vignette|Insigne d'épaule du CEFEO. vignette|Combat au FM 24/29 en 1952. vignette|Parachutistes français en Indochine en . vignette|Hommes de la étrangère parachutiste de mortiers lourds en 1953/1954 avec 2 mortiers mortier Brandt 120 mm type A.M. 50.

Le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO) est une force des armées françaises prévue initialement pour combattre l'empire du Japon en Indochine française durant la Seconde Guerre mondiale, mais qui s'illustre surtout lors de la guerre d'Indochine contre le Việt Minh.

Origines (1943-1945) vignette|6° commando du C.L.I./5°RIC (corps Léger d'Intervention) en Indochine En , le Comité français de la Libération nationale d'Alger décide d'une participation des Forces françaises combattantes à la guerre du Pacifique avec, dans l'esprit du général de Gaulle, un double objectif : participer à la guerre contre le Japon aux côtés des Alliés et rétablir l'autorité de la France sur ses possessions indochinoises, que les Japonais avaient envahies partiellement en 1940, puis totalement en détruisant l'administration coloniale française lors du coup de force de 1945. Sa mise sur pied est laborieuse et la France manque d'équipements et de bateaux pour l'acheminement et doit faire appel à l'aide américaine.

En , Leclerc est placé à la tête de ce corps expéditionnaire. Son prestige va être utilisé en France pour contribuer au recrutement de volontaires. Mais, la capitulation du Japon est annoncée le alors que ce corps expéditionnaire n'a pas encore quitté la France. Déjà, en métropole, certains se font écho des doutes sur les objectifs de ce corps expéditionnaire et des changements intervenus dans l'Empire français lors de la guerre. Ainsi, le journal Le Monde du indique-t-il que :

L'affiche de recrutement des Forces expéditionnaires françaises d'Extrême-Orient (FEFEO) ne présente pas la campagne indochinoise comme une guerre coloniale, mais comme la poursuite de la libération du territoire français, faisant écho au « devoir de guerre » dont parlait le général de Gaulle dans son allocution du lors de la libération de Paris, seulement quelques mois plus tôt. Ainsi, les Français qui se sont portés volontaires pour le corps expéditionnaire pouvaient lire sur l'affiche en question : « Hier Strasbourg, demain Saïgon, engagez-vous dans les FEFEO » ; le héros national qu'était alors le général Leclerc des FFL y était représenté sur un char Sherman de la prestigieuse DBAffiche de recrutement..

L'empire du Japon annonce sa capitulation à la mi-août, prenant de court le gouvernement français et permettant en Indochine une prise de pouvoir par les indépendantistes vietnamiens. Leclerc, arrivé à Kandy (Sri Lanka) le pour préparer le débarquement de ses troupes, s'entend dire par Lord Mountbatten qu'en application des accords de Potsdam, les Britanniques (au sud) et les Chinois (au nord) pénètreront les premiers en Indochine. Leclerc demande à Charles de Gaulle d'obtenir que Harry Truman revienne sur cette décision, mais les États-Unis refusent, ne souhaitant pas, entre autres, mécontenter Tchang Kaï-chekJacques Dalloz, La Guerre d'Indochine, Seuil, 1987, page 79.. Les premiers éléments du corps expéditionnaire, le corps léger d'intervention, arrivent en Indochine à la mi-septembre et participent, avec les Britanniques et les ChinoisVoir : South East Asia Command., au désarmement des troupes japonaises. Le gros des troupes du corps expéditionnaire ne peut débarquer que début octobre, notamment grâce à l'aide de la Royal Navy, Leclerc lui-même débarquant le . Le corps expéditionnaire est ensuite bientôt engagé dans des combats contre le Việt Minh, dans ce qui va devenir la guerre d'Indochine. Des commandos français de la DGER (constitués d'anciens participants à l'opération Jedburgh), parachutés par la Force 136 britannique, étaient toutefois déjà sur place depuis plusieurs mois, travaillant avec le concours de tribus montagnardes hmongs du Laos.

Le génocide des Hmongs qui se poursuit de nos jours, comme l'atteste le reportage de Grégoire Deniau en 2005 pour Envoyé SpécialEnvoyé Spécial : « Guerre secrète au Laos »., résulte de ce soutien apporté par les Hmongs à la France, d'abord contre les Japonais, puis contre le Viet minh, et enfin aux États-Unis, toujours contre le Viet minh (guerre civile laotienne et guerre du Vietnam).

Guerre d'Indochine (1946-1954)

Au cours de la guerre, le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient est pris dans diverses polémiques. Diverses associations existent, sans que leur représentativité soit établie. Parmi elles, l'association des anciens combattants du Corps Expéditionnaire et l'Association nationale des Rapatriés d'Indochine, d'opinion différentes. À partir de 1949, avec la formation des trois États associés indochinois au sein de l'Union française, cette force n'était plus une force coloniale mais un allié des États indigènes (en théorie).

1950-1951 Le ressentiment d'une partie de l'armée de métier contre les grèves de 1949-1950 contre la guerre d'Indochine, quand le conflit militaire prend une dimension plus anticommuniste que colonial quand démarre la guerre de Corée le "Le conflit en Indochine après la défaite française de Cao Bang", par Jean-Claude Lescure, dans Lumni le 29 juin 2023 .

Suites de l'affaire d'octobre 1949 à Pigalle Selon l'historien Louis Chevalier, les contestations de la guerre sont perçues comme une « identification au tueur » par certains parachutistes, comme son frère, qui déplore que la presse grossisse « quelques minables faits divers, quelques incidents dans les villes de garnison, dans les ports » et les assimile à des voyous, fauteurs de trouble dans les bars ou voleurs de poule. Louis Chevalier cite en particulier une série d'articles dans Ouest France, dans plusieurs départementsLes Ruines de Subure: Montmartre de 1939 aux années 80", par l'historien Louis Chevalier, en 1985 aux Editions Robert Laffont . Une mythologie des « paras déserteurs » s'était installée à Pigalle, depuis l'arrestation en de 4 d'entre eux, casernés en Bretagne mais retrouvés dans hôtel de ce quartier parisien des music-hall, vivant « au crochet de filles ».

Pertes au front mais aussi alcoolisme, suicides et maladies déciment des soldats nourris très parcimonieusement, avec des conserves inadaptéesCritique du livre Hélène Erlingsen et la grève des expéditions militaires a subi un coup d'arrêt dès avril, ponctué par une répression sévère dans plusieurs grands ports.

Mort de l'adjudant Ange Parsiani Après la mort le de l'adjudant Ange Parsiani, du 11ème choc, sous les yeux de Paul Bonnecarrère., correspondant de guerre de Paris-Match"Dictionnaire de la guerre d'Indochine" par François Cochet, Rémy Porte, et Ivan Cadeau, Place des éditeurs en 2021 , qui l'attribue à des grenades sabotées par des communistes de l'Union des femmes françaises (UFF), proche du PCF, le gouvernement sévit contre les communistes : le , dans le cadre de l', expulsion de 404 ex-FTP étrangers et réfugiés de 1937 et dissolution de leurs journauxHenri Farreny, 1950 : un épisode peu glorieux et trop méconnu : l'opération Boléro - Paprika, Bulletin de l'Amicale des anciens guérilleros espagnols en France."La protection des étrangers à l'épreuve de la «guerre froide» : l'opération «Boléro-Paprika»" par Phryné Pigenet, dans la Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine en 1999 ., malgré l'opposition de l'abbé PierreArticle dans La Dépêche de Philippe Emery le 4 décembre 2020 , incidents des manifestations de rue Marseille, Paris et LyonTartakowsky, Danielle. Les manifestations de rue en France. Éditions de la Sorbonne, 1997 .

Affaires Henri Martin et Marthe Malingreau La condamnation le à 5 ans de prison du militaire Henri Martin, arrêté à Toulon fin mars après des distributions de tract, est marquée par un coup de théâtre : le témoin qui l'accusait de complicité de sabotage, lui-même auteur du même sabotage, se rétracte et l'innocente, ce qui est pris en compte par les jurés: il est condamné pour les distributions de tract, mais pas pour le sabotage.

L'hiver 1950-1951 est ensuite marqué par « l'affaire Marthe Malingreau » : l'association des anciens du expéditionnaire français en Extrême-Orient (AACEFEO) saisit Raymond Dronne, un ex-colonel du régiment de marche du Tchad en Indochine, où il avait « transformé un succès militaire » en « réussite politique »extrait de Mémoire de proposition dans l’ordre de la Légion d’Honneur du chef de bataillon Raymond Dronne et qui se dira ensuite révolté par le désastre de Caobang. Devenu sénateur RPF, ce futur soutien de l'OAS"Dronne (Raymond) : Vie et mort d'un Empire. La décolonisation" compte-rendu de lecture par Charles-Robert Ageron, dans la revue d'histoire Outre-Mers en 1991 , décide de dénoncer Marthe Malingreau, conseillère municipale PCF d'Anzin : elle aurait répondu aux conseillers RPF le Le Monde du 28 décembre 1950 , à l'occasion de l'envol de colis aux soldats d'Indochine, qu'ils méritaient plutôt douze balles dans la peau, propos selon lui reproduits par la radio du VietMinhCompte rendu des débats au Sénat le 7 décembre 1950 au JO . Mme Malingreau a eu beau déclarer à la séance suivante du conseil municipal, qu'elle ne visait pas les soldats mais seulement les « mercenaires » français en Indochine"Mme Malingreau réfracte ses injures à l'égard des soldats d'Indochine" dans Le Monde du 28 décembre 1950 , le parquet de Valenciennes la renvoie le devant le tribunal correctionnel, qui le voit dans sa précision « l'aveu » que ses « paroles portaient une atteinte intolérable à l'esprit de patrie ». Le jugement du tient cependant compte de circonstances atténuantes, sa captivité subie en Allemagne, pour la condamner à deux mois de prison avec sursis et d'amende. Raflée en parmi une vingtaine de suspects de la grèves mineurs de 1941, pour certains fusillés et torturés, puis déportée à Ravensbrück"Eusebio Ferrari: À l'aube de la résistance armée", de André Pierrard et Michel Rousseau, aux Editions Syros en 1980 "La répression allemande dans le nord de la France 1940-1944", par Laurent Thiéry, aux Presses universitaires du Septentrion, en 2013 , Marthe Malingreau, avait au retour raconté les expériences médicales faites sur des détenues par les nazis"Zone interdite : Nord-Pas-de-Calais" par Jean-Marie Fossier, aux Editions sociales en 1977 .

Nouveaux chants de la Légion étrangère C'est une période où le commandement de la Légion étrangère « utilise » le chant comme « un moyen d’expression » à destination du Parti communiste, pour le décourager de contester la guerre, et valide un « changement de programme » dans ses chants, avec une « première liste » proposée à la souscription en , ne retenant que des titres traditionnels, ensuite remplacés par « des chants nouveaux » d'une chorale sous la direction du capitaine Jean Hallo, promu depuis 1948, rédacteur en chef de Képi blanc, revue de la Légion étrangère., « destinés au marché métropolitain » et qui envoient donc « un message à ceux qui s’en prennent au corps expéditionnaire »"LES CHANTS MILITAIRES FRANÇAIS D’ORIGINE ÉTRANGÈRE", dans la revue Inflexions, par Thierry Bouzard []. Contre les Viets, vieux de 1948"Contre les Viets", par Thierry Bouzard , devient Contre les Rouges, et La Rue appartient fait référence à l'action politique en France. Le commandement de la Légion étrangère craint que les campagnes du PCF ne tarissent son recrutement étranger à la motivation déjà « considérée comme plus fragile », d'autant qu'une loi de 1950 vient selon elle d'aggraver les « difficultés du recrutement » car elle interdit aux Français appelés sous les drapeaux être employés ensuite en temps de paix sur des territoires où ils avaient combattu.

Affaire de Montataire