est le genre de la sous-tribu des Hominina qui réunit Homo sapiens et les espèces apparentées. Il semble apparaitre dès la fin du Pliocène, d'après l'attribution des plus anciens fossiles connus faite par les paléoanthropologues. Depuis quelque d'années, le genre Homo a produit un buissonnement d'espèces, en raison de sa dispersion géographique précoce dans tout l'Ancien Monde et de son développement dans des niches écologiques variées.

À l’exception dHomo sapiens, toutes les espèces du genre Homo sont aujourd'hui éteintes. Les dernières espèces apparentées, Homo floresiensis, Homo luzonensis, Homme de Denisova et Homo neanderthalensis, ont disparu il y a entre .

Étymologie Homo, en latin, signifie « homme », , au sens générique, tandis que vir désigne l' au sens de , opposé à femina, . Le mot dérive du latin archaïque hĕmo, lui-même issu de l'indo-européen *dʰǵʰm̥mō (« [chose / fils] de la terre »).

Carl von Linné crée en 1758 le genre Homo, dans lequel il place deux espèces, Homo sapiens (encore nommé Homo diurnus) et Homo troglodytes (aussi appelé Homo nocturnus ou Homo sylvestris), ce dernier décrit par des voyageurs résultant d'un amalgame entre l'orang-outan asiatique et le chimpanzé africain..

Classification phylogénétique La classification phylogénétique moderne place le genre Homo dans une succession de groupes en cascade, depuis la famille des Hominidae jusqu'à la sous-tribu des Hominina.

L'espèce de grand singe génétiquement la plus proche dHomo sapiens est le Chimpanzé. Les deux espèces partagent 98,8 % de leurs gènes David R. Begun, The real Planet of the Apes : A new Story of human Origins, 2015. Homo sapiens a notamment deux chromosomes de moins que le chimpanzé<ref group=alpha>Les deux paires de chromosomes {2p, 2q} de l'ancêtre commun dHomo sapiens et du Chimpanzé ont fusionné en la paire de chromosomes {2} chez l'Homme, qui a par suite 46 chromosomes, alors que le Chimpanzé a conservé les deux paires de chromosomes {2p, 2q} de l'ancêtre commun et a donc toujours 48 chromosomes.</ref>, mais les deux génomes conservent beaucoup de similitudesEn plus des chromosomes sexuels {X, Y} qui sont très voisins, il subsiste treize autres paires de chromosomes {3, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 14, 16, 19, 20, 21, 22} qui semblent pratiquement identiques entre les deux espèces, ainsi que six paires qui sont restées proches à la suite d'insertions {1}, d'inversions {4, 5, 17} et de délétions {13, 18} relativement simples et facilement identifiables, mais deux paires de chromosomes {9, 15} ont été plus profondément différenciées à la suite de mutations complexes, probablement échelonnées dans le temps au sein des sous-tribus Hominina et/ou Panina..

Selon la plupart des paléoanthropologues, la divergence entre Hominina (lignée humaine) et Panina (lignée des chimpanzés) remonterait à au moins 7 millions d'annéesPascal Picq, Premiers hommes, éd. Flammarion, Paris, 2016. Les généticiens ont longtemps avancé le chiffre de 5 à 6 millions d'années, mais sur la base d'une horloge moléculaire dont le calibrage était fondé sur des taux de mutation qui ont été révisés à la baisse en 2016.

La sous-tribu des Hominina inclut aussi, selon le consensus actuel, les genres éteints Sahelanthrope, Orrorin, Ardipithèque, Kenyanthrope, Australopithèque et Paranthrope.

Émergence Le fossile le plus ancien découvert à ce jour et attribué au genre Homo (mis au jour en 2013 en Éthiopie et désigné sous le code LD 350-1) remonte à la fin du Pliocène, il y a environ d'années ()Pascaline Minet, « Paléontologie : une mandibule africaine vieillit le genre humain de 400 000 ans », Le Monde, 4 mars 2015.. Il est cependant trop fragmentaire pour avoir pu recevoir une dénomination.Homo habilis et Homo rudolfensis sont les deux espèces décrites les plus anciennes du genre Homo, remontant à environ en Afrique. L'espèce les précédant dans l'évolution n'est pas encore identifiée. Quoique de nombreux chercheurs pensent que le genre Homo est probablement issu d'une espèce du genre Australopithecus, il demeure possible que ces deux genres soient des développements parallèles issus d'un ancêtre commun.

L'apparition du genre Homo est souvent interprétée comme le résultat d'une divergence phylogénétique sous la pression de l'environnement. À partir de , la tendance globale au refroidissement et à l'assèchement du climat, avec réduction du couvert forestier et accroissement des habitats ouverts, auraient poussé des Hominina à exploiter de nouvelles niches écologiques, comprenant un complément de ressources alimentaires à base de viande et de graisse. Obtenue par le charognage ou la chasse de petits animaux, cette alimentation plus riche aurait notamment favorisé un début d'accroissement du volume cérébral.. Le paléoanthropologue français Yves Coppens a constaté cet assèchement du climat dans la stratigraphie de la vallée de l'Omo, au sud de l'Éthiopie, sur la période allant de (transition Plio-Pléistocène). Il en a tiré la théorie dite de lÉvènement de l'(H)Omo, qui succède depuis les années 2000 à la précédente version de sa théorie, dite de lEast Side StoryYves Coppens, L'évènement de l'(H)Omo, Dossiers du CNRS, lire en ligne..

Une étude publiée en 2020 semble confirmer ce lien entre l'origine de l'Homo et les changements climatiques et environnementaux entre 3 et 2,5 Ma. Elle présente de nouveaux résultats qui mettent en lumière l'interaction entre la tectonique, la migration des bassins, les changements fauniques d'une part et le sort de l'Australopithecus afarensis et l'évolution de l'Homo de l'autre. Les travaux sur le terrain au nouveau site de Mille-Logya dans l'Afar, en Éthiopie, datés entre 2,914 et 2,443 Ma, fournissent des preuves géologiques de la migration nord-est du bassin de Hadar, étendant la documentation de ce bassin lacustre jusqu'à Mille-Logya. Les chercheurs ont identifié trois nouvelles unités fossilifères, suggérant un changement faunique in situ dans cet intervalle. Alors que la faune de l'unité plus ancienne est comparable à celle de Hadar et Dikika, les unités plus jeunes contiennent des espèces qui indiquent des conditions plus ouvertes ainsi que des restes dHomo. Cela suggère que celui-ci a émergé des Australopithèques pendant cet intervalle ou s'est dispersé dans la région dans le cadre d'une faune adaptée à des habitats plus ouverts Zeresenay Alemseged et al., Fossils from Mille-Logya, Afar, Ethiopia, elucidate the link between Pliocene environmental changes and Homo origins, Nature Communications, volume 11, Article numéro: 2480 (2020.

En 2025, de nouveaux fossiles découverts sur le site de (région Afar, nord-est de l'Éthiopie) montrent la présence du genre Homo à et d'''Australopithecus à . Au moins quatre lignées d'Hominina ont ainsi vécu en Afrique de l'Est entre : un Homo ancestral, Paranthropus, Australopithecus garhi et l'Australopithèque indéterminé découvert à Ledi-Geraru.

Caractères anatomiques propres au genre Homo Plusieurs caractères morphologiques (qui s'expriment variablement selon les espèces) permettent de définir le genre Homo.

Bipédie Caractères communs aux Hominina Les Hominina se caractérisent notamment par leur bipédie. Celle-ci inclut les éléments suivants : quatre courbures sur la colonne vertébrale. ; trou occipital avancé à la base du crâne, ce qui est en relation avec une position verticale ; bassin court et évasé qui permet une meilleure stabilité debout ; fémurs obliques par rapport à la verticale, ce qui permet aux pieds d'être à l'aplomb du centre de gravité.

Caractères propres au genre Homo Les représentants du genre Homo présentent en plus les caractères suivants : membres postérieurs sensiblement plus longs que les membres antérieurs ; hallux parallèle aux autres orteils ; existence d'une voûte plantaire. Il convient de noter quHomo habilis présente une morphologie intermédiaire qui ne répond pas complètement aux caractéristiques listées dans ce deuxième paragraphe. Le squelette postcrânien dHomo rudolfensis demeure quant à lui inconnu.

Un nombre croissant de chercheurs ajoutent aux trois caractéristiques précédentes l'aptitude à la course d'endurance, à partir de l'analyse chez les spécimens fossiles des os du pied et d'un certain nombre d'adaptations morphologiques lisibles sur les ossements fossiles. Cette position s'appuie largement sur la théorie du coureur de fond.

Évolution crânienne capacité crânienne de plus de , supérieure aux Australopithèques et en augmentation progressive au cours du Pléistocène ; aplatissement de la face par la réduction du prognathisme (mâchoire avancée) ; réduction des muscles de l'appareil masticatoire ; réduction de la denture, avec une décroissance de la taille des molaires de M1 à M3 (elles sont de taille croissante chez les Australopithèques).

Capacité vocale descente progressive du larynx, libérant ainsi la capacité de moduler des sons articulés ; l'os hyoïde, qui joue un rôle dans l'expression vocale, est présent chez l'Homme de Néandertal ; sa présence ou non chez les autres espèces humaines non sapiens est inconnue.

Thorax cage thoracique en forme de tonneau (celle des Australopithèques est plus conique) ; deux côtes flottantes, non rattachées au sternum (contre une seule chez les Australopithèques).

Autres caractères anatomiques pouce de la main plus long que chez les Australopithèques, permettant une meilleure saisie de précision.

Caractères culturels propres au genre Homo Quelques activités ou capacités culturelles paraissent spécifiques au genre Homo : utilisation d'outils lithiques avec l'apparition de galets taillés (Oldowayen), puis l'amélioration de l'outillage (Acheuléen) ; consommation régulière de viande, acquise par la chasse ou par le charognageJean-Jacques Hublin, Quand d'autres hommes peuplaient la Terre : combien d'espèces ?, conférence au Musée de l'Homme, 19 octobre 2018, voir la vidéo en ligne. ; capacité à vivre à des latitudes un peu plus septentrionales (en Europe et en Asie) que les autres genres d'hominidés ; utilisation occasionnelle du feu dès 1,5 Ma, sans capacité de le produire à volonté avant environ ..

Espèces connues du genre Homo La taxonomie des Hominina préhumains et des espèces du genre Homo n'est pas stabilisée. Choisir de faire de l'un d'eux une nouvelle espèce en lui attribuant un nom binominal, choisir de modifier leur définition selon l'évolution de leur hypodigme, sont des pratiques régulières qui apparaissent au fil des découvertes et des débats.

Les spécialistes du Musée de l'Homme, à Paris, reconnaissent en 2025 distinctes au sein du genre Homo., dont l'Homme de Denisova, qui a été identifié en 2010 par son génome et en 2025 par le crâne de Harbin, mais dont la description formelle n'a pas encore été effectuée.

Tableau comparatif La variabilité peut être élevée au sein d'une même espèce, notamment en fonction de facteurs géographiques et climatiques. De nombreuses espèces humaines ne sont pas suffisamment échantillonnées pour tirer des conclusions sur leur dimorphisme sexuel. La taille et le poids des sujets féminins sont toujours moindres, mais dans des proportions variables selon les espèces.

Les espèces notées en gras indiquent l'existence d'un nombre important de fossiles découverts. CE : Coefficient d'encéphalisation