thumb|La maison passive standard combine une variété de techniques et de technologies pour arriver à un usage très peu gourmand en énergie. L'architecture écologique (ou architecture durable) est un système de conception et de réalisation ayant pour préoccupation de concevoir une architecture respectueuse de l'environnement et de l'écologie.
Il existe de multiples facettes de l'architecture écologique, certaines s'intéressant surtout à la technique, la gestion, ou d'autres privilégient la santé de l'homme, ou encore d'autres, plaçant le respect de la nature au centre de leurs préoccupations.
L'architecture écologique s'inscrit dans la transition énergétique et répond aux objectifs du développement durable définis par l'ONU (ODD 11 Villes et communautés durables).
On peut distinguer plusieurs « lignes directrices » :
le choix des matériaux, naturels et respectueux de la santé de l'homme ; le choix de la disposition des pièces (par exemple) pour favoriser les économies d'énergie en réduisant les besoins énergétiques ; le choix des méthodes d'apports énergétiques ; le choix du cadre de vie offert ensuite à l'homme (jardin…).
Histoire des principaux architectes et mouvements pionniers de l'architecture écologique L’histoire de l’architecture durable remonte aux origines de l’habitat. Les logements préhistoriques tels que les cabanes, ou grottes, constituent en effet les premiers habitats écologiques de l’homme. La nature était l’habitat, et vice-versa. Ainsi l’architecture écologique est présente dans les traditions de l’homme depuis toujours, on doit donc orienter son étude non pas vers son commencement, mais bien vers son renouveau. L’urbanisation liée à la révolution industrielles du a amené au développement de l’architecture urbaine subissant alors les pressions de la première grande crise du logement, notamment la densification à grande échelle de l’habitat provoquant une dégradation du rapport entre l’habitant et son habitat. C’est dans ce contexte qu’ont pu réapparaître les critères écologiques dans l’architecture, se manifestant en réaction aux conséquences de la révolution industrielle. Afin de réconcilier architecture et milieu, certains architectes ont fait entrer dans le champ de leurs recherches et de leurs réalisations des thèmes et des procédés nouveaux, ayant pour fil conducteur l’amélioration de l’équilibre entre l’homme et son environnement urbain, la protection et la mise en valeur des espaces naturels. Ce sont ces mouvements et architectes intégrant progressivement les questions environnementales qui conduisent aujourd’hui encore, la révolution écologique de l’architecture.
Dans les années 1900 au Royaume Uni, l’architecte Charles Rennie Mackintosh (1868-1928) reconcilia la culture des pionniers Arts & Crafts - mouvement de riposte intellectuelle à la dégradation culturelle causée par l’industrialisation - avec l’ère de la machine, tout en incluant les leçons de l’architecture vernaculaire dans ses moyens de luttes contre la rigueur du climat.L’architecture vernaculaire est un type d'architecture propre à un pays, un territoire ou une aire donnés et à ses habitants. Elle est donc portée par le microclimat ainsi que les avantages offerts par les ressources localement disponibles, afin de répondre avec exigence aux besoins de l’usager. Cette méthodologie constructive a été massivement à l’origine du paysage bâti dans les campagnes jusqu’au début du dernier siècle. Cette sensibilité au lieu dont était doté Mackintosh est témoignée notamment à travers son œuvre « The Hill House », où l’exposition du bâtiment détermina l’utilisation du harling, un modeste crépi, la hauteur des toits, et la dimension réduite des fenêtres pour une meilleure isolation thermique.
Parallèlement aux États-Unis en ce début de , Ebenezer Howard (1850-1928) préconisa le développement de « cités-jardins », en réaction au surpeuplement et la misère causés dans les villes par la révolution industrielle. Ainsi, ces cités-jardins offraient à toutes les classes sociales des logements de qualité dans un environnement semi-rural. Ces caractéristiques naturelles (espaces verts, routes bordées d’arbres) contribuaient à créer un sentiment de tranquillité bucolique. L’influence des « cités-jardins » continua à s’affirmer dans le domaine de l’urbanisation tout au long du , en particulier dans des projets comme ceux de Milton Keynes.
Dès 1920-1930, l’architecte américain Frank Lloyd Wright (1867-1959) s’établit comme précurseur de l’architecture organique, à travers son énonciation et sa prise en compte dans ses réalisations, des principes fondamentaux d’une architecture intégrée à son environnement. « L’architecture organique est une architecture qui procède de l’intérieur vers l’extérieur, dans laquelle l’idéal est l’entité… Organique signifie intrinsèque, le tout est à la partie comme la partie est au tout ; où la nature des matériaux, le but, la nature de l’œuvre tout entière, deviennent claires comme une nécessité. C’est dans cette nature que peut naître le caractère que vous, artiste créateur, vous pouvez donner à un bâtiment dans un cas particulier quelconque ». Frank Lloyd Wright.Le concept d’autosuffisance fut largement abordé par l’architecte italien Paolo Soleri (1919-2013), par lequel il dégagea un concept architectural de ville utopique, suivant l’exemple de Wright, qu’il nomma Arcologie, fusion entre l’architecture et l’écologie. C’est dans le contexte d’explosion démographique mondiale des années 1960 qu’il développa une série d’avant projets de logements de masse. Contrairement aux autres mégastructuralistes qui concevaient des bâtiments hermétiquement clos, Soleri souhaitait que l’architecture soit un lien avec l’environnement. La conception architecturale permettrait alors de favoriser l’utilisation des énergies solaires et de réduire la consommation d’énergie. Soleri envisageait par ailleurs, la construction de villes entières dans les zones les moins hospitalières de la planète, afin d’épargner les terres arables nécessaires à la production de nourriture. Il imagina par exemple la construction de cités sur les océans, où l’apport d’énergie de la cité flottante se ferait grâce à l’énergie hydraulique. Cependant, ses visions ont toujours semblé outrepasser sa capacité à les mettre en œuvre.
Un autre exemple remarquable fut l’architecte égyptien Hassan Fathy (1900-1989), qui contribua plus que n’importe quel autre architecte du Proche-Orient à encourager un retour aux techniques traditionnelles de construction, développant ainsi une typologie urbaine adaptée à un objectif environnemental. Dans son ouvrage « Construire avec le peuple », Fathy présente notamment sa découverte d’un système architectonique lui permettant de construire avec des briques de terre sans qu’il soit nécessaire de soutenir la toiture. Le système réduisait à zéro les coûts de construction à partir du moment où il était mis en œuvre dans un esprit coopératif. Non seulement les briques de terre sont peu coûteuses, mais elles ont aussi de très bonnes performances dans le climat égyptien chaud et sec. Elles produisent la masse thermique nécessaire au maintien de la fraîcheur à l’intérieur des bâtiments durant la plus grande partie de la journée.
Le mouvement moderne - développé pendant et après la première guerre mondiale -, avec son accentuation sur les bienfaits du progrès scientifique, a joué également un rôle très important dans le développement de l’architecture écologique. Le Corbusier, généralement perçu comme moderniste de l’école héroïque, de par ses structures en béton « brutalistes », a cependant fait preuve d’une extrême sensibilité au contexte, en déployant dans ses œuvres toute une série de références à l’environnement, au climat et à la culture, notamment en inde avec le « palais des filateurs » à Ahmedabad. Le bâtiment a été conçu de sorte que le brise-soleil en façade ainsi que le toit en « parasol », détaché et surélevé, protège le bâtiment de l’excès de chaleur à travers le contrôle de l’ensoleillement et l’utilisation de la brise pour ventilation naturelle. L’architecte indien Balkrishna Doshi (né en 1927), largement inspiré par Le Corbusier s’interrogea grandement sur le pouvoir qu’a l’architecture de changer ou d’unifier la société. C’est ainsi qu’il réconcilia le modernisme occidental avec la sensibilité à l’égard de l’environnement, étant particulièrement soucieux d’améliorer la qualité des habitations à loyer modéré. Il réconcilia les décalages flagrants dont il découvrit l’existence entre les principes du mouvement moderne assimilés pendant son apprentissage auprès du Corbusier et les réalités rudimentaires de la construction dans un pays en voie de développement telle que l’inde.
Les années 1970 furent marquées notamment par un intérêt croissant pour les bâtiments souterrains, avec Malcolm Wells (1926-2009). Les chocs pétroliers de 1973 et 1976 ont à nouveau posé les questions d’autosuffisances, ce qui explique alors cette tendance de construction souterraine à haute performance énergétique et à faible impact sur l’environnement. Les embargos pétroliers ont suscité de grands bouleversements dans les pays industrialisés, très dépendants de cette ressource naturelle limitée. S’en dégagea une volonté d’affranchissement de la dépendance de ressources non renouvelables. C’est à cette époque que l’architecte américain Edward Mazria prit conscience des avantages considérables de l’accumulation solaire passive dans la réduction des quantités d’énergies indispensable pour l’éclairage et le chauffage d’un bâtiment.
À partir des années 1970 est apparu la vague de commissions, de législation et de conventions internationales autour des questions environnementales, sociales et économiques que pose le nouveau monde globalisé, comme la commission Brandt, le rapport Brundtland ou encore le Sommet de la Terre de Rio. C’est ainsi qu’a pu se dessiner l’entrelacement complexe entre les droits de l’homme, les questions environnementales, les conditions de vie et la croissance économique. L’architecture eut alors un rôle crucial à jouer dans la mise en place de ce dynamisme écologique. En effet, architectes et urbanistes ont vu leur responsabilité évoluer, contraints de s’intéresser aux problèmes socioéconomiques et géopolitiques, induits notamment par la structure actuelle de l’industrie du bâtiment, source majeure de nuisances causées à l’environnement et à l’homme.
Les années 1960 et 1970 ont connu aussi l’émergence d’un nouveau courant : l’esthétique éco-tech. Il s’agit alors de s’en remettre à la science pour répondre aux questions de gestion et d’intégration de l’environnement. Les principaux pionniers de ce nouveau courant high-tech furent notamment les architectes Nicolas Grimshaw, Norman Foster, Richard Rogers ainsi que Michael Hopkins. Leurs œuvres tendaient à s’appuyer sur les solutions technologiques. La réalisation en 1997 de la Commerzbank Tower à Francfort-sur-le-main par Foster & Partners marque l’irruption du développement durable dans l’architecture des gratte-ciels. Le bâtiment fut reconnu à son achèvement comme le plus haut gratte-ciel écologique du monde.
L’architecte malaisien Ken Yeang (né en 1948), persuadé que la croissance démographique impose le gratte-ciel aux urbanistes, perfectionne cette forme moderne de construction selon les critères d’architecture bioclimatique à travers sa théorie du design écologique. En effet, il a recours dans ses édifices, à l’utilisation d’un ensemble de techniques d’énergies douces ou passives, à travers un travail consciencieux sur la configuration du bâtiment, la sélection des matériaux, l’orientation par rapport au soleil et au vent, la ventilation naturelle… Son immeuble Menara Mesiaga achevé en 1992 à Subang Jaya constitue un exemple très pertinent de ses réalisations.
Énergie durable