vignette|L'armure est destinée à protéger l'homme et/ou l'animal qui le porte, mais aussi à s'identifier ou impressionner l'adversaire. vignette|Armure de plates complète d'un chevalier des Grandes compagnies, portant le blason de Bertrand Du Guesclin.

Une armure est un équipement (arme) corporel défensif, utilisé pour protéger le corps d'un combattant dans sa plus grande partie des coups de l'ennemi et autres dégâts.

Deux aspects primordiaux et opposés quant à la défense du porteur de l'armure président à sa conception : d'une part la mobilité (ce qui pousse à alléger l'armure) et de l'autre une meilleure protection (ce qui pousse à alourdir l'armure). Chaque modèle insiste sur l'un de ces deux aspects de la protection individuelle, ce qui n'exclut pas des tentatives de compromis.

Les armures ont évolué avec les techniques, notamment celles liées à la métallurgie. Elles sont ainsi devenues de plus en plus complexes au cours de l'histoire, pour recouvrir tout le corps de plaques de métal à la fin du Moyen Âge. Mais les améliorations des armes à feu les rendirent en partie obsolètes. En Europe, la Renaissance les réserva à la parade et aux tournois, sauf le plastron des cuirassiers et le casque.

Le prolongement moderne des armures se trouve dans les gilets pare-balles et les équipements de la police anti-émeute, souvent en Kevlar, et celui des démineurs.

Étymologie Le mot « armure » a commencé à apparaître au Moyen Âge et est un dérivé du mot latin armatura, qui signifie « armes » et/ou « équipement ».

Matériaux vignette|Lamelles de bronze, Vietnam (300 - 100 ).

Les principaux matériaux utilisés dans la fabrication des armures personnelles sont : le tissu : en général du lin (mais aussi de la soie) qui est utilisé sur plusieurs épaisseurs (typique de l'infanterie lourde antique - phalangite, etc.). le cuir souple. le cuir rigide : le cuir « bouilli » en réalité plongé dans de la cire d'abeille chaude afin de s'en gorger (l'air chassé du cuir par la chaleur donne l'impression de bouillir), efficace contre les flèches. le bois (dont le bambou en Chine et au Japon) : utilisé pour les boucliers. le métal sous plusieurs formes : l'écaille : petites écailles souvent de métal, parfois de bois ou d'os, très efficace contre les coups de taille (avec le tranchant de la lame), mais vulnérable aux coups d'estoc (avec la pointe de la lame) la cotte de mailles : assemblage de petits anneaux d'acier, en veste, en camail (sur la tête uniquement), en chemise, cotte ou haubert. la plate : plaque de métal très solide, mais également très lourde, plus ou moins décorée ou polie. Cependant, elle restait plus facile à porter qu’une cotte de mailles, grâce à une très bonne distribution du poids.

Histoire De nombreux facteurs ont affecté le développement des armures personnelles tout au long de l'histoire humaine. Les plus importants dans le développement d'une armure étant les nécessités économiques et technologiques de sa production. Avec le temps, le développement des armures s'est fait en parallèle du développement des armes, qui devenaient de plus en plus efficace, avec des armuriers cherchant à créer une meilleure protection sans sacrifier la mobilité.

Antiquité alt=|vignette|Armure grecque mycénienne (vers 1400 ). L'armure orientale a une longue histoire, s'étendant sur plusieurs milliers d'années et commençant en Chine ancienne. De son côté, la plus ancienne des armures occidentales connue est la cuirasse mycénienne de Dendra, datant de l'époque mycénienne (environ ).

La cotte de mailles, également appelée armure de maille, est constituée d'anneaux de fer reliés entre eux (rivés ou soudés) afin de former une protection individuelle corporelle. La plupart des cultures ayant utilisé la cotte de mailles employaient le mot celtique Byrnne ou une variante, suggérant que les Celtes sont les créateurs originels de la cotte de mailles. Les Romains utilisaient en masse la cotte de mailles, comme le lorica hamata, bien qu'ils aient employé aussi le lorica segmentata ainsi que le lorica squamata. Alors qu'ils n'utilisent plus aucune armure non métallique, un stratifié de lin connu sous le nom de linothorax est mentionné à plusieurs reprises dans des sources grecques.

En Asie de l'Est, des armures lamellaires, de style similaire aux brigandines, étaient couramment utilisées. Plus tard, des cuirasses et des plaques furent également utilisées. Lors des temps pré-dynastiques Qin, les armures en cuir étaient faites de cuir de rhinocéros. L'influence chinoise au Japon se traduisit par l'adoption japonaise des styles chinois, leur armure de samouraï étant le résultat de cette influence.

Hoplite grec vignette|gauche|upright=0.5|Armure grecque de parade.

Le hoplite grec, par-dessus sa tunique, porte une cuirasse (θώραξ / thốrax) protégeant le torse, ainsi que des cnémides (κνημῖδες / knêmĩdes) pour protéger ses tibias. Son casque (κράνος / krános) souvent orné d'un cimier est équipé d'une protection nasale. Il porte un bouclier (ἀσπίς / aspís) rond en bois de grande taille avec en son centre un cercle de métal (umbo) afin d'en renforcer la solidité et dévier les traits ; le bouclier est souvent peint. L'armure est en bronze. Le Hoplite est le premier fantassin lourd de l'histoire.

Légionnaire romain vignette|upright=0.5|Armure du légionnaire romain.

La cuirasse du légionnaire romain est composée de lamelles de fer articulées se portant au-dessus d'une courte tunique, et d'un casque en forme de bombe sans protection nasale, mais avec des rabats sur les côtés pour protéger le bas du visage sans obstruer les oreilles, ainsi que d'un protège-nuque (le modèle changera souvent, copiant par exemple un bon matériel de l'ennemi).

Ce modèle d'armure est certes efficace mais inférieur dans la mobilité qu'il confère face aux cottes de mailles (reprises par les cavaliers). La protection du légionnaire se renforce d'un grand bouclier de bois, dont le centre peut recevoir un cercle de métal, à la manière du bouclier des hoplites grecs, et d'une ceinture de cuir d'où pendent de fines lanières de cuir (où sont accrochées des pièces de métal) sur le devant du légionnaire, afin de protéger ses parties génitales et de terroriser l'ennemi (à cause du bruit provoqué par l'entrechoc des petites pièces de métal quand le légionnaire marche).

Moyen Âge Avérée dès le Haut Moyen Âge, la broigne est une protection corporelle pour le thorax, constituée d'un justaucorps de tissu ou de cuir armé de renforts rigides.

Dans l'histoire européenne, les types d'armures les plus connus sont le haubert de maille du début de l'époque médiévale et l'armure complète de plates, portée par les chevaliers médiévaux et de la Renaissance, ainsi que quelques éléments clés (poitrail et dos) de l'armure d'un cavalier lourd, utilisé dans plusieurs pays européens jusqu'au début de la Première Guerre mondiale.

Normands vignette|gauche|Représentation probable d'un chevalier normand (à droite) affrontant un housecarl, d'après un détail de la tapisserie de Bayeux..

vignette|Reconstitution de l'équipement de cavaliers du . Au , l'armure normande est celle qui fut utilisée lors de la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant et lors des premières croisades. Elle se compose d'une tunique matelassée, le gambison, sur laquelle on porte le haubert, une chemise de mailles, un casque de type « bol » avec protection nasale et un bouclier.

Le haubert comprend une capuche (camail) et descend en dessous des genoux. Il est fendu devant et derrière entre les cuisses pour permettre de marcher et de chevaucher. Un rabat permet de couvrir le bas du visage, ainsi, seuls les yeux restent exposés.

Les anneaux métalliques du haubert servent à empêcher les tranchants des armes de couper ; .

. Il a la forme d'une goutte d'eau ou d'une amande, ce qui permet de protéger les jambes. Il a deux jeux de lanières dans lesquelles on passe le bras, ce qui permet de le porter verticalement lors de la marche, ou à l'horizontal lorsque l'on chevauche, pour protéger le flanc du cheval. Il dispose aussi d'une poignée permettant de le tenir au poing, pour mieux s'abriter contre une pluie de flèches ; de l'autre côté de la poignée se trouve une protubérance métallique, le tout formant lumbo. Le dessin sur ce bouclier est inspiré des dessins vikings et n'a pas encore la fonction de reconnaissance (les armoiries ne sont nées qu'à partir de la première moitié du , lorsque le visage fut intégralement caché par le heaume).

Chevalier vignette|redresse=1|Reconstitution composite d'une armure, vers 1400-1450, Metropolitan Museum of Art. Aucune armure complète du début du n'a été conservée. Celle-ci comporte donc divers éléments rassemblés et restaurés dans les années 1920. vignette|Harnois complet d'un chevalier monté (seconde moitié du ).

Protections de la tête et du tronc : casque : protection de la tête : casque corinthien (Grèce antique), heaume, barbute, salade, bourguignotte, cabasset, morion, bassinet, chapel, cervelière, armet ; gorgerin : protection du cou, ou bavière : protection du cou et du menton ; cuirasse : coque métallique se composant d'un plastron (torse) et d'une dossière (dos) ; braconnière : lames articulées qui, dans les armures à plates, défendent le ventre et le haut des cuisses. tassettes : protection de l'aine haubert : cotte de mailles ; protection du chevalier brigandine : protection constituée de plaques rivetées sur du cuir ou un tissu épais. surcot : vêtement sans manche porté par-dessus le haubert pour s'abriter du soleil et de la poussière, puis plus tard pour afficher ses couleurs (son blason ou celui de son suzerain).

Protections des membres supérieurs : spalière ou épaulière : protection de l'épaule ; rondelle : protection et décoration fixée sur la spalière ; canon d'arrière-bras : protection du biceps de l'arrière-bras ; cubitière : protection du coude ; canon d'avant-bras : protection de l'avant bras gantelet : protection de la main et du poignet.

Protections des membres inférieurs : jambière : protection totale des jambes, constituée des pièces suivantes ; cuissot ou cuissard : protection des cuisses ; genouillère : protection du genou ; grève : protection du tibia ; soleret : protection du pied.

Chevaux Les chevaux pouvaient également avoir une armure afin de les protéger des coups de lance et d'épée et des flèches. L’équivalent équin du harnois plain se nommait barde. Le caparaçon, lui, était une housse décorative de textile ou de cuir souple servant principalement à porter les armoiries du cavalier. La protection de tête du cheval se nommait chanfrein.

Armure japonaise vignette|redresse| Schéma d'une armure japonaise traditionnelle. vignette|redresse|Guerrier japonais en armure (1925).

L'armure traditionnelle japonaise, gusoku ou yoroi pour les armures plus anciennes, est constituée de plaques de métal assemblées par des lanières. Les samouraïs privilégiaient la mobilité, le kabuto comporte donc plus de points de faiblesse que ses homologues européennes. Elle se compose : d'un casque : kabuto ou jingasa ; d'un mempo : gorgerin, éventuellement accompagné d'un masque protégeant le bas du visage ; d'une cuirasse, dou : elle pouvait être articulée (formée de lamelle, karuta), on parlait alors de tatami, les points de faiblesse étant protégés par une cotte de mailles (so gusari), et recouverte de cuir (e gawa). de protections d'épaules, kohire, attachées à la cuirasse, de conception similaire à la brigandine (kikko) ; de protections de l'aine, sous la forme de lamelles de métal attachées à la cuirasse ; de kota : brassard de soie et de cuir recouverte par de petites plates unies par des maillesArmes et armures de Michèle Byam, 1991. ; de tetsu-gai : « protection de la main est un demi-gantelet doublé de cuir, comportant des boucles d'attache pour les doigts » (uni avec le kota) ; de jambières en métal.

Le bogu est l'armure utilisée en kendo.

Arabie .