La Karabiner 98 kurz ou Karabiner 98k (en abrégé K98k et improprement K98 ou Kar98k) est une carabine à verrou allemande chambrée en et conçue par Mauser Waffenfabrik. Elle fut adoptée le comme arme de service par la Wehrmacht. Ce fut l'arme standard la plus commune des troupes à pied de toutes les branches de la Wehrmacht et de la Waffen-SS, devant les Sturmgewehr, MP 40, Gewehr 43 et autres Gewehr 41. Plus de d'unités furent produites jusqu'en 1945. Elle est l'évolution du G98 (Gewehr 98) utilisé pendant la Première Guerre mondiale. Mais elle est surtout un dérivé direct de la carabine 98a, utilisée par la cavalerie et les stosstruppen durant le même conflit.

Premières études Pendant la Première Guerre mondiale, l'armée allemande se rend compte que le Mauser 98 est long et encombrant lorsqu'il est utilisé dans les tranchées. À la fin de la guerre, en 1918, l'armée allemande souhaite utiliser une arme à feu dite unique, c'est-à-dire prévue pour une utilisation de toutes les unités : infanterie, cavalerie, artillerie... Le cahier des charges stipule que la future arme devra mesurer de long et pourra être équipée d'une hausse dont la graduation est comprise entre et . De plus, la K98k devra être en mesure d'utiliser la munition (Ss) du Mauser 98.

De surcroît, pour améliorer la maniabilité de la carabine, il est décidé qu'elle soit équipée d'une culasse à levier coudé, ainsi que d'une bretelle passant par le côté gauche.

Présentation historique et technique vignette|gauche|Un soldat allemand avec son Karabiner 98k équipée d'un lance grenade chargé d'une grenade à fusil dans le nord de la France en 1944. Les militaires allemands définissaient alors une Karabiner comme une carabine dont la bretelle se fixait latéralement. Il s'agit de la version raccourcie, d'un poids inférieur et donc plus maniable, du fusil Mauser modèle 1898 utilisé pendant la Première Guerre mondiale. La K98k se charge au moyen d'une lame-chargeur de cinq cartouchesIllustration de la lame chargeur de 7,92 mm Mauser. C'est une arme maniable mais dont le canon reste suffisamment long pour exploiter cette munition puissante (7,92 mm Mauser) .

Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette arme était l'équivalent fonctionnel en plus simple et plus rationnel du Springfield M1903 américain, mais était inférieure sur le plan du volume de feu au M1 Garand américain capable de tirer en semi-automatique . L'ajout d'une lunette de tir au K98k (comme la lunette Zielfernrohr39 et la ZF41) permet d'exploiter la précision intrinsèque de l'arme et d'en doter les tireurs d'élite .

Le mécanisme du Mauser 1898 et K98k est le fameux système Mauser. il est très apprécié par les chasseurs et les tireurs sportifs en raison de sa précision au tir et pour les multiples calibres proposés par des marques qui reprennent ce système fiable et simple (Parker Hale 1000, 1100, 1200…). La production de cette carabine a été telle que l'on trouve encore aujourd'hui des quantités formidables de pièces de rechange neuves d'origine. Le système Mauser est encore de nos jours une marque de qualité et de robustesse.

Un soin tout particulier a été apporté à la simplicité d'entretien de cette arme, dont la plupart des démontages à fin de nettoyage courant peuvent s'effectuer sans outil. La rondelle d'acier sur la crosse était une enclume qui servait à appuyer l'extrémité du ressort de percuteur pour démonter le système de percussion dans sa totalité, pour le nettoyer ou en remplacer des composants.

Le bois utilisé de 1934 à fin 1938-1939 était du noyer massif, puis à la suite du manque de bois de qualité, on recourut au bois de hêtre (ou d'autres) lamellé-collé, la crosse était composée de lamelles de bois collées à chaud. Cette technique lui permettait d'être aussi solide que du bois massif, mais légèrement plus lourd que le noyer. Les exemplaires de début de guerre ont une plaque de couche (pièce métallique en contact avec l'épaule du tireur) plate et vissée en bout de la crosse, les séries suivantes ont une plaque enveloppante (voir photo) pour compenser la relative fragilité des matériaux utilisés et éviter qu'ils ne se fissurent lors de l'utilisation de l'arme comme bélier ou en combat au corps à corps.

Au cours du conflit, la finition des armes déclina progressivement : les pièces fraisées furent embouties et soudées, l'arme se simplifia.

Lors de l'instruction initiale des fantassins de la Wehrmacht, cette arme est surnommée "la fiancée"Le livre Journal d'un antihéros, auteur Marcel Schmitt (alsacien enrôlé dans l'armée allemande en 1941), éditions G d'Encre, 2004 .. La munition tirée par l'arme, à savoir du 7,92 × 57 mm est identique à celle tirée par la Mitrailleuse MG34.

Caractéristiques Calibre : 8 × 57 IS ou JS également appelé « Mauser » ou « × » (ne pas mettre de 8 x 57 JRS à bourrelet). Il a existé de petites séries de K98k en calibre 7,92 kurz (7,92x33) fabriquées en fin de guerre et qui comportent sur le boitier le calibre. Sans doute des exemplaires destinés aux milices de défense des villes et enrôlées de force, n'ayant "besoin" d'une arme qu'un très court temps. Longueur : Longueur du canon : thumb|350px|La K98k indissociable du soldat allemand de la Seconde Guerre mondiale. Poids : (crosse en noyer) ou (crosse en lamellé-collé) Magasin : interne, rechargement à l'unité ou par clip Capacité : cinq coups Cadence de tir : approximativement par minute Hausse à curseur tangentielle graduée de Portée pratique, avec la hausse : , avec lunette : voire plus dans des conditions exceptionnelles

Variantes Version Kriegsmodell de fin de guerre, destinée à faciliter la production, en supprimant le porte baïonnette et en remplaçant la rondelle de démontage de percuteur de la crosse par un trou dans la plaque de couche Le VG-5 ou VK-98, consistaient du dernier effort de produire des fusils tout à la fin de la guerre. Ces versions très rares consistent d'un système Mauser, d'une crosse très simple et d'une hausse fixe.vignette|G33/40|194x194px Versions raccourcies pliables (Klappschaft) expérimentées pour les troupes aéroportées (fallschirmmjäger). Gewehr 33/40, fabriqué originellement par la manufacture de Brno en Tchécoslovaquie. Cette version raccourcie fut distribuée aux unités de chasseurs de montagne, parachutistes et sur véhicules. Il est perfectionné durant le conflit pour être standardisé sur la K98k. La principale différence visible, outre la longueur (), est l'ajout d'une plaque métallique sur la crosse. Les exemplaires pour tireurs d'élite (Scharfschützen) ne sont pas à proprement parler des versions, mais des modèles standards sélectionnés en usine pour leurs qualités balistiques. Ils étaient dotés de lunettes télescopiques ZF39 ou ZF42 qui nécessitaient toutefois un usinage secondaire pour les adapter. Environ de précision furent produits.

Utilisateurs militaires entre 1939 et 1945 Le fusil principal de la Wehrmacht fut aussi fourni aux armées des pays suivants : l'Etat indépendant de Croatie, la Finlande et au sein des différents mouvements de résistance européens (Française, Belge etc) comme récupération ou prise de guerre.

Utilisation après guerre On le retrouve après guerre en Yougoslavie : matériel confisqué aux Allemands, le fusil est alors repoinçonné aux armoiries du pays. (Yougoslavie : épis de blé, référence au régime communiste en place à l'époque). Durant les années 1990, les K98k yougoslaves ont été utilisées par toutes les factions durant le conflit des Balkans. On rencontre beaucoup de photographies montrant des soldats ou des tireurs d'élite utilisant la K98k à Sarajevo. vignette|Bataillon de la Garde de la Bundeswehr, 2007. Un certain nombre de K98k (ainsi que des MP 40, MG 34, MG 42) furent également achetés à la Tchécoslovaquie en 1948, par la commission d'achat israélienne (qui se porta également acquéreur d'avions de chasse Avia S 199) afin d'équiper Israël soumise pourtant à l'embargo de l'ONU sur les ventes d'armes. Ces Mauser israéliens sont chambrés en 7,62 (308 nato) et portent ce chiffre marqué sur la crosse. Les marquages nazis et l'étoile de David sont très souvent présents sur ces armes.

L'armée norvégienne fit de même : des Mausers furent chambrés en calibre .30 (30 06 spr, 308 nato) et des marquages nazis et norvégiens figurent également sur l'arme.

L'Armée française utilisa des Mauser K98k de prise (FFI/FFL) et neufs (produits par Mauser au titre des dommages de guerre) durant la guerre d'Indochine. En Algérie, elle affronta aussi le feu de ce type de fusils - souvent des G24(t) avec de faux marquages allemands - aux mains de combattants de l'ALN entre 1954 et 1962.

La Bundeswehr continue d'utiliser des K98k au Wachbattalion pour les cérémonies militaires.

Beaucoup de pays du « Tiers-Monde » possèdent des K98k dans leurs arsenaux et le fusil semble avoir encore de nombreuses années de service devant lui. Les soldats américains en ont notamment capturé un certain nombre en Irak ainsi que des carabines russes Mosin Nagant.

Ainsi, plusieurs milliers de K98k ont été livrés à des mouvements révolutionnaires africains comme le MPLA angolais ou le FRELIMO mozambicain par l'Allemagne de l'Est à la fin des années 1960. Ces fusils provenaient des stocks de la Wehrmacht . Ces armes furent graduellement remplacées par des fusils d'assaut Kalachnikov.

La K98k aujourd'hui vignette|K98k adapté pour la chasse. Le Mauser Karabiner 98 kurz est encore utilisé actuellement pour la chasse. Le calibre d'origine, , est passé en catégorie C, et la K98k est donc disponible en calibre d'origine sous simple régime de déclaration. Cependant, il reste encore un grand nombre de fusils K98k rechambrés en et pour les besoins de l'ancienne législation. Il est toujours d’actualité dans de nombreux pays. On retrouve aussi une version « à blanc » permettant le tir de cartouches de à blanc. La carabine est neutralisée selon la norme du Banc d'Epreuve de Saint-Étienne, seul autorisé par l'État à neutraliser ou transformer les armes officiellement. Le canon est bouché et une douille adaptatrice est utilisée pour maintenir la cartouche à blanc dans la chambre de tir. La K98k est très populaire aujourd'hui parmi les tireurs sportifs et les collectionneurs du monde entier du fait de l'intérêt historique et de sa grande qualité de fabrication. On trouve désormais des K98k capturées par les Soviétiques durant la Seconde Guerre mondiale et reconditionnées dans les arsenaux sur le marché (souvent rebronzées et renumérotées au stylo électrique sur le boitier et la culasse). Elles sont très populaires, notamment aux États-Unis, du fait de leur histoire.

Production durant la Seconde Guerre mondiale thumb|Un soldat allemand avec son Karabiner 98k en 1944. Liste des fabricants de Mauser K98k avec leurs codes (marquages sur le tonnerre de l'arme) : 1934 Mauser, Oberndorf - S/42K . J.P Sauer, Suhl - S/147K

1935 Mauser, Oberndorf - S/42G . J.P Sauer - S/147G ERMA - S/27G Mauser, Borsigwalde - S/243G

1936 Mauser, Oberndorf - S/42 J. P. Sauer - S/147 ERMA - S/27 Mauser, Borsigwalde - S/243 Berlin-Lubecker - S/237

vignette|K98k sur sa lame-chargeur avec 5 cartouches prêtes à être insérées. 1937 Mauser, Oberndorf - S/42, 1937 J. P. Sauer - S/147, 1937 ERMA - S/27, 1937 Mauser, Borsigwalde - S/243, 1937 Berlin-Lubecker - S/237, 1937 Berlin-Suhler-Waffen (BSW) - BSW, date 1937

1938 vignette|Culasse démontée du K98k.Mauser, Oberndorf - S/42 1938, ou bien "42" 1938. J. P. Sauer - S/147 1938, ou bien "147" 1938 ERMA - S/27, 1938, ou bien "27" 1938 Mauser, Borsigwalde - S/243 1938, ou bien "243" 1938 Berlin-Lubecker - S/237 1938, ou bien "237" 1938 Berlin-Sühler-Waffen - BSW 1938

1939

Mauser, Oberndorf - "42" 1939 J. P. Sauer - "147" 1939 ou bien sans date ni code. ERMA - "27" 1939 Mauser, Borsigwalde - "243" 1939 Berlin-Lubecker - "237" 1939 Berlin-Sühler-Waffen - BSW 1939, Steyr - Daimler, Steyr - "660" 1939