Cagliari (, , ) est la capitale de l'île de Sardaigne, région autonome. d'Italie. Le nom sarde de Cagliari, , signifie « château ». La commune compte environ en 2016 Bilan mensuel par province sur le site de l'ISTAT., et on en compte plus de dans l'ensemble de sa ville métropolitaine, qui comprend Elmas, Assemini, Capoterra, Selargius, Sestu, Monserrato, Quartucciu, Quartu Sant'Elena et huit autres communes.
Ville ancienne avec une longue histoire, Cagliari a vu le passage de plusieurs civilisations. Sous les bâtiments de la ville moderne, il y a une stratification archéologique témoignant d'une présence humaine depuis le Néolithique. Il y a quelques domus de Janas, une grande nécropole de l'époque carthaginoise, un amphithéâtre de l'époque romaine, une basilique byzantine, deux tours de l'époque de Pise, un système de fortifications qui faisait de la ville le centre de la puissance de l'Espagne impériale des Habsbourg dans la mer Méditerranée occidentale. De 1324 à 1848, Cagliari fut la capitale du , devenu royaume d'Italie en 1861, quand Turin fut érigée en capitale officielle. La ville est le centre politique, éducatif, culturel et artistique économique et industriel de la Sardaigne, connue pour son architecture Art nouveau. Elle possède l'un des plus grands ports de la Méditerranée, un aéroport international, et son revenu est comparable à celui de plusieurs villes du Nord de l'Italie.
La ville est le siège de l'université de Cagliari depuis 1607, et de l'archidiocèse primatial de Sardaigne depuis le .
Géographie Site vignette|gauche|Vue aérienne de Cagliari. La ville de Cagliari est située dans le sud de la Sardaigne, au centre du golfe éponyme, également appelée ainsi à cause d'une ancienne légende Golfo degli Angeli (baie des Anges). La ville s'étend sur et autour de la colline du quartier historique de Castello et de neuf autres collines calcaires remontant au Miocène supérieur et qui culminent à une centaine de mètres au-dessus du Campidano.
La plaine est un graben formée lors de l'orogenèse alpine du Cénozoïque, qui séparait la Sardaigne du continent européen, au niveau du golfe du Lion en France, et dont les mouvements tectoniques ont formé le relief paléozoïque de l'îleAtlante della Sardegna, R. Pracchi et A. Terrosu Asole, Éditrice la Zattera, Cagliari, 1971. Les sédiments calcaires laissés par l'intrusion répétée de la mer ont formé la série de collines qui caractérisent le territoire de Cagliari : le mont Urpinu, siège de la ville fortifiée près du port et lieu de naissance de la ville ; la colline de Saint Elias, ou Sella del Diavolo (La selle du diable) par sa forme ; Tuvumannu et Tuvixeddu, lieu où se situe l'ancienne nécropole romaine et punique ; la petite colline de Bonaria, où se dresse la basilique homonyme, et la colline de Saint Michele, au sommet de laquelle se trouve le château éponyme.
La ville moderne a occupé les espaces plats situés entre les collines et la mer au sud et au sud-est, le long de la plage du Poetto, les lagunes et étangs de Santa Gilla et Is Molentargius, restes d'intrusions marines récentes, dans un paysage articulé entre la baie, la plaine, les montagnes qui l'entourent à l'est (Sette fratelli (Sept Frères) et Serpeddì) et à l'ouest (montagnes de Capoterra).
Climat Cagliari dispose d'un net climat méditerranéen (Csa dans la classification de climat de Koppen) avec des étés chauds et secs et des hivers doux. La température maximale moyenne en été est de . En hiver, la température varie de à . En cas de vague de froid, la température peut s'abaisser à .
En été, dès le mois de juin et jusqu'au mois de septembre, les précipitations deviennent quasiment inexistantes. Le mois d'octobre débute la période du changement de temps avec le retour de la pluie et des orages. L'hiver est humide avec le plus grand cumul de pluie de l'année.
Les vents dominants qui soufflent sont le mistral, vent de secteur nord-ouest, et le sirocco, vent de secteur sud, provenant du désert, et provoquant des températures caniculaires sur la ville et l'ensemble de la Sardaigne durant quelques jours.
Histoire vignette|gauche|Céramique de la culture de Monte Claro, Musée archéologique national de Cagliari. Préhistoire Certains Domus de Janas et les restes de huttes des et millénaires découverts dans la zone Saint-Barthélemy, sur la colline de Saint-Élie, confirment que la zone où se trouve aujourd'hui la ville a été habitée dès le Néolithique. Les ressources de la mer, des étangs, des terres arides et partiellement rocheuses, mais adaptées aux céréales et à certaines cultures horticoles, ont assuré la subsistance de la population de la période prénuragique. Les objets de la culture de Monte Claro appartiennent à l'âge du cuivre. Ils sont répartis dans l'île Monte Claro qui tire son nom de la colline homonyme de Cagliari Giovanni Lilliu, La Civiltà dei Sardi. Dal paleolitico all'età dei nuraghi, Il Maestrale, 2004, . Les découvertes archéologiques de l'âge du bronze, comme la poterie mycénienne trouvée dans les nuraghe Antigori à Sarroch, font penser que la culture nuragique implantée à Cagliari avait lié des liens commerciaux et culturels avec les Mycéniens attestant d'une activité portuaire intense.
Antiquité
Colonie phénicienne vignette|gauche|Nécropole de Tuvixeddu. Autour du quand les Phéniciens commencent à fréquenter la région du golfe des Anges, Krly ou Karel est un magasin ou un comptoir. Le passage du De Bello Gildonico de Claudien () spécifie que Cagliari a été fondée par des gens provenant de la ville de Tyr, et au aurait connu sa période la plus prospère en tant que puissance commerciale entre l'Orient et l'Occident de la Méditerranée, et serait à l'origine de la fondation de Carthage. D'après Sextus Pompée Festus, c'était la thalassocratie de TyrSextus Pompée Festus, De verborum significatu, (Tyrie maria). Le premier noyau de la Cagliari phénicienne semble se situer près de l'étang de Santa Gilla, mais peu à peu le centre-ville s'est déplacé vers l'est jusqu'à l'actuelle place du Carmel (Piazza del Carmine).
Ère punique Pendant l'ère punique, à partir de la fin du , la ville prend l'aspect d'un véritable centre urbain et de nombreux temples sont construits, dont celui dédié à la déesse Astarté, qui se trouvait près du promontoire de Saint-Élie. La ville comportait deux cimetières, un au Nord-Ouest qui correspond à la nécropole de Tuvixeddu, considérée comme la plus grande nécropole punique, et un au Sud-Est situé sur la colline de Bonaria. Le Tophet, la nécropole de crémation où sont déposées les urnes des enfants, se trouvait dans la zone appelée actuellement Campo Scipione -San Paolo.
Époque romaine
Devenue la principale ville de l'île, Krly devient romaine en l'an 238 quant à la suite de la première guerre punique la Sardaigne et la Corse sont occupées par l'armée de Sempronius Gracchus. Au cours de la première période de la domination romaine, l'aspect de la ville change mais la Caralis romaine conserve son rôle de métropole sarde..
Caralis (ou Karales) est la capitale de la province romaine de Sardaigne et Corse, élevée au rang de municipe à la suite de la guerre civile entre Jules César et Pompée. En effet, César lui accorde ce statut afin de la remercier de sa fidélité pendant la guerre. Tous les habitants de Caralis obtiennent ainsi la citoyenneté romaine et sont inscrits dans la tribu Quirina. Le territoire de la ville comprend la plaine du Campidano jusqu'à SanluriAttilio Mastino (cura di un), Storia della Sardegna antica, Il Maestrale, Nuoro, 2005.. À la mort de César, les citoyens restent fidèles à son fils adoptif Octave Auguste, d'abord contre Sextus Pompée, ensuite contre Marc Antoine. Une période de prospérité et de calme politique et économique suit la victoire d'Octave.
Caralis, avec environ , est la ville la plus grande et la plus peuplée de l'île et la plus importante du bassin méditerranéen occidental pendant la République et l'Empire romain. La ville bénéficie d'importantes liaisons routières avec les principales villes de l'île comme Sulki par la route côtière occidentale. D'autres voies traversaient la vallée de Cixerri, la côte orientale vers Olbia et Tibula. Une route traversait le centre de l'île pour relier la côte du nord, sans oublier la route qui est devenue l'actuelle Carlo FeliceItinerarium Provinciarum Antonini Augusti, édité par Peter Wesseling, Amsterdam, 1735, 84; la ville est également équipée d'un amphithéâtre avec une capacité d'environ , de temples, de villas et d'aqueducs qui l'alimentent en eau courante à partir probablement des sources de Domusnovas et CaputAquas, aux alentours d'Iglesias. La ville est dotée depuis l'époque punique de nombreuses et grandes citernes creusées dans la roche afin de recueillir l'eau de pluie, celles-ci sont encore visibles à divers endroits de la ville. La cité comptait au moins trois cimetières, un dans la nécropole punique de Tuvixeddu, un autre dans la zone autour des églises de Saint-Lucifer, de Saint-Saturne et de la colline de Bonaria, et un troisième situé dans l'actuel Viale Regina Margherita, où furent enterrés les classiari du détachement de marins de la flotte de Misène qui était stationnée dans le port de la ville. Le long de la route principale de la ville vers Turris, à côté de la nécropole punique, a été construit un tombeau mausolée, connu comme la grotte de la vipère, que Philippus Cassius consacra à son épouse Attilia Pomptilla. Celui-ci fut décoré avec un cycle de carmina grecs et latins.
Parmi les principales activités économiques, il faut mentionner l'extraction du sel des salines entre Caralis et Quartu et son exportation vers les autres provinces de l'empire avec le grain, le cuir tanné dans des établissements près du port et d'autres produits des mines sardes.
À l'époque romaine, grâce à l'administration du préfet de la province, la ville conserve les institutions d'origine carthaginoise comme les suffètes, magistrats qui sont élus chaque année jusqu'au moment où le titre de Municipum (municipe) est octroyé. À cette occasion, selon certains chercheursPiero Meloni, La Sardegna romana, Chiarella, Sassari 1990, une pièce de monnaie fut frappée avec les noms des deux derniers suffètes de la ville.
Un fragment existant de Varron, poète latin du mentionne : Munitus Vicus Carali, qui signifie ville fortifiée de Caralis, Castellum en latin populaire. Un écrivain local de la Renaissance, Roderigo Hunno Baeza, décrit la ville romaine, les ruines qui restaient en son temps, comme une Arx (citadelle) sur la colline, d'où la Via Sacra descendait jusqu'au portRoderigo Hunno Baeza, Caralys Panégyrique, manuscrit à Cagliari Bibliothèque universitaire ()F. Barreca, La Civiltà Fenicio punica en Sardaigne, Carlo Delfino Editore, Sassari 1988Dionogi Scano, Forma Karalis, Edizioni 3T 1989Mauro Podda, La Sardegna e il faggio - Sardegna Antica n ° 30
Pour l'historien Florus, qui vécut entre le et le , Caralis était déjà la ville des villes de la SardaigneLucius Annaeus Florus, De Chorographia bellorum omnium annorum DCC, Libri II, Epit. XXII , 35 urbemque urbium Caralim pendant les guerres puniques, et pour le géographe Pomponius Mela, qui vécut au , Caralis était déjà une très vieille villePomponius Mela, De Chorographia, Liber II , 108, urbium antiquissimae Caralis .
Claudien décrit la ville de Caralis au :
Claudien décrit Caralis comme une ville « qui s'étend sur une longueur considérable vers le promontoire dont la projection dans la mer créé un port, qui permet un bon ancrage aux grands navires mais n'est pas seulement une rade bien à l'abri ; mais la ville possède un autre abri, un grand lac d'eau salée ou lagon qui se trouve à proximité de la ville et est appelé l'étang de Cagliari »Claudien B. . . Gild 520-24.