Pierre Gabriel Adhéaume de Chevigné, né le à Toulon et mort le à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), est un colonel, résistant, ministre de la République et compagnon de la Libération.
Biographie Pierre de Chevigné est le fils du comte François de Chevigné, officier de marine, maire d'Abitain (1910 -1935) puis d'Escos (1935-1947), et de Gisèle Collas. C'est le petit-fils de la fameuse comtesse de Chevigné, modèle de la duchesse de Guermantes.
Études Après des études au lycée Saint-Louis-de-Gonzague puis au lycée Saint-Louis à Paris, il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1927. Il en sort deux ans plus tard dans la promotion "Maréchal Gallieni".
Officier d'Infanterie de 1929 à 1934, il quitte ensuite l'armée et devient secrétaire général d'une société familiale et journaliste. À partir de 1935, Pierre de Chevigné est maire d'Abitain dans les Pyrénées-Atlantiques.
Seconde Guerre mondiale Mobilisé comme capitaine de réserve en 1939, il commande une compagnie au RI puis les Corps Francs du Régiment et enfin ceux de la DI. En il reçoit une triple blessure par éclats de grenade et une quadruple blessure en juin, lors des combats de défense de Rethel au cours desquels il a pris la tête de son bataillon. Cité trois fois à l'ordre de l'armée, il est fait chevalier de la Légion d'Honneur au titre de la campagne de France. Évacué sur l'hôpital militaire de Dax, il le quitte avant sa guérison, au moment de la demande d'armistice, et s'embarque à Saint-Jean-de-Luz, le , à bord de l'Ettrick, bâtiment britannique de transport de troupes, pour rejoindre l'Angleterre.
Il est envoyé au Moyen-Orient en pour commander le Bataillon d'Infanterie de Marine ( BIMa) puis la Demi-Brigade Coloniale, avec laquelle il est de nouveau blessé, par balles et éclats d'obus, lors de la campagne de Syrie le . Appelé par le général Catroux, Haut-commissaire de la France libre au Levant, il y dirige son cabinet à Beyrouth et remplit en même temps les fonctions de chef des Services spéciaux au Moyen-Orient.
Pierre de Chevigné est promu colonel en . Nommé, début 1942, chef de la Mission militaire de la France libre à Washington, il rejoint son poste en , après avoir été détaché plusieurs semaines au Combined Operations (commandos de Lord Mountbatten) à Londres et avoir participé à l'opération Myrmidon sur Bayonne.
Il prend une part essentielle au ralliement des Antilles en . Nommé chef d'État-major des Forces françaises en Grande-Bretagne sous les ordres du général Pierre Kœnig en , le colonel de Chevigné débarque en Normandie et dirige les opérations de la tête de pont de Bayeux en .
Nommé commandant militaire des régions libérées, il suit l'avance alliée de Bayeux à Nancy, en passant par Cherbourg, Rennes, Angers, Paris, Chalons. Pierre de Chevigné reprend après la guerre la mairie d'Abitain qu'il gardera jusqu'en 1965 et devient conseiller général du canton de Sauveterre-de-Béarn (1945-1976).
Il est élu député MRP des Basses-Pyrénées aux élections de 1945-1958. Envoyé par le gouvernement en qualité de Haut-commissaire de la République française à Madagascar de au , il mène une répression sanglante, que suivent la reconstruction et la réorganisation de la Grande Île.
Secrétaire d'État à la Guerre de 1951 à 1954 dans les cabinets René Pleven, Edgar Faure, Antoine Pinay, René Mayer et Joseph Laniel, il est également ministre de la Défense nationale dans le gouvernement Pflimlin en . Président, de 1964 à 1976, du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, il est aussi gouverneur général honoraire de la France d'outre-mer et administrateur de l'Union des Blessés de la Face (Gueules Cassées).
Pierre de Chevigné est décédé le à Biarritz. Il est inhumé au cimetière d'Abitain (Pyrénées-Atlantiques).
Famille Il épouse d’abord à Paris le , Hélène Théodore Rodocanachi (née à Paris le , et décédée le - sœur de l’ambassadeur André Rodocanachi), puis le , Anne Lefèvre d'Ormesson, née en 1915 et fille de Wladimir d'Ormesson.
États de service militaires 1927 : entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr 1929 : sort de Saint-Cyr, promotion « Maréchal Gallieni » 1929-1934 : officier d'infanterie 1934 : quitte l'armée 1939 : mobilisé comme capitaine de réserve commande une compagnie au RI commande les corps francs du RI commande les corps francs de la DI : s'embarque à Saint-Jean-de-Luz sur le navire polonais l'Ettrick pour rejoindre l'Angleterre : envoyé au Levant dans les troupes de la France libre : commande le Bataillon d'Infanterie de Marine ( BIM) commande la Demi-brigade Coloniale directeur de cabinet du général Catroux, haut-commissaire de la France libre au Levant chef des Services spéciaux de la France libre au Moyen-Orient : colonel 1942 : nommé chef de la Mission militaire de la France libre aux États-Unis printemps 1942 : détaché aux commandos des Combined Operations à Londres ; participe à une opération sur Bayonne rejoint son poste à Washington : contribue au ralliement des Antilles à la France libre : nommé chef d'état-major des Forces françaises en Grande-Bretagne, sous les ordres du général Kœnig : participe au débarquement en Normandie et dirige les opérations de la tête de pont de Bayeux nommé commandant militaire des régions libérées (premier officier français à exercer un commandement dans la France libérée) : Bayeux, Cherbourg, Rennes, Angers, Paris, Châlons-sur-Marne, Nancy.
Blessures : triple blessure par éclats de grenade : quadruple blessure lors des combats de défense de Rethel au cours desquels il a pris la tête de son bataillon ; il est évacué vers l'hôpital militaire de Dax : blessé par balle lors de la campagne de Syrie
Distinctions
par décret du avec trois citations à l'ordre de l'armée au titre de la campagne de France par décret du
Carrière politique Mandats exécutifs 1935 : élu maire d'Abitain (Basses-Pyrénées) 1945-1965 : maire d'Abitain 1945-1976 : conseiller général du canton de Sauveterre-de-Béarn 1964-1976 : président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques
Il est élu député MRP (1945-1958) des Basses-Pyrénées (auj. Pyrénées-Atlantiques) à la Première et à la Seconde Assemblée nationale constituante et à l’Assemblée nationale et siège au Palais-Bourbon pendant treize ans. Il est haut-commissaire à Madagascar de au , il y rétablit l’ordre en réprimant durement après les événements de 1947, ce qui lui vaut les vives critiques des communistes à son retour au Parlement pour les méthodes sanglantes utilisées lors de la répression.
Fonctions gouvernementales Secrétaire d'État à la Guerre du gouvernement Pleven II (du au ) Secrétaire d'État à la Guerre du gouvernement Faure I (du au ) Secrétaire d'État à la Guerre du gouvernement Pinay (du au ) Secrétaire d'État à la Guerre du gouvernement Mayer (du au ) Secrétaire d'État à la Guerre des (du au ) Ministre de la Défense nationale et des Forces armées du gouvernement Pflimlin (du au )
Au cours de ces fonctions, il s’efforce, malgré les contraintes budgétaires, d’améliorer la condition militaire, l’entretien des bâtiments, le niveau d’équipement et la gestion des arsenaux. Il justifie le déplacement de l’École de Saint-Cyr à Coëtquidan. Il fait approuver l'affectation de la caserne de Fontenoy à l'UNESCO. Il propose l’élévation de Leclerc à la dignité de Maréchal de France. Il critique Pierre Mendès France pour sa politique tunisienne et marocaine mais appuie sa politique en Algérie. Il appuie Guy Mollet lors de l'expédition de Suez et défend les droits d'Israël.
Pierre de Chevigné se prononce en faveur de la construction européenne (traités CECA, CED, CEE). Il s'en prend à Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat contre lui lors des élections de 1956 qui sera cependant aussi élu. En 1958, il vote la confiance à De Gaulle.
Bibliographie .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Familles subsistantes de la noblesse française
Liens externes
Son portrait sur le site de l'ordre de la Libération Sa famille, branche de l'Hébergement
Catégorie:Naissance en juin 1909 Catégorie:Naissance à Toulon Catégorie:Décès en août 2004 Catégorie:Décès à 95 ans Catégorie:Décès à Biarritz dans les années 2000 Catégorie:Élève du lycée Saint-Louis-de-Gonzague Catégorie:Élève du lycée Saint-Louis Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Compagnon de la Libération Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette Catégorie:Personnalité de la France libre Catégorie:Personnalité du Mouvement républicain populaire Catégorie:Maire des Pyrénées-Atlantiques au XXe siècle Catégorie:Président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques au XXe siècle Catégorie:Conseiller général des Pyrénées-Atlantiques au XXe siècle Catégorie:Député des Basses-Pyrénées (Quatrième République) Catégorie:Gouverneur général de Madagascar Catégorie:Ministre de la Quatrième République Catégorie:Ministre français de la Défense Catégorie:Député des Basses-Pyrénées (Assemblée constituante de 1945) Catégorie:Député des Basses-Pyrénées (Assemblée constituante de 1946) Catégorie:Député de la première législature de la Quatrième République Catégorie:Député de la deuxième législature de la Quatrième République Catégorie:Député de la troisième législature de la Quatrième République Catégorie:Famille de Chevigné Catégorie:Comte français du XXe siècle Catégorie:Comte français du XXIe siècle Catégorie:Militaire français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Militaire français de la colonisation française de l'Afrique