schuman I (du au ) gouvernement Marie (du au ) gouvernement Schuman II (du 5 au ) gouvernement Queuille I (du au ) Ministre des Affaires sociales et des Anciens Combattants gouvernement Ramadier II (du au )

Décoration

, par le décret du .

Publications Sur les ondes, éd. de la Liberté, 1945 Les conditions de l'unité, éd. de la Liberté, 1946 Étapes yougoslaves, éd. de Minuit, 1962 Les socialistes dans la Résistance, P.U.F., 1968 Pour une histoire de la gauche, éd. Plon, 1969 Socialisme : le droit de l'homme au bonheur, éd. Flammarion, 1976

Notes et références

Voir aussi Archives Les papiers personnels de Danier Mayer et de son épouse Rose-Claire (Cletta) Leibovici-Livian sont conservés à Sciences Po Paris. Inventaire du fonds d'archives de Daniel Mayer conservé à La contemporaine.

Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . , . Martine Pradoux, Notice , Le Maitron en ligne. .

Articles connexes Gouvernement provisoire de la République française - Gouvernement Blum III

Liens externes

Sciences-Po Paris, centre d'histoire, les fonds d'archives : « Mayer, Daniel et Cletta », lire en ligne.

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