En grammaire française, la catégorie du nom est susceptible de varier selon le genre grammatical (masculin ou féminin) et selon le nombre grammatical (singulier ou pluriel). Ce genre et ce nombre sont généralement indiqués par le déterminant.

Genre du nom Le français a deux genres : les noms sont soit masculins, soit féminins.

Le français a perdu l'usage de noms neutres qui existait en latin, et reste présent par exemple en grec, allemand ou dans les langues slaves (voir Genre grammatical). Seuls certains pronoms (on, ce, ceci, cela, ça, y, en, quelque chose, autrui…) ainsi que les formes verbales impersonnelles (infinitif, participe présent…) peuvent être considérés comme neutres.

Le genre d'un nom renvoyant à un animé sexué (être humain ou animal) correspond habituellement à son sexe (masculin pour le sexe mâle, et féminin pour le sexe femelle), mais il existe des exceptions. Par exemple, le nom basse est du genre féminin bien que désignant un individu de sexe mâle, possesseur de ce type de voix (même phénomène pour : une brute, une ordonnance, une sentinelle, une vedette, une victime). Inversement, le nom soprano est du genre masculin bien que désignant (le plus souvent) un individu de sexe féminin, possesseur de ce type de voix. On notera également qu'un grand nombre de noms exclusivement masculins peuvent désigner des humains de sexe féminin : un escroc, un individu, un laideron, un mannequin, un médecin, un témoin.

Par ailleurs, un très grand nombre de noms d'animaux sexués ne possèdent qu'un genre. Par exemple, le nom phoque est exclusivement du genre masculin, tandis que le nom girafe est exclusivement du genre féminin.

Certains noms sont dits épicènes (c'est-à-dire que leur forme est la même pour les deux genres, une forme mixte, donc), et dans ce cas, seul le déterminant permet de préciser le genre : « Un enfant, une enfant »

D'autres noms possèdent un homonyme du genre opposé, et dans ce cas, le déterminant, en indiquant le genre, indique également le sens : Un livre / une livre ; le physique / la physique ; un somme / une somme.

Fréquence et évolution Le français comporte « à peu près autant de noms masculins que de noms féminins ». Plus exactement, sur un échantillon de noms, 56 % sont masculins et 44 % sont féminins. Les néologismes sont plus souvent masculins. Plus généralement la prééminence du genre masculin est due à son statut de « genre non marqué ». En effet le masculin est souvent utilisé pour décrire des concepts « neutres ». Pour les emprunts, le français conserve souvent le genre de la langue d'origine. Si le mot est du genre neutre, comme en allemand, il devient souvent masculin en françaisRoché M.. Le masculin est-il plus productif que le féminin ?. In: Langue française. Vol. 96 . La productivité lexicale. . doi : 10.3406/lfr.1992.5785 url : /web/revues/home/prescript/article/lfr_0023-8368_1992_num_96_1_5785 Consulté le 15 juillet 2015. Dans le cas où la langue d'origine ne dispose pas de genres, comme en anglais, la grande majorité (plus de 80 %) des emprunts deviennent masculinsL'attribution du genre aux emprunts à l'anglais, Jonathon Guilford, La Linguistique, Vol. 35, Fasc. 1 (1999), , Presses Universitaires de France, https://www.jstor.org/stable/30249173.

Principe du e final au féminin Lorsqu'un nom concerne une personne ou un animal sexué, et à part les exceptions signalées ci-dessus, ce nom doit normalement prendre la marque de l'un et de l'autre genre. Si l'on part d'un nom masculin, c'est en principe le « e » final qui constitue la marque du féminin :

Le marchand / La marchande.

Donc, un nom terminé par « e » au masculin doit normalement rester invariable au féminin (forme épicène) : Un adulte / une adulte ; un artiste / une artiste ; un élève / une élève ; un journaliste / une journaliste ; un libraire / une libraire ; un secrétaire / une secrétaire… Exceptions : le maître / la maîtresse ; l'âne / l'ânesse ; le comte / la comtesse ; l'hôte / l'hôtesse...

Les noms tronqués restent également invariables au féminin : Le prof / la prof ; le dactylo / la dactylo ; un para (-chutiste) / une para ; le métallo / la métallo...

Exceptions au principe Mots masculins terminés par « -teur » Le féminin des mots masculins terminés par « -teur » se termine par « -teuse », à condition qu'il existe un verbe correspondant comportant un « t » dans sa terminaison : Un chanteur / une chanteuse (verbe chanter) ; un rapporteur / une rapporteuse (verbe rapporter) ; un menteur / une menteuse (verbe mentir)... Exceptions : Un éditeur / une éditrice ; un inspecteur / une inspectrice ; un exécuteur / une exécutrice...

Ce féminin se termine par « -trice » lorsqu'il n'existe aucun verbe correspondant comportant un « t » dans sa terminaison : Un éducateur / une éducatrice ; un lecteur / une lectrice ; un rédacteur / une rédactrice ; le directeur / la directrice... Exception : Le docteur / la doctoresse

Mots masculins terminés par « -eur » Le féminin des mots masculins terminés par « -eur » (autres que ceux terminés par « -teur ») se termine par « -euse », à condition qu'il existe un verbe en rapport sémantique direct : Un carreleur / une carreleuse (verbe carreler) ; un chercheur / une chercheuse (verbe chercher) ; un vendeur / une vendeuse (verbe vendre)... Exception : Un chasseur / une chasseresse

Ce féminin revêt des formes différentes lorsqu'il n'existe aucun verbe correspondant : Un chroniqueur / une chroniqueuse ; un ambassadeur / une ambassadrice ; un empereur / une impératrice...

Et beaucoup de noms masculins ne possèdent pas de féminin « naturel » : Un ingénieur, un procureur, un professeur...

Mots masculins terminés par une consonne Le féminin des mots masculins terminés par une consonne (autre que « -eur ») suit habituellement la règle de l'adjonction du « e » final (un ami / une amie): un éléphant / une éléphante

Ce principe entraîne parfois une consonne redoublée, une modification d'accent, un changement de lettre ou encore, une modification de prononciation : Un chat / une chatte ; un lapin / une lapine ; un époux / une épouse ; un veuf / une veuve ; un bourgeois / une bourgeoise ; un épicier / une épicière… Exceptions : Le héros / l'héroïne ; le compagnon, la compagne…

Noms complètement différents L'homme / la femme ; le garçon / la fille ; le frère / la sœur ; le cerf / la biche ; le cheval / la jument…

Féminisation des noms de métiers

(Voir l'article plus complet Féminisation des noms de métiers en français)

Nous savons que de nombreux noms de personnes ne possèdent qu'un genre, genre qui ne correspond absolument pas au sexe du référent : Par exemple, un « tyran » ou un « génie » ont beau être du genre masculin, ils n'en sont pas moins capables de désigner un homme aussi bien qu'une femme. De la même façon, une « canaille » ou une « andouille » ont beau être du genre féminin, ils sont cependant susceptibles de désigner un individu de n'importe quel sexe.

On dit parfois dans ce cas que de tels noms ont une valeur sémantiquement neutre du point de vue du sexe de la personne désignée (le référent humain).

Cependant, de nombreux usagers de la langue française font à ce propos un certain nombre d'observations : Un grand nombre de noms de métiers (ou de fonctions) n'existent qu'au masculin : Ministre ; préfet ; magistrat ; chef ; marin ; médecin… Lorsque les noms féminins existent, ils ont souvent une connotation péjorative : Maître (celui qui commande ou celui qui possède un savoir) / maîtresse (objet sexuel) Entraîneur (un sportif expérimenté) / entraîneuse (objet sexuel) ; etc.

Dans la perspective de corriger ces « anomalies lexicales », et afin que l'évolution de la société soit reflétée dans la langue officielle, un certain nombre de lois ont été votées depuis les années 1980, dans plusieurs pays francophones, visant à forcer les règles traditionnelles de la grammaire en matière de formation du féminin, de sorte que pour tout métier ou fonction, il puisse exister, à côté de la forme masculine, une forme féminine, bien sûr dépourvue de toute connotation péjorative.

De nombreux grammairiens se sont insurgés contre cette prise de pouvoir du politique sur le linguistique, estimant que l'État n'avait pas à intervenir dans ce genre de question, et accusant au passage les politiciens ayant donné suite à cette initiative, d'opportunistes ou de démagogues…

Cette initiative a eu pour conséquence l'apparition de nouveaux noms féminins : Une ministre ; une peintre ; une maçonne ; une préfète ; une magistrate ; une agente ; une chercheuse ; une contrôleuse ; une professeur; une professeure

C'est ainsi que désormais, les partisans de l'évolution « forcée » (ceux qui jugent nécessaire l'intervention de la loi) diront par exemple : Une ministre, tandis que les partisans de l'évolution « naturelle » (ceux qui préfèrent le respect de l'usage) continueront de dire, par exemple : Une femme ministre (ou un ministre femme).

Nombre du nom En principe, un nom doit pouvoir varier en nombre.

Certains cependant ne sont utilisés qu'au pluriel : Les alentours ; les archives ; les bestiaux ; les condoléances ; les fiançailles ; les victuailles…

Inversement, un certain nombre de noms ne connaissent que le singulier : L'argent ; la botanique ; la fragilité ; le midi ; le nord ; l'odorat ; le prochain…

Enfin, certains noms s'emploient indifféremment au singulier ou au pluriel, sans que leur nombre soit sémantiquement modifié : Le cabinet / les cabinets ; un ciseau / des ciseaux ; un escalier / des escaliers ; une moustache / des moustaches ; la noce / les noces ; un pantalon / des pantalons…

Principe de la formation du pluriel En principe, le « s » final (muet) constitue la marque du pluriel (« es » au féminin pluriel) :

Le voisin / les voisins ; la voisine / les voisines ; un homme / des hommes ; un loup / des loups…

Le « x » et le « z » constituent également la marque du pluriel. Donc, un mot déjà terminé par « s », « x » ou « z » au singulier reste invariable au pluriel : Un tas / des tas ; un autobus / des autobus... Un choix / des choix ; un fax / des fax... Un gaz / des gaz ; un nez / des nez...

Exceptions au principe Certaines exceptions sont purement orthographiques, sans incidence sur la prononciation, d'autres sont de nature phonétique.

Exceptions purement orthographiques (pluriels en « x ») Les noms bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou et pou, font leur pluriel en « x » (les autres noms terminés par « -ou » font leur pluriel en « s ») : Un trou / des trous ; un pou / des poux…

Les noms terminés par « -eau », « -au » ou « -eu » font leur pluriel en « x » (sauf bleu, émeu, lieu (le poisson), pneu, landau et sarrau, qui font leur pluriel en « s ») : Un bateau / des bateaux ; un fléau / des fléaux ; un jeu / des jeux ; un pneu / des pneus ; un bleu / des bleus ; un landau / des landaus…

Exceptions purement phonétiques Quelques noms modifient leur prononciation sans constituer véritablement une exception du seul point de vue de l'orthographe : Un os / des os ; un bœuf / des bœufs ; un œuf / des œufs…

Exceptions de nature phonétique et orthographique Un certain nombre de noms produisent une modification phonétique aussi bien qu'orthographique. Il s'agit des pluriels en « -aux ».

Historiquement, la prononciation de la marque du pluriel a produit des modifications de la vocalisation, qui à son tour a été entérinée par l'orthographe. En particulier, les noms terminés en « -al » ou « -ail » ont été touchés, d'autant plus qu'ils étaient plus fréquemment utilisés : les « als » et « ails », se sont convertis en « au » dans la prononciation (les français assez vieux en 2004 pour se souvenir du « global-s » d'un homme politique célèbre pour son parler populaire, et des imitations qu'il a suscitées, comprendront mieux que d'autres cette évolution), et ont été munis d'un « x » (muet) comme marque du pluriel.