Bernard Assiniwi (surnommé ChagnanLe jeune homme malhabile : la vision de Chagnan), né le à Montréal et mort le à Cantley, est un écrivain, comédien, historien autodidacte, curateur au Musée canadien des civilisations, auteur et réalisateur radiophonique québécois, d'origine canadienne-française.

Biographie Bernard Lapierre né dans le quartier Rosemont, à Montréal, est le dernier d'une fratrie de douze enfants issus des deux mariages de son père, Léonidas Lapierre. Le père de Bernard Lapierre, autrefois journalier-plâtrier, est non seulement canadien-français natif de la paroisse de Sault-au-Récollet, mais également algonquin et cri. Sa mère, Églantine Bleau, née à Montréal, est une canadienne-française d'origine alogonquine. Bernard Lapierre disait que son père avait été élevé dans la réserve du Lac-Tapawnee. Même si aucune réserve indienne portant le nom de Lac-Tapawnee n'a été répertoriée, un Lac Tipani se trouve toutefois dans les Laurentides, plus précisément à l'emplacement actuelle de Saint-Anne-du-Lac.

Bien qu'il ne pensait avoir aucune ascendance autochtone lorsqu'il était encore un enfant, c'est à l'adolescence que Bernard Lapierre commence à s'identifier de souches algo-cries (contraction des mots « algonquin » et « cri »). La Gazette officielle du Québec nous apprend qu'il a changé son nom pour Assiniwi en 1971, grâce à une permission accordée par le lieutenant-gouverneur en conseil du QuébecGazette officielle du Québec, 27 novembre 1971, no 48, p 8643 (en ligne sur BAnQ numérique).

En 1957, Bernard Lapierre achève un baccalauréat en génétique animale à l'Université de Guelph en Ontario. De 1957 1962, Bernard Assiniwi joue et fait de la mise en scène au sein des Audacieux de Rimouski, une troupe de théâtre amateur qu'il a fondée et qui est considérée comme la première troupe amateur de Rimouski. Par la suite, il se produit dans plusieurs théâtres, notamment au Théâtre d'Essai de Montréal, au Théâtre du Nouveau Monde, où il joue dans La guerre, Yes sir! en 1971, ainsi qu'au Théâtre de la Marjolaine, au Grand-Guignol de Paris, au Théâtre de la Place Ville-Marie, à la Comédie Canadienne, au Théâtre populaire du Québec, au Trident et au Théâtre de l'Île à Hull. Parmi ses productions importantes figurent notamment Médium saignant en 1969 et Charbonneau et le Chef en 1970. De 1965 à 1968, il est fondateur de la section culturelle du ministère des Affaires indiennes et du nord tout en étant directeur du Théâtre de la Place.

En 1965, il participe au film de l'ONF «La vie heureuse de Léopold Z» en tant qu'interprète.

En 1971, Bernard Assiniwi est le premier auteur présenté comme autochtone à publier un livre en français largement diffusé au Québec, (Anish-nah-be : Contes adultes du pays algonkin, Leméac).

De 1972 à 1976, il est directeur de la collection aux Éditions Leméac.

De 1978 à 1980, il travaille à la Société d'aménagement de l'Outaouais et, parallèlement, est critique dramatique et scripteur-réalisateur pour la Société Radio-Canada à Ottawa. Il anime et réalise des émissions et des documentaires sur l'histoire des Amérindiens, la vie en plein air et l'écologie. De plus, Assiniwi est collaborateur pour de nombreux journaux comme La Presse, The Globe and Mail, Sentier et Québec Nature, dont il est éditeur entre 1976 et 1978.

De juillet 1988 à mars 1989, Bernard Assiniwi est président de l'Alliance autochtone du Québec. Fondé en 1972, cet organisme a pour objectif de défendre les droits des personnes autochtones d'ascendance amérindienne ou inuk du Québec établies à l'extérieur des réserves.

À l'automne 1994, le département de français de l'Université d'Ottawa accueille en résidence l'écrivain Bernard Assiniwi. Pour faire connaître la richesse de la culture autochtone, Bernard Assiniwi publie deux lexiques des noms indiens et il exerce la fonction de conservateur d'ethnologie du subarctique de l'est. De même, il est chercheur en histoire autochtone au Musée canadien des civilisations à Hull.

Bernard Assiniwi et son épouse Marina Assiniwi ont trois fils : Marc-André Assiniwi, Christian Assiniwi et Jean-Yves AssiniwiSource : Marc-André Assiniwi.

Bernard Assiniwi a donné plus de 500 conférences sur les Autochtones du Canada traitant aussi bien de leurs mœurs et coutumes que de leur médecine et de leur histoire.

Bernard Assiniwi meurt à à son domicile de Cantley en Outaouais. Il souffrait de diabète et avait subi peu avant une chirurgie cardiaque. Il meurt d'un anévrisme œsophagien.

Assiniwi disait parler trois langues: le français, l'anglais et le cri. Assiniwi a aussi étudié la musique et le chant. Il possède une formation en médecine vétérinaire. Prétendant être autochtone, il a publié plusieurs ouvrages sur la question autochtone.

Propos de Bernard Assiniwi Selon ses dires, son père lui aurait appris à chasser, à pêcher et à trapperVoir : Paul Provencher et Michel Pageau.

Selon Bernard Assiniwi, le cri est une langue autochtone comportant plus de tandis que le béothuk est une langue morte possédant seulement 333 mots.

Bernard Assiniwi dit que les mots ok, canot, et mocassin sont d'origine algonquienne. Dans son livre La saga des Béothuks, Bernard Assiniwi rend hommage et perpétue la mémoire des Béothuks qui se sont éteints en 1829. Pour mener à bien ce roman historique, La Saga des Béothuks, Bernard Assiniwi et son épouse ont traversé la province d'un bout à l'autre, mais n'ont toutefois jamais vécu à Terre-Neuve. Cet ouvrage très fouillé lui demanda de sa vie.

Assiniwi a affirmé dans son lexique des noms indiens du Canada que le coureur des bois Paul Provencher fut excellent pour suivre les pistes en forêt.

Dans Ils ont dit, on retrouve dans les archives de la Société Radio-Canada deux enregistrements sonores datés de 1996, dans lesquels Lina Dib et Marie-France Bazzo interrogent Bernard Assiniwi. Dans le premier enregistrement sonore Assiniwi présente son lexique des noms indiens du Canada. Dans le second enregistrement sonore Assiniwi parle de son livre La Saga des Béothuks. Dans le premier extrait sonore, Bernard Assiniwi nous informe qu'à l'origine les mots peau rouge viendrait des béothuks qui utilisaient de l'ocre mélangé à de la chaux pour faire fuir les moustiques. De plus, Assiniwi nous apprend que le mot Béothuks signifie les vrais hommes en langue béothuk.

Œuvre Romans

La Saga des Béothuks Nouveau point de vue identitaire La Saga des Béothuks offre un nouveau point de vue sur l'histoire coloniale en la racontant du côté des Béothuks plutôt que celui des Européens. Ce changement de perspective contribue à une réécriture de l'histoire favorisant la culture autochtone. Par la ré-affirmation de cette culture et des valeurs qui en sont propres, ce roman s'inscrit dans la littérature québécoise contemporaine dite « post-coloniale », parfois rebaptisée sous l'appellation de littérature « polémique » pour des fins de justesse terminologique.

Bernard Assiniwi a justement choisi la forme d'un roman plutôt que celle d'un essai historique pour la rédaction de cette œuvre littéraire. En écrivant un livre de fiction, il a pu s'appuyer sur des réalités et des faits documentés afin de créer un univers vraisemblable, tout en permettant au lecteur d'être plongé dans un récit captivant. Il intègre également des personnages historiques à son récit, tels que Jean Cabot et Jacques Cartier, qu'il mélange alors avec des personnages fictifs permettant de montrer des aspects de l'histoire officielle qui avaient étés négligés jusque-là.

Ce roman est divisé en trois parties qui se déroulent à des époques très éloignées les unes des autres. En effet, la première partie se déroule vers l'an 1000 et raconte la formation de la nation des Béothuks par un homme nommé Anin, à la suite de son voyage autour de l'île de Terre-Neuve. Ensuite, dans la deuxième partie, qui se déroule à la fin du XVe siècle, Bernard Assiniwi décrit l'arrivée des Européens sur l'île de Terre-Neuve ainsi que le début de la colonisation. Finalement, la troisième partie se déroule au début du et raconte l'extermination finale de la nation des Béothuks.

Le roman met grandement en valeur la culture, les traditions ainsi que la façon de penser des Béothuks. En effet, plusieurs aspects de leur culture sont présentés, notamment les rapports entre les hommes et les femmes, leur conception de la sexualité et du temps, ainsi que leur mode de vie. Les recherches menées par Bernard Assiniwi permettent donc d'informer les lecteurs sur cette nation tout en les divertissant.

Au cours des aventures béothuks, Assiniwi arrive à traiter plusieurs sujets qui nous permettent d'en apprendre plus sur cette ancienne nation. Les principaux sont la liberté, la spiritualité, le suicide, la tradition, le respect des engagements pris, la peur, ainsi que le métissage. L'auteur accorde également une place importante à la sexualité, notamment à travers des descriptions détaillées de relations lesbiennes.

Dans le roman, le rapport à la langue illustre deux visions opposées du contact culturel. D'une part, les Premières Nations favorisent l'apprentissage linguistique comme outil d'intégration et de réciproque acculturation pour les nouveaux arrivants. D'autre part, l'imposition de la langue par les colons européens est utilisée dans une logique de domination et d'assimilation culturelle.

Les Béothuks possédaient plusieurs traditions et croyances qui leur étaient propres. Bernard Assiniwi en fait part tout au long du roman, mais l'une des plus marquantes réside dans la présence des esprits protecteurs. C'est notamment le cas de Gashu-Uwith, l'esprit protecteur d'Anin dans la première partie de l'œuvre. À travers plusieurs apparitions, Assiniwi montre que ces esprits étaient là pour guider vers le droit chemin et aider à prendre des décisions importantes, en posant de petits gestes qui auraient semblé incompréhensibles pour le commun des mortels, mais qui avaient une signification essentielle pour leur protégé.

Au cours du roman, l'auteur utilise plusieurs procédés d'écriture, tels que ceux de la tradition orale, qui occupent une place très importante au sein du récit et qui rendent son roman extrêmement unique. Par exemple, il fait appel aux « mémoires vivantes », autrement dit, à des individus qui transmettent oralement les traditions et le parcours de la nation béothuke. Cela permet de rendre le récit plus vivant et de créer un lien avec le lecteur au travers de la narration.

Le style d'écriture d'Assiniwi est marqué par l'humour et l'ironie subtile. Ceux-ci sont montrés sous différentes formes au cours du roman. Dans la première partie, l'humour sert à révéler la joie de vivre et les moments de détente des personnages, malgré les épreuves qu'ils traversent. En arrivant à le deuxième partie du roman, cet humour représente désormais un moyen de détramatiser les malheurs vécus par les Béothuks dans des circonstances plus difficiles. C'est finalement dans la troisième partie que l'humour devient progressivement plus noir et sarcastique à mesure que la disparition des Béothuks approche. Le rire prend ainsi une autre signification dans ce moment de désespoir. Dans ce roman, cet humour sert aussi à critiquer certains comportements, comme l'orgueil aveugle, le machisme et le manque d'ouverture d'esprit.

Assiniwi intègre dans son roman une section appelée « Chronologie des événements historiques concernant les Béothuks de Terre-Neuve », qu’il suit tout au long du roman tout en captivant l’attention du lecteur avec l’aventure que vie certains personnages fictifs du roman tel qu’Anin. Il établit donc une harmonie entre l’histoire et la fiction.