Bastogne (de même . ; ; ; ) est une ville francophone de Belgique et un chef-lieu d'arrondissement situé en Région wallonne dans la province de Luxembourg.

Nichée au coeur de l'Ardenne belge, Bastogne est surtout connue pour le siège qu'elle a subi durant la bataille des Ardennes en 1944. Elle conserve d'ailleurs plusieurs monuments commémorant ces événements, dont le plus important est le mémorial du Mardasson, inauguré en 1950.

Elle constitue par ailleurs l'une des étapes-clefs de la « classique » Liège-Bastogne-Liège, la « doyenne » des courses cyclistes, créée en 1892, et c'est dans cette ville que fut organisé, de 1902 à 1907, le Circuit des Ardennes, la première course automobile majeure disputée sur circuit fermé.

Toponymie Il y a plusieurs hypothèses se rejoignant quant à l'origine et la signification de « Bastogne ».. Le nom du lieu est notamment pour la première fois mentionné dès 634 en tant que Bastoneco ou Bastonego. En 887 mentionné comme Bastonica. La signification serait : lieu aux (suffixe -acum) arbres (venant du bas latin bastos, bastonis qui donna en francique baston « bâton »), donc une « futaie » ou lieu aux bardeaux (germ. bast « écorce », cf franç. « bâtir »).

Géographie

Situation

vignette|upright=1.3|Vue sur la ville. La commune de Bastogne est située en Ardenne belge, dans l'est de la province de Luxembourg, frontalière du Luxembourg (le centre-ville étant à de la frontière luxembourgeoise), à d'altitude sur la ligne de crête qui sépare les bassins versants du Rhin et de la Meuse. Avec ses , elle est la plus grande commune de Belgique. Au regard de la population, c'est la deuxième commune de la province après Arlon.

Le de latitude nord traverse la ville.

Communes limitrophes {|class="wikitable" |+ |La commune est délimitée à l'est par la frontière luxembourgeoise qui la sépare du canton de Clervaux et du canton de Wiltz.

Localités La commune de Bastogne, assez vaste, compte huit sections comportant, au total, septante-trois villages et hameaux.

Sections # Nom Superf.(km). Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Bastogne 30,87 325 82003A 2 Bertogne 23,34 48 82005A 3 Flamierge 37,63 33 82005C 4 Longchamps 30,69 49 82005B 5 Longvilly 32,46 46 82003E 6 Noville 42,35 54 82003D 7 Villers-la-Bonne-Eau 23,69 520 22 82003C 8 Wardin 43,66 62 82003B

Villages et hameaux

Bastogne : Bizory, Chifontaine, Hemroulle, Isle-la-Hesse, Isle-le-Pré, Savy, Senonchamps ; Longvilly : Al-Hez, Arloncourt, Bourcy, Horritine, Michamps, Moinet, Oubourcy ; Noville : Cobru, Fagnoux, Foy, Hardigny, Luzery, Rachamps, Recogne, Vaux, Wicourt ; Villers-la-Bonne-Eau : Livarchamps, Losange, Lutrebois, Lutremange, Remoifosse ; Wardin : Benonchamps, Bras, Harzy, Mageret, Marenwez, Marvie, Mont, Neffe ; Bertogne : Béthomont, Compogne ; Flamierge : Frenet, Gives, Givroulle, Givry, Roumont-sur-Ourthe, Salle, Troismont, Tronle, Wigny ; Longchamps : Champs, Fays, Flamisoul, Mande-Saint-Étienne, Monaville, Rolley, Rouette, Withimont.

Démographie

Évolution démographique avant la fusion de 1977

Source : DGS, 1831 à 1970 = recensements population, 1976 = habitants au 31 décembre.

Évolution démographique de la commune fusionnée (1977-2024)

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source : DGS, de 1831 à 1981 = recensements population ; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK.

Évolution démographique de la commune après la fusion avec Bertogne ()

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes du , on peut dresser l'évolution suivante :

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993101,11994101,71995103,71996103,91997105,01998106,01999107,22000108,52001110,62002111,32003112,92004113,82005114,42006115,02007117,12008118,82009120,02010121,42011122,82012123,32013124,72014125,22015126,92016128,42017129,92018131,22019132,32020134,22021135,02022137,12023138,22024139,32025141,02026141,5

Histoire Antiquité Bastogne est située sur la ligne de crête qui sépare les bassins versants du Rhin et de la Meuse. Cette ligne constitue une des voies utilisées dès la préhistoire par les populations non encore sédentarisées et reprise plus tard par les Romains. Elle est en effet située à un endroit stratégique à la croisée de trois chaussées antiques : Reims - Cologne (qui suit la ligne de crête autour de la ville), Metz (Arlon) Tongres et Bavay - Trèves (qui se croisaient en fait entre Bastogne et Senonchamps, à l'ouest de la ville).

On retrouve aux alentours de Bastogne des traces qui remontent aux époques celte (territoire des Trévires) et romaine (territoire de Gaule Belgique) comme le tumulus Miltombe près de Bizory. Mais ce n'est qu'en l'an 634 (période Franque) qu'un premier document écrit est attesté (jusqu'à présent). Ce document parle d'un don fait par le diacre Grimon, diacre austrasien de Verdun en Argonne, à l'abbaye Saint-Maximin de Trèves, qui le transmit à l'Abbaye de Prüm.

Moyen Âge vignette|La porte de Trêves, vestige des anciennes murailles médiévales.

Au , L'empire Carolingien a été divisé entre les trois petits fils de Charlemagne. Bastogne fait partie de la Lotharingie dont la succession attise la convoitise des deux autres héritiers. Les textes sont imprécis et les médiévistes Léon Vanderkindere et Paul Bonenfant rattachent la ville tantôt au comté d'Ardenne, tantôt à un comté de Bastogne qui pourrait en être l'une des subdivisions..

Une maison forte est érigée hors des murs durant cette période, au nord de ce qui deviendront les remparts quelques siècles plus tard. Cernée de 6 tours et entourée d'un fossé (probablement sec), elle est la demeure et la résidence de fonction des maires héréditaires et on y a frappé monnaie. C'est là que Charles le Chauve fait frapper le denier à la légende Hin fisco Bastonia vers 870.

La ville accueille plusieurs communautés religieuses : les Trinitaires (qui fondèrent initialement un hôpital et une école, avant d'être victime des réformes « éclairées » de Joseph II à la fin du ). L'essentiel de leur monastère a été déconstruit et l'ancien cloitre forme une placette à hauteur du numéro 167 de la rue du Sablon ; les Récollets (Franciscains), avec leur maison de bienfaisance, qui devront s'effacer à la suite de la Révolution française. Les bâtiments du couvent, constituant l'ilot situé entre les numéros 16 et 26, rue de Chanteraine, seront presque entièrement détruits dans l'entre-deux-guerres ; les Récollectines (dont le couvent, non loin de l'église Saint-Pierre, deviendra l'Institut Notre-Dame - Séminaire) ainsi que le musée Piconrue - Musée de la Grande Ardenne.

Avant 1332, la paveye (la rue principale) séparait deux entités dépendant de juridictions distinctes : au nord, les beaux quartiers du Sablon relevaient du chapitre impérial d'Aix-la-Chapelle (et donc du Saint Empire Germanique) alors qu'au sud s'étendaient le populaire quartier du vivier, autour de la rivière Wiltz, dépendait du comté d'Ardenne méridionale, dit « de Bastogne », héritier de la Seigneurie de Chantraine. De cette spécificité reste la double dénomination de la rue selon le côté concerné.

Comme Ciney, située de l'autre côté du massif ardennais, la ville est réputée pour ses foires aux grains et aux bestiaux où affluent des marchands des régions environnantes durant tout le Moyen Âge. En 1332, le comte de Luxembourg promeut Bastogne au statut de ville, pour peu que celle-ci se dote de remparts. La muraille de 6 à de haut et d'épaisseur, comportant deux portes (dont étonnamment aucune ne livre un accès direct vers la maison forte) et environ 15 tours, sera démantelée en 1668 à la suite des guerres de Louis XIV. Il en subsiste aujourd'hui la porte basse, dite porte de Trèves, quelques fondations visibles notamment rue de la porte haute, ainsi que le tracés des rues qui suivaient ces remparts, notamment celle qui en porte le nom (rue des remparts) et les rues Delperdange, des jardins, du vieux Moulin, de Beaumont et Lamborelle.

Au , François Guichardin dit de Bastogne qu'elle est le « Paris en Ardenne » grâce à la renommée de ses foires aux bétails et aux grains sur la place du Carré. Elle partage d'ailleurs les mêmes couleurs que la ville lumière dans ses armoiries et son drapeau.

Période française et luxembourgeoise Durant la période française de l'histoire de Belgique, le duché de Luxembourg, qui faisait jusqu'alors partie des Pays-Bas autrichiens, est annexé à la Première République française après la seconde annexion française des États de Belgique en 1795. Il est remplacé par le département des Forêts dans lequel Bastogne est le chef-lieu du canton éponyme. Le , un incendie ravage une partie de la localité, dont le premier hôtel de ville construit sous le régime autrichien. Le , Napoléon signe un acte autorisant l’évêque de Metz (diocèse dont la région dépendait) à faire construire un séminaire à Bastogne.

Après la fin du Premier Empire français, le congrès de Vienne crée le grand-duché de Luxembourg, dont fait partie Bastogne. Il octroie ce territoire à titre privé et héréditaire à Guillaume d'Orange-Nassau, qui n'est autre que le nouveau souverain du royaume uni des Pays-Bas. Cela provoque une situation d'union personnelle entre les deux territoires qui conduit Guillaume à administrer le Luxembourg comme la province de son royaume, la soumettant à la loi fondamentale du royaume uni des Pays-Bas.

C'est lors de la période luxembourgeoise qu'est créé l'arrondissement administratif de Bastogne en 1823 ainsi que la nationale 4, inaugurée en 1827 et qui relie désormais directement Bastogne à Bruxelles via Marche-en-Famenne au nord et à Luxembourg-ville via Arlon, au sud.

Période belge Événements liés à la révolution belge

vignette|Le drapeau d'Honneur de 1830 (à droite) et le drapeau américain, exposés dans la salle du conseil communal de Bastogne.