Adolphe-Charles Adam est un compositeur français né le à Paris, et mort dans la même ville le .

Biographie Adolphe Adam est né en 1803 dans l'ancien 3e arrondissement de ParisArchives en ligne de Paris, état civil reconstitué (-1859), naissances, cote V3E/N 4, vue 4/52. Son père, Jean-Louis Adam était un pianiste et compositeur alsacien, professeur de piano au Conservatoire de musique à Paris, sa mère, Élisabeth-Charlotte-Jeanne (dite Élisa) Coste, la fille d'un médecin. Mauvais élève, Adam désertait les cours avec un cancre de la même envergure, Eugène Sue. Après avoir commencé à étudier la musique en cachette de son père, il entra à l'École royale de musique et de déclamation en 1817, fut élève de François-Adrien Boieldieu mais n'hésita pas à user de subterfuges pour se faire connaître : il travaillait le soir à l'orchestre du Gymnase, allant jusqu'à reverser ses cachets à ceux qui acceptaient de se faire remplacer et écrivait des chansons et musiques de circonstance pour autrui. Malgré ces facéties, il acquit assez de métier pour devenir lauréat du second prix de Rome en 1825.

Adolphe Adam choisit la carrière qui conduisait alors le plus sûrement à la renommée et à la fortune : celle de compositeur lyrique. Son maître, Boieldieu, l'orienta vers l'opéra-comique, genre alors en pleine mutation. En 1834, il connut son premier succès important, avec son opéra-comique Le Chalet, considéré depuis comme le point de départ de l'opérette à la française, et qui influença Offenbach à ses débuts. En 1836, l'opéra-comique Le Postillon de Lonjumeau obtint un succès phénoménal qui gagna l'Europe, même si l'ouvrage se joue de moins en moins aujourd'hui. Peu à peu, la renommée d'Adam s'accrut. Les critiques élogieuses du Brasseur de Preston parvinrent aux oreilles du tsar Nicolas et Adam gagna Saint-Pétersbourg en 1839, où il fut accueilli par son propre ballet La Fille du Danube. Il composa alors un nouveau ballet, L'Écumeur des mers (Morskoï Rasbonick). Considéré comme le digne successeur de Boieldieu, qui fut maître de chapelle à Saint-Pétersbourg, il se vit proposer la même fonction, mais la déclina.

Il composa une Marche funèbre pour le retour des cendres de l'empereur Napoléon et leur inhumation aux Invalides le . 1841 vit la naissance du succès le plus durable d'Adolphe Adam, son ballet Giselle, ou les Wilis, sur un livret de Théophile Gautier, inspiré d'un poème extrait de De l'Allemagne de Heinrich Heine.

En 1844, il fut nommé membre de l'Académie des beaux-arts en composition musicale. En 1845, il obtint à nouveau un grand succès avec son ballet Le Diable à quatre.

Critique musical En 1847, à la suite d'une dispute avec la direction de l'Opéra-Comique, il fut l'instigateur de la création du Théâtre-National, installé dans la salle du Cirque-Olympique ; ce théâtre avait pour premier but, fort louable, d'accueillir les jeunes compositeurs ne parvenant pas à faire jouer leurs ouvrages ailleurs. Le premier à en bénéficier fut Louis-Aimé Maillart, dont l'opéra Gastibelza ouvrit le premier rideau de cette nouvelle scène lyrique (seul son opéra-comique Les Dragons de Villars est aujourd'hui connu).

Mais la révolution ruina cette tentative : le Théâtre-National fut fermé en 1848 et, afin d'apurer les dettes, Adam dut trouver d'autres sources de revenus et se mit à écrire des articles.

Derniers succès L'année suivante, il succéda à son père comme professeur de piano au Conservatoire de musique et de déclamation. Les trois derniers succès notoires d'Adolphe Adam furent les opéras-comiques Le Toréador en 1849 (l'air de bravoure Ah ! Vous dirai-je, Maman ? est toujours en vogue auprès des sopranos coloratures) et Si j'étais roi en 1852 et le ballet Le Corsaire en 1856. Bien qu'Adam ne fût plus endetté à partir de 1853, il continua d'écrire ses articles jusqu'à sa mort, survenue quelques jours après la création aux Bouffes-Parisiens de son opérette, Les Pantins de Violette.

Adolphe Adam épousa en 1829 l'actrice Sara Lescot, avec laquelle il eut un fils, Adrien-Léopold Adam (1832-1851). À la mort de sa femme en 1851, il épousa Chérie-Louise Couraud, auprès de laquelle il vécut jusqu'à sa mort.

À Paris, une rue est baptisée Rue Adolphe-Adam en 1864. Elle a été ouverte lors des travaux commencés en 1854 pour l'aménagement de la place du Châtelet et de ses abords. Elle se situe dans le arrondissement, juste derrière le Théâtre de la Ville (ex-théâtre Sarah-Bernhardt), commençant au 14 quai de Gesvres, finissant au 13 avenue Victoria.

À Longjumeau, le théâtre municipal est baptisé "Théâtre Adolphe Adam". De plus, un ensemble statuaire est érigé place de la Mairie : il comporte un buste du compositeur surplombant la liste de ses principaux ouvrages et une statue symbolique du fameux Postillon.vignette|Tombeau d'Adolphe Adam (cimetière de Montmartre, division 5)

Ses œuvres vignette|Adolphe Adam vers 1855. La majorité des œuvres d'Adam n'eurent qu'un succès éphémère, notamment ses nombreuses chansons, pièces pour piano, cantates scéniques et autres œuvres vocales profanes et sacrées. Il réalisa également des arrangements et orchestrations d'œuvres d'autres compositeurs (Grétry, Monsigny, Dalayrac), parfois à la demande de Louis-Philippe lui-même. Si le Cantique de Noël, sur des paroles de Placide Cappeau, demeure célèbre aujourd'hui sous le titre de « Minuit, Chrétiens », Adam, peu attaché à la religion, ne semble pas y avoir accordé une grande importance, car il n'en dit pas un mot dans ses deux volumes de souvenirs.

Adam doit avant tout sa notoriété à ses compositions lyriques, dont quarante-six opéras ou opéras-comiques, quatorze ballets et de nombreuses opérettes et vaudevilles. Pour l'Opéra de Paris, il composa Richard en Palestine, La Bouquetière et Le Fanal, qui ne remportèrent pas un grand succès. Ses opéras les plus célèbres sont Le Roi d'Yvetot, Giralda ou la Nouvelle Psyché, Si j'étais roi, Le Chalet (son œuvre la plus populaire en France et à propos de laquelle Boieldieu écrivit « Je voudrais que cette musique fût de moi »Arthur Pougin, Adolphe Adam, sa vie, sa carrière, ses mémoires artistiques, G. Charpentier, Paris, 1877 (rééd. Minkoff, Genève, 1973)) et Le Postillon de Lonjumeau. Cette dernière œuvre, pratiquement plus jouée en France, mais qui conserve un indéniable engouement en Allemagne sous le titre Der Postillon von Lonjumeau, fut souvent copiée mais pas toujours avec bonheur : en Italie, Il Postiglione di Lonjumeau de Pietro Antonio Coppola fut un four et dut être retirée dès le troisième soir ; à Madrid, la zarzuela de Cristobal Oudrid, El Postillon de la Rioja, n'obtint qu'un succès d'estime.

Parmi ses quatorze ballets, (en réalité 13 + 1, puisque "Les Hamadryades", de 1840, est un opéra-ballet), La Fille du Danube (1836) eut son heure de gloire ; néanmoins, les plus connus sont Le Diable à quatre, La Jolie Fille de Gand, La Filleule des fées, Le Corsaire et surtout Giselle, ou les Wilis (1841), qui met en scène les amours malheureuses de la jeune paysanne Giselle et du duc Albrecht. Musicalement, Giselle introduit le principe, encore timide mais bien réel, du leitmotiv. C'est le premier ballet à établir et maintenir une ambiance, une atmosphère, dégageant la partition de son rôle unique jusqu'alors de « fournisseuse de rythmes fonctionnels », comme l'était La Sylphide de Jean Schneitzhoeffer, et comme le seraient plus tard Don Quichotte puis La Bayadère de Léon Minkus, La Fille du Pharaon et le Pas de quatre de Cesare PugniLe pas de deux de l'acte I de Giselle, le Pas des jeunes paysans, n'est pas d'Adam, mais de Johann Friedrich Burgmüller, compositeur oublié aujourd'hui et auteur l'année suivante d'un autre ballet sur un argument de Théophile Gautier, La Péri....

Par leurs qualités, les ballets d'Adam amorcent le renouveau de la musique de ballet où brilleront plus tard Léo Delibes, Édouard Lalo, André Messager et tant d'autres. Tchaïkovski lui-même relisait toujours la partition de Giselle avant d'écrire un nouveau ballet et disait de cette œuvre : . Camille Saint-Saëns, quant à lui, déclarait au sujet de Giselle : . Plus loin, dans le même ouvrage :

En revanche, Richard Wagner, jeune critique alors inconnu, se borna lors de la création de Giselle à railler la frivolité des Français si amateurs de ballet … Dans l'article qu'il écrivit pour le Dresdner Abendzeitung, il qualifia la musique d'Adam de « brave » :

Principales œuvres Opéras-comiques Le Mal du pays ou la Bâtelière de Brientz, livret de Scribe, Mélesville et Duveyrier, Gymnase-Dramatique, . Le Jeune Propriétaire et le Vieux Fermier, livret de Dartois, Nouveautés, . Pierre et Catherine, livret de Saint-Georges, Opéra-Comique, . Danilowa, livret de Vial et Duport, Opéra-Comique, . Les Trois Catherine, avec Casimir Gide, Nouveautés, . Trois jours en une heure avec Henri Romagnesi, livret de Gabriel et Masson, Opéra-Comique, . Joséphine ou le Retour de Wagram, livret de Gabriel et Delaboullaye, Opéra-Comique, . Le Morceau d'ensemble, livret de Carmouche et de Courcy, Opéra-Comique, . Le Grand Prix ou le Voyage à frais communs, livret de Gabriel et Masson, Opéra-Comique, . Casimir ou le Premier Tête-à-tête, livret de Desnoyers, Nouveautés, . His First Campaign (« Sa première campagne »), Covent Garden (Londres), . The Dark Diamond (« Le Diamant noir »), Covent Garden (Londres), . Le Proscrit ou le Tribunal, livret de Carmouche et Saintine, Opéra-Comique, . Une bonne fortune, livret de Féréol et Édouard, Opéra-Comique, . Le Chalet, livret de Scribe et Mélesville, Opéra-Comique, . La Marquise, livret de Saint-Georges et Leuven, Opéra-Comique, . Micheline ou l'Heure de l'esprit, livret de Saint-Hilaire, Masson et Villeneuve, Opéra-Comique, . Le Postillon de Lonjumeau, livret de Leuven et Brunswick, Opéra-Comique, . Le Fidèle Berger, livret de Scribe et Saint-Georges, Opéra-Comique, . Le Brasseur de Preston, livret de Leuven et Brunswick, Opéra-Comique, . Régine ou les Deux Nuits, livret de Scribe, Opéra-Comique, . La Reine d'un jour, livret de Scribe et Saint-Georges, Opéra-Comique, . Les Hamadryades, opéra-ballet, livret de Colombey et Berlin, . La Rose de Péronne, livret de Leuven et d'Ennery, Opéra-Comique, . La Main de fer ou Un mariage secret, livret de Scribe et Leuven, Opéra-Comique, . Le Roi d'Yvetôt, livret de Leuven et Brunswick, Opéra-Comique, . Lambert Simnel, livret de Scribe et Mélesville, Opéra-Comique, . Cagliostro, livret de Scribe et Mélesville, Opéra-Comique, . Richard en Palestine, livret de Foucher, Opéra de Paris, . La Bouquetière, livret de Lucas, Opéra de Paris, . Les Premiers Pas ou les Deux Génies ou les Mémoires de la blanchisseuse (1847) Le Toréador ou l'Accord parfait, livret de Sauvage, Opéra-Comique, . Le Fanal, livret de Saint-Georges, Opéra de Paris, . Giralda ou la Nouvelle Psyché, livret de Scribe, Opéra-Comique, . La Poupée de Nuremberg, livret de Leuven et Beauplan, Opéra-National, . Le Farfadet, livret de Planard, Opéra-Comique, . Si j'étais roi, livret de Brésil et d'Ennery, Théâtre-Lyrique, . Le Sourd ou l'Auberge pleine, livret de Leuven et Langlé, Opéra-Comique, . Le Roi des halles, livret de Leuven et Brunswick, Théâtre-Lyrique, . Le Bijou perdu, livret de Leuven et Pittaud de Forges, Théâtre-Lyrique, . Le Muletier de Tolède, livret de Clairville et d'Ennery, Théâtre-Lyrique, . À Clichy, épisode de la vie d'un artiste, livret de Grangé et d'Ennery, Théâtre-Lyrique, . Le Houzard de Berchini, livret de Rozier, Opéra-Comique, . Falstaff, livret de Leuven et Saint-Georges, Théâtre-Lyrique, . Mam'zelle Geneviève, livret de Beauplan et Brunswick, Théâtre-Lyrique, . Les Pantins de Violette, livret de Battu et Halévy, Bouffes-Parisiens,

Ballets La Chatte blanche en collaboration avec Casimir Gide, Nouveautés, . Faust, livret de Deshayes, King's Theatre (Londres), . La Fille du Danube, livret de Taglioni et Desmares, Opéra de Paris, . Les Mohicans, livret de Guerra, Opéra de Paris, .