La flore australienne est constituée d'un vaste ensemble estimé à plus de espèces de plantes vasculaires, espèces de plantes non vasculaires. On y compte aussi espèces de champignons et plus de espèces de lichens. Cette flore a de fortes ressemblances avec celle du Gondwana. Elle présente, au-dessous du niveau de la famille, une part importante de taxons d'angiospermes endémiques dont la diversité a été façonnée par les effets de la dérive des continents et des changements climatiques depuis le Crétacé. Les caractères marquants de la flore australienne sont les adaptations de nombreuses espèces à la sècheresse (plantes sclérophylles) et aux feux (plantes sérotiniques). Ces adaptations sont courantes chez les espèces appartenant à de grandes familles bien connues comme les Proteaceae (Banksia), les Myrtaceae (Eucalyptus) et les Fabaceae (Acacias ou mimosas).

La colonisation de l'Australie par les Aborigènes, il y a plus de ans, et par les Européens à partir de 1788, a eu un impact significatif sur la flore. La pratique du brûlis par les Aborigènes a entraîné au fil du temps des changements importants dans la distribution des espèces végétales. La modification ou la destruction à grande échelle de la végétation pour l'agriculture et le développement urbain depuis 1788 ont altéré la composition de la plupart des écosystèmes terrestres, conduisant à l'extinction de 61 espèces de plantes et en mettant en danger plus de autres.

Origines

À la fin du secondaire, au Crétacé, l'Australie faisait partie du sud du supercontinent Gondwana, qui comprenait aussi l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Inde et l'Antarctique. La plupart de la flore actuelle de l'Australie a ses origines à cette époque ancienne, quand le pays était couvert de forêts humides subtropicales. Les fougères et les gymnospermes actuels ressemblent encore beaucoup à leurs ancêtres du GondwanaPage, C. N. and Clifford, H. T. 1981. "Ecological biogeography of Australian conifers and ferns." In A. Keast Ecological Biogeography of Australia. W. Junk et des espèces d'angiospermes du Crétacé telles que Nothofagus ou des plantes des familles des Myrtaceae et des Proteaceae poussent encore en AustralieDettmann, M. E. and Jarzen, D. M. 1990. "The Antarctic/Australian rift valley : Late Cretaceous cradle of Northeastern Australasian relicts ?" Review of Palaeobotany and Palynology 65:131-144..

Le Gondwana commença à se disloquer, il y a un peu plus de 140 millions d'années. Il y a 50 Ma, à l'Oligocène, l'Australie se sépara de l'Antarctique et commença à dériver vers le nord-est puis, au Miocène il y a environ 5,3 Ma, la frontière nord de la plaque australienne se mit à entrer en subduction sous les plaques pacifique et eurasienne. Par suite de cette dérive, le climat changea progressivement : un courant océanique se développa autour de l'Antarctique et au sud de l'Australie, les précipitations diminuèrent, il y eut un lent réchauffement du continent et commença à s'installer un climat chaud et secBowler, J. M. 1982. "Age, origin and landform expression of aridity in Australia". In W. R. Barker, P. J. M. Greensdale. Evolution of the Flora and Fauna of Australia. Australian Systematic Botany Society . L'isolement géographique et la sècheresse conduisirent au développement d'une flore complexe et originale. L'étude de l'évolution des pollens entre 25 et 10 Ma permet d'imaginer la rapide prolifération d'espèces adaptées à ce type de climat comme les Eucalyptus, les Casuarina, les Allocasuarina, les Banksia et les Faboideae, et le remplacement des forêts subtropicales par des forêts plus clairsemées ; la sècheresse entraîna par endroits la disparition des arbres et provoqua l'apparition des premières prairies à l'Eocène. Le rapprochement avec la plaque Eurasienne permit l'entrée de nouvelles espèces comme le Lepidium et les ChenopodiaceaeCrisp, M. et al. 2004. "Radiation of the Australian flora : what can comparisons of molecular phylogenies across multiple taxa tell us about the evolution of diversity in present-day communities?" Phil. Trans. R. Soc. B 359: 1551-1571 .

La sécheresse, la faible teneur des sols en nutriments conduisirent au développement d'une flore originale et les quelques familles qui s'adaptèrent le mieux à ces conditions, comme celles des acacias et des eucalyptus, se répandirent sur le continent en donnant un grand nombre d'espèces. Des feuilles épaisses avec une cuticule, un mécanisme de photosynthèse en C4 pour les dicotylédones et en CAM pour les monocotylédones permettent aux plantes de réduire leurs pertes en eau. La sécheresse s'est accompagnée d'une augmentation des feux de forêt et ces feux ont joué un rôle dans l'apparition, le développement et la répartition d'espèces adaptées aux incendies à la fin du pléistocène. Une augmentation depuis ans des bois brûlés trouvés dans les sédiments a été corrélée avec l'arrivée des premiers aborigènes et l'on pense que la pratique des brûlis a joué un rôle important dans le développement des forêts sclérophylles surtout sur la côte Est de l'AustralieSingh, G. et al. 1981. "Quarternary vegetation and fire history in Australia". In A. M. Gill, R. A. Groves and I. R. Nobel. Fire and the Australian Biota. Australian Academy of Science, 23-54. Les adaptations au feu se traduisent par un développement des lignotubers et de bourgeons épicormiques chez les Eucalyptus et les Banksia permettant une régénération rapide après le feu. Quelques genres de plantes ont adopté la sérotinie et ne libèrent leurs graines qu'à la chaleur et /ou la fumée. Les Xanthorrhoea ne fleurissent pas toutes les années, par contre ils donnent une floraison abondante au printemps qui suit un feu de forêt. Quelques espèces d'orchidées ne fleurissent qu'après un incendieGill, A. M. 1981. "Adaptive responses of Australian vascular plant species to fire". In A. M. Gill, R. H. Groves, and I. R. Noble. eds. Fire and the Australian Biota. Australian Academy of Science.

Types de végétation

La flore australienne peut être divisée en groupes caractéristiques de végétation. Le principal facteur influençant ces groupes est la hauteur des précipitations suivi par la température qui joue sur les besoins en eau des plantesGroves, R. H. 1999. Present vegetation types. In A. E. Orchard, ed. Flora of Australia - Volume 1, 2nd edition, . ABRS/CSIRO. Plusieurs découpages de complexité variable ont été conçus, le plus récent a été développé par "the Natural Heritage Trust". Il divise la flore australienne en 30 grands groupes et 67 sous-groupesNatural Heritage Trust. 2001. Australia's native vegetation: a summary of the National Land and Water Resources Audit's Australian vegetation assessment 2001. National Land and Water Resources Audit . The 2001 version has been updated as of 2006..

Selon ces découpages, les types de végétation les plus fréquents sont ceux adaptés aux conditions arides dans les zones qui n'ont pas été trop détruites par les activités agricoles. La végétation dominante correspond aux prairies de broussailles ("the hummock grasslands") que l'on rencontre en abondance dans les zones arides de l'Australie-Méridionale, de l'Australie-Occidentale et du Territoire du Nord. Elle représente 23 % de la végétation endémique australienne, avec des espèces végétales prédominantes du genre Triodia. le genre Zygochloa se rencontre dans les zones sablonneuses de l'intérieur du pays comme le désert de Simpson.

Un peu plus de 39 % des zones de végétation endémique sont couverts par des : bois clairsemés (woodlands) d'eucalyptus. On les trouve dans les zones de passage entre les hummock grasslands et les zones plus humides mais où les conditions climatiques ne sont pas suffisamment favorables et limitent la croissance des arbres. Ces zones boisées peuvent avoir au niveau du sol une couverture générale de prairies et/ou de broussailles. La variété la plus répandue d'eucalyptus dans ce type de végétation est Eucalyptus camaldulensis (Gommier rouge) que l'on rencontre le long de la majorité des cours et des plans d'eau de l'intérieur du pays. La plus grande partie de ce type de végétation se trouve au Queensland.

bois et forêts d'acacias rencontrés dans les zones semi-arides où les arbres ont des conditions climatiques si difficiles que leur croissance reste très limitée et qu'on ne trouve que des arbres rabougris. Les espèces dominantes d'acacia varient selon les régions et peuvent être : Acacia shirleyi, Acacia catenulata, Acacia aneura, Acacia cambagei et Acacia harpophylla. La plus grande partie de ce type de végétation se trouve en Australie-Occidentale. buissons d'acacias des zones semi-arides et arides. Les plus fréquents sont les mulgas; la plus grande zone se trouve en Australie-Occidentale. prairies de tussock que l'on rencontre dans les zones semi arides et quelques zones tempérées d'Australie. Elles sont formées d'un grand nombre d'espèces d'herbes surtout des genres Astrebla, Danthonia (Austrodanthonia), Dichanthium, Eragrostis, Poa, Themeda, Sorghum, Stipa, Heteropogon, Ophiuros, Oryza, Spinifex et Bursaria. Ce type de végétation se rencontre surtout au Queensland. les garrigues d'amaranthaceae largement répandues au voisinage des estuaires, dans les zones arides ou semi-arides. Ces plantes supportent la sécheresse et le sel. Les principaux genres de la sous-famille des Chenopodioideae sont : Sclerolaena, Atriplex, Maireana, Chenopodium et Rhagodia tandis que dans la sous-famille des Salicornioideae, on trouve les genres Halosarcia, Salicornia, Sclerostegia et Sarcocornia. Ce type de végétation se rencontre surtout en Australie-Méridionale et Australie-Occidentale.

D'autres zones de végétation occupent des surfaces plus limitées, inférieures à km² : ce sont les forêts humides tropicales et tempérées; les fourrés de plantes grimpantes, les forêts de grands eucalyptus, les forêts de Callitris et celles de filaos, les bois et les landes.

Plantes vasculaires

L'Australie possède plus de espèces de plantes vasculaires, que ce soit angiospermes, gymnospermes ou fougères et apparentéesOrchard, A. E. 1999. Introduction. In A. E. Orchard, ed. Flora of Australia - Volume 1, 2nd edition, . ABRS/CSIRO. Parmi elles, 11 % sont des espèces importées, le reste est formé d'espèces endémiques ou indigènes au paysHnatiuk, R.J. 1990. Census of Australian Vascular Plants. AGPS . La flore des plantes vasculaires a été répertoriée de façon approfondie, le résultat de ces travaux est actuellement publié dans la revue Flora of Australia. Une liste des familles de plantes vasculaires présentes en Australie est aussi disponible dans la classification de CronquistAustralian Biological Resources Study. Flora of Australia Online - What's published and online, contributors and dates of publication.

Dans les classifications taxonomiques jusqu'au niveau des familles, la flore d'Australie est assez semblable à celles du reste du monde; la plupart des familles sont représentées dans la flore australienne à l'exception des cactées, des Betulaceae et de quelques autres familles tandis que 9 familles sont trouvées uniquement en AustralieCrisp, M. D., West, J. G., and Linder, H.P. 1999. Biogeography of the Australian flora. In A. E. Orchard, ed. Flora of Australia - Volume 1, 2nd edition, . ABRS/CSIRODepartment of the Environment and Heritage. Australia's Biodiversity: an overview of selected significant components, Biodiversity Series, Paper No. 2. Plus de 85 % de la flore vasculaire australienne est considérée comme endémiqueESD Working Group on Biological Diversity. 1991. The Conservation of Biological Diversity as it Relates to Ecologically Sustainable Development, Report of Working Party to the Ecologically Sustainable Development Secretariat, Canberra.. Ce fort pourcentage de plantes vasculaires endémiques en Australie est largement attribuable à l'importance de certaines familles comme les Proteaceae, Myrtaceae et les Fabaceae.

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