André Luguet, né le à Fontenay-sous-Bois (Seine) et mort le à Cannes (Alpes-Maritimes), est un acteur, réalisateur et scénariste français.
Biographie Jeunesse et études André Luguet naît le à Fontenay-sous-Bois (Seine)Acte n°39 (vue 86/116) avec mentions marginales, registre des naissances de l'année 1892 pour la ville de Fontenay-sous-Bois, Archives départementales du Val-de-Marne.. C'est un enfant de la balle. Fils de Maurice Allioux-Luguet dit Maurice Luguet (1857-1934), directeur de l'Alhambra de Bruxelles, et de la comédienne Albertine Augustine Lainé (1865-1901), pensionnaire de la Comédie-Française, il a très tôt, lui aussi, la vocation du métier d'acteur. Il fait ses études en France et en Grande-Bretagne. Parlant couramment l'anglais, il débute dans un théâtre londonien et poursuit sa formation au Conservatoire de Paris.
Incorporé au sein du 131e régiment d'infanterie pour son service militaire en , il est classé dans le service auxiliaire pour raison médicale. Obtenant d'être déclaré bon pour le service armé sur sa demande, il part aux armées le . Il ne combat au front que onze jours. Durant ce très court laps de temps, Luguet est successivement promu caporal puis sergent, et finalement blessé d'un balle à la main gauche le au Four de Paris. Après sa guérison, il est détaché au 1er groupe d'aviation à l'école d'aviation de Buc. Il est promu adjudant en Archives de Paris, D4R1 1706, 6e bureau de recrutement de la Seine, classe 1912, feuillet matricule n°402 d'André Maurice Jean Allioux-Luguet.. Initialement versé dans l'aviation en qualité de conducteur automobile, il suit une formation de pilote sur la base aérienne de Châteauroux avant d'être affecté à l'escadrille C61 volant sur Caudron G.6 en . Il est ensuite transféré au sein de la 1ère compagnie d'ouvriers d'aviation en Mémoire des Hommes, Base des Personnels de l'aéronautique militaire, fiche d'André Allioux-Luguet.. Il est finalement démobilisé le .
Carrière artistique vignette|André Luguet dans Le Mort qui tue (1913) de Louis Feuillade. La carrière cinématographique d'André Luguet commence dès 1909 : il apparaît dans des films de Léonce Perret (L'Âme du violon) ou de Louis Feuillade (série des Fantômas). Il se spécialise dans des rôles de jeune premier plein d'humour et de désinvolture. Son charme lui vaut d'être repéré par les studios hollywoodiens. Côté théâtre, il intègre à son tour la Comédie-Française en 1925, dont il devient sociétaire de 1927. Mais s'accommodant mal avec le fonctionnement de l'institution, il démisionne en 1929 pour créer L'Ennemie d'André-Paul Antoine au théâtre Antoine.
Jacques Feyder le dirige en 1930 dans Le Spectre vert et en 1931 dans son premier film parlant, Si l'empereur savait ça. André Luguet tourne à un rythme soutenu, tantôt à la MGM, tantôt à la Warner Bros., dans des productions américaines ou des remakes adaptés par des Européens tels Buster se marie, co-réalisé par Claude Autant-Lara, ou Quand on est belle d'Arthur Robison.
De retour en France, il campe de nombreux personnages dans la tradition du théâtre de boulevard qui lui assurent un statut de vedette, jouant notamment dans Bourrachon de René Guissart en 1935 et Les Amants terribles de Marc Allégret en 1936
Sous l'Occupation, André Luguet interprète des personnages de séducteur aux tempes grisonnantes (Le Mariage de chiffon de Claude Autant-Lara en 1941). Après la Seconde Guerre mondiale, il se trouve relégué au second plan ; son style anglais le conduit néanmoins à incarner le major Thompson, personnage imaginé par Pierre Daninos, en 1955.
Cantonné à la fin de sa carrière dans des rôles de « vieux beaux », comme dans Une Parisienne (1957) de Michel Boisrond, Les Racines du ciel (1958) de John Huston et Sacrée Jeunesse (1958) d'André Berthomieu, il trouve au théâtre des rôles à sa mesure, notamment avec André Roussin dans Les Œufs de l'autruche, Lorsque l'enfant paraît et On ne sait jamais. Il est également l'auteur de quelques pièces.
André Luguet prend sa retraite dans les années 1970. Sa dernière apparition a lieu dans Les Rois maudits (1972), feuilleton télévisé de Claude Barma. Il s'installe sur la Côte d'Azur où il meurt le , à 87 ans. Il est inhumé à Cagnes-sur-Mer au cimetière ancien.
Vie privée André Luguet épouse le à Paris Yvette-Renée HéninActe n°872 (vue 18/31), registre des mariages de l'année 1920 pour le arrondissement, Archives numérisées de la Ville de Paris. (1895-1944), avec laquelle il a deux enfants : Rosine (1921-1981), également actrice, et Pierre (1923-1971).
Veuf, il épouse en secondes noces Yvonne-Maxime Karsenty le à Parmain (Seine-et-Oise).
Théâtre Comédie-Française Entrée à la Comédie-Française en 1925 ; nommé sociétaire en 1927 ; démission en 1929. 1925 : La Nuit des amants de Maurice Rostand 1925 : Robert et Marianne de Paul Géraldy 1926 : Le Cœur partagé de Lucien Besnard 1928 : Le Métier d'amant d'Edmond Sée
Hors Comédie-Française
1919 : Souris d'hôtel de Marcel Gerbidon, théâtre Femina 1920 : Une faible femme de Jacques Deval, théâtre Femina 1921 : La Tendresse d'Henry Bataille, théâtre du Vaudeville 1922 : La Belle Angevine de Maurice Donnay et André Rivoire, théâtre des Variétés 1922 : L'Homme du soir de Rip, théâtre des Capucines 1922 : Simone est comme ça d'Yves Mirande et Alex Madis, théâtre des Capucines 1923 : Les Vignes du Seigneur de Robert de Flers et Francis de Croisset, théâtre du Gymnase 1923 : Madame, opérette d'Albert Willemetz, musique de Henri Christiné, théâtre Daunou 1924 : Si je voulais… de Paul Géraldy et Robert Spitzer, théâtre du Gymnase 1929 : L'Ennemie d'André-Paul Antoine, mise en scène René Rocher, théâtre Antoine 1932 : Trois et une de Denys Amiel, mise en scène Jacques Baumer, théâtre Saint-Georges 1934 : L'École des contribuables de Louis Verneuil et Georges Berr, théâtre Marigny 1934 : Les Amants terribles de Noël Coward, mise en scène Jean Wall, théâtre Michel 1935 : Quand jouons-nous la comédie ? de Sacha Guitry, théâtre de Paris 1936 : Trois...Six...Neuf... de Michel Duran, mise en scène Jean Wall, théâtre Michel 1936 : Le Pélican ou Une étrange famille de Francis de Croisset d'après Somerset Maugham, théâtre des Ambassadeurs 1939 : Entre nous revue de Rip, théâtre des Nouveautés 1939 : Histoire de rire d'Armand Salacrou, théâtre de la Madeleine 1941 : Échec à Don Juan de Claude-André Puget, mise en scène Alice Cocéa, théâtre des Ambassadeurs 1945 : La Patronne d'André Luguet, théâtre des Nouveautés puis théâtre des Célestins en 1947 1948 : Les Mains sales de Jean-Paul Sartre, mise en scène Pierre Valde, théâtre Antoine puis théâtre des Célestins en 1949 1950 : Les Œufs de l'autruche d’André Roussin, mise en scène Pierre Fresnay, théâtre des Célestins 1950 : La mariée est trop belle de Michel Duran, mise en scène de l'auteur, théâtre Saint-Georges 1951 : La Seconde de Colette, mise en scène Jean Wall, théâtre de la Madeleine 1951 : Lorsque l'enfant paraît d’André Roussin, mise en scène Louis Ducreux, théâtre de l’Île-de-France puis théâtre des Nouveautés 1954 : L'homme qui était venu pour dîner d'après George S. Kaufman et Moss Hart, mise en scène Fernand Ledoux, théâtre Antoine 1954 : La main passe de Georges Feydeau, mise en scène Jean Meyer, théâtre Antoine 1955 : Affaire vous concernant de Jean-Pierre Conty, mise en scène Pierre Valde, théâtre des Célestins 1956 : Le Miroir d'Armand Salacrou, mise en scène Henri Rollan, théâtre des Ambassadeurs 1957 : L'École des cocottes de Paul Armont et Marcel Gerbidon, mise en scène Jacques Charon, théâtre des Célestins 1959 : Mon père avait raison de Sacha Guitry, mise en scène André Roussin, théâtre de la Madeleine 1959 : La Collection Dressen de Harry Kurnitz, adaptation Marc-Gilbert Sauvajon, mise en scène Jean Wall, théâtre de la Madeleine puis théâtre des Célestins en 1960 1961 : La Saint-Honoré de Robert Nahmias, mise en scène Guy Lauzin, théâtre des Nouveautés 1962 : Mic-mac de Jean Meyer, mise en scène de l'auteur, théâtre du Palais-Royal puis théâtre Daunou 1964 : Comment réussir dans les affaires sans vraiment se fatiguer d'après Frank Loesser et Abe Burrows, mise en scène Pierre Mondy, théâtre de Paris 1965 : Lorsque l'enfant paraît d'André Roussin, mise en scène de l'auteur, théâtre des Célestins puis théâtre Saint-Georges en 1967 1970 : On ne sait jamais d'André Roussin, mise en scène de l'auteur, théâtre des Célestins
Filmographie Cinéma Période muette
1909 : La Fille du contrebandier de Georges Le Faure 1911 : L'Âme du violon de Léonce Perret 1911 : On ne joue pas avec le cœur de Léonce Perret : Pierre Morin 1911 : La Fille du margrave de Léonce Perret 1911 : Comment on les garde de Léonce Perret : Lède 1911 : Comment on les prend de Léonce Perret : Georges Desclos 1911 : Irma et le Cor 1911 : Les Béquilles de Léonce Perret : l'acteur 1911 : La Demoiselle du notaire de Louis Feuillade 1911 : Le Mariage de Zanetto de Léonce Perret : Zanetto 1912 : Les Blouses blanches de Léonce Perret 1912 : La Chrysalide 1912 : La Faute de Madame Pinchard 1912 : Sérénade méritée 1912 : Stratagème 1912 : Les Surprises de l'amour 1912 : Le Délire de la belle maman 1912 : La Gloire et la douleur de Ludwig van Beethoven de Georges-André Lacroix 1912 : La Perle égarée de Henri Fescourt 1912 : La Conversion d'Irma de Louis Feuillade 1912 : Androclès de Louis Feuillade 1912 : L'Espalier de la marquise de Léonce Perret 1912 : Les Cloches de Pâques de Louis Feuillade : Sandrino Riccardi 1912 : Jeune fille moderne de Louis Feuillade 1912 : La Leçon d'amour de Louis Feuillade 1912 : Marquisette et Troubadour de Léonce Perret 1912 : Nanine, femme d'artiste de Léonce Perret 1912 : Notre premier amour de Léonce Perret 1913 : Bagnes d'enfants de Émile Chautard 1913 : Le Ménestrel de la reine Anne de Louis Feuillade 1913 : La Robe blanche de Louis Feuillade : le fils 1913 : Fantomas : À l'ombre de la guillotine de Louis Feuillade - épisode du ciné-roman Fantômas 1913 : Juve contre Fantômas de Louis Feuillade - épisode du ciné-roman Fantômas 1913 : Le Mort qui tue de Louis Feuillade, épisode du ciné-roman Fantômas : Jacques Dollon 1913 : Le Coup de foudre 1913 : Léonce à la campagne de Léonce Perret : un invité 1913 : Léonce et Toto de Léonce Perret : le promeneur 1914 : Peine d'amour de Henri Fescourt 1914 : Manon de Montmartre de Louis Feuillade 1914 : Fantômas contre Fantômas de Louis Feuillade - épisode du ciné-roman Fantômas 1914 : Le Faux Magistrat de Louis Feuillade - épisode du ciné-roman Fantômas 1915 : France d'abord de Henri Pouctal 1917 : Les Vieilles Femmes de l'hospice de Jacques Feyder 1920 : Les Cinq Gentlemen maudits de Luitz-Morat : Le Guérantec 1921 : Le Talion de Charles Maudru 1921 : L'Empereur des pauvres de René Leprince 1922 : L'Écran brisé de René d'Auchy 1923 : Soirée mondaine de Pierre Colombier : Gaëtan de Bernières 1923 : Métamorphose de Tony Lekain 1923 : Le Fils prodige de Tony Lekain 1923 : On demande un mannequin de Tony Lekain 1926 : Pour régner de André Luguet 1927 : La Revue des revues de Alex Nalpas et Joe Francis : Georges Barsac 1929 : La Voix de sa maîtresse de Roger Goupillières (court métrage)
Années 1930
1930 : Le Spectre vert de Jacques Feyder : Lord Montague 1930 : Si l'empereur savait ça de Jacques Feyder : le capitaine Kovacs 1930 : Le Père célibataire d'Arthur Robison 1930 : Monsieur le Fox d'André Luguet et Hal Roach : Louis Le Boy 1931 : Buster se marie d'Edward Brophy et Claude Autant-Lara 1931 : Cœur de lilas d'Anatole Litvak : l'inspecteur André Lucot 1931 : Quand on est belle d'Arthur Robison : M. Broekton, le patron 1931 : L'Amour à l'américaine de Claude Heymann : Gilbert Latour 1931 : Le Génie fou (The Mad Genius) de Michael Curtiz : le comte Robert Renaud 1931 : Gloria d'Yvan Noé et Hans Behrendt : Pierre Latour, l'aviateur