Le de chasseurs d'Afrique (ou RCA) est un régiment de cavalerie de l'armée française créé en et dissous à l'issue de la Guerre d'Algérie en 1964.
Création et différentes dénominations Le régiment de chasseurs d'Afrique est créé à Oran par l'ordonnance royale du . Tout comme pour le RCA créé simultanément à Alger, chaque escadron comporte 130 chevaux de troupe et 10 hommes à pied. Son premier casernement est la mosquée du bey Mohamed el-Kébir, fortifiée pour l'occasion. Après avoir participé à la conquête de l'Algérie, puis à la plupart des conflits majeurs du pays, le régiment est dissout en 1964 à l'issue de la Guerre d'Algérie.
Historique des garnisons, campagnes et batailles 1831 à 1848 vignette|Bataille de la Sikkak en 1836 contre Abd el-Kader. vignette|Le RCA sabrant une batterie prussienne lors de la bataille de Saint-Privat en 1871. Armée d'Afrique-Algérie 1832-1854 1832-1833 : constitution progressive à Oran du régiment en hommes et en chevaux, avec un escadron turc. 1833-1834 : deux émeutes au seing des rangs du régiment, se concluant pour la seconde par la traduction des émeutiers devant un conseil de guerre et l’exécution de l'un d'eux devant toutes les troupes. 26- : Bataille du Sig, où le régiment perd son chef, le colonel Auguste Oudinot. A cette date certains escadrons ne sont pas encore armés de façon réglementaire, étant parfois encore équipés de mousquetons et de lances au lieu de fusils de dragon. : Bataille de la Sikkak À partir de 1838, dirigés par le colonel Randon, les chasseurs exécutent des travaux agricoles du plus haut intérêt pour la colonisation, conduisant à la renommée de la ferme-modèle dont le régiment a la concession. 8- : Enlèvement des matamores de Bou-Chouicha : Bataille de Sidi Youssef -" Morris se conduisit en Achille puisqu'il a combattu pendant plus d'une demi-heure six mille cavaliers avec moins de cinq cents chevaux." Maréchal Bugeaud, 1844. : combat de l'oued El Malah où le brigadier Gérard du RCA tue le kalifat Mohammed Ben Allel dit Sidi-Embarek, conseiller et véritable homme de guerre d'Abd-el-Kader. : Bataille d'Isly
Second Empire Armée d'Afrique-Algérie 1832-1854 : Siège de Laghouat Armée d'Orient 1854-1856 1855 : Siège de Sébastopol Algérie 1857-1858 1859 : Italie : Bataille de Solférino 1860 : Chine Combat de Chang Kia Woo 1863-1867 : Mexique : Bataille de San Pablo del Monte (siège de Puebla) 1870 : Algérie 1870 : Guerre franco-allemande de 1870 : Bataille de Mars-la-Tour. 12 officiers, 125 cavaliers et 150 chevaux périssent au cours de la charge : Bataille de Saint-Privat : Bataille de Sedan
1871-1914 vignette|Certificat de bonne conduite du RCA, août 1900. Algérie 1871-1882 Madagascar 1895 Algérie 1897-1900, basé à Tlemcen Maroc 1907-1913.
Première Guerre mondiale Affectation
Grande Guerre 1914-1918. " Régiment d'élite vous êtes, régiment d'élite vous devez rester." Colonel Chalanqui-Beuret, 1918.
1914
1915
1916
1917
1918
L'entre deux guerres Après l'Armistice du , le RCA est affecté à la zone d'occupation en Allemagne de Langen et de Weiterstadt. Transféré au Maroc en 1919 à Oujda. Les , et escadrons (à pied) participent aux opérations de maintien de l'ordre dans la région de Taza. Le , le RCA est stationné en Algérie, à Mascara. Un escadron est détaché à Tlemcen.
Seconde Guerre mondiale 1940 : le RCA transite par Perregaux et Tebessa en Algérie. Il est affecté en Tunisie dans la région de Gafsa. : le régiment est de retour en Algérie, en garnison à Oran. Il est intégré au début de 1942 dans la Brigade de Cavalerie d'Algérie.
1941 1942 : Campagne de Tunisie. Le RCA détache 3 escadrons de composition variée (mixte, porté, anti-chars) et deux pelotons de chars auprès de la Brigade Légère Mécanique d'Algérie (BLM), aux ordres du colonel Touzet du Vigier.
1943 1944 Le RCA, intègrée à la division blindée, (Ire DB), commandée par le général Touzet du Vigier, débarque en Provence et participe à la Libération de la France. vignette|Le Sherman Austerlitz du lieutenant de Loisy, détruit à Mulhouse le 23 novembre 1944. Au cours de la campagne de la Libération, le RCA a atteint le Rhin le premier, le . À l'avant-garde, le peloton de chars du lieutenant Jean Carrelet de Loisy investit la ville de Mulhouse,qui conserve la mémoire de ce jeune chef héroïque, mort pour la France.
1945 (Citation du Général de Gaulle, 1945).
Après guerre : Occupation en Allemagne Trèves. : Retour en France. Angoulême, Fontenay-le-Comte, Camp de Braconne. : Transfert en Algérie. Mascara. Puis Tlemcen en 1949. : un groupe léger est détaché en Tunisie dans la région de Gafsa.
Guerre d'Algérie Algérie 1956-1962 : Assurant le maintien de l'ordre dans la région de Tlemcen en , plusieurs escadrons sont détachés ; le dans les Aurès (nov 54-janv 55), les et au Maroc (août à oct 55). de à , le régiment opère près du barrage à la frontière Marocaine (zone ouest Oranais - DI). En , le régiment est regroupé à Sidi Bel Abbés et affecté à la Division. Le régiment a perdu 27 hommes dont 12 par accident de circulation. En , le régiment embarque à Mers el Kébir pour rejoindre Orange où il fusionne avec le Centre d'Instruction du Cuirassiers pour former le Régiment de Chasseurs implanté à Thierville, près de Verdun.
Traditions Devise En avant tout est votre
Insigne
Étendard Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 :Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie. 400px La Sickack 1836 Isly 1844 Sebastopol 1855 Solférino 1859 Puebla 1863 Maroc 1907-1913 L'Ourcq 1914 Thiérache 1918 Mulhouse 1944 Bade 1945 AFN 1952-1962
Décorations La cravate de l'étendard est décorée : De la Croix de guerre 1939-1945 avec 1 palme. Du Mérite Militaire Chérifien. Médaille d'or de la Ville de Milan. 20px 20px
Chant
Chefs de corps 1831 - 1833 : Colonel Létang (**) 1833 - 1835 : Colonel Oudinot 1835 : Lieutenant-Colonel de Beaufort (juin-juillet) 1835 - 1836 : Colonel Lefebvre de Gouy 1836 - 1838 : Colonel Servat de Laisle 1838 - 1841 : Colonel Randon (¤) 1841 - 1843 : Colonel Marey (**) 1843 - 1843 : Colonel Martin de Bourgon 1843 - 1847 : Colonel Morris (**) 1847 - 1851 : Colonel Cousin-Montauban (**) 1851 - 1854 : Colonel Rame 1854 - 1855 : Colonel de Jourdan 1855 - 1863 : Colonel de Brémond d'Ars (**) 1863 - 1867 : Colonel Petit 1867 - 1870 : Colonel de la Jaille (**) 1870 - 1871 : Colonel de Lamartinière 1871 - 1872 : Colonel de Percin Northumberland 1872 - 1875 : Colonel Bignon 1875 - 1883 : Colonel de Simard de Pitray 1883 - 1889 : Colonel Roullet 1889 - 1889 : Colonel Haubt 1889 - 1890 : Colonel Servat de Laisle 1890 - 1896 : Colonel O'Connor 1896 - 1902 : Colonel Pierre-Léon Delanneau 1902 - 1904 : Colonel Valicon 1904 - 1905 : Colonel Aubier 1907 - 1908 : Colonel Caruel 1908 - 1912 : Colonel Henrys 1912 - 1913 : Colonel de Cugnac 1913 - 1914 : Colonel Dumas de Champvallier 1914 : Colonel Chine 1914 : Lieutenant-colonel Chalanqui-Beuret 1918 : Lieutenant-colonel Baudinot 1918 - 1919 : Colonel de Chabannes 1919 - 1922 : Colonel Moog 1922 - 1922 : Colonel Corrard des Essarts 1922 - 1924 : Colonel Zoellner 1924 - 1926 : Colonel Trutié de Vaucresson 1926 - 1928 : Colonel Choderlos de Laclos 1928 - 1931 : Colonel Henry-Couannier 1931 - 1936 : Colonel Lesné 1937 : colonel Florange (de janvier à juin) 1937 - 1940 : Colonel Gelly 1940 - 1942 : Colonel Adol 1942 - 1943 : Colonel Sudre 1943 - 1946 : Colonel Lodin de Lepinay 1946 - 1948 : Colonel Moissenet 1948 - 1952 : Colonel du Boulet de la Boissière 1952 - 1954 : Colonel Le Corbeiller 1954 - 1957 : Colonel Naud-Passajon 1957 - 1959 : Colonel Lemond 1959 - 1960 : Colonel de La Ferté-Sénectère 1960 - 1962 : Colonel Martin-Siegfried 1962 - 1963 : Colonel Fresson 1963 - 1964 : Colonel Deschard (*) Officier qui devint par la suite général de brigade (**) Officier qui devint par la suite général de division (¤) Officier qui devint par la suite maréchal
Faits d'armes faisant particulièrement honneur au régiment Le , 60 cavaliers du chasseurs d'Afrique, sous les ordres du capitaine Favart, portent assistance à un autre groupe de 50 cavaliers du , menés par le capitaine Daumas et encerclés par plus de 1500 cavaliers Flittas, loin de la colonne principale. Souhaitant "partager leur sort et mourir glorieusement" plutôt que regagner la colonne avec "la honte d'une lâcheté", les cavaliers n'hésitent pas à charger, sabre à la main, en se contentant de faire prévenir le général Gentil. Ils parviennent ainsi à briser le cercle ennemi qui se referme derrière eux, et rejoignent leurs compagnons qui résistent autour du marabout de Sidi Rached, situé sur un petit tertre. Le combat s'achève par l'arrivée d'un bataillon du guidé par le général en personne, qui parvient à disperser l'ennemi. Les pertes s'élèvent à 22 tués et 30 blessés, dont 6 des 7 officiers des deux escadrons. Le combat de Sidi Rached eut un retentissement important au sein de l'Armée d'Afrique, selon le capitaine Blanc qui relate ce fait d'armes dans ses Souvenirs d'un vieux zouave.
Autres faits notables La chambre criminelle de la Cour de Cassation a eu à se prononcer sur le sens juridique d'un "ordre de service", dans son jugement du . Arsène Chéron, cavalier au régiment de chasseurs d'Afrique, avait été puni de huit jours de prison ; en l'envoyant aux salles de discipline, le maréchal des logis de service lui prescrivit de retirer l'uniforme qu'il portait et de prendre la tenue des hommes punis ; Chéron refusa par trois fois, malgré la lecture qui lui fut donnée des dispositions de la loi relatives au refus d'obéissance, et il dut être traduit de ce chef devant le conseil de guerre d'Oran. Il fut reconnu coupable, à l'unanimité, du délit d'avoir refusé d'obéir, et condamné à un an d'emprisonnement, par application de l'article 218 du code de justice militaire. Sur le recours du condamné, le conseil de révision d'Alger a annulé, à une courte majorité, le jugement du conseil de guerre : « Attendu que l'article précité ne prévoit et ne punit que le refus d'obéissance à un ordre donné pour l'exécution du service... et que l'injonction de changer de tenue pour se rendre aux salles de discipline n'est pas un ordre de service dans le sens que la loi a entendu donner à ce mot ». La Cour a cassé et annulé cette décision, suivant le réquisitoire dressé par le procureur général, en considérant que l'expression ordre de service devait être entendue dans son sens le plus général et embrassait tous les ordres relatifs à l'accomplissement d'un devoir militaire quelconque, et qu'il était donc impossible de ne pas l'appliquer aux injonctions que les chefs adressent à leurs subordonnés pour tout ce qui touche à la discipline des troupes et spécialement à leur tenue.
Personnalités ayant servi au sein du régiment Le lieutenant-colonel Lacombe de La Tour Le général Margueritte s'y est engagé en 1842 Le général Langle de Cary y servait en 1870 lors de guerre franco-prussienneLe Miroir du 10 janvier 1915 Le maréchal Randon a commandé le régiment Le lieutenant Carrelet de Loisy Marc Martin-Siegfried (1911-1990), Compagnon de la Libération, chef de corps en 1960. Le Capitaine Francis Morand, gendarme, résistant, mort en déportation. Félix Tilly (1904-1963), Compagnon de la Libération.
Sources et bibliographie , .
Notes et références
Voir aussi Sources et bibliographie
Articles connexes