Joseph Dassin, dit Joe Dassin, né le à New York (États-Unis) et mort le à Papeete (Polynésie française), est un chanteur, compositeur et écrivain .

En seize ans de carrière (1964-1980), il a connu de nombreux succès en France et dans la francophonie, ainsi qu'en chantant dans d'autres langues qu'en français. Il a fait carrière en Union soviétique, en Finlande, en Grèce et en AllemagneD'après une de ses interviews, rediffusée sur France 2 dans l'émission Vivement dimanche le , ses ventes de chansons dans d'autres langues que le français représentaient les deux tiers de son chiffre d'affaires.Succès de Joe Dassin, sur http://artisteschartsventes.blogspot.fr -consulté le 29 janvier 2015.. Outre le français, il pratiquait l'anglais, sa langue maternelle, l'espagnol, le grec et l'italien, et avait des notions de russe et d'allemand.

Au total, Joe Dassin a vendu près de de disques dans le monde.

Biographie Naissance et famille

Joseph IraLe second prénom, Ira, est choisi par sa mère en hommage à Ira Gershwin, qu'elle apprécie particulièrement. Dassin est le fils de Jules Dassin (1911-2008), réalisateur de films, et de Béatrice Launer (1913-1994), violoniste virtuose, tous deux de nationalité américaine The Julliard School of Music, The Baton, , sur le site juilliard.edu, . Il a deux sœurs, Richelle (surnommée « Ricky »), née en 1940, et Julie (surnommée « la Petite ») née en 1944. Son grand-père, Samuel Dassin, était un immigré juif originaire d'Odessa en Ukraine. À son arrivée aux États-Unis d'Amérique, alors qu'il ne parle pas anglais et ne parvient pas à faire comprendre son vrai nom, les services d'immigration l'enregistrent sous le nom de « Dassin », dérivé d'Odessa.

Années 1940 à 1960 Jeunesse Ses parents habitent New York puis Los Angeles où il apprend le piano, le banjo et la guitare auprès de sa mère. Son père ayant brièvement appartenu au Parti communiste américain (jusqu'à la conclusion du pacte germano-soviétique) est dénoncé par un membre du parti, le réalisateur Edward Dmytryk, désireux de s'affranchir des soupçons qui pèsent sur lui, et cédant à la pression de la commission des activités anti-américaines. Aussi la famille s'expatrie-t-elle en 1950 en Europe où elle déménage de nombreuses fois. Suivant son père dans ses tournages, Joe Dassin connaît onze écoles : il étudie notamment dans plusieurs collèges en Angleterre, en Italie, à l'École internationale de Genève et à l'Institut Le Rosey, en SuisseGhislain de Montalembert, « Le Rosey : le pensionnat de la jeunesse dorée », Le Figaro Magazine, semaine du 28 février 2020, .. Il obtient son baccalauréat en 1956 à Grenoble, avec la mention bien.

Supportant mal la séparation de ses parents en 1954, il décide de venger son père, chassé comme un paria, en regagnant les États-Unis. Il y finance ses études par différents travaux (plongeur dans un restaurant, chauffeur-livreur, testeur psychologique, DJ dans la radio WCX de Détroit) ou en interprétant, dans les cafés autour du campus ou lors de mariages, des airs de son chanteur préféré Georges Brassens, mais il est trop timide pour chanter devant un vrai public. C'est en fréquentant le milieu musical qu'il fait la connaissance de Pete Seeger et de Bob Dylan.

Après trois années en faculté de médecine à l'université du Michigan qui n'aboutissent pas, il se réoriente vers les sciences humaines et décroche une licence d'anthropologie avec mention en 1961. Deux ans plus tard, il soutient son mémoire de Master of Arts en anthropologie sur la tribu des autochtones HopisLes masques hopis adjugés et vendus, La Croix, 12 avril 2013. Son diplôme en poche, il est réformé par les autorités militaires à cause d'un souffle au cœur. Alors qu'il envisage une carrière d'écrivain, il revient fin 1963 en France où il rejoint sa mère et ses sœurs. Il y écrit un roman et des nouvelles, écrit pour des magazines américains (New Yorker, Playboy), travaille comme technicien pour son père, puis fait quelques figurations dans ses films.

Cinéma Son père l'engage comme assistant sur le tournage de Topkapi, film où il fait une brève apparition dans le rôle de Josef. L'année suivante, en 1964, il double des films américains. En 1965, il apparaît dans le film Nick Carter et le Trèfle rouge de Jean-Paul Savignac, aux côtés d'Eddie Constantine, Nicole Courcel et Graziella Galvani, et dans Lady L.. Entre les deux, il est assistant-metteur en scène sur le tournage de Quoi de neuf, Pussycat ?

Les débuts dans la chanson (1964-1965) Le , il rencontre Maryse Massiéra, à un bal costumé chez Eddie Barclay et c'est le coup de foudre. Il lui chante ses chansons, et Maryse décide de faire graver l'une d'elles sur un disque simple pour le lui offrir pour son anniversaire. Elle contacte Catherine Régnier, secrétaire chez CBS Records, entreprise récemment installée en France afin d'y distribuer les disques de ses stars américaines. Maryse fait donc passer à son amie une bande sur laquelle Joe Dassin entonne un folk song américain, Freight Train. À l'écoute de la bande, CBS est convaincue de lancer son premier artiste francophone, et, le , Joe Dassin, premier résident français à signer avec une maison de disques américaine, enregistre quatre titres (dont Je change un peu de vent, version française de Freight Train), accompagné par l'orchestre d'Oswald d'Andréa, dont deux chansons sont signées Jean-Michel Rivat et Frank ThomasPressé à entre le 5 et le 12 février, le disque ne sera quasiment pas distribué..

Au mois de , il sort un nouvel EP dont le titre phare est Je vais mon chemin. Ce deuxième disque est un échec. Il ne s'écoule qu'à environ. Et si, en ce début de carrière, Joe Dassin a quelquefois l'occasion d'interpréter ses chansons à la télévision (notamment Je change un peu de vent et Je vais mon chemin), les médias s'intéressent plus à lui en tant que fils de Jules Dassin qu'en tant que chanteur.

Début du succès (1965-1966) Son troisième EP sort à la fin de l'année 1965. Si Bip bip ne marque pas encore le marché du disque (environ sont écoulés), ce titre devient son premier succès d'estime. C'est l'adaptation d'un titre chanté en portugais par Roberto Carlos [le Monsieur Rock'n Roll brésilien], O Calhambeque, extrait de son album E proibido fumar. C'est en tout cas son premier vrai succès radio et, pour la première fois de sa carrière, Joe Dassin fait son apparition dans les hit-parades. Le , Jacques Souplet, nouveau PDG de CBS France, lui présente celui qui deviendra son producteur et ami, Jacques Plait.

En , il sort son quatrième EP (son premier en collaboration avec Jacques Plait). Deux titres sortent rapidement du lot : Ça m'avance à quoi et Comme la Lune. Si les ventes sont encore modestes, les titres passent beaucoup en radio et contribuent à la popularité grandissante du chanteur. Joe Dassin est plus que jamais catalogué parmi les chanteurs de folk song français. Au cours de l'été, il sort son premier single, Guantanamera, et l'adaptation d'un traditionnel, Katy Cruel. Guantanamera n'est pas un succès qui est propre à Dassin (la chanson sera interprétée entre autres par Nana Mouskouri) .

Joe Dassin donne également son premier concert en public à l'Ancienne Belgique à Bruxelles. À la fin de l'année, il sort un nouvel EP, (Excuse me lady), ainsi que le tout premier album de sa carrière, Joe Dassin à New-York, album qu'il enregistre à New York. Cette sortie ne rencontre toujours pas le succès commercial, même si Joe Dassin continue lentement sa progression dans les hit-parades.

Reconnaissance (1967-1968) En , André Salvet et Bernard Chevry créent le Midem que Joe Dassin va présenter en deux langues. Il sort aussi un nouvel EP le et, cette fois-ci, obtient le premier vrai réel succès de sa carrière avec Les DaltonLa chanson est composée par Joe Dassin lui-même (pour la musique), et il la destine à Henri Salvador, estimant qu'il ne peut pas chanter une telle chanson comique. À la suite de l'insistance de Jacques Plait, Joe Dassin se décide à enregistrer le titre. Lors de l'enregistrement, Joe Dassin et Jacques Plait ne sont pas d'accord sur le choix de la face A. Jacques Plait reste persuadé que Les Dalton peuvent devenir un gros succès et Joe Dassin croit plus en une autre de ses compositions Viens voir le loup. qui se classe du hit-parade français.. Viens voir le loup, titre de la face B, est éclipsé et n'obtient qu'un succès d'estime. Sur ce disque, figure la chanson Hello hello qui reste le premier texte de Claude Lemesle écrit pour Joe Dassin. Au cours de l'émission les « Salves d’Or » d'Henri Salvador et dans laquelle il interprète Les Dalton, Jacqueline Salvador lui suggère de chanter en costume blanc qui capte mieux la lumière, conseil qu'il suivra scrupuleusement.

À l'automne 1967, il signe Bébé requin pour France Gall et enregistre un nouveau single composé de Marie-Jeanne et Tout bébé a besoin d'une maman. Marie-Jeanne est l'adaptation française d'Ode to Billie Joe de la chanteuse américaine Bobbie Gentry, premier titre au hit-parade aux États-Unis dès . À sa sortie, elle n'est pas encore le classique qu'elle devient par la suite : le disque ne s'écoule qu'à environ. C'est à la suite du passage à l'Olympia en 1969, que Marie-Jeanne trouve le succès. Quant au , il est dans la lignée des Dalton. À la fin de l'année, Joe Dassin sort son nouvel album, Les Deux Mondes de Joe Dassin. Outre ses succès de 1967, l'album présente quelques reprises de standards américains.

En sort le nouveau single de Joe Dassin avec La Bande à Bonnot. La chanson devient un classique de l'artiste au fur et à mesure des années. Moins d’un mois plus tard, il sort un nouveau 45 tours, Siffler sur la colline. En pleine période de mai 68, le titre rencontre un grand succès commercial : plus de sont vendus en France.. Joe Dassin devient avec ce titre une véritable vedette et confirme son succès en , en sortant Ma bonne étoile, une reprise d'une chanson italienne (comme Siffler sur la colline) avec des paroles de Pierre Delanoë. Le titre s'installe en tête des hit-parades et s'écoule également à plus de . Cette période marque également la fin de la collaboration entre Joe Dassin, Jean-Michel Rivat et Franck Thomas. Le nouveau parolier favori de Joe Dassin devient donc Pierre Delanoë. En , Le Petit Pain au chocolat, toujours adapté de l'italien par Pierre Delanoë, devient son nouveau grand succès (.). La face B est Le Temps des œufs au plat, signée Ricky Dassin et Claude Lemesle.

Tournées et récompenses (1969) Le , Joe Dassin est victime d'un premier infarctus. Reprenant ses tournées, il rencontre Boby Lapointe, qui lui présente Georges Brassens et l'emmène en tournée. L'année 1969 se poursuit par Les Champs-Élysées, une adaptation en français par Pierre Delanoë de Waterloo Road, une chanson britannique de Lionel Morton, et Le Chemin de papa, cosigné par Dassin et Delanoë. Les Champs-Élysées s'écoule à et devient l'un des plus grands succès de Joe Dassin, qui sera par la suite traduite en plusieurs langues (allemand, italien, anglais, japonais) et est également très célèbre en Russie.

Le , Joe Dassin termine sa tournée à l'Olympia avant de recevoir le grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros pour l'album Le Chemin de papa, dans lequel il reprend l'ensemble de ses succès (La Bande à Bonnot, Siffler sur la colline, Ma bonne étoile, Le Petit Pain au chocolat, Les Champs-Élysées, Le Chemin de papa ou encore Mon village du bout du monde). Joe Dassin est devenu en deux ans l'une des plus grandes vedettes françaises, et ses concerts affichent désormais complet.

Pour la première fois, il est classé au hit allemand avec Die Champs-Élysées (). Début 1970, il sort un nouveau single composé de deux nouveaux titres : C'est la vie, Lily et Billy le Bordelais. Le disque s'écoule à .. À la suite du titre Billy le Bordelais (une de ses compositions), Joe Dassin est intronisé « Compagnon de Bordeaux » par le conseil de la ville.

Années 1970 L'Amérique et nouveaux tubes (1970)