The Getaway (« La Fuite » en français) est un jeu vidéo développé par Team Soho et édité par Sony Computer Entertainment. Il est sorti en Europe le , sur PlayStation 2SCEE Press office, consulté le 5 mai 2008.. Il est le premier opus de la série The Getaway. Le développement du jeu était prometteur, notamment compte tenu de l'important budget alloué par Sony aux développeurs : plus de 80 millions de francs (soit environ 12 millions d'euros). Le jeu avait été annoncé comme un « rival de poids pour la série GTA », qui était alors le meilleur parmi les jeux d'action. La plupart des journalistes furent très déçus lors de sa sortie, le qualifiant de « belle déception », avec néanmoins une réalisation excellente, et une merveilleuse bande-son.

Dans The Getaway, les développeurs ont avant tout misé sur le réalisme. Ainsi le HUD n'affiche pas de barre d'indication, boussole, jauge de santé, icône ou de radar. De plus, l'action se situe dans un Londres de ² reconstitué à l'identique à partir de photos et de relevés métriques pris dans la ville.

Synopsis Londres. Une ville déchirée par la corruption, les trafics de drogue et la guerre qui oppose les trois principaux gangs criminels de la ville : les Yardies, dirigés par Jamahl, les Triades 14k, qui sont dirigées par Shan Chu, un Chinois venant juste d'arriver à la ville et qui ignore tout de l'anglais, et enfin, le gang de Collins, qui est dirigé par Nick Collins.

Dans cette ambiance morose qui peut facilement sombrer dans le chaos, on incarne deux héros à la fois, aux motivations très différentes, mais qui ont le même ennemi.

Mark Hammond, ancien membre du gang de Collins, est maintenant obligé d'affronter son passé. Une bande d'assassins vient en effet de tuer sa femme, et a enlevé son fils. Au terme d'une longue course-poursuite au cœur de la ville, Mark parvient finalement à retrouver le ravisseur : un vieux gangster du nom de Charlie Jolson, qui rêve de prendre le contrôle absolu de Londres, et veut pour cela se débarrasser de ses rivaux. Pour arriver à ses fins, Charlie compte se servir de Mark pour semer la zizanie entre les trois gangs qui font de l'ombre aux Bethnal Green, le gang du vieil homme. Il espère ainsi que les Yardies, les Triades et les hommes de Collins s'entretueront, ne laissant plus que lui pour diriger le crime dans la ville.

Mark se retrouve piégé, mais obligé de devenir le sabre de Charlie, sous peine de voir son fils mourir. Très rapidement, la ville entière se ligue contre lui, le père désespéré effectuant des massacres de plus en plus gros chez tous les ennemis de Charlie, s'attaquant même à la police, tout en cherchant un moyen de tenter de sauver non seulement sa peau, mais aussi celle de son enfant. Et peu d'hommes sont disposés à l'aider.

Frank Carter, inspecteur de la « Volante », une unité d'élite de la police, représente le second personnage disponible. Il hait plus que tout Charlie Jolson, et rêve de pouvoir enfin trouver une preuve contre lui. Dans sa croisade acharnée contre Bethnal Green, il se retrouvera au cœur de la guerre des gangs qui ensanglante les rues de Londres, transformant cette belle ville en un champ de bataille. Malheureusement, Frank ne peut pas faire grand-chose contre Charlie, le patron de la police étant un ripoux travaillant pour l'homme, qui cherche par tous les moyens à stopper Frank et à aider Bethnal Green.

Tout au long de leurs parcours, ces deux personnages sont appelés à se rencontrer, et chacun d'eux sait parfaitement que sans l'aide de l'autre, il ne peut y avoir d'échappatoire...

Distribution Mark Hammond : Don Kembry (VF : Martial Le Minoux) Franck Carter : Joe Rice (VF : Cyrille Artaux) Charlie Jolson : Ricky Hards (VF : Michel Barbey) Yasmin : Anna Edwards (VF : Françoise Cadol) Jake Jolson : Dave Gold (VF : Philippe Roullier) Harry Preston : Michael Preston (VF : Richard Leblond) Eyebrows : Paul Burfoot (VF : Régis Reuilhac) Grievous : Jim Darrah (VF : Patrick Borg) Sparky : Symond Lawes (VF : Marc Saez) Liam Spencer : Paul Swaby (VF : Serge Faliu) Nick Collins : Russell Levy (VF : Jean-François Kopf) Shan Chu Lee : Wai Tsang (VF : Patrick Borg) Jamahl : Elwin David (VF : Thierry Mercier) Clive McComarck : Mick Oliver (VF : Marc François) Big Walter : Jason Parker (VF : Marc Saez) Joe Fielding : Vic Robinson (VF : Jean-Claude Balard)

Présentation

Système de jeu The Getaway est un jeu d’action à la troisième personne. Il propose un mode principal basé sur un scénario original, lequel est décomposé en 24 missions. Durant les douze premières, le joueur incarne Mark Hammond, un père de famille dont le fils, Alex, a été enlevé par le plus puissant gang de Londres : Bethnal Green. Son leader, Charlie Jolson, utilise Alex pour faire chanter Hammond en lui faisant exécuter des « boulots » aux quatre coins de la cité. La plupart du temps, ces boulots consistent à se rendre en voiture à un endroit précis de la ville, de faire le travail demandé, puis de fuir les lieux pour clore la mission. Le jeu mêle ainsi des phases de « shoot », où l’intérêt est simplement d’éliminer les ennemis présents, avec des phases de conduite. Certains objectifs doivent être accomplis en temps limitéEn fait, seules certaines missions en voiture doivent être effectuées dans un temps imparti., alors que d’autres réclament de la discrétion (lors des phases d’infiltration).

Lors des douze missions suivantes, on incarne l’inspecteur de police Franck Carter. Le principe est sensiblement le même qu’avec Mark Hammond, sauf que le scénario est vécu d’un point de vue différent (celui de la police, en l’occurrence).

Une fois les vingt-quatre missions bouclées, deux « extras » font leur apparition : le générique du jeu, et un mode promenade, qui permet au joueur de se balader librement dans la villeLe véhicule conduit quand on sélectionne ce mode est une Caterham 7, une voiture de sport qui est disponible uniquement dans ce même mode de jeu..

Phases de jeu

Le jeu allie essentiellement des phases à pieds avec des phases de conduite.

À pieds, le personnage dispose d’une large palette de mouvements. Il peut par exemple effectuer une roulade, se plaquer contre un mur ou derrière une voiture pour tirer à l’aveuglette sur ses ennemis, prendre quelqu’un en otage ou encore asséner un coup de crosse avec son pistolet. Pour tirer, le joueur a le choix entre une visée manuelle et une visée automatique. L’arme de base proposée dans The Getaway est un pistolet Glock 17. Plusieurs armes secondaires sont également disponibles : un fusil d'assaut (type AK-47), un fusil à pompe et la mitrailleuse des forces spéciales. Toutefois, la Team Soho ayant tablé sur le réalisme, il est impossible de porter plus d’une arme en plus du revolver.

Les phases à pieds ne constituent malgré tout qu’une partie mineure du jeu, car dans The Getaway, ce sont bien les phases de conduite qui accaparent le gameplay. De fait, le jeu propose de nombreux véhicules : voiture de sport, berline, citadine, bus, camion, ambulance. D’ailleurs, il est à noter que, contrairement aux jeux de la série GTA, The Getaway offre au joueur la possibilité de conduire de « vraies » voitures, les développeurs ayant acquis les licences nécessaires, à l'instar de Gran Turismo. Il est donc possible de conduire des modèles que l'on croise dans la vie de tous les jours. Parmi les modèles français présents dans le jeu, on pourra citer une Peugeot 306, un Renault Espace, une Laguna et une Citroën Saxo. On peut également trouver des marques comme Rover, Lexus, Fiat, Alfa Romeo, Mercedes, Saab, Honda, Opel, Nissan, Jensen, TVR, Lotus, de même que les fameux bus à impériale et les taxis londoniens.

The Getaway : un jeu d’action atypique

Un gameplay orienté vers le réalisme La grande originalité de The Getaway réside dans le côté réaliste de son gameplay. En effet, là où la majorité des jeux d’action (notamment ceux de la série GTA) s’autorisent de nombreuses « fantaisies », comme la possibilité pour le protagoniste principal de porter un grand nombre d’armes, de survivre à des chutes vertigineuses ou de commettre des délits importants sans être inquiété par la police, la création de la Team Soho se veut avant tout réaliste. Cela se remarque d’abord dans l’interface. À l’écran, il n’y a ainsi aucune indication : ni radar, ni barre de santé, ni icône précisant l’arme sélectionnée ou le nombre de balles restantes.

Pour pallier cette absence de renseignements, les développeurs ont imaginé un certain nombre d’astuces, par exemple le système de « clignotants » qui permet au joueur de suivre une route sans en connaître l’itinéraire. Le principe est simple : quand le feu de droite clignote, le joueur doit prendre à droite, dès que possible, et idem avec le feu de gauche. Quand les warning clignotent, le joueur est arrivé à destination. Considéré comme étant peu précis, ce système a été vivement critiqué par la presse. Concernant l’état de santé, le joueur peut l’estimer en fonction de la démarche du personnage. Quand celui-ci a reçu plusieurs coups, il commence en effet à tituber et devient moins précis dans ses tirs. Des taches de sang apparaissent également sur ses vêtements. Cependant, le joueur peut à tout moment régénérer sa santé, en s'appuyant contre un mur. Enfin, si aucun indicateur ne précise au joueur ses réserves en munitions, les développeurs ont eu l’idée de l’avertir grâce à la vibration de la manette. Effectivement, quand le chargeur tend à se vider, le pad se met à vibrer, et ce de plus en plus fort jusqu'à ce que les munitions soient épuisées.

Réaliste, le jeu l’est aussi dans la gestion des dégâts en voiture (une seule collision pouvant suffire à mettre un véhicule hors service), dans les réactions des policiers, ces derniers cherchant plus à neutraliser les truands qu’à les tuer directement, et, aussi, dans l’animation des personnages. À ce propos, la Team Soho a poussé à l’extrême l’aspect réaliste du jeu dans les séquences où les protagonistes montent un escalier, ces derniers le gravissant marche par marche. Un souci de l’animation qui a suscité la moquerie des journalistes.

Ambiance

Un autre facteur qui a contribué à démarquer le jeu de ses concurrents est son ambiance. Particulièrement sombre, elle s’appuie notamment sur un scénario qui emprunte des références aux films noirs, de nombreux thèmes tels que la trahison, le crime, le meurtre ou la vengeance étant abordés.

Dans The Getaway, les scènes violentes avec effusion de sang sont ainsi monnaie courante (que ce soit dans les cinématiques ou in game), de même que les agressions physiques et verbales entre les protagonistes. Le jeu contient aussi des scènes de tortureEn réalité, une seule séquence montre explicitement une scène de torture, lors de la cinématique qui introduit la où l’on incarne Mark Hammond : « Un taxi pour M.Chai ? ». et des allusions au sexe et à la drogue, d’où l’interdiction aux moins de dix-huit ans dont il a fait l’objet par le British Board of Film Classification.

L’atmosphère est également servie par le côté froid que les développeurs ont donné à la ville de Londres, notamment au travers des conditions météorologiques (le ciel est systématiquement gris et voilé) et des lieux où se déroulent l’action (entrepôt désaffecté, maison insalubre, quartier sombre). Cependant, la plupart des missions invitent le joueur à parcourir des endroits divers et variés de la ville, dont les « beaux » quartiers comme Mayfair, Soho ou Hyde Park.

Aspect cinématographique