Urtica (les orties) est un genre de plantes à fleurs de la famille des Urticacées qui regroupe une trentaine d'espèces de plantes herbacées à feuilles velues. On en trouve onze en Europe dont cinq en France.

En Europe de l'Ouest, les espèces les plus courantes sont la grande ortie (Urtica dioica, cinquante centimètres à un mètre, vivace) et l'ortie brûlante (Urtica urens, moins de cinquante centimètres, annuelle). Urtica pilulifera (ortie à pilules, ortie romaine) se rencontre dans le midi et l'ouest de la France, Urtica membranacea (ortie membraneuse) se rencontre dans le midi méditerranéen et Urtica atrovirens uniquement en Corse.

La grande ortie et l'ortie brûlante (feuilles et racines) sont utilisées comme des plantes médicinales. Les feuilles sont couramment utilisées comme toniques, dépuratives, diurétiques, anti-inflammatoires (douleurs rhumatismales) Monographie sur l'ortie sur le site Plants for a future.

La grande ortie est également très utilisée à des fins alimentaires, industrielles (pour sa fibre textile) et agricoles (en tant qu'engrais vert et insecticide).

Encore souvent déconsidérée comme vulgaire mauvaise herbe invasive, U. dioica, la plus commune des espèces d'orties dans l'hémisphère nord, et l'une des plantes pionnières rudérales les plus présentes est depuis les années 1990 considérée comme une espèce clé de voûte, nourrissant notamment plusieurs espèces de papillons en forte voie de régression et importante pour la biodiversité.

Étymologie et histoire Le nom d'ortie est issu du latin urtica lui-même dérivé d'uro, « brûler », en référence aux poils urticants..

1746 : en botanique, orthie (St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1746)

1176-1184 : au figuré par opposition à rose pour signifier « le pire » (GAUTIER D'ARRAS, Eracle, éditeur G. Raynaud de Lage, 1268) ;

1496 : gecter le froc es ortyes (Mystère de St Martin, éd. A. Duplat, 7993 cité ds Z. rom. Philol. t.97, ) ;

1564 : jeter le froc aux orties (THIERRY, s.v. froc) Source.

Caractéristiques générales vignette|gauche|200px|Fleurs femelles.|alt= vignette|170px|Fleurs mâles.|alt=

Ce sont des plantes herbacées à feuilles opposées, pétiolées, fortement dentées ou incisées, à stipules libres, dont le limbe est de forme elliptique. Les plantes sont hérissées de poils raides (appelés scientifiquement trichomes urticants) sécrétant un liquide très irritant. Les espèces sont nitrophiles et rudérales.

Les fleurs mâles et femelles sont séparées, soit sur le même pied (plantes monoïques) soit sur des pieds différents (plantes dioïques). Les fleurs femelles sont verdâtres et pendantes, réunies en inflorescences plus ou moins serrées, selon les espèces. Le périanthe est à 4 divisions très inégales, les 2 extérieures petites ou nulles. Le style est presque nul, le stigmate est en pinceau.Les fleurs mâles sont jaunâtres et ont un port plus horizontal et étalé ou en épi. Leur périanthe est à 4-5 divisions. Les 4-5 étamines, à filets longs, repliés, sont pliés dans la corolle, se détendent soudainement lors de la fécondation et répandent un nuage de pollen sur les fleurs femellesLe fruit est un akène ovoïde-comprimé, renfermé dans le périanthePelt Jean-Marie. Les langages secrets de la nature - la communication chez les animaux et les plantes. Ed. Fayard, Livre de Poche , 1996. Chapitre 12 Des plantes mobiles, ..

Fonctions écosystémiques Encore souvent déconsidérée comme vulgaire mauvaise herbe invasive, U. dioica, la plus commune des espèces d'orties dans l'hémisphère nord, et l'une des plantes pionnières rudérales les plus présentes est depuis les années 1990 considérée comme une espèce clé de voûte écologique, nourrissant notamment plusieurs espèces de papillons en forte voie de régression et importante pour la biodiversité..

Sur les sols retournés, certains gravats et sédiments riches en matière organique, sur les sols violemment remués, très déstructurés et sur les sols et friches pollués par les nitrates, les orties, après les coquelicots, comptent parmi les toutes premières plantes à couvrir le sol, et jouent un rôle important dans le cycle de l'azote en pompant une partie des nitrates. Ainsi, le botaniste Auguste Chevalier écrivait en France en 1922 ; .

Pouvoir urticant et allergène vignette|gauche|Poils en aiguilles urticantes. vignette|Le poil urticant, appelé dard, comporte une pointe en silice se plantant comme une aiguille dans l'épiderme, et est coiffé d'une « ampoule » qui se brise comme du verre au moindre frottement, libérant le liquide urticant.

Toutes les espèces d'orties sont, en temps normal, urticantes par injection sous la peau ou dans une muqueuse. Les poils urticants contiennent une réserve d'histamine, d'acétylcholine et de sérotonine qui irritent la peau. De l'acide formique (l'arme de défense des fourmis et des abeilles) est aussi présent, mais joue un rôle mineur dans l'irritation. Ces poils ont à leur extrémité une fragile pointe de silice qui peut pénétrer la peau des animaux qui s'en approchent trop. Ils se brisent (comme l'extrémité des ampoules de verre contenant des médicaments liquides) et injectent dans la peau l'histamine (pouvoir histaminolibérateur de l'ortie) à laquelle serait dû le prurit (sensation de démangeaison) et les troubles de la motricité des vaisseaux responsables de l'érythème (bouton, rougeur), ainsi que les autres composants qui provoquent une sensation de brûlure puis donnent une urticaire de contact (plaques rouges et gonflées d'eau).

Après la pluie ou une tempête, les orties piquent moins : le botaniste Charles Naudin constatait en à Collioure qu'un épisode venteux violent et prolongé a pour effet de faire disparaître durant une semaine la propriété urticante des orties..

Utilisations Utilisation comme fertilisant L'ortie permet la fabrication de purin d'ortie, par macération d'orties hachées dans de l'eau ou du purin pendant quelques jours à l'abri de la lumière. Il sert de fongicide (contre le mildiou), d'insecticide (contre les pucerons et acariens) et d'activateur ou de régulateur de croissance des végétaux.

La fabrication, l'utilisation et la commercialisation de ce purin sont réglementées en France par l'arrêté du Arrêté du 18 avril 2011..

Certaines sources soutiennent que l'ortie, sans nourrir la plante ni lutter contre les insectes, pourrait stimuler sa croissance, ce qui pourrait en fait signifier qu'elle favorise l'activité biologique du sol ().

Utilisation alimentaire vignette|Soupe d'ortie. vignette|Échantillons de fibre d'ortie blanchie, écrue, tige, fil, textiles et bijou (par Willemijn de Greef), présentés dans l'armoire textile du musée du textile de Tilbourg (intérieur du cabinet réalisé par Simone de Waart, Material Sense).

Les orties sont comestibles. Elles contiennent les huit acides aminés essentiels. et des protéines à raison de 8 à 20 % de leur poids frais, 16 à 40 % de leur poids sec, une portion de d'ortie cuite apporte ainsi la ration journalière de protéines.(donnée imprécise), du fer à raison de pour et du calcium à raison de par ..

Elles sont utilisées en soupe, salade, soufflés ou en remplacement des épinards.

Composition nutritionnelle de l'ortie pour 100 grammes de feuilles fraiches.

Energie: entre 65 et 90 kcal

Glucides: entre 7.1 et 16.5 grammes

Protides: entre 4.3 et 8.9 grammes

Lipides: entre 0.7 et 2 grammes

Fibres: entre 3.6 et 5.3 grammes

Vitamine C: environ 238 mg (5 fois plus que l'orange)

Source: https://stm.cairn.info/revue-hegel-2016-3-page-280?lang=fr

Utilisation textile Les longues fibres de la grande ortie ont été filées dans plusieurs régions d'Europe pour faire de la corde et des toiles de qualité.

Dans l'Himalaya, l'usage des fibres d'une ortie herbacée locale, Urtica parviflora, a perduré jusqu'à maintenant. On l'utilise pour fabriquer des cordages, des textiles et un papier de bonne qualité.

Utilisation comme plante médicinale et sanitaire Différentes propriétés médicinales et sanitaires sont reconnues ou alléguées.

La forme SIPF de l'ortie Urtica urens aurait une efficacité thérapeutique sur la fatigue, au moins égale au sargenor.

L'ortie serait un diurétique (substance qui entraîne une augmentation de la sécrétion urinaire), et agirait sur l'hypertension artérielle, l'insuffisance cardiaque, certains œdèmes, l'hypertension portale ou l'hyperkaliémie.

Traitées par lyophilisation, les feuilles peuvent être utilisées pour combattre le rhume des foins.

Par ingestion, la racine séchée soulagerait la miction en cas d'inflammation bénigne de la prostate.

Appliquée en lotion, elle permettrait de lutter contre l'acné.

En bain de bouche, elle serait efficace contre les infections : aphtes, gingivite, angine.

Chez la femme enceinte, elle favoriserait la stimulation de la production du lait maternel.

Naturellement riche en vitamines A, B et C, l'ortie est également riche en fer, calcium, magnésium, potassium et phosphore. Elle aurait une action reminéralisante et agirait favorablement sur les cartilages usés des personnes souffrant d'arthrose ou de rhumatismes. En cataplasme, associée à l'argile verte, elle agirait contre les douleurs liées à ces affections.

L'ortie est une plante particulièrement intéressante en cas d'anémie ferriprive, notamment pour accompagner une fatigue liée à un manque de fer. Naturellement riche en fer végétal, l'ortie contient aussi de la vitamine C, des chlorophylles et des minéraux (magnésium, calcium), qui facilitent l'absorption du fer et soutiennent la formation des globules rouges. C'est pourquoi l'ortie est considérée en phytothérapie comme une plante reminéralisante et nutritive. Elle peut être utilisée, selon la phytothérapie, pour soutenir les personnes fatiguées ou convalescentes, accompagner les règles abondantes (source fréquentes de carences en fer) et aider à reconstituer les réserves minérales en douceur.

Précautions Le pollen d'ortie peut être allergisant pour de rares personnes hypersensibles aux pollinoses (cf. Caractéristiques générales), mais consommée, elle a des vertus anti-allergique.

L’ortie peut tout à fait être mangée crue et fraîche, mais toujours après avoir été soigneusement écrasée ou mixée de manière à briser les fragiles poils inoculateurs, ou après que la plante a été ébouillantée (ce qui supprime également son caractère urticant) ; sinon une sensation de piqûre et de prurit des muqueuses de la bouche est assurée, avec même un risque d’œdème de la langue.

En résumé, l’ortie serait diurétique, dépurative, antirhumatismale, anti-inflammatoire, antalgique, antimicrobienne, anti-ulcéreuse, anti-anémique, hépatoprotectrice, antioxydante, hypoglycémiante, antiallergique, immunostimulante, hypotensive, tonique et galactogène, 22 août 2018..

Utilisation comme plante fourragère Hachée crue, l’ortie jeune peut être donnée aux volailles ; c’était traditionnellement réservé aux canetons. Jeune et soumise à dessiccation, elle peut être donnée au bétail.

Principales espèces du genre Urtica

vignette|Ortie arbustive Urtica ferox.|alt= vignette|160px|Urtica membranacea.|alt= vignette|Urtica pilulifera.|alt= Urtica angustifolia Urtica ardens Urtica atrovirens Req. ex Loisel. — ortie noirâtre, ortie de Dodart (Corse, Sardaigne, Italie et sur les îles Baléares) Urtica baccifera (Amérique centrale) Urtica cannabina L. — ortie à feuille de chanvre (Asie occidentale de l'Iran à la Sibérie) Urtica chamaedryoides Pursh Urtica dioica L. — grande ortie, ortie dioïque ou ortie commune Urtica ferox G.Forst. — ongaonga, Nettle tree (Nouvelle-Zélande) Urtica fissa Urtica hyperborea Jacq. ex Wedd., 1856 (dans l'Himalaya, du Pakistan au Bhoutan, Mongolie et Tibet, en haute altitudes) Urtica incisa Poir. (Australie) Urtica mairei Urtica membranacea Poir. — ortie à membranes (littoral méditerranéen) Urtica parviflora Urtica pilulifera L. — ortie à pilules, ortie romaine. Urtica platyphylla Wedd. (Nord et centre du Japon) Urtica sicula Urtica simensis Hochst. ex A. Rich. Urtica thunbergiana