vignette|right|Les Wendes (Venedi) en l'an 125, dans la perspective historique. Ce mot désigne l'ensemble des Slaves. Le nom français Wendes est la version francisée du mot germanique Wenden qui apparaît aussi dans les sources sous la forme latine Venedi. Ces noms désignent les Slaves qui, eux, se reconnaissaient par des dénominations comme Slovani, Sloveni, Slovoni, Slavoni ou Sklaveni qui peuvent avoir plusieurs sens : les « parlants », les « intelligibles », les « glorieux ». Il peut être plus ou moins synonyme de Vénètes de la Vistule (ou de la Baltique), selon les auteurs. En Allemagne contemporaine, les Allemands utilisent le terme de Wenden pour désigner la minorité sorabe de Lusace.
Étymologie Au apr. J.-C., Pline l'Ancien et Tacite parlent des Veneti comme voisins orientaux des Germains. Au , Claude Ptolémée, tirant des informations des Grecs voisins méridionaux des Slaves, mentionne les Souonenoï (). Jordanès écrit que les trois ethnonymes Veneti, Sclavenes et Antes désignent un seul et même peuple, ce qui sera confirmé bien plus tard par des auteurs comme ou Pavel Jozef Šafárik.
Sous les noms d’Antes, Ouenétoï (), Sporoï () ou Sklavènes, les Slaves sont mentionnés par les historiographes byzantins sous Justinien (527–565) ; au début des guerres gothiques, Procope de Césarée signale la présence de « mercenaires antes » parmi les troupes du général byzantin Bélisaire chargé de reconquérir l'Italie sur les OstrogothsProcope de Césarée, Histoire de la guerre contre les Goths, Livre I, XXVII, 1, an 545 : « Les Antes et les Sklavènes ont eu un seul nom dans un passé lointain, car ils étaient tous appelés Spori dans les temps anciens. […] Ils ne sont pas dirigés par un seul homme, mais vivent depuis les temps anciens dans une démocratie où tout ce qui concerne leur vie, que ce soit en bien ou en mal, est décidé par le peuple assemblé. Ces deux peuples barbares conservent depuis les temps anciens les mêmes institutions et les mêmes coutumes, car ils estiment que seul Péroun, le créateur de la foudre, est maître de tout, et on lui sacrifie des bovins et toutes sortes d'autres victimes »..
Histoire La perspective historique communément admise par les milieux universitaires prend en compte l'ethnonyme Wenden qui, en ancien allemand est donné au Moyen Âge par les Allemands à tous les peuples slaves établis à l'est de l'Oder, de la Sprée, de la Saale, des monts Métallifères, de la Kamp, de la Raba et des sources de la Drave, de la Save et de la Soča dans les Alpes orientales. Les Wendes de la basse Elbe et de la côte Baltique étaient des Abodrites, des Pomoranes et des Polabes ; ceux de l'actuel Brandebourg des Slovinces ; ceux de l'Elbe supérieure des Sorabes ; ceux de Bohême et de Moravie des TchékhovanesJaromír Spal, Původ jména Čech (« Origine du mot Čech »), in : Naše řeč (revue « Notre langue ») n° 9-10, vol. 36, pages 263–267, éd. de l'Académie des Sciences de la République tchèque, 1953, ; ceux des bassins du Danube, de la Drave, de la Save et de la Sotcha des Carentanes.
Dans cette perspective admise par les universités, les mots « Croates » et « Serbes » peuvent désigner les actuels habitants de la Croatie, de la Serbie et du voisinage de ces pays, ainsi que leurs ancêtres de Galicie (les « Croates blancs ») et de Lusace (les « Serbes blancs »)La « Serbie blanche » se dit encore Serbšćina en sorabe : Wendes ou Vendes - Encyclopédie Larousse Brandebourg : Loi sur la désignation des droits des Sorabes - Trésor de la langue française au Québec.
La perspective protochroniste en revanche, ne choisit que les sources qui semblent pouvoir confirmer ses théories, en les réinterprétant et en faisant fi des sources qui ne confirment pas ces théoriesPar exemple De administrando Imperio ou De l'administration de l'Empire (en grec Pros ton idion yion Romanon - Προς τον ίδιον υιόν Ρωμανόν, manuel politique de Constantin VII Porphyrogénète pour son fils et successeur Romain II).: dans cette perspective que les universités rejettent, le mot « Wendes » ne désigne que les Croates et les Serbes du passé, qui, selon cette théorie dite « iranienne », auraient occupé un immense territoire allant de l'Elbe à la mer CaspienneLa théorie « iranienne » s'insère dans la théorie de l'invasion aryenne (TIA) qui soutient que les Alains et les Slaves « descendent directement d’un peuple de race indo-européenne », les « Aryens », originaires de l’Asie centrale, qui a connu une grande expansion démographique et militaire entre les : cette théorie a été proposée pour la première fois par l'abbé Jean-Antoine Dubois, un indianiste français, et développée par l'indianiste germano-britannique Max Müller durant le . Dans les pays issus de la fragmentation de l’ex-Yougoslavie et en Bulgarie, les auteurs protochronistes adeptes de la TIA sont très prolifiques et influents.; le nom « Serbes » dériverait directement de la racine indo-européenne ser, qui s'apparente au latin servare (« conserver », « garder », « protéger », « préserver », « respecter »)Selon Heinz Schuster-Šewc, la racine indo-européenne *srb, que l'on retrouve dans de nombreuses langues slaves, aurait pour signification initiale « apparenté, appartenant à la tribu » (voir Poreklo i istorija etnonima Serb - H. Schuster-Šewc, Project Rastko). La plupart de ces théories dites « iraniennes » stipulent que ce peuple proto-serbe n'était pas de souche slave, mais d'origine caucasienne ou sarmate : ce seraient les Siraques cités par Tacite (Tacite, Annales, XII, 15) en 50 . Ceux-ci auraient, par la suite, dominé certaines tribus slaves durent leur migration vers l'ouest, vers l'actuelle Allemagne orientale. Mélangés aux Slaves de ces zones, les proto-Serbes se seraient progressivement « assimilés », pour ne laisser que leur nom à leurs anciens sujets slaves, avant de migrer vers les Balkans. tandis que le nom « Croates » dériverait du mot horwathos figurant dans une inscription grecque de 520 av. J.-C., la « pierre de Tanaïs » retrouvée dans le port de Tanaïs sur la mer d'Azov et interprété comme signifiant « Croate »Horwathos signifie en fait « allié », « fidèle » dans les langues iraniennes : pour les protochronistes, la plupart des toponymes slaves remontent aux langues iraniennes, tel celui de la ville de Cracovie ou des montagnes Carpates, seraient issus de Horvat dans la théorie « sarmatiste »..
Notes et références
Annexes
Articles connexes Vénètes de la Vistule Polabes, Sorabes Slaves occidentaux, liste des tribus slaves occidentales médiévales Langues léchitiques, Germania Slavica, Bavaria Slavica Marche Sorabe (Limes sorabicus) Lausitzer Allianz, un mouvement politique des Wendes et des Sorabes Prekmure Cachoubes, Cachoubie Marche des Billung
Catégorie:Histoire de la Serbie Catégorie:Peuple slave Catégorie:Groupe ethnique en Allemagne Catégorie:Groupe ethnique en Hongrie Catégorie:Sorabes Catégorie:Histoire des Slaves médiévaux