Le Segura (en latin , en arabe « Rivière Shaqura » ou « Rivière Blanche » ou « Vallée Blanche ») est un fleuve espagnol méditerranéen, le plus important de la région autonome de Murcie et de la province d'Alicante. Malgré sa longueur de et un bassin versant d'environ , c'est un fleuve de débit très modeste qui joue pourtant un rôle majeur dans l'irrigation des plaines agricoles de la province de Murcie.
La Confédération hydraulique du Segura gère une superficie de , en ajoutant au propre bassin du Segura les bassins versants de petits fleuves côtiers ou d'affluents intermittents (appelés « » en espagnol).
Géographie thumb|right|upright=0.8|Le , entre Calasparra et Cieza. Sa source correspond à une résurgence karstique, située à Santiago-Pontones, à d'altitude, dans la province de Jaén (communauté autonome d'Andalousie). Le Segura traverse Calasparra, Cieza, Murcie, Beniaján, Orihuela, Rojales et se jette dans la mer Méditerranée à Guardamar del Segura (province d'Alicante).
Hydrologie Le débit moyen aujourd'hui est de à la sortie du réservoir de Cenajo, à Cieza, un peu en amont de Murcie (grâce aux apports du transfert d'eau du Tage vers le bassin du Segura), à Orihuela et seulement à Guardamar del Segura, l'eau étant pompée pour les cultures maraîchères des plaines irriguées de la , en aval de Cieza, dont la production remonte à l'occupation arabe, la Vega Media autour d'Archena et Murcie et enfin la Vega Baja del Segura, d'altitude et de pente très faibles, dans la province d'Alicante.
Mais le Segura, comme beaucoup de cours d'eau méditerranéens, est un fleuve très irrégulier. Son régime est pluvio-nival dans la partie amont mais pluvial méditerranéen dans la majeure partie de son cours et peut connaître des crues catastrophiques en automne : au en 1946, 1948, 1973, 1987 et 1989. En , et le débit atteignit plus de a Orihuela. La plus grosse crue de l'histoire à Murcie eut lieu le avec . Elle fut appelée car elle eut lieu la nuit de la fête de la sainte Thérèse, et fut responsable de plus de .
+ Crues de la Seguraà Murcie et Orihuela Date Murcie Orihuela octobre 1651 octobre 1834 octobre 1879 avril 1946 octobre 1948 novembre 1987
Ses principaux affluents sont en rive gauche: le () dont le débit est artificiellement gonflé par l'apport du transfert hydraulique Tage-Segura, en rive droite le Rio Taibilla (), le Rio Benamor, le Rio (), le Río Mula () et le Guadalentín (). On peut y ajouter, surtout en rive gauche, de nombreux cours d'eau intermittents , qui sont des systèmes de drainage temporaires, au large lit rocailleux, alimentés seulement lors des pluies torrentielles ; leurs eaux sont souvent salées comme en témoignent le nom de certains d'entre eux : , .
Le transfert des eaux du Tage vers les bassins du Jucar et du Segura, d'une capacité de , le plus spectaculaire des ouvrages hydrauliques espagnols, construit entre 1966 et 1979, contribue à augmenter le débit du Segura aux dépens des eaux disponibles dans les trois provinces de Guadalajara, Cuenca et Albacete, faisant partie de la communauté autonome de Castille-la-Manche. Or la pluviométrie sur ces régions a diminué d'environ 12% depuis la mise en service du transfert, alors que les besoins en eau, tant pour l'approvisionnement urbain que pour l'industrie et l'agriculture irriguée n'ont cessé d'augmenter. Cela est source de tensions entre les trois communautés de Castille-la-Manche, Valence et Murcie. En , le gouvernement espagnol a garanti un débit minimum du Tage, réduisant d'autant en période de sécheresse le débit du transfert. En dehors de cette diminution pluriannuelle des précipitations, certaines années peuvent se révéler extrêmement sèches, et cela a été le cas de l'année 2023, où les barrages-réservoirs de la partie amont du fleuve (Fuensanta et Cenajo), n'étaient plus remplis qu'au quart de leur capacité. Au , les réserves d'eau de l'ensemble de la province de Murcie n'étaient remplies qu'à 26,35% au (comme d'ailleurs celles de la province de Jaen où le fleuve prend sa source, 25,10% à la même date), les pluies d'automne s'étant révélées, cette année-là encore, bien inférieures à la normaleet les pluies d'hiver bien faibles. L'hiver et le printemps 2024 n'ont pas permis de réapprovisionner de façon importante les réservoirs des deux provinces : au , les réserves de la province de Jaen étaient certes remontées à 33.77% mais celles de Murcie n'étaient que de 21.62%, en dessous des deux années précédentes, dans un contexte de très fortes températures et donc de besoins intenses d'irrigation.
La quantité d'eau disponible ne suffit plus aux besoins urbains, touristiques, agricoles et industriels . Trois grosses usines de dessalement de l'eau de mer ont été construites dans le bassin du Segura : Torrevieja, au sud de l'embouchure du Segura, dans la province d'Alicante, la plus importante avec une capacité de , Valdelentisco près de Carthagène, avec une capacité de qui alimente de cultures irriguées et approvisionne , Aguilas-Guadalentin enfin, à l'extrême sud de la province (capacité de ) qui alimente en eau potable 130 000 personnes. Une nouvelle usine, beaucoup plus grande encore, est en construction dans l'aire urbaine de Carthagène, à Escombreras., avec une capacité de . La consommation d'énergie électrique pour le fonctionnement de ces usines est naturellement élevée et rend le prix de l'eau plus coûteux
Conservation En juin 2007 le journal officiel d'Espagne a publié l'annonce « Décision de la Confédération hydrographique du Segura de soumettre à information publique le projet basique de système d'approvisionnement depuis le barrage de Cenajo à la Mancomunidad de Canales del Taibilla (fédération des canaux du Taibilla) », qui vise à « distribuer les provenant du transfert Tage-Segura en vue de l'approvisionnement de la population » à l'aide de de conduits qui traverseraient les communes de Moratalla, Calasparra, Cieza, Abarán, Blanca, Ulea, Molina de Segura, Jumilla et Yecla.
Ce projet ne tient pas compte des répercussions écologiques, notamment sur la communauté de poissons la plus diversifiée de Murcie avec entre autres des Luciobarbus sclateri, squalius pyrenaicus (une espèce de carpe, voir squalius alburnoides), des goujons (gobio gobio), des truites arc-en-ciel (oncorhynchus mykiss) et des pseudochondrostoma polylepis, espèces incluses à l' de la directive habitats ; et par voie de conséquence sur la population de loutres d'Europe (lutra lutra), une espèce importante de cet habitat auxquels ils servent de nourriture, en voie d'extinction et classée espèce d'intérêt communautaire .
Galerie
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des cours d'eau en Espagne Liste de fleuves dans le monde classés par continent
Liens externes
Catégorie:Cours d'eau en Andalousie Catégorie:Cours d'eau en Castille-La Manche Catégorie:Géographie de la région de Murcie Catégorie:Cours d'eau dans la Communauté valencienne Catégorie:Fleuve en Europe