Claude Bartolone, né le à Tunis (protectorat français de Tunisie), est un homme politique français, membre du Parti socialiste (PS). Il est président de l'Assemblée nationale de 2012 à 2017.

Issu d'un milieu modeste, il commence sa carrière politique au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), dont il devient maire en 1995. Lors des élections législatives de 1981, il est élu député de la circonscription de la Seine-Saint-Denis. Il quitte les bancs de l'Assemblée nationale lorsqu'il est nommé ministre délégué à la Ville dans le gouvernement Jospin, en 1998. Il reste ministre jusqu’à la fin de la troisième cohabitation, en 2002.

Président du conseil général de la Seine-Saint-Denis de 2008 à 2012, il conduit en Île-de-France une liste de gauche pour les élections régionales de 2015, mais échoue face à la candidate de la droite, Valérie Pécresse.

Préféré à trois autres candidats à l'occasion d'une primaire interne au groupe socialiste, il est élu président de l'Assemblée nationale en 2012. Il préside les travaux de la chambre basse jusqu'au terme de la législature.

En 2017, il ne brigue pas un nouveau mandat de député et met un terme à sa carrière politique.

Biographie Famille et études Claude Bartolone est né à Tunis dans une famille d'ouvriers agricoles d'origine sicilienne par son père, qui a émigré en Tunisie, et maltaise par sa mère« Claude Bartolone, le bras droit de Laurent Fabius », Politique.net, .Claude Bartolone au "perchoir", dans un fauteuil dans Le Monde du 26 juin 2012.. Son père est saisonnier, ouvrier agricole l'été et ferrailleur l'hiver, sa mère étant femme au foyer.. La famille Bartolone et ses trois enfants viennent s'installer en France en 1960 au Pré-Saint-Gervais, où ils vivent dans un petit appartement, cité Jean-Jaurès. Claude Bartolone poursuit ses études au collège Anatole-France« J’ai dit à l’élève Bartolone : Vous devriez viser plus haut », Le Parisien, 26 juin 2012., et, alors qu'il devait s'inscrire en CAP de mécanique, décide de continuer sa formation au lycée Turgot à Paris sur les conseils de son professeur de françaisLa prof qui a poussé Bartolone à entrer au lycée, Le Figaro, 26 juin 2012., qui convainc ses parents, en 1965, des capacités de leur enfant. Après avoir obtenu son baccalauréat, il s'inscrit à l'université Pierre-et-Marie-Curie, actuelle Sorbonne Université, où il obtient une licence de mathématiques.

Divorcé de Giulietta, avec laquelle, il a eu deux enfants, il se remarie en 2006 avec(source : Bulletin quotidien du 25 septembre 2012, page 26) sa collaboratrice Véronique Ragusa. Avant de devenir son épouse, elle a été chargée de mission à son cabinet lorsqu'il était ministre délégué à la Ville de 1998 à 2002, puis collaboratrice parlementaire et ensuite chargée de mission au conseil général de la Seine-Saint-Denis de 2008 à 2012. En 2012, elle rejoint son cabinet à la présidence de l'Assemblée nationale. Interrogé sur cet emploi familial, il se justifie ainsi : ...

Son frère cadet, Renato Bartolone, possède, depuis 1977, un restaurant dans le de Paris, le « Marco Polo », un lieu apprécié du Tout Paris. À l'époque, Claude Bartolone s'apprêtait à acheter son premier appartement : . Près de plus tard, Renato Bartolone est nommé chevalier de l’ordre national du Mérite, le Claude Bartolone a organisé une cérémonie à l'Assemblée nationale pour décorer son frère, Les Inrocks., sur proposition du ministre de l'Économie Emmanuel MacronQu'est-ce que l'ordre national du mérite, remis au frère de Claude Bartolone?, RTL.. Claude Bartolone a été actionnaire du restaurant jusqu'en et occasionnellement co-gérant..

Carrière professionnelle Après sa licence de mathématiques, il devient cadre commercial dans l'industrie pharmaceutique. Sa biographie sur le site de l'Assemblée nationale le présente comme .. Ayant quitté cet emploi pour se consacrer à son mandat de parlementaire, la déclaration d'activité, publiée par l'Assemblée nationale, en , indique « Profession : néant »..

Débuts en politique Claude Bartolone s'engage au Parti socialiste en 1974 après la défaite de François Mitterrand à l'élection présidentielle. Il accède à un premier mandat de conseiller municipal du Pré-Saint-Gervais en 1977.

À , jeune secrétaire de section PS du Pré-Saint-Gervais, il est convié en 1978 par le maire Marcel Debarge à participer à un repas avec le premier secrétaire François Mitterrand quand le repas est perturbé par une manifestation d'ouvriers en grève de l'usine voisine. Bartolone sort et parvient à les calmer en leur promettant que Mitterrand viendra les voir à la fin du repas, ce qu'il acceptera. Bartolone puis Mitterrand réussissent à gagner la sympathie des ouvriers. Avant de partir, Mitterrand l'interpelle : . C'est la raison qui le pousse à se présenter pour le PS aux élections cantonales de 1979, dans un scrutin où il a peu de chances d'être élu, le canton étant tenu par la droite et le PCF arrivant toujours en deuxième position. Mitterrand tient parole et vient le soutenir dans une réunion publique. Bartolone parvient en tête de la gauche au premier tour, qui totalise 55 % des voix. Lors de cette échéance fondatrice du PS départemental, le PCF se désiste en sa faveur et au second tour, il reprend à la droite le canton des Lilas avec 54 % des suffrages. Il est réélu en 1985 dans ce canton formé par les communes des Lilas et du Pré-Saint-Gervais. Il est en revanche battu aux élections cantonales de 1992 par l'UDF-RAD Jean-Claude Dupont.

Il est élu député dans la de la Seine-saint-Denis (Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Pantin, Bagnolet) à la surprise générale à la faveur de la vague rose des législatives de 1981. Il siège sans discontinuer, hormis la période où il est ministre du gouvernement Jospin. Il est réélu le , pour la législature (2012-2017), dans la nouvelle de la Seine-Saint-Denis (Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Romainville, Bondy Nord-Ouest, Noisy-le-Sec).

Du au , il est l'un des vice-présidents de l'Assemblée nationale auprès d'Henri Emmanuelli.

Ministre de la Ville Le , Claude Bartolone intègre le gouvernement de Lionel Jospin à la faveur d'un remaniement ministériel. Il se voit attribuer les fonctions de ministre délégué à la Ville, qui étaient alors vacantes depuis l'année précédente. Précédé du rapport de Jean-Pierre Sueur, le ministère n'est en effet créé qu'en , près d'un an après la constitution du gouvernement.

Après quelques mois de flottement, ses ambitions pour les quartiers populaires sont confortées par Lionel Jospin qui accepte de remplacer les « grands projets urbains » lancés par le gouvernement Juppé par des « grands projets de ville » ne se limitant plus à l'urbanisme, mais intégrant les conditions de vie et d’emploi des habitants dans les contrats de ville. En 1999, les crédits du ministère délégué à la Ville augmentent de 32 %, puis de 40 % en 2000.

En 2002, il crée le concours « Talents des cités », qui révèle et récompense les jeunes créateurs d'entreprise ou d'association des quartiers et perdure malgré les alternances politiques.

La règle du non-cumul de la présidence d'exécutifs locaux étant alors imposée aux ministres, il démissionne de son mandat de maire et redevient maire-adjoint, cédant son siège de premier édile à Gérard Cosme. Il est tête de liste PS-PCF aux municipales de 2001 du Pré-Saint-Gervais, mais ne postule pas au poste de maire étant toujours membre du gouvernement.

Président du conseil général de la Seine-Saint Denis gauche|vignette|En , visite d'élus conduite par Claude Bartolone, alors président du conseil général de la Seine-Saint-Denis, sur le tracé en gare du Bourget. Homme de consensus dans la fédération socialiste, il annonce sa candidature sur le canton de Pantin-Est en 2008. Élu au premier tour, il devient président du conseil général de la Seine-Saint-Denis le .

À la tête du conseil général, il affirme ses priorités dont la mixité sociale, l'aide à la petite enfance, le développement économique, la protection de l'environnement, la lutte contre l'échec scolaire et les discriminations.

Ses ambitions se heurtent au défi porté par une dette composée essentiellement d'emprunts dits « toxiques » qui fragilisent la santé financière du conseil général. Il est l'un des premiers à avoir dénoncé les risques de ces emprunts à taux variables contractés par les collectivités locales sur le conseil des banques. Après son élection, il découvre en effet rapidement que 97 % des emprunts souscrits par son prédécesseur sont assortis de taux d'intérêt indexés sur les taux de change de monnaies étrangères (yen, franc suisse). Il intente alors un procès à trois banques et refuse de verser ces sommes tant que la justice ne se sera pas prononcée. Cette démarche inédite permettra à son successeur, Stéphane Troussel, de renégocier les 331 millions d’euros de créances risquées contractées auprès des banques. Après des succès judiciaires, le Département peut conclure en 2014 un accord avec son principal créancier la banque Dexia, soldant l'essentiel des emprunts risqués.

En 2011, il préside en tant que député la commission d’enquête parlementaire sur les « emprunts toxiques » dont le rapport est adopté à l'unanimité des membres.

Malgré des économies de fonctionnement, le Département se heurte à des difficultés budgétaires en raison de la suppression de la taxe professionnelle, de la réforme territoriale et de la non compensation par l’État des allocations de solidarité transférées aux départements comme l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) destinée aux personnes âgées, le revenu de solidarité active (RSA), l'aide à l'enfance et la prestation de compensation du handicap (PCH). Pour contester cette situation, Claude Bartolone propose au vote un budget 2010 volontairement en déséquilibre, appelé « budget de révolte ». Ce budget comprend la somme virtuelle de 75 M€, réclamés à l'État au titre des transferts de charges non compensés. Malgré une première injonction de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France, le Département maintient le bras de fer, jusqu'en juillet où le préfet rend le budget exécutoire.

En , le conseil général adopte un plan exceptionnel de financement de d’euros pour construire ou reconstruire .

À l'été 2012, peu après son élection à la présidence de l'Assemblée nationale, il démissionne de la présidence du conseil général et son premier vice-président Stéphane Troussel lui succède. Il reste conseiller général jusqu'au , après son élection au conseil municipal du Pré-Saint-Gervais, le , sur la liste du socialiste de Gérard Cosme.. Lors de ces élections municipales, il ..

Claude Bartolone demeure une personnalité très influente en Seine-Saint-Denis, au point d'être surnommé « le parrain » du département par les médias. Il tente de s'en défaire en 2015 : . L'universitaire Wilfried Serisier souligne alors que son réseau .

Trois ans après la fin de ses fonctions de président du département, en pleine campagne pour les élections régionales, Jean-Michel Bluteau, élu de droite au conseil général, dénonce au procureur de Bobigny un supposé emploi fictif. Le Monde annonce fin qu'à la suite de cette plainte, le parquet de Bobigny ouvre une enquête préliminaire à propos d'un possible emploi fictif dont aurait bénéficié un de ses collaborateurs de cabinet. En , au terme des investigations, la plainte est classée sans suite et Claude Bartolone mis hors de cause.

Cadre du Parti socialiste Pendant de nombreuses années, il est connu comme le principal lieutenant de Laurent Fabius. En 2005, il se prononce pour le « non » au référendum sur le Traité constitutionnel européenArticle d'Europe 1 du 26 juin 2012 intitulé "Bartolone, pas un perdreau de l'année".

Claude Bartolone est membre de l'équipe du « Pacte Présidentiel » de la campagne de Ségolène Royal lors de l'élection présidentielle de 2007. Il décrit ses regrets dans le livre Une élection imperdable.