Les trochilidés (ou Trochilidae) sont une famille d'oiseaux qui comprend en 2025 couramment appelées colibrisGroupe d'étude et de protection des oiseaux en Guyane (2003) Portraits d'oiseaux guyanais. Ibis Rouge Éditions, Guyane, Guadeloupe, Martinique, Paris, Réunion, 479 p.. Ils sont également surnommés « oiseaux-mouches » à cause de leur petite taille et leurs battements d'ailes rapides.

Ces oiseaux colorés se rencontrent exclusivement dans les Amériques et on en rencontre des espèces à presque toutes les altitudes, latitudes et biotopes. Ils sont particuliers à plusieurs égards : ils peuvent voler vers l'arrière ou sur place et effectuer des voltiges impressionnantes, ils sont capables d'une « hibernation » nocturne. En outre, ils ont un métabolisme extrêmement élevé, un rapport entre la masse corporelle et la masse du cerveau tout aussi élevé, une capacité à faire des vocalises complexes et une capacité d'apprentissage des chants comparable à celle des et des Passeriformes.

Noms désignant les représentants de la famille Les oiseaux-mouches ont des noms normalisés évocateurs : colibri, bec-en-faucille, ermite, , campyloptère, mango, coquette, émeraude, dryade, saphir, ariane, brillant, inca, héliange, érioneAutres ériones que l'érione d'Isabella (liste non exhaustive, car ne sont mentionnés ici que les oiseaux faisant l'objet d'un article à ce jour, 6 avril 2025) : érione à robe noire, érione de Buquet, érione pattue, érione d'Aurélie, érione turquoise, érione givrée, érione à poitrine d'or, érione de Derby, érione à front bleu., haut-de-chausses, porte-traîneAutre porte-traîne : porte-traîne nouna., métallure, sylpheAutres sylphes : sylphe à queue d'azur, sylphe du Venezuela et loddigésie.

Le terme « colibri » s'est imposé dans bon nombre de langues, y compris le français où il peut prendre plusieurs sens, ce qui entraîne une certaine confusion. Colibri désigne ainsi l'ensemble des , mais aussi l'un de ses genres, , et il est utilisé dans les noms normalisés de beaucoup de ses espèces.

Les Cubains préfèrent appeler ces oiseaux , mot espagnol qui veut dire « petit zunzun ». Zunzun est une onomatopée imitant le bruit fait par le battement très rapide des ailes de l'oiseau-mouche. Le terme anglophone dérive du verbe , qui peut se traduire par vrombir et chantonner. En portugais, on les appelle Beija-flor, soit littéralement « baise-fleurs ».

Description Morphologie alt=Oiseau-mouche Sapho|vignette|Colibri sapho. Ce sont des oiseaux petits à minuscules qui mesurent de 2 à environ, et jusqu'à chez des espèces dont la queue porte de longues rectrices. Ils disposent de dix rectrices sauf chez la Loddigésie admirable qui n'en possède que quatre dont, pour le mâle adulte, deux portent une palette à leur extrémité.. Leurs ailes sont longues et étroites et les battements de celles-ci sont très rapides, soit de 20 à 80 coups par seconde. ou de 20 à . La longueur de leur queue est variable. Leur bec fin est de longueur extrêmement variable selon les espèces, des becs courts de à très longs de , de rectiligne à nettement courbé. Les pattes sont courtes et se terminent par des pieds minuscules et fragiles. Elles sont , c'est-à-dire qu'elles ne leur permettent pas de se poser au sol, mais uniquement sur une branche.

La couleur du plumage varie du brun au vert ou du rouge au noir. Elle est souvent similaire à celle des fleurs que les oiseaux visitent, par mimétisme. Ils ont la gorge ou le dessus de la tête vivement colorés. Certaines plumes possèdent des plaques iridescentes réfléchissant des couleurs métalliques différentes selon l'angle d'où provient la lumière. Leurs plumes squameuses, aux barbules hypertrophiées, forment un ensemble compact sur le corps. Elles ne sont pas retenues entre elles comme chez les autres oiseaux. Cette structure spéciale des plumes iridescentes, à la forme aplatie, renferme des particules d'air. Les oiseaux-mouches disposent de en comparaison des des cygnes ., soit 300 plumes par gramme contre 4 pour les cygnes.

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Le dimorphisme sexuel est important chez les : les mâles sont plus colorés et le mimétisme des femelles est plus performant. Alors que les différences entre espèces sont souvent difficiles à distinguer à l'œil nu chez les femelles et les juvéniles, la détermination des mâles est facile grâce aux nettes différences spécifiques de coloration. Chez les femelles des espèces aux mâles colorés ou chez les taxons plus ternes (), la longueur et la forme du bec ainsi que leurs chants sont des critères déterminants pour l'identification.

Le plus petit des oiseaux-mouches est le Colibri d'Hélène (Mellisuga helenae), qui vit à Cuba. La femelle ne pèse que deux grammes, dépasse à peine cinq à six centimètres de longueur et pond les plus petits œufs amniotiques connus. Le plus grand est le Colibri géant (Patagona gigas) : , ..

Alimentation

Les oiseaux-mouches sont principalement nectarivores, le nectar constituant 90 % du régime alimentaire, mais également insectivores. Les insectes qu'ils capturent en vol, qu'ils récoltent sur les feuilles ou encore qu'ils retirent des toiles d'araignée leur sont indispensables comme apport en protéines. Certaines espèces peuvent se nourrir de la sève élaborée qui coule des arbres après que les pics y ont creusé à la recherche d'insectes ou de sève. Ils consomment en moyenne la moitié de leur poids en sucre chaque jour. Ils se nourrissent de 5 à 8 fois par heure à raison de 30 à à chaque fois, pour à par jour (l'article référencé utilise des « grandes calories »), ce qui est particulièrement important en comparaison de leur taille.

La superficie de leur territoire est déterminée par l'abondance des fleurs dont ils se nourrissent. thumb|left|Oiseau-mouche sur une tige. Il s'agit d'une femelle Colibri roux (Selasphorus rufus) qui nous tire la langue (San Francisco, 2006). Les oiseaux-mouches atteignent et absorbent le nectar des fleurs grâce à leur longue langue extensible séparée en deux parties à son extrémité et garnie de petites soies et de nervures. Préalablement renfermée dans une structure particulière attachée à leur bec en forme d'étui, leur langue entre et sort, telle un ressort, un peu à la manière d'un pic. Leur langue atteint le nectar dans la corolle, puis celui-ci monte le long de celle-ci par capillarité.. Il est finalement aspiré lorsque la langue est de retour dans le bec.

Certaines fleurs comme les et les becs des oiseaux-mouches qui les visitent auraient connu un processus de coévolution... En effet, les fleurs bénéficient du passage des oiseaux-mouches dans leur corolle en déposant leur pollen sur la tête de l'oiseau-mouche qui la visite. Ces fleurs profitent donc de cet oiseau en accroissant la probabilité que ce pollen soit déposé dans une autre fleur de la même espèce et la féconde. L'évolution du système buccal des oiseaux-mouches, langue et bec, s'est faite en parallèle avec l'adaptation des fleurs..

D'autre part, pour attraper plus facilement les insectes, lorsqu'ils ouvrent leur bec, la base de celui-ci s'agrandit. Ceci est unique chez les oiseauxElizabeth Omara-Otunnu, Hummingbird's Beaks Bend To Catch Insects, University of Connecticut, Advance (19 juillet 2004)..

Comportement Territorialité

thumb|200px|Combat de mâles. La plupart des espèces sont très territoriales et solitaires. Certaines espèces osent même attaquer des faucons qui s'aventurent sur leur territoire. Les acrobaties aériennes seraient surtout composées de gestes voulant démontrer leur agressivité. La majorité des comportements des oiseaux-mouches observés visent à protéger la source de nourriture qu'ils revendiquent. La faiblesse de l'apport nutritif de leur alimentation par rapport à l'effort fait pour l'obtenir serait une explication pour cette agressivité.. Aussi, ils défendent âprement leurs ressources vis-à-vis de concurrents, souvent de la même espèce. Les espèces différentes cohabitant dans une même zone ne se nourrissent généralement pas des mêmes fleurs, ou sur le même étage de la flore.

Les membres de certaines espèces vivent en bande lors de leur migration tout en étant territoriaux lorsqu'ils sont établis dans leur zone de résidence. Les mâles combattent également pour les femelles pendant la saison de reproduction.

Reproduction thumb|left|200px|Colibri à queue large avec ses petits. On ignore la plupart des comportements reproductifs de chacune des espèces. On suppose que le comportement du colibri d'Anna pourrait correspondre à celui de plusieurs espèces d'Amérique du Nord. Il arrive que le mâle soit plus petit que la femelle. En général, une fois accouplée, la femelle construit le nid et élève les petits seule ; le mâle cherche à séduire d'autres femelles.

Généralement, deux œufs minuscules sont pondus dans un nid en forme de coupe, construit avec de la matière végétale retenue par des toiles d'araignées ou des soies d'insectes. Les œufs sont également très bien protégés dans un nid ressemblant aux nœuds d'une branche. Certains spécimens de pondent dans le nid d'autres femelles. L'incubation dure en général 14 à 19 jours. Les oisillons naissent aveugles et nus. Plus exactement, on peut observer deux rangées de plumes minuscules situées sur le dos. Celles-ci vibrent à l'arrivée de la mère et avertissent les poussins du moment tant attendu de la becquée. Ils sont principalement nourris avec des insectes durant une période de 7 à 12 jours, jusqu'à ce qu'ils soient capables de contrôler leur température. La femelle les nourrit ensuite de 18 à 25 jours après qu'ils ont quitté le nid.

Communication L'appareil vocal de l'oiseau-mouche est simple en comparaison de celui des oiseaux dits chanteurs. En dépit de cet appareil peu développé, on sait que certains oiseaux-mouches des tropiques émettent des chants élaborés. Ceux-ci sont inaudibles pour les humains en raison de leurs fréquences trop élevées pour notre appareil auditif. Le chant des femelles est différent de celui des mâles. Avec les et certains , ils sont les seuls oiseaux à pouvoir apprendre un chant..

En général, les oiseaux-mouches produisent trois types de signaux sonores : un léger bourdonnement, un bruit de crécelle et un gazouillis. Le bourdonnement, produit par les ailes, provient de la friction de l'air à travers les plumes. Le plus mélodieux des oiseaux-mouches serait le mâle colibri à queue large qui, comme un virtuose, laisse entendre un son très musical produit par ses ailes, un peu à la manière d'un criquet, notamment pour le chant nuptial.. Les différents bourdonnements permettent de distinguer certaines espèces l'une de l'autre. Cette technique d'identification aide les observateurs à bien les identifier sur le terrain et ceci malgré la distance. Les bourdonnements sont plus fréquemment émis par les mâles et il est possible d'en prendre conscience lors des démonstrations aériennes et des voltiges.

Ils communiquent également en utilisant leur plumage. Ainsi, perchés sur une branche tout en s'assurant d'être bien vus par un oiseau-mouche de passage, ils déploient les plumes de la gorge ou du cou afin de lui adresser un message sans équivoque. Ils agissent aussi de la sorte en exhibant leur queue bien ouverte. Ceci est plus fréquent chez les femelles et les jeunes qui désirent mettre en évidence les pointes blanches des plumes caudales.