En architecture et construction, une porte ( du latin porta) est une structure (en bois ou métallique), une ouverture (une baie) dans un mur permettant d’entrer et de sortir d'un domaine, d'un édifice ou de circuler dans ses pièces. Dans l'usage familier le mot « porte » désigne seulement la menuiserie (l'« huis ») mobile permettant de fermer ce passage par sa rotation ou par son glissement et que le dormant rend stable.
Pour les meubles, on parle de porte de buffet, de placard, de lit-clos
Histoire La porte d'accès à un édifice, la porte dans un bâtiment, est définie selon des conceptions philosophico-religieuses ou anthropomorphiques ou esthétiques ou enfin rationnelles qui en font un objet architectural particulier. Quelques exemples : Dans certaines architectures religieuses la porte principale est orientée vers un point cardinal. Les églises, les cathédrales gothiques, ont ainsi une porte tournée à l'ouest (suivant le massif occidental). Dans l'architecture orientale, la porte qui symbolise l'accès à l'édifice peut être disposée de façon à laisser pénétrer des flux telluriques, selon la prévoyance du concepteur et cette porte peut à la réalisation être mise dans un léger biais par rapport à la façade pour correspondre aux flux ressentis. Dans des compositions d'architecture classique où on utilise la symétrie de façon impérative, de fausses portes (qui ne s'ouvrent pas) sont réalisées dans des galeries d'édifice. Et enfin la porte la plus remarquable actuellement par sa taille est celle qui permet le passage des fusées hors du hangar d'assemblage de Cap Kennedy, États-Unis.
La porte était et reste souvent un élément d'apparat qui a justifié dans certains pays un impôt sur les portes et fenêtres. « Huis » est le nom tombé en désuétude pour la porte, le « huis clos » ou porte fermée, est le souci de ne pas transmettre d'informations lors des jugements et des affaires politiques. Les « portes ouvertes » montrent le souci de transparence de la communication d'informations des organisations, Louis XIV l'avait par exemple mis en place avec l'accès du palais de Versailles qui était permis à tout le monde se présentant avec une tenue jugée correcte.
Des « ouvertures » et « fermetures » équipent les habitats préhistoriques pour que les hommes se protègent des intempéries et des prédateurs, les fouilles archéologiques mettant en évidence des fosses à gauche et à droite de ces « issues » et qui contiennent des os, déchets d'alimentation.
Durant l'Antiquité, les peintures des tombes égyptiennes montrent des portes en bois pour les édifices importants (avec leur symbolique associée comme le décrit le Livre des Portes), mais les maisons ordinaires, en raison du climat sec et de la rareté du bois, ont juste une ouverture fermée par une natte ou une toile. La porte d'Ishtar donne un aperçu de l'architecture babylonienne. La Grèce antique voit le développement des portiques en saillie devant la façade des bâtiments. L'arc de triomphe romain, en l'honneur d'un personnage distingué ou en mémoire de quelques événements glorieux, est généralement placé à la porte d'une ville.
Le terme de porte apparaît au Moyen Âge avec les châteaux forts munis de pont-levis et de poternes intégrée aux murailles, auparavant était utilisé le terme « issue ». Principalement barricadées, elles sont équipées de serrures qui ouvrent des deux côtés avec le développement de l'urbanisation au . La porte préservant l'intimité d'une chambre apparaît au sous Louis XIV. Les besoins de surveillance de l'entrée ont créé les métiers de guichetier ou portier ou concierge ou huissier (de palais) ou garde de la Porte. Élément du cadre de vie, la porte maintenant s'équipe d'accessoires de fonction de surveillance automatique en domotique.
Fonctions Protection contre les infractions : La fonction anti-intrusion est la plus primitive, contrôlant aussi bien les animaux que les humains. Cette forme va donner la poterne, la porte de ville (ces fonctions peuvent cependant être pour partie respectées sans porte dans certaines conceptions de l'espace : dans l'architecture intérieure japonaise, l'absence est compensée par l'usage de cloisons mobiles, ce système a donné naissance au concept de bureau ouvert moderne.) Isolation thermique : La fonction isolante des courants d'air froids est aussi primitive. Conserver la chaleur donnée par le foyer est une fonction ancienne assortie ultérieurement de celle de permettre un tirage correct de la cheminée. La porte sur l'extérieur, comme la fenêtre, marque une frontière entre le domaine public et privé, entre extérieur et intérieur ; dès les premières heures de l'habitat civilisé la porte est un élément pris en compte dans le droitUn locataire reçoit du bailleur puis lui rend les clefs de porte qui l'engagent juridiquement., dans les lois (Huissier). Hygiène : La fonction d'hygiène de la porte est constituée dans la civilisation antique, on clôt par l'extérieur les entrées de demeures de malades contagieux, une forme d'isolement qui persiste jusqu'au Par exemple, la grippe espagnole avec les îlots qui mettent en quarantaine les habitants à la suite de grandes épidémies. Organisation des espaces : La fonction d'organisation du passage d'une pièce à l'autre à l’intérieur d'un édifice avec confort et aisance de reconnaissance de la porte à pousser est déterminante dans la disposition et la forme prise des portes. Les signes donnés par la porte sont rendus conventionnellement lisibles (une porte de placard n’est pas une porte de chambre). La distribution est conçue par le maître d'œuvre ou l'architecte sur le plan de l'édifice. Isolation acoustique : La fonction acoustique est très importante, le besoin au silence ou à la discrétion a créé au Moyen Âge le sas de deux portes l'une derrière l'autre dans un petit espace cloisonné qui prend sur l'espace intérieur, le « tambour ». Une portière, (une tenture de tapisserie) doublant une porte en profitant de l'espace donné par l'épaisseur de mur (l'embrasure) pour le manteau peut servir de la même manière. Étanchéité à l'air : La fonction d'isolation aux odeurs est associée au confort moderne depuis, entre autres, le développement des cabinets d'aisance (toilettes) dans les appartements, les mises en place de locaux d'ordures dans les immeubles. Sécurité contre l'incendie : La fonction sécurité contre l'incendie destructeur des biens est tenue obligatoirement par la porte. Actuellement sa tenue au feu est calculée, la porte est dimensionnée pour les évacuations, elle est équipée le cas échéant des éléments de déclenchement de fermeture automatique (porte coupe-feu). Les portes de locaux sensibles, d'archives par exemple, sont renforcées ou blindées et/ou sont conçues pour résister longtemps au feu. Fonction symbolique : La fonction symbolique de séparation et de réunion, sa forme pouvant être anthropomorphique religieuse philosophique ou politique, est une constante de la porte. La porte est la bouche ou le nez à côté des deux fenêtres-yeux de la maison de famille dessinée par l'enfant en maturation psychologique, quel que soit l'endroit où il habite. La porte est la limite entre le monde naturel et le surnaturel du caveau de cimetière, la limite entre le sacré et le profane dans l'église, dans le domicileLes mezouzoh, (Deutéronome, 6:9)., du torii (porte de sanctuaire shintô). La porte du taoïsme chinois est entourée de huit trigrammes saison-ciel, la porte du monument grec respecte l'Ordre architectural en représentation du Cosmos. Historiquement, la porte ne peut être franchie par les poursuivants de personnes se réfugiant dans les lieux sacrés ou diplomatiques d'asile, inversement la porte de la zone internationale d'aéroport ne peut être franchie que sous conditions. Fonction sociale : La fonction sociale de la porte est donnée aux édifices à caractère important par aspect monumental de l'entrée, par aspect impératif du passage à cet endroit. Pour une demeure seigneuriale à volonté de lignage historique, pour une gare, pour une mairie, les motifs d'affichage de l'entrée et sa porte ne sont pas les mêmes, mais aboutissent à une stylistique symbolique identique. Cette formule a donné l'arc de triomphe, l'arc commémoratif. La porte, élément fondamental de la façade, doit susciter le respect, l'admiration, l'humilité, la crainte se lisait au-dessus des portes de camps de concentration.. L'Opéra Garnier dispose sur le côté d'une porte fastueuse qui était réservée à l'usage de Napoléon III et sa suite. Pour un édifice commun, un aspect de repère aisé pour le public de la porte principale est donné par les plaques professionnelles et les boîtes aux lettres. La porte principale est porteuse du numéro de demeure attribué par la mairie dans la rue, les portes secondaires ne sont pas distinguées. « Franchir la porte » est un acte social marquant une vie ou un moment de vie. Le cloîtrage religieux, le casernement militaire, l'engagement puis l'embauche au travail (et la mise à la porte) se font par la porte, petite ou grande. Fonction économique : La fonction économique et commerciale dans la fonction sociale tient la porte pour un élément important dans la gestion et le contrôle financier ou écologique. Établie dans l'histoire, la porte est aussi bien la barrière publique de l'octroi qui se retrouve plus tard dans le péage autoroutier et le péage urbain de la circulation, est aussi bien le portillon d'accès au métro que le guichet pour acquitter le droit d'entrée dans les cinéma, musée, cirque, discothèque, etc. que le portillon de pointage au travail. Fonction décorative : La fonction décorative n'est pas la dernière venue, elle va de la marque confessionnelle mise en place très tôt dans l'histoire de toutes les religions (Art sacré, premier des Arts), à la marque commerciale moderne (puisque la « porte poussée » est le premier signe attrayant du client lorsque l'on gère un pas de porte).
Dénominations usuelles des portes Portes anciennes vignette|Porche du château de Banville-en-Villiers, pourvu d'une porte charretière et de deux portes piétonnes, et flanqué de deux échauguettes. vignette|Porte charretière et porte piétonne d'une ferme. Huis () Pertuis (1150) Portière (1540) Fin , une porte désigne une partie de menuiserie qui sert à fermer une ouverture pratiquée dans un mur, une cloison, et qui donne entrée à une maison, ou à une chambre ; on en distingue de plusieurs sortes, relativement à leur usage (la gamme de qualificatifs rappelant le véhicule qu'elle pouvait faire passer ne s'applique plus qu'à des bâtiments anciens) et à leur façon. Porte pleine - Porte unie, laquelle est composée de planches jointes avec ou sans clef, et à des emboîtures haut et bas, ou une seule en haut et une barre à queue par le bas. Porte d'assemblage - Porte formée de bâtis et de panneaux sans moulures. Porte à placard - Porte qui ferme un appartement, elle est d'assemblage, et est décorée de moulures avec ou sans chambranle au pourtour. Porte vitrée - Porte dont le bas est plein et le haut rempli de croisillons ou petits bois pour y placer des carreaux. Porte bâtarde - Porte qui ferme l'entrée d'une maison dont l'ouverture est trop petite pour que les voitures puissent y passer. Elle est parfois appelée porte piétonne. Porte charretière - Grande porte à deux vantaux qui ferme l'entrée d'une basse-cour, d'une remise, d'une grange, d'un château ou d'une place forte et qui est faite en planches barrées derrière, ou bien d'assemblage avec bâtis et panneaux et qui est sans moulures. Porte cochère - Porte qui ferme l'entrée d'une maison dont la baie est assez grande pour que les voitures hippomobiles puissent y passer.