Jean François Pierre Peyron, né à Aix-en-Provence le et mort à Paris le , est un peintre et graveur néoclassique français.
Biographie Issu d’une famille assez fortunée qui ne négligea rien pour son éducation, Pierre Peyron était destiné à la carrière administrativeVieilh de Boisjolin, Alphonse Rabbe, Sainte-Beuve, Biographie universelle et portative des contemporains, , Paris, F. G. Levrault, 1834, lire en ligne, consulté le 29.7.2015.. Étudiant le droit, il trouva sa vocation lorsque fut créée à Aix en 1765 une école de dessin où Claude Arnulphy, élève de Benedetto Luti, lui donna ses premières leçonsMarie-Paule Vial, Parcours : catalogue guide du Musée des beaux-arts de Marseille, Musée des beaux-arts de Marseille, Le Musée, 1990, 238, , .. Lorsqu’il eut reconnu son gout décidé pour les beaux arts, son père lui permit d’étudier la peinture. Encouragé par Dandré-Bardon, qui sera son professeur à l’École des Élèves Protégés, il monta, en 1767, à l’âge de 23 ans, à Paris Perrin Stein, Mary Tavener Holmes, Eighteenth-century French Drawings in New York Collections, New York, Metropolitan Museum of Art, 1999, 243, , ., où il entra dans l’atelier de LagrenéeAndré Alauzen di Genova, La Peinture en Provence, éd. Jeanne Laffitte, Marseille, 1987, 409, . mais le gout qui régnait alors dans l’école ne s’accordant pas avec ce qu’il cherchait, il pressentit une peinture plus historique et plus classique, et fut l’un des premiers à chercher de nouvelles voies en recommençant à appliquer les principes classiques de composition de Nicolas PoussinDaniel Chol, Michel François Dandré-Bardon, ou, L’apogée de la peinture en Provence au , Aix-en-Provence, Édisud, 1987, 149, , ., qu’il comparait à Raphaël, alors que le courant pictural dominant était alors le rococoThomas W. Gaehtgens, L’Art et les normes sociales au , Paris, Maison des sciences de l’homme, 2001, 543, , ..
Considéré comme un des meilleurs peintres de sa générationClaire Maingon, Daniel Bergez, Le Salon et ses artistes : une histoire des expositions du Roi-Soleil aux artistes français, 176, Paris, Hermann, , ., il remporte le prix de Rome en 1773 avec la Mort de Sénèque, aujourd’hui disparuClaire Maingon, Daniel Bergez, Le Salon et ses artistes : une histoire des expositions du roi-soleil aux artistes français, Paris, Hermann, 2009, 176, , .. En 1774, il peint les décors du salon de l’Hôtel Grimod de La Reynière à Paris, d’après des dessins de Charles-Louis Clérisseau. Il passe ensuite sept années à l’Académie de France à Rome, de 1775 à 1782Sophie Join-Lambert, Peintures françaises du , Tours, Musée des beaux-arts, Cinisello Balsamo, Milan, Silvana, 2008, 455, , ., s’attachant avec un soin particulier à l’imitation de l’antique. Il commença le renouvellement de cette voie depuis longtemps abandonnée par les artistes français par son tableau Cimon se dévouant à la prison pour en retirer et faire inhumer le corps de son père, ouvrage suivi de Socrate retirant Alcibiade d’une maison de courtisanes. Ayant passé les quatre années de son pensionnat à Rome, il y resta encore trois ans de plus à ses propres frais.
Son tableau, les jeunes Athéniens et les jeunes Athéniennes tirant au sort pour être livrés au Minotaure lui vaut l’admiration du comte d’Angiviller qui, comme Vien, voit en lui l’un des espoirs de la peinture française, et devient son protecteurMaitres français : 1550-1800 : Dessins de la donation Polakovits à l’École des Beaux-Arts, Paris, École supérieure des Beaux-Arts, 1989, 313, , .. Le cardinal de Bernis, ambassadeur de France à Rome, lui commande deux œuvres : Bélisaire recevant l’hospitalité d’un paysan ayant servi sous ses ordres (1779), considéré, en son temps, par des critiques comme Diderot, comme son chef-d’œuvreFrédéric Dassas, Dominique de Font-Réaulx, Barthélémy Jobert, Philippe Bata, L’Invention du sentiment : aux sources du romantisme, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 2002, 287, , ., et qui est un des sommets de l’art français à la fin du Francis Claudon, Encyclopédie du romantisme : peinture, sculpture, architecture, littérature, musique, Paris, Éditions Somogy, 1980, 302, , . et Cornélie, mère des Gracques (1782).
Peyron fut finalement éclipsé par David aux Salons de 1785 et 1787. À son retour à Paris, il avait envoyé la Mort d’Alceste au Salon de 1785Frédéric Dassas, Dominique de Font-Réaulx, Barthélémy Jobert, Philippe Bata, L’Invention du sentiment : aux sources du romantisme, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 2002, 287, , ., alors que son rival David y présentait avec succès Le Serment des Horaces. Au salon de 1787, les deux peintres exposent une composition sur le même thème, la Mort de Socrate et la confrontation tourne largement à l’avantage de DavidGuillaume Faroult, David Pour la peinture, Paris, Jean-Paul Gisserot, 2003, 127, , Sébastien Allard, « Figures de Socrate », Philosophie antique : Problèmes, renaissances, usages, , Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2001, , 225, .. Peyron, ayant pris du retard dans son travail, avait envoyé, quelques jours avant la fermeture du Salon, une esquisse à grande échelle de son projet. Après cet échec, il n’eut plus jamais le rôle de premier plan qu’il avait eu à ses débuts. Le , il est reçu à l’Académie royale avec son œuvre Curius Dentatus refusant les présents des ambassadeurs samnites comme morceau de réceptionDe Watteau à David : peintures et dessins des musées de province français, , Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 1975, 209, ..
Nommé inspecteur de la manufacture des Gobelins, en 1785, il en remplit ses fonctions jusqu’à la RévolutionCharles Blanc, Adolphe Narcisse Thibaudeau, Le Trésor de la curiosité tiré des catalogues de vente de tableaux, dessins, estampes, livres, marbres, bronzes, ivoires, terres cuites, vitraux, médailles, armes, porcelaines, meubles, émaux, laques et autres objets d’art, , Paris, Ve J. Renouard, 1858, 636, , date à laquelle il vit sa place supprimée et se vit enjoindre de vider incontinent son logement des GobelinsSociété des études robespierristes, Annales révolutionnaires, , E. Leroux, 1910, .. Privé des travaux importants dont il avait été chargé par le roi, sa santé fut gravement affectée et il ne cessa, à compter de cette époque, d’éprouver des infirmités qui hâtèrent la fin de ses jours sans pour autant rien lui faire perdre de son talent, produisant dans cette période deux de ses tableaux les plus harmonieux et les plus finis : l’un représente Paul-Émile s’indignant de l’humiliation où se réduit Persée qui se prosterne à ses pieds, l’autre, Antigone, fille d’Œdipe, sollicitant de son père le pardon de son frère Polynice, tableau gravé par son compatriote aixois Étienne Beisson. Il a encore donné deux petits tableaux : Pythagore avec ses disciples et l’Entretien de Démocrite avec Hippocrate.
David a rendu hommage, en 1814, à celui que certains ont considéré comme son précurseurLucien Monod, Le Prix des estampes anciennes et modernes, , Paris, Albert Morancé, 1780, ., en déclarant devant sa tombe : Peyron a également gravé à l’eau-forte plusieurs sujets d’après Le Poussin, Raphaël et d’après ses propres tableaux. Il a eu comme élèves, entre autres, Augustin Aubert, Horace Lecoq de Boisbaudran, Nicolas-André Monsiau et Henri Buguet.
Galerie
Collections publiques
Au Danemark Copenhague, Statens Museum for Kunst : La Mort de Socrate, 1787, huile sur toileLa Mort de Socrate, notice sur sites.univ-provence.fr. En France Aix-en-Provence, musée Granet : Sainte Madeleine méditant, huile sur toile. Avignon, musée Calvet : Curius Dentatus refusant les présents des ambassadeurs samnites, 1787, huile sur toileCurius Dentatus. Marseille, musée des beaux-arts : Marcus Curius Dentatus refusant les présents des Samnites, 1787, huile sur toile. Paris : église Saint-Louis-en-l'Île : La Résurrection du Christ, 1784, huile sur toile. musée du Louvre : L'Étude et la Renommée, vers 1799, huile sur toile, plafond pour la salle des Antonins ; Les Funérailles de Miltiades, 1782, huile sur toile ; La Mort d'Alceste, ou L'Héroisme de l'amour conjugal, Salon de 1785, huile sur toile. Toulouse, musée des Augustins : Bélisaire recevant l'hospitalité d'un paysan ayant servi sous ses ordres, 1779, huile sur toile ; Cornélie, mère des Gracques, 1782, esquisse, huile sur toile. Tours, musée des beaux-arts : Agar et l'Ange, 1780, huile sur toile. En Hongrie Budapest, musée des beaux-arts : Le Roi Persée de Macédoine devant Aemilius Paulus, 1802, huile sur toile. Aux États-Unis Omaha (Nebraska), Joslyn Art Museum : La mort de Socrate, 1788, huile sur toile
Dessins
Étude pour La Mort de Socrate, pierre noire, plume et encre noire, lavis brun, rehauts de blanc sur papier beige, H. 0,248 ; L. 0,387 m. Paris, Beaux-Arts de ParisSous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, de l’alcôve aux barricades de Fragonard à David, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2016, p.160-161, Cat. 52. Il s'agit d'une étude soignée de la figure principale. Conforme au trait dominant du langage plastique de Peyron depuis ses débuts, il use du drapé pour donner du rythme et une certaine majesté à sa composition. Les pesants drapés de Socrate donnent une amplification dramatique à sa posture et à sa singulière expression.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie Pierre Rosenberg et Udolpho Van De Sandt, Pierre Peyron, 1744-1814, Neuilly-sur-Seine, Éd. Arthena, 1983, 212 p. . Françoise Casanova, Michel Constantini, Pierre Fresnault-Deruelle, Étienne Jollet et Philippe Le Leyzour, L'Ange de Peyron, Tours, Farrago, 2000, 91 p. .
Liens externes
« Pierre Peyron » dans la base Joconde « Pierre Peyron » sur Artcyclopedia
Catégorie:Peintre français du XVIIIe siècle Catégorie:Peintre français du XIXe siècle Catégorie:Peintre néo-classique français Catégorie:Graveur français du XVIIIe siècle Catégorie:Graveur français du XIXe siècle Catégorie:Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts au XVIIIe siècle Catégorie:Prix de Rome en peinture Catégorie:Enseignant à l'École nationale supérieure des beaux-arts Catégorie:Naissance en décembre 1744 Catégorie:Naissance à Aix-en-Provence Catégorie:Décès en janvier 1814 Catégorie:Décès dans l'ancien 4e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 69 ans